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L'Apocalypse des extraterrestres

De
158 pages

L’action se déroule sur une exoplanète dite LUM 9, située à quelque vingt années-lumière de la planète terre. Sur cette planète vivent des personnes dont l'univers pourrait être le nôtre dans plusieurs siècles, c’est-à-dire marqué par un progrès et une évolution à peine imaginables aujourd’hui. Le mode de vie de ces extraterrestres est tellement sophistiqué qu’ils ont accès à une immortalité assurée, dans un confort absolu de leurs organismes quasi indestructibles.

Il n’empêche qu’ils demeurent préoccupés par une fin du monde inévitable dont ils supposent l’arrivée prochaine. Leur souci consiste donc à se prémunir de cette apocalypse dont les particularités de date et de forme ne sont inscrites que dans les écritures saintes de la religion chrétienne...


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-94700-0

 

© Edilivre, 2015

Du même auteur

Du même auteur :

Dieu en justice(Editions Arsis)

Clochemerle dans les cloches(Editions Edilivre)

Le troupeau sans berger(Editions Edilivre)

L’avocat ressuscité(Editions Edilivre)

L’ordinateur de l’apocalypse(Editions Lulu)

Effata (Editions Edilivre)

L’enlèvement

Vraiment un très agréable matin de printemps. Un ciel sans nuage, du bleu et du soleil partout. Un village éveillé et déjà bourgeonnant dans le vert tendre de son feuillage. Un clocher animé de cloches agitées. Bref, un dimanche joyeux et une messe finie. Sur le parvis de l’église, les salutations amicales terminées, Monsieur et Madame Depardieu regagnent leur voiture pour revenir chez eux. Toutes portières claquées, les voici donc côte à côte et silencieux s’apprêtant à effectuer un trajet de cinq kilomètres environ dans l’épaisse forêt qui ceinture le village.

Et puis, sans qu’aucune commande n’ait été actionnée, leur véhicule soudain s’immobilise et le moteur se tait.

– Jean, pourquoi tu t’arrêtes ? S’étonne Madame Depardieu ;

– Mais je n’ai rien arrêté, c’est pas moi, une panne peut-être ?

Dans l’instant, un phénomène inexplicable se produisit et alors que les époux Depardieu se regardaient fixement avec surprise et frayeur, lentement leur véhicule s’élevait de plusieurs mètres sans aucun bruit pour se retrouver presqu’aussitôt logé au centre d’un local circulaire où régnait un clair-obscur bleuté, tandis que disparaissaient les images de la route, du feuillage et de la luminosité du soleil. C’est au moment où ils allaient crier leur effroi que les époux Depardieu basculèrent brutalement dans une inconscience profonde en sorte qu’ils ne réalisèrent pas qu’après avoir été délicatement aspiré et logé dans un espace clos, l’engin qui venait de « sucer » leur véhicule sur la route, les emportait maintenant vers le haut du ciel dans un silence total et à une vitesse effrayante.

La vérité oblige à dire qu’au moins en France, chaque année, disparaissent environ 50.000 personnes. Les causes de ces disparitions sont multiples et l’on recense habituellement : l’amnésie, le suicide, la maladie d’Alzheimer, outre les enlèvements criminels et les disparitions volontaires de ceux qui aspirent seulement à vivre ailleurs une autre existence. A cette liste, non exhaustive, on n’hésite plus aujourd’hui à évoquer encore la perspective d’enlèvements effectués par des extraterrestres. C’est pour le moins ce que vient d’admettre la Croix Rouge Internationale outre encore, depuis 2002, l’Office Central chargé des Personnes Disparues.

A cet égard, depuis une quarantaine d’années, des milliers de personnes, notamment aux États-Unis, prétendent avoir été enlevées par des extraterrestres puis libérées et ramenées ensuite sur les lieux même de leur enlèvement. Il se trouve qu’aucune preuve jamais n’a été rapportée de la réalité concrète de ces récits qui peuvent relever d’un phénomène psychosocial. Fréquemment effectués sous hypnose, les examens des personnes concernées ont révélé parfois la narration d’évènements paraissant crédibles dans leur formulation puisque toujours répétés dans l’espace et dans le temps avec une grande fidélité. Il n’empêche, toutefois, que ces constatations n’ont jamais suffi à convaincre les milieux ufologiques qui paraissent s’en tenir à des phénomènes hystériques ou autres symptômes psychopathologiques.

