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L'Afrique vue par les romains

De
172 pages
Cet ouvrage écrit par deux latinistes de souche africaine étudie l'image de l'Afrique dans le Bellum Iugurthinum de Salluste et dans la Pharsale de Lucain. A travers leurs représentations de l'Afrique, c'est aussi l'imaginaire latin et l'imagination des Romains sur cet espace que les deux auteurs de cette critique littéraire ont cherché à cerner. Les topiques négatifs auxquels les deux latinistes recourent présentent l'Afrique comme un espace symbolisant la sauvagerie et la barbarie. Cette image se retrouve au coeur du discours colonialiste des XVIIIe - XIXe siècles, et aujourd'hui dans les médias occidentaux.
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Écrit par deux latinistes de souche africaine, cet ouvrage étudie l’image José M K-K
de l’Afrique dans le Bellum Iugurthinum de Salluste et dans la Pharsale de
Jean-Baptiste N N Lucain. À travers les représentations de l’Afrique chez ces deux auteurs
latins, ainsi que leur façon de penser l’espace africain et les peuples qui y
habitent, c’est aussi l’imaginaire latin  et l’imagination des Romains sur cet
espace que les deux auteurs de cette critique littéraire ont cherché à cerner.
Dans un style uide, ils ont tenté de répondre à une problématique globale
qui s’articule autour de quelques questions, notamment : Quelle image les
Romains ont-ils de cet espace ? Sur quels matériaux s’appuient-ils dans
l’élaboration de l’image de l’Afrique ? Quelle représentation font-ils de cet
espace et de leurs habitants ? Quel dessein poursuivent-ils en présentant
telle ou telle image de cet espace géographique ? Est-ce pour des motifs
purement étiologiques, exotiques ou didactiques ? L’image de l’Afrique
reproduite dans leurs écrits ne représente-t-elle pas les croyances, les
mentalités de leur époque sur un espace presque méconnu des Romains ?
Quelle poétique de l’espace africain les deux auteurs nous présentent-ils ?
Il se dégage de leur analyse que l’image de l’Afrique véhiculée dans ces
deux œuvres latines est une construction idéologique de leurs auteurs
basée sur des a priori qui puisent leur ‘légitimité’ dans les légendes, les
mythes grecs et romains. Les topiques négatifs auxquels ces écrivains L’ AFRIQUE
latins recourent présentent l’Afrique comme un espace symbolisant la
sauvagerie et la barbarie. Cette image, estiment-ils, a traversé les siècles,
e eet se retrouve au cœur du discours colonialiste des XVIII -XIX siècles, et VUE PAR même, aujourd’hui, dans les médias occidentaux.
Docteur ès lettres de l’Université Sorbonne-Paris IV, fondateur et LES ROMAINS
directeur de publication de la Revue africaine des études latines
(RAÉL), publiée en partenariat avec les Éditions Ausonius de
LLeess éc écrriittss d dee S Saalllluussttee e ett d dee L Luuccaaiinnl’Université Bordeaux-Montaigne (France), le Professeur José
Mambwini Kivuila- Kiaku est le chef du Département des lettres
et civilisation latines de l’Université pédagogique nationale (UPN)
de Kinshasa (RD Congo).
Jean-Baptiste Nsuka Nkoko est Docteur en lettres classiques et
Préface de Donatien M N’kunichrétiennes de l ’Université ponti cale salésienne (Institutum Altioris
latinitatis, 2000) de Rome. Il enseigne actuellement à l’Université
pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa et au Grand Séminaire
de Mayidi, dans la province du Kongo central (RD Congo).
Illustration de couverture : © Je Gynane - inkstock
ISBN : 978-2-343-11301-2 9 782343 113012
18 €
José M K-K
L’AFRIQUE VUE PAR LES ROMAINS
Jean-Baptiste N N





L'Afrique vue par les Romains

José MAMBWINI KIVUILA-KIAKU
Jean-Baptiste NSUKA NKOKO









L'Afrique vue par les Romains
Les écrits de Salluste et de Lucain




Préface de Donatien Manzefo N’kuni















































































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-11301-2
EAN : 9782343113012
Sommaire


Préface .............................................................................. 11

