//img.uscri.be/pth/e9829ec2e8f4d1703b4a3ea1131c3d3d706ae381
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

L'Enfant de la haute plaine

De
196 pages
Zine, un petit garçon de sept ans de la plaine Er-Mila dans les Aurès, assiste, avec son regard d'enfant, à la descente aux enfers de sa famille prise dans la tourmente de la guerre. Nous sommes en 1958 et la guerre d'Algérie est entrée dans sa quatrième année. Tortures, viols et tueries s'abattent du jour au lendemain sur de paisibles paysans de cette région qui fut à la pointe de la lutte pour l'indépendance.
Voir plus Voir moins
Hamid Benchaar
L’Enfant de la haute plaine Roman
L’Enfant de la haute plaine
Hamid Benchaar
L’Enfant de la haute plaine
Roman
Du même auteur Liberté choisie et appartenance subie, Editions Dictus Publishing, 2013.
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04057-8 EAN : 9782343040578
À ma mère
1
Elle était belle la cousine de Zine. Belle parce que blanche. Si blanche que ses parents l’avaient nommée Baida. Dans la famille, elle se démarquait par rapport à la plupart des autres filles, sœurs, cousines ou simplement bergères, toutes noiraudes aux cheveux crépus. Mais il ne faisait pas bon d'être belle à cette époque de guerre, de légionnaires, de harkis et de viols. Toute la famille avait peur pour elle. C'était pour cela que, quand l'armée française faisait une descente au douar, sa mère se dépêchait de la maquiller avec du charbon et de la suie pour la transformer en repoussante créature, afin qu'elle n'attire pas le regard. Le tout complété par des guenilles en guise de vêtements. Les troupes françaises arrivaient, en général, à l’improviste, perquisitionnaient les cuisines à la recherche des restes de repas ayant été servis aux rebelles, fouillaient les poubelles pour trouver les abats d’animaux récemment égorgés en leur honneur, mesuraient la quantité de couscous stockée et le nombre de galettes confectionnées, interrogeaient les paysans et les femmes sur le passage des fellaghas. Ils allaient même jusqu’à amadouer les enfants avec des bonbons ou du chocolat pour leur arracher des aveux sur les inconnus ayant récemment visité le hameau.
9