Autre précision enfin : La voie lactée comporterait plus de 17 milliards de planètes ressemblant assez approximativement à la nôtre. Il s’ensuit une probabilité intéressante de découvrir une terre hospitalière présentant assez de particularités pour imaginer l’existence d’êtres vivants comparables (?) à l’espèce humaine. Faut-il encore vérifier que se trouveraient également réunies des conditions de température, d’hydratation et de luminosité suffisantes. Faudrait-il surtout admettre une curiosité irrésistible d’êtres intelligents venus chez nous pour nous observer et nous comprendre.

Quoi qu’il en soit, dans l’immédiat, après avoir brutalement sombré dans un sommeil aussi rapide que profond, voici que les époux Depardieu reprenaient lentement connaissance dans une atmosphère étrange faite de silence et de lueurs diffuses. Certes, ils étaient encore assis sur les deux sièges à l’avant de leur véhicule, les ceintures de sécurité toujours attachées, mais derrière les vitres des portières le décor paraissait inquiétantpuisqu’indéchiffrable. Alors qu’avec stupéfaction leurs regards balayaient avec avidité les parois bleutées de l’espace qui contenait leur automobile, dans le vide de ce décor apparurent soudainement des formes presqu’humaines qui s’approchaient d’eux. C’étaient des petits corps luisant, surmontés chacun d’une tête aussi volumineuse que le torse nu qui la supportait et, de ce torse, s’échappaient quatre membres dont les deux du haut pourraient être des bras et ceux du bas des jambes assurant la motricité du tout. Pas de nez, pas de bouche, pas d’oreilles, mais des yeux immenses et profilés d’un noir profond et d’une fixité paralysante. A l’extrémité des quatre membres, quelque chose de très long et d’articulé, comme d’immenses mains et d’immenses pieds nus armés de plusieurs doigts.

Sans qu’ils en prennent l’initiative, les vitres de leur voiture s’abaissèrent et, pareillement, se détachèrent seules les ceintures de sécurité tandis que les portières avant s’ouvraient toutes grandes. Sur une invitation gestuelle qui leur était adressée, Monsieur et Madame Depardieu descendirent de voiture et suivirent leurs hôtes qui glissaient harmonieusement sur un parquet brillant, les précédant de quelques pas. Ainsi accompagnés, Les visiteurs involontaires furent introduits dans un nouvel espace également bleuté ou une table centrale était disposée. D’un geste, Ils furent invités à s’y installer tandis que d’autres créatures aussi mystérieuses que déférentes et silencieuses surgirent et s’assirent à côté d’eux.

Après un temps de silence et d’observation, une des créatures nouvellement arrivée prit la parole en un français excellent mais avec un timbre de voix feutré, guttural et profond. Dire que cette créature « prit la parole » constitue d’ailleurs un euphémisme rapide puisqu’en réalité, sans bouche, sans lèvres et sans langue, la parole en question se réduisait à un son venu approximativement de l’intérieur du crane du locuteur et produit par on ne sait quel élément moteur articulé.

– Monsieur et Madame Depardieu, soyez les bienvenus sur l’exoplanète LUM 9 que vos astronomes en poste au Chili ont découverte en septembre 2010 et qu’ils ont appelée GLIESE 581g. Nous nous trouvons à environ 20,3 années-lumière de votre planète Terre. A ce propos, je crois devoir vous signaler que si vous étiez venus ici avec vos moyens habituels, à l’exemple de Voyager 1, il vous aurait fallu plusieurs centaines de milliers d’années pour nous atteindre.

– Mais alors, s’empressa d’ajouter Monsieur Depardieu, depuis quand, réellement, avons-nous quitté l’église de notre village ?