Introduction générale ....................................................... 23


Première partie

Questions générales sur la ‘présence de l’Afrique
dans la littérature latine’

Chapitre I
Le concept ‘Afrique’ dans la littérature latine .................. 35

Chapitre II
La place de l’Afrique dans l’orbis terrarum .................... 47


Deuxième partie

L’Afrique dans le Bellum Iugurthinum de Salluste :
entre légende et réalité historique

Préambule ........................................................................ 67

Chapitre III
Salluste et la représentation géographique de l’Afrique
dans son Bellum Iugurthinum .......................................... 69

Chapitre IV
Salluste et la description ethnographique de l’Afrique
dans son Bellum Iugurthinum 79

7
Chapitre V
Salluste et la caractérisation des personnages africains
dans le Bellum Iugurthinum ............................................ 87

Conclusion partielle ....................................................... 103


Troisième partie

L’image de l’Afrique dans la Pharsale de Lucain
au cœur d’une rencontre de l’histoire avec la mythologie

Préambule………………………………………...……109

Chapitre VI
Les mythes au service de la représentation de l’Afrique
dans la Pharsale ............................................................ 111

Chapitre VII
Les références exotiques comme élément de représentation
ethnographique de l’Afrique chez Lucain ...................... 125

Conclusion partielle ....................................................... 135

Conclusion générale
L’Afrique vue par les Romains : entre mythes, histoire
et imagination collective romaine .................................. 147

Bibliographie .................................................................. 157
8



En mémoire de

Gustave BUKASA NKASHAMA


Professeur au Département des Lettres et Civilisation
Latines de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de
Kinshasa (RDCongo) qui nous a quittés au moment où
nous avions encore besoin de lui et surtout de sa science
dans les domaines de la didactique du latin et de
l’interculturation de la latinité.
























Préface

Quelle image les Romains
ont-ils de l’Afrique ?

Par
Mgr Donatien MANZEFO N’KUNI
Professeur à l’Institut Supérieur Pédagogique
de Mbanza-Ngungu (RD Congo)


Nous admirons les Professeurs José Mambwini
Kivuila-Kiaku et Jean-Baptiste Nsuka Nkoko, de
l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Kinshasa
(RDC), qui présentent un travail digne d’éloge, ce livre
intitulé ‘L’Afrique vue par les Romains. Les écrits de
Salluste et de Lucain’, dont le projet est né des échanges
eus au cours d’une réunion du Comité administratif de la
1‘cellule RAEL ’ et dont les membres font tous partie de
l’équipe de recherche ‘Littérature et Poétique’ au sein du
Département des Lettres et Civilisation latines.
Nous sommes très fier de leur adresser nos vives
félicitations pour cet ouvrage si remarquable, présenté
avec sagacité et compétence, avec un caractère

