L'Envers de l'esprit

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Ce livre est plus composé de scènes que de chapitres car il veut approcher quelque chose comme le roman organique de la pensée. La pensée de chacun d’entre nous peut être conçue non seulement comme le drame d’un corps, mais comme un corps dramatique. Quel est le drame de la pensée que chacun d’entre nous porte jusqu’à sa mort tout au fond? Il est sans doute lié à sa respiration même. Ce livre est aussi une suite de gestes. Une mise en mouvement venue d’un toucher. Rien n’est jamais prouvé que par les sens. Le livre est très rimé, assonancé, fuguant, et voudrait édifier quelque chose qui éclôt (qui sort d’enfermement), prouver que l’espace n’est pas devant nous comme un support – un plancher, un plateau – mais qu’il s’ouvre. L’univers est donné. De même que l’acteur ni ne représente ni ne joue ni ne dit, mais donne. «L’esprit respire» était l’un des chapitres de Lumières du corps. Dans L’Envers de l’esprit il devrait être suggéré que l’esprit respire parce qu’il se renverse : et parce qu’il brûle, comme notre respiration qui, toutes les deux minutes, passe un instant par la mort et renaît. Dogmes et systèmes n’ont de sens que s’ils sont inversants, retournants et respirés. Car penser est un drame. S’il y a du système dans les choses spirituelles, il est respiratoire. C’est pourquoi les mots brûlent et c’est pourquoi l’acteur peut être sans cesse observé.
Publié le : vendredi 20 mai 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818012499
Nombre de pages : 206
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L’Envers de l’esprit
Valère Novarina
L’Envers de l’esprit
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2009 ISBN : 9782846823234 www.polediteur.fr
L’ouvrier du drame
Ouverture avant la lettre.Construire tout en quarante jours ; bâtir l’intrigue aux dés : pra tiquer le tirage semialéatoire des répliques. Progression par nappes, déversement et vagues : les scènes s’éboulant les unes dans les autres ; l’une cédant à la suivante à l’instant non prévu : les séquences commemuespar le temps, muées du dedans par une intrigue gravitation nelle, pondérale.Samedi 13 novembre 2004.
Phrases utiles.Richard Wagner : « L’acte de la musique devenue visible. » Jean Dubuf fet : « … Et qu’estce qui bat le carré d’as ?
C’est le carré de sept. Qu’estce qui est plus beau que l’hermine et qui surpasse le vison des rois et de quoi se pare le roi des rois qui est le plus fastueux de tous ? La bure. »Hermann Melville : « Quand il se mit au travail, il ne savait pas ce qu’il adviendrait. Il ne se murait pas dans ses plans. Il écrivait tout droit et, ce faisant, atteignait au fond de luimême des pro fondeurs toujours plus grandes. » Joseph Beuys : « Zeige deine Wunde. » Hugues de SaintVictor : « L’amour entre et approche, là où la science reste au dehors. » Jamblique : « La réalité n’est que l’apparence du nombre. » Furetière : « Dieu a quatre lettres dans presque toutes les langues. »Dimanche 14 novembre.
Slogans. Descendre dans le langage comme dans une matière profonde dutemps et dans une architecture en acte. Avec la pensée la plus matérielle possible à la main. Tout va comme dans les métamorphoses de l’espace au cirque. Éboulement des scènes les unes dans les
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