– Mais depuis quelques minutes seulement puisque nos moyens de déplacement dans l’univers, au-delà de la vitesse de la lumière dont nous nous sommes affranchis depuis longtemps, nous permettent par la seule volonté de notre pensée de dématérialiser tous nos équipements et toutes nos personnes, pour les reconstituer dans l’instant sur le site choisi dès la fin du trajet accompli. Une précision maintenant qui, dans vos esprits, sera d’importance : en effet, si d’autorité nous vous avons imposé ce voyage et ce séjour ici, veuillez noter que sitôt nos investigations terminées, en parfaite santé vous serez ramenés tous deux dans votre village avec nos excuses et nos remerciements. Il vous restera seulement à imaginer un prétexte auprès de vos amis pour expliquer votre absence puisqu’aucun souvenir ne demeurera dans vosmémoires de votre séjour parmi nous et des dialogues que nous avons échangés.

– Pour justifier notre enlèvement, vous avez parlé de dialogues et d’investigations, veuillez donc, insista Monsieur Depardieu, nous dire tout de suite quelles informations nous avons à échanger avec vous de telle sorte que nous regagnons notre logis au plus tôt.

– Soyons raisonnable, Monsieur Depardieu, lorsque vous avez quitté l’église du village pour regagner votre domicile en voiture, vous vous disposiez normalement à aller prendre votre repas de midi. Nous sommes alors intervenus et vous voici parmi nous depuis votre enlèvement ce qui a empêché l’accomplissement de la phase normale du déjeuner dont il n’a plus été question. C’est la raison pour laquelle, avant de poursuivre plus avant notre entretien, vous allez prendre ici votre repas et nous avons d’ailleurs pris le soin de préparer le même menu que celui qu’avait prévu Madame Depardieu.

– Mais comment pouvez-vous savoir quel était le menu que j’avais préparé ? s’exclama Madame Depardieu.

– Chère Madame, lui répondit l’un de ses hôtes, n’oubliez jamais que si votre espèce humaine occupe utilement la planète terre depuis environ 200.000 ans, notre civilisation beaucoup plus avancée a découvert les outils primitifs et le feu depuis au moins 100.000 ans avant la vôtre. Ne vous étonnez donc pas des progrès technologiques incomparables qui distinguent nos évolutions respectives. C’est ainsi que nous connaissons vos mœurs, vos usages, vos habitudes, vos équipements et toutes les particularités de vos modes de vie, même les plus secrètes. Une seule de toutes vos pensées et convictions nous pose problème et c’est pour en parler que vous êtesici. Mais je n’en dirai pas plus et à tout de suite donc.

Et, comme prévu, le déjeuner fut servi aux époux Depardieu avec, en entrée, une salade de mâche, suivie d’une entrecôte grillée avec pommes de terre rissolées puis, enfin, un fromage de Brie de Meaux et une compote de pommes en dessert. Le tout avec une bouteille de vin privée d’étiquette et une bouteille d’eau plate.

Bien qu’en l’état des émotions vécues, l’appétit des époux Depardieu soit très modérément aiguisé, ils consommèrent leur repas sans cesser d’exprimer sur toutes choses un étonnement profond.

– Mais, dis-moi, Jean, de quelles pensées vont-ils maintenant nous entretenir eux qui voient tout et qui savent tout de notre vie terrestre et de nos personnes ?

– Ma conviction est que ces gens-là disposent de moyens d’investigations dont nous n’imaginons même pas la puissance et la portée. Leur civilisation a plus de dix siècles d’avance sur la nôtre et à la vitesse ou le progrès évolue sur notre pauvre terre on peut imaginer à quel haut degré de perfection il en sera dans 100.000 ans. Avec toi, je me demande donc, nous qui sommes des arriérés en comparaison de leur savoir actuel, ce que nous pourrons bien leur apprendre qu’ils ne savent pas déjà.

Ils en étaient là de leurs réflexions lorsqu’un personnage réapparu portant un plateau argenté qui supportait deux tasses à café avec cuillères et sucrier.

– Et comment savez-vous qu’après notre repas mon mari et moi prenons du café, le dimanche seulement. Et savez-vous si nous consommons du vrai café ou du café décaféiné ? Sucré ou pas ?