1 Revue Africaine des Etudes Latines, Annales du Département des
Lettres et Civilisation latines de l’Université Pédagogique Nationale
(UPN) de Kinshasa (RDC). Fondée en 2013 par le Prof. Dr José
Mambwini Kivuila-Kiaku, cette revue est publiée par l’Institut
Ausonius UMR 5607 CNRS de l’Université de Bordeaux-Montaigne
(France).
11
scientifique incontestable ; ouvrage foisonné de multiples
annotations et notes infrapaginales.
En effet, ce livre répond bien à tous les éléments
caractéristiques d’un travail scientifique. De fait, ses
auteurs posent bien la problématique, le choix et l’intérêt
du sujet : « quelle image les Romains ont-ils de
l’Afrique ? Sur quels matériaux s’appuient-ils dans
l’élaboration de l’image de l’Afrique ? L’image reproduite
dans leurs écrits correspond-elle à la réalité de leur
époque ? »
Ils motivent ensuite le choix et l’intérêt du sujet en
précisant qu’il s’agit bien d’étudier cette thématique de la
représentation de l’Afrique dans la littérature latine sous
le regard d’un historien soucieux de la réalité historique
(Salluste) et celui d’un poète (Lucain) dont l’écriture est
marquée par l’imagination féconde et poétique. Ils
précisent ensuite qu’il est question des notations qui
concernent la triple géographie – géographie physique,
géographie mythique et géographie ethnographique – de
l’Afrique, en particulier celle de la Numidie, de la Libye et
de la Maurétanie, étude limitée au Bellum Iugurthinum de
Salluste et la Pharsale de Lucain.
Pour les auteurs de ce livre, la question se pose, en
effet, de la spécificité de l’Afrique dans l’Empire romain
ou, au contraire, de sa représentation au sein des éléments
qui forment ce tout.
Les lecteurs doivent savoir que les textes littéraires sont
toujours à utiliser avec circonspection, car, ils sont les
produits d’un auteur (formé aux techniques rhétoriques)
qui répond à des objectifs et écrit pour un public donné.
Ainsi, peut-on appréhender concrètement l’apport de ces
textes qui constituent des documents de première main,
mais dont l’interprétation pose parfois problème. C’est
bien là l’intérêt de ce livre. Les lecteurs devraient ensuite
comprendre qu’il s’agit dans cet ouvrage de la
12
représentation de l’Afrique et des Africains dans les
œuvres de Salluste et de Lucain, c’est-à-dire de la manière
dont les Romains en général, et les deux écrivains en
particulier ont vu, appréhendé ou pensé l’Afrique. C’est
bien un problème d’histoire, ce qui se passe entre
l’Empire romain et l’Afrique. En effet, l’histoire d’un
peuple recherche et procure la connaissance du passé. Or
le passé d’un peuple est beaucoup plus riche qu’une
collection, même bien datée, de victoires et de défaites, de
conquêtes, de règnes et des révolutions. Ce sont des
accidents qui ne prennent valeur que s’ils sont expliqués et
mis en relation avec la vie profonde du peuple, dont ils
dérivent ou, inversement, qu’ils modifient. C’est un des
objectifs que les auteurs de cet ouvrage veulent atteindre.

*
* *

Ce livre est divisé en trois parties :

La première partie s’intéresse aux questions générales
liées à la présence de l’Afrique dans la littérature latine.
On y apprend beaucoup de choses, une véritable école
d’apprentissage. Elle étudie le concept ‘Afrique dans la
littérature latine’ et comment dire ‘Afrique en latin’.
Les auteurs montrent bien qu’il est difficile de savoir
comment l’Afrique était appréhendée et considérée chez
les Anciens, eux qui vivaient dans le cadre des mythes,
légendes et fables, un monde que Grecs et Romains
présentent comme habité par les dieux qui interviennent
dans la vie des héros et influencent leurs actions.
L’Afrique est placée entre altérité et exotica, une imago
mundi qui place l’Vrbs au centre de l’orbis terrarum,
c'està-dire qui développe un discours sur l’altérité africaine et
un sentiment d’exotisme.
13
Cette conception a forgé un système de représentation
de xénophobie et d’une sorte de racisme chez les auteurs
latins comme Salluste et Lucain. Les représentations de
l’Afrique reposent donc sur l’image d’un continent
considéré à la fois comme exotique, dangereuse où l’on
risque à tout moment d’être pris par des sauvages, d’être
dévorés par des animaux sauvages ou mordus par des
serpents venimeux, un espace si différent de l’Vrbs. Ces
représentations se retrouvent chez Salluste dans le Bellum
Jurguthinum, Lucain dans la Pharsale, Virgile dans
l’Énéide, etc.
Comment dire l’Afrique ? Pour évoquer l’Afrique, les
auteurs latins recourent à des noms propres et leurs
dérivés : Africa et Libya. Africa, dérivé de l’Afer qui
indiquait le territoire aux alentours de Carthage, appelé
ensuite Africa Nova. Libya, c’est cet espace géographique
qui s’étend du golfe des Syrtes au détroit de Gibraltar,
actuelles Libye, Tunisie et Algérie. Les auteurs latins
utilisent donc les substantifs Africa et Libya pour parler de
l’Afrique.
En ce qui concerne la place de l’Afrique dans l’orbis
terrarum, les auteurs expliquent que les évocations de
l’Afrique et des peuples qui y habitent sont liés aux
événements historiques qui y ont marqué l’Vrbs et son
empire. Les œuvres des écrivains latins sont parfois le
reflet de l’expérience de leurs auteurs qui ont participé aux
expéditions et aux combats des armées romaines. C’est le
cas de Salluste dans le Bellum Iugurthinum et de Lucain
dans la Pharsale. Les auteurs expliquent comment les
Romains concevaient la sphérité du monde et l’Afrique
dans la répartition de l’orbis terrarum.
Les Romains se représentent le mundus comme une
sphère qu’on retrouve dans les œuvres des écrivains latins
(Cicéron, Pline l’Ancien, Ovide). Ovide parle de l’Ultuma
tellus ou l’Extremis tellus pour désigner les espaces du
14
monde inhabitable à cause de leur climat ou de leur
extrême éloignement. Quant à l’Afrique dans la répartition
de l’orbis terrarum, les auteurs de cet ouvrage explicitent
comment ces auteurs latins pensent que l’orbis terrarum
est reparti en trois continents : l’Europe, l’Asie et
l’Afrique.
Dans quelle partie du monde, dans quelle zone Salluste
et Lucain situent-ils l’Afrique ? Pour Salluste, l’Afrique
est une entité à part constituant la troisième partie du
monde après l’Europe et l’Asie. Ensuite il considère que
l’Afrique fait partie de l’Europe dont elle sert d’appendice.
Lucain présente plutôt l’Afrique, plus précisément la
Libya, comme une partie de l’Europe et non comme un
continent, mieux comme une composante de la partie du
monde dont Rome fait partie.
Les opinions de Salluste et de Lucain sur la localisation
de l’Afrique dans l’orbis terrarum montrent que l’Afrique
souffrait d’une double extériorité : l’extériorité de
l’histoire de l’Vrbs et l’extériorité géographique.
« L’extériorité de l’histoire de l’Vrbs avait pour
conséquence l’ignorance ou la méconnaissance des réalités
africaines. » « L’extériorité géographique a poussé les
Romains à construire le discours sur l’altérité africaine en
s’appuyant sur des topiques et des clichés véhiculés par les
mythes et destinés à éveiller la curiosité exotique liée à
cette partie du monde. Cette double extériorité a conduit
les écrivains latins, historiens et poètes, à puiser dans les
mythes et les fabulae les matériaux nécessaires à la
construction de l’image de l’Afrique et des peuples qui y
habitent. »

