L'Antimonopoleur, ou Moyens de prévenir toute disette de grains ; par M. de G*****,...

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Dentu (Paris). 1818. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1818
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L'ANTI-MONOPOLEUR,
ou
MOYENS DE PREVENIR TOUTE DISETTE
DE GRAINS,
CET OUVRAGE SE TROUVE AUSSI AU DEPOT
DE MA LIBRAIRIE,
Palais-Royal, galeries de bois, nos 265 et 266.
ou
MOYENS
DE PREVENIR TOUTE DISETTE DE GRAINS,
«Dans ses sujets heureux se contempler soi-même
« Tel est l'ait ds régner voilà sa loi suprême. si
PAR M* DE G*****,
Avocat à la Cour royale «le Paris,
PARIS,
J. G. DENTU, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
sue des Petits-Augustins, n° 5 ( ancien hôtel de Persan)..
1818
AVANT-PROPOS.
QUAND j'ai conçu l'idée de ce tra-
vail, mon intention n'a pas été de me
mettre au rang des auteurs ou publi-
cistes, encore moins de vouloir aug-
menter le nombre des faiseurs de
projets.
Cependant, quoique livré entière-
ment aux affaires de mon cabinet, je
me permets parfois de réfléchir sur
la position de ma patrie et de mes
concitoyens ; et si en ce moment je
mets au jour mes idées, je les expose
avec la même simplicité que je les ai
conçues, avec toute la véracité de
mes bonnes intentions, et toute la
probité de ma conscience.
Ces idées peuvent n'être pas réflé-
chies avec toute la profondeur, ana-
(ij)
lysées avec toute la sagacité, présen-
tées avec toute l'étendue dont le sujet
est susceptible, enfin, exprimées avec
toute la force et l'éloquence des au-
teurs et publicistes de nos j ours ; mais,
je lai dit et le répète, je n'aspire ni à
l'un ni à l'autre de ces titres.
Je n'ai voulu que communiquer le
résultat de mes réflexions, et le faire
non d'une manière emphasée, et qui
tînt à la prétention, mais dans un
style qui, par sa simplicité, soit à la
portée de tous mes concitoyens, dont
je n'ai en vue que le bonheur et la
félicité.
Qu'on ne voie donc, dans ce tra-
vail , que les intentions pures et dé-
sintéressées d'un homme qui ne dé-
sire que le plus grand bien du plus
beau pays du monde, pays qu'il se
glorifie de nommer sa patrie.
L'ANTI-MONOPOLEUR,
ou
MOYENS DE PRÉVENIR TOUTE DISETTE
DE GRAINS.
JLA France, vu la fertilité de son sol, le degf*
de perfection de son agriculture; vu le carac-
tère industrieux, actif et laborieux de ses ha-
hilans, devrait être à l'abri de toute disette
de grains, et même toujours en état de venir
au secours de l'étranger.
Mais, malheureusement, le système terro-
riste , qui déjà sous le règne de Louis XV a
commencé à se développer, et Xaccaparement
des grains, dont un si grand nombre de per-
sonnages, de tous états, fait son unique occu-
pation , et qu'il regarde comme une source
abondante de laquelle les richesses découlent
le plus promptement; enfin l'esprit de mal-
veillance, qui est à l'ordre du jour et tend à tout
désorganiser,à tout bouleverser, rendent vaine
la fertilité de la France, et si une seule récolte
(2)
vient à manquer, la plonge dans une disette
affreuse, dont la classe de citoyens qui mérite
le plus notre sollicitude, celle des indigeus, est
la principale victime.
Les exemples terribles que nous venons d'en
avoir font frémir.
En effet, comment pourrait-on ne pas avoir
le coeur déchiré, en voyant des provinces en-
tières dénuées du principal objet de subsistance,
M. être obligées, ou de le remplacer par des
objets purement destinés à la nourriture des
bestiaux, ou de payer, au poids de l'or, un pain
qui non seulement n'alimente pas, mais en-
core , par les farines gâtées qui en font la base
et par les matières destructives dont il était
mélangé, fait passer dans le sang'du malheu-
reux consommateur, une putridité dont les
suites né peuvent être que funestes.
La crise dans laquelle la France vient de se
trouver aurait été terrible, si le Gouvernement
vraiment paternel sous lequel nous vivons, n'eût
fait des sacrifices immenses pour arrêter ce
fléau dans son cours, et nous mener à l'époque
d'une récolte des plus abondantes, qui, si l'on
saisit les ressources qu'elle nous présente, pour
employer le moyen infaillible de prévenir la
disette, d'anéantir le monopole? et d'entretenir,
(3)
en tous temps l'abondance et l'égalité de prix
dans toute la France, opérera la sécurité de
l'Etat, le bonheur du cultivateur et du con-
sommateur.
Le seul et unique moyen de parvenir à ce
but, est d'établir des greniers d'abondance dans
tout le royaume, de sorte qu'il y en ait un dans
chaque ville où il existe un marché aux blés à
jour fixe.
Mais la formation de ces greniers ouvrirait
précisément un champ vaste à l' avidité, au mo-
nopole et à la malveillance, si elle ne s'opérait
avec la plus grande prudence et par des procédés
très-simplifiés.
En effet, vouloir former ces greniers par des
achats de grains dans le pays étranger, ce se-
rait employer un mode des plus pernicieux.
Car, d'un côté,de pareils achats feraient
passer notre numéraire dans les mains de l'é-
tranger, qui,malheureusement, nous le soutire
déjà trop abondamment par les sommes im-
menses que nous nous sommes engagés à lui
payer, ainsi que par la solde que ses nombreuses
cohortes reçoivent de nous, et qu'elles ont soin
d'épargner, pour en faire passer le montant
dans leur pays respectif.
D'un autre côté, ces achats ainsi faits , pro-

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