– Mais, Madame, l’examen total de vos organismes respectifs nous a déjà révélé tous ces détails. En effet,votre mémoire conserve les traces de vos consommations habituelles qu’il nous a suffi de respecter.

– Vous n’allez tout de même pas me dire que nous avons été soumis à un examen médical complet durant le temps de notre inconscience ? s’exclama Monsieur Depardieu.

– Mais bien évidemment oui, tellement nous voulions éviter le transfert sur notre planète d’un microbe ou d’un virus dangereux pour nos organismes transmis par les vôtres. Mais soyez sans aucune crainte, vous n’abritez actuellement aucun agent pathogène. Une remarque seulement concernant Monsieur Depardieu, il serait grand temps qu’il consulte un urologue tellement sa prostate présente un laminage de la zone périphérique et une échostructure discrètement hétérogène. En outre, nous avons repéré un polype supra centimétrique dans le versant droit de sa vessie. Quant à vous, Madame Depardieu, nous avons relevé une hypertension artérielle bien contrôlée qui devra être davantage surveillée lors de l’apparition de votre retour d’âge qui approche. Il va de soi que si avant votre retour sur terre vous acceptiez que nous réparions tous ces légers désordres, nous le ferions sans douleur et sans problème.

Si, jusqu’à présent, l’étonnement voire la stupéfaction des époux Depardieu avait atteint des sommets inégalés, le compte rendu médical de leurs organismes respectifs qui leur était présenté les plongeait dans une abyssale consternation. Il fallait donc désormais s’attendre à tout et ne plus s’étonner de rien. On était vraiment dans un autre monde qui avait atteint des progrès même pas imaginables sur terre.

Les cafés absorbés et le couvert enlevé, réapparurent les interlocuteurs du début de la rencontre et le dialogue reprit à nouveau.

La question essentielle

Ils étaient six maintenant, les interlocuteurs mystérieux qui prenaient place devant les époux Depardieu. Six êtres tous semblables dont on se demandait comment ils pouvaient s’identifier aisément. Comme on pouvait se demander encore s’il y avait indifféremment parmi eux des hommes et des femmes dans ces aspects uniformes et indistincts. Mais, rompant le silence, c’est Monsieur Depardieu qui prit la parole avec une légère anxiété :

– Avant que débutent nos conversations, mon épouse et moi-même aimerions savoir si vous envisagez très prochainement de nous ramener chez nous puisqu’en effet c’est aujourd’hui dimanche et il était convenu que, dans l’après-midi, nous devions accueillir nos enfants et nos petits-enfants. Il va de soi que si notre maison est vide et les portes fermées, ils vont prendre peur et mettre en œuvre des recherches.

– Soyez sans aucune crainte. En effet, vous avez bien compris que si vous avez franchi en quelques secondes plus de 20 années lumières, qui auraient nécessité avec vos moyens terrestres actuels quelques centaines de milliers d’années avant de nous atteindre, cela veut dire que nous maitrisons et l’espace et le temps tels qu’ils sont mesurables aujourd’hui sur votre planète. Cela veut dire encore que si, selon les repères de vos montres bracelets, vous demeurez près de nous quelques heures encore, à l’échelle de votre temps terrestre cette durée demeurera parfaitement insignifiante et vous serez de retour chez vous presque à la même heure que celle qui était initialement prévue, au sortir de la messe dominicale. En conclusion, vous ne vous souviendrez de rien, votre temps terrestre sera le même, parfaitement ininterrompu, en sorte qu’il ne se sera rien passé d’important dans votre vie. Mais venons-en maintenant si vous le voulez bien à notre questionnement.

Il vous faut d’abord bien comprendre qu’en l’état du progrès tel que nous le maîtrisons, et dont vous avez pu faire l’expérience, peu de choses vous concernant nous sont étrangères. J’aurais même la prétention d’ajouter qu’en l’état des moyens gigantesques dont nous disposons, nous vous connaissons bien mieux que vous ne pourrez jamais vous découvrir, physiquement et mentalement. Mais si, à tous égards, nous n’avons donc plus rien à apprendre de votre civilisation et de vos personnes, nous demeurons dubitatifs sur un aspect singulier de vos comportements.

