L'associé de Crampon : vaudeville en un acte / de M. Henri Avocat...

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Librairie dramatique (Paris). 1867. [7] p. ; in-4.
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Publié le : mardi 1 janvier 1867
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LIBRAIRIE DRAMATIQUE
10, rue de* la Bourse, 10
TRENTE CENTIMES
Tous droits résenés
Bibliothèque spéciale de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques
Fondée le 19 MAI 1866. — Agent général : Louis LACOUR
e
L'ASSOCIE DE CRAMPON
VAUDEVILLE EN UN ACTE
DE
M. HENRI AVOCAT
AIRS NOUVEAUX DE M. J. GANDON
——
KEPRÉSEMTÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS A PARIS
LE 29 JUIN 1867.
» ■ ■
F1RS0INÀGES
RODRIGUE, peintre. MM. L. GOTHI.
AMEDÉE, élève pharmacien. JOANNY.
RIBOULOT, homme d'affaires ROTTÉ.
CHIMÈNE, jeune ouvrière Miles NELLY.
ARMANDINE, son amie VILLIERS.
Pour la musique, s'adresser à M. FOSSEY, chef d'orchestre da théâtre de la Gaîté.
- mm 111
PARIS
LIBRAIRIE DRAMATIQUE
10, Rue de la Bourse, 10
1867
L'ASSOOIB DE CRAMPON
Une petite chambre d'ouvrière; à droite, au premier plan, porte fermée au verrou donnant dans la chambre de Rodrigue. Porte d'entrée au fond
Une petite chambre d'ouvrière; à droite, au premier plan, porte fermée au verrou donnant dans la chambre de Rodrigue. Porte d'entrée au fond
1 Au deuxième plan à gauche, une cheminée au-dessus de laquelle est suspendue une glace ; au troisième plan à gauche une petite porte conduisant au
porte-manteau de Chimène. Des gants, des masques, des fleurets, des livres sont suspendus épars ça, et là; sur la cheminée une bouteille surmontée
d'un bonnet defêmme, un chandelier à moitié caché par une cravate de satin.
SCÈNE PREMIÈRE
CHIMÈNE (seule au lever du rideau, elle achève de s'habiller de-
vant une glace, frappant à la porte de Rodrigue.) — Voisin! il dort
encore ! (Plufc haut! ) Voisin, dormez-vous?
SCÈNE II
CHIMÈNE, RODRIGUE (de sa chambre).
RODRIGUE - Qu'est-ce voisine? Est-ce que le feu est à la
maison ?
CHIMÈNE. — Je sors pour un instant, voudrez-vous répondre
pour moi s'il se préservait une visite? Il faut que j'aille porter
mon ouvrage au magasin (revenant sur ses pas.) Je n'entends
rien! se serait-il endormi, voisin? Enfin? vous voilà! Dieu
merci !
RODRIGUE (paraissant en négligé du matin, baîllant à plusieurs
reprises.) - Oui, merci. Vous pouvez me remercier, voisine.
Vous m'avez réveillé dans un moment bien solennel. C'est un
grand sacrifice que je vous fais si je cesse d'honorer Morphée!
Quel joli rêve je faisais.
AIR nouveau de J. Gandon.
Le joli rêve que je faisais,
Je me croyais roi delà terre,
Et dans ma puissance éphémère
Je triplais les estaminets;
Puis rassemblant la race entière
Des créanciers, je les jetais,
Je les lançais avec colère,
Tous par dessus les parapets.
CHIMÈNE (Parlé). — Quelle Saint-Barthélemy de créanciers !
Ensemble.
Des
Ses
créanciers
je
il
les
jetais
jetait
Tous par dessus les parapets.
Le beau frétin pour la rivière,
Le joli rêve que je faisais,
Le joli rêve que c'était :
CHIMÈNE. — Encore une fois merci !. Je me sauve. Gardez-
bien mon immeuble !.
RODRIGUE. — Soyez tranquille, âme de ma vie. (Il la reconduit
en lui envoyant des baisers).
SCÈNE III
RODRIGUE (seul rentrant). C'est égal! Est-elle aimable ma voi-
sine, et sans gêne. Voilà ce que j'appelle un bijou de femme.