Dans la deuxième partie, il s’agit de l’étude de
‘l’Afrique dans le Bellum Iugurthinum de Salluste : entre
légende et réalité historique’. Les auteurs démontrent à
suffisance comment le destin du royaume de Numidie dont
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Salluste a tracé le portrait dans le Bellum Jugurthimum
sous-tend la destinée de l’Afrique.
En décrivant les contrées de l’Afrique, l’historien étale
clairement son appréhension à l’égard de ces terres
lointaines qui n’apportent que de l’insécurité. Cette partie
sur la première digression, nos auteurs l’abordent en trois
points : les considérations géographiques, les motifs
ethnologiques et l’étude de quelques personnes africaines
en vue de les contraster avec les généraux romains.
Abordant la répartition géographique interne de
l’espace africain, Salluste affirme que, constitués par des
peuples très diversifiés et à la suite des migrations et
d’invasions, ces territoires étaient à la merci des
conquérants. « Les territoires variaient en fonction des
forces en présence, c'est-à-dire de la capacité des rois à
accroitre leur pouvoir et de la résistance des voisins,
considérés comme peuples ennemis. » Dans sa nouvelle
configuration, la Numidie correspond à la Libye et à
l’Algérie, alors que l’auteur situe la Maurétanie à
l’intérieur du continent et le territoire des Ethiopiens après
celui des Gétules.
Abordant les diverses notations géographiques dans le
Bellum Iugurthinum, il est démontré que les
caractéristiques climatiques donnent à Salluste l’occasion de
rappeler les zones climatiques puisqu’il situe l’Afrique
dans la zone torride, caractérisée par la chaleur, les ardeurs
du soleil, la rareté des pluies. Les indications relatives au
relief et au sol abondent : le sol est fertile en céréales (ager
frugum fertilis), bon pour l’élevage (bonus pecori), stérile
en arbres (arbori infecundus), une faune des fauves
(bestiis), des animaux malfaisants (malefici generis
animalia), etc.
Salluste fait aussi une description ethnographique de
l’Afrique où il étudie les peuplements et les modes de vie
des Africains. Il cite les Gétules et les Libyens comme
16