En effet, nous vous observons depuis longtemps et nous remarquons que, chaque dimanche, avec d’autres personnes, vous vous réunissez dans un bâtiment-église où vous prétendez vous adresser à un être suprême, qui serait votre créateur et votre sauveur, plus puissant et plus évolué que nous le sommes nous-mêmes. Un être exceptionnel à tous égard qui aurait vécu sur votre terre il y a vingt siècles, puis qui serait mort et ressuscité pour rejoindre son Père dans les cieux d’où il reviendrait lorsque tout notre univers disparaîtra. Bref, ce Dieu tout puissant, fils d’un autre Dieu, serait votre unique conscience, régissant en cela tout ce qui est bien et tout ce qui est mal.

Pour tout vous dire, depuis très longtemps, tous nos meilleurs chercheurs travaillent sur ce problème sans jamais pénétrer le mystère de ce personnage Dieu. Une seule chose demeure constante sur notre planète, c’est que dans des périodes très anciennes, un même phénomène aurait occupé les esprits de beaucoup de nos ascendants. Au fil du temps, cette croyance se serait altérée chez nous au point de ne subsister que ponctuellement dans certaines régions reculées de notre planète. Il n’empêche que lorsque l’on mesure l’impact de cette foi dans votre société terrienne d’aujourd’hui, on demeure étonné d’observer sa vigueur dans l’esprit d’un nombre important d’individus. Non seulement cette croyance nous interpelle mais, de plus, elle nous inquiète lorsqu’elle prophétise une fin du monde à venir dans l’apocalypse de laquelle toutes les planètes, y compris la nôtre, seraient détruites.

Je dois vous confesser que, pour mieux vous comprendre, nous avons emprunté dans votre sacoche et dans le sac-à-mains de Madame des livres que vous appelez Missels ou Livres de messe. Nous avons lu tous les textes qui les composent sous le titre : Évangiles, et les pérégrinations et déclarations du personnage Jésus nous ont vraiment troublés par la pertinence des propos tenus et la gravité des prophéties telles que proclamées. Alors, merci Monsieur et Madame Depardieu de mieux nous expliquer vos convictions à partir de ces textes.

Après s’être un instant dévisagés avec surprise, Monsieur et Madame Depardieu s’interrogèrent du regard et c’est finalement Monsieur Depardieu qui prit encore la parole :

– Si donc nous comprenons bien maintenant la raison de notre enlèvement, autorisez-nous à remarquer que pour vous instruire des mystères de la foi chrétienne le choix de nos personnes n’a pas été le meilleur. En effet, vous auriez pu appeler à vos côtés un théologien célèbre, voire un prince de l’Église, bref un éminent spécialiste des problèmes qui vous préoccupent mieux à même que nos modestes personnes pour vous instruire utilement.

– Mais c’est bien ce que nous avons déjà fait à plusieurs reprises et c’est ainsi que sur le siège que vous occupez aujourd’hui sont venus s’installer à maintes reprises des évêques, des cardinaux, des théologiens issus des grandes universités, autant de personnages qui se sont exprimés ici avec un talent affirmé. La difficulté pour nous a consisté à comprendre l’essentiel de leur message dont nous n’arrivions jamais à percevoir le contenu mystérieux. Certes, les explications étaient historiquement et théologiquement aiguisées et exhaustives, mais jamais, au grand jamais, nous n’avons pu entrer dans la conviction de leurs pensées aussi authentiques qu’elles soient. Nous en sommes donc arrivés à la conclusion simple que pour mieux comprendre il fallait auditionner des chrétiens de base, un homme et une femme ordinaires, dépouillés de titres universitaires spécifiques, n’ayant fréquenté aucun établissement catholique prestigieux, et animés seulement du désir de la foi exprimé au moins hebdomadairement dans une assemblée paroissiale. Écouter finalement les propos d’un être ordinaire venu du peuple comme l’étaient tous les premiers chrétiens qui écoutaient Jésus. Pas dediplômes et pas de titres, pas de charges prestigieuses ou d’appellations respectueuses, mais seulement de la confiance et de l’amour. Pour nous convaincre de l’intérêt de notre démarche d’aujourd’hui et de la pertinence du choix de vos personnes pour nous instruire, nous avons lu dans vos livres cette phrase intéressante de Jésus adressée à son Père : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces vérités aux sages et aux intelligents, et que tu les as dévoilées à ceux qui sont tout petits. Oui, Père, car dans ta bonté, tu l’as voulu ainsi » (Luc 10-21). Ce texte nous conduit donc à penser que la vraie sagesse est souvent cachée à ceux qui prétendent la détenir et qu’elle est instinctive à ceux qui en ont la grâce.