Et dire que je ne puis pas l'en couvrir de bijoux!. Il y a si
longtemps que les toiles de mes goussets fraternisent! Moi aussi,
j'attends de l'argent. Et ce traître d'Amédée qui ne m'écrit
pas !. je suis d'une inquiétude ! comptez-donc sur les amis !.
Je donne à cet aspirant pharmacien une procuration de cinq
francs dix-sept centimes, pour qu'il emprunte de moitié avec
caution réciproque à quelque honnête usurier, une somme de
quatre mille francs. Eh bien ! depuis son départ, l'insouciant ne
m'a pas donné signe de vie. Nous sommes pourtant au six juil-
let. C'était hier, irrévocablement, qu'il devait passer son pre-
mier examen. sous peine d'avoir travaillé pour le roi de
Prusse. il le sait, je le lui ai écrit dans les termes les plus posi-
tifs. Et rien. ni lettre. ni homme. ni argent!. (Onfrappe
à la porte.) J'ai parlé trop tôt!. le voilà!
SCÈNE IV.
RODRIGUE, ARMANDINE (du dehors).
ARMANDINE (elle frappe). - Chimène. ouvre-moi!
RODRIGUE. — Un larynx de femme (déguisant sa voix). Qui
est là?
ARMANDINE. — C'est moi, Armandine.
RODRIGUE. — L'intime à Chimène. Tiens ! tiens ! tiens 1 (haut).
Quelle idée !. (11 met le bonnet et ouvre la porte.)
ARMANDINE (le prenant pour Chimène et l'embrassant). — Cette
chère amie ! Oh ! ça me pique !. de la barbe ! un homme ! Et
quelle horreur d'homme! fi! que vous êtes laid, mon cher.
RODRIGUE. — Moi laid, merci de la franchise. Eh ! bien, pa-
rions que je vais me revêtir d'un faux-col et que vous me trou-
verez superbe!
ARMANDINE. - Prenez garde de vous égratigner.
RODRIGUE. — Je vous parie un baiser.
ARMANDINE. — Vous en avez le droit.
RODRIGUE. — Ça va-t-il?
ARMANDINE (lui frappant dans la main). — Ça me va !
RODRIGUE (à part se dirigeant vers sa chambre). — 0 Arman-
dine, tu as perdu ! (Il rentre chez lui.)
ARMANDINE (seule). — Ah! ça!. où suis-je donc ici?. des
livres, des fleurets. Est-ce que je serais chez un professeur de
boxe. (Haut.) Dites donc, monsieur connais pas , est-ce ici la
demeure de Chimène ?
RODRIGUE (dans sa chambre). — Oui, mon adorée, mais pour
l'instant elle joue à chassez-croisez avec vous, vous êtes chez
elle et elle est chez vous. (Avançant la tète.) Passez-moi ma cra-
vate qui est sur le chandelier et que Chimène a bien voulu
m'ourler gratis.
ARMANDINE. — Voilà! alors, ma foi, je vais l'attendre.
RODRIGUE. — Merci. je me bichonne. et vous allez voir.
je ne vous dis que ça. vous allez voir (Se posant). Et voilà !
ARMANDINE. — Allons, j'ai perdu!
RODRIGUE (l'embrassant. — Et moi, je me paye. A mon tour,
pourrais-je vous demander, sans indiscrétion, ce qui procure à
ma voisine le bonheur de vous voir ?
ARMANDINE (soupirant). - Oh! des infortunes de bien des
espèces.
RODRIGUE (l'imitant). — Faute d'espèces?
ARMANDINE.— Vous avez mis le doigt dessus!.
AiR : du Château perdu.
Je suis pannée, hélas! je fais sans peine
Le triste aveu de mon état présent,
Et je venais demander à Chimène
De vouloir bien me prêter quelqu'argent.
Depuis deux mois, la Parmentière frite
Seule soutient mon débile estomac.
Enfin, voyez a quoi j'en suis réduite:
Depuis hier je n'ai plus de tabac.
bis.
RODRIGUE (essuyant une larme). — C'est le comble de la dé-
bine (Lui donnant sa blague.) Oh ! vous me navrez ! tenez !.
Vous êtes donc orpheline, sans famille?.
ARMANDINE. - Je n'ai que ma tante!.

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