– Mais enfin, dites-moi, reprit Monsieur Depardieu si, ici, dans ce local, sur ce fauteuil, sont venus s’exprimer des religieux et des intellectuels de haut niveau, comment se fait-il que jamais dans l’actualité de notre planète, ces visites n’aient pas été évoquées avec toute l’importance qu’elles représentaient ?

– Pour la bonne et simple raison que, comme vous tout à l’heure, ces personnages ont été reconduits chez eux, sur votre planète terre, en un instant de voyage, et que nous avons toujours pris le soin d’effacer de leurs mémoires tous les détails de nos rencontres. Il se trouve ainsi que dans votre société d’aujourd’hui plusieurs des princes de votre Église catholique sont venus sur notre planète, ont dialogué avec nous et ne savent plus du tout qu’ils ont vécu une telle aventure. Mais, si vous le voulez bien, revenons-en à notre sujet et, pour bien vous écouter, dites-nous d’abord quand et comment ce problème de la foi en Dieu est apparu dans vos esprits.

Elle se sentait un peu piégée Madame Depardieu car, à tout avouer, elle n’avait rien d’original à raconter sinon qu’élevée dans une famille très chrétienne elle n’avait rien d’autre à confesser que les convictions maintes fois répétées de ses parents, l’ayant mise en garde contre les dérives de la vie ou les désordres des idées contraires aux préceptes du Ciel. C’est son époux qui avait davantage à expliquer :

– Ma conviction : c’est vrai que, dès l’enfance, la foi en Dieu se transmet et s’épanouit si elle est communiquée avec constance et prudence, mais sans oublier jamais que, néanmoins, si un enfant se construit à partir de ce qui lui est transmis, bien au contraire quelquefois il se détermine contre ce qui lui a été proposé. Il serait donc vain de penser qu’il faut et qu’il suffit d’envahir le cerveau d’un adolescent pour le convaincre à tout jamais d’être un parfait chrétien puisqu’au contact de ses pairs l’intéressé peut graduellement basculer dans un univers contraire avec des arguments définitifs consciemment ou inconsciemment empruntés à tout son entourage. Je pense que, finalement, l’apparition de la foi chrétienne dans un esprit en formation et même à tous moments de la vie est un mystère insondable qui résulte d’une relation étroite entre Dieu et chacun d’entre nous. Il n’y a rien d’autre à dire, rien d’autre à prouver ou à expliquer.

– Mais, tout de même, Monsieur Depardieu, vous êtes un médecin, donc un scientifique, et c’est d’ailleurs pour cela que l’on vous a choisi. En l’état de votre formation vous ne pouvez tout de même pas vous satisfaire d’une vague intuition de l’esprit pour vous déterminer avec certitude sur une croyance qui s’articule sur des faits improbables, vieux de plus de vingt siècles.

– Et bien oui, chers nouveaux amis, il faudra bien que vous en arriviez à cette conclusion. C’est vrai qu’avec toute la science que vous avez acquise, cette perspective est incompréhensible. Vous avez presque tout compris de la vie, presque tout découvert, jusque et y compris l’espace et le temps que vous maitrisez maintenant. Il n’empêche qu’à la porte de la mort le mystère de Dieu vous inflige une réflexion qu’apparemment vous ne maitrisez plus. Je crois d’ailleurs comprendre que c’est bien là le tout dernier obstacle qui s’oppose à vos infinies connaissances. Alors, osez le dire, c’est la peur de la mort qui vous interpelle encore, et c’est bien pour cela que nous sommes ici ?

– Même pas, Monsieur...