L'épidémie de petite vérole et la revaccination / [par le Dr C. Delvaille]

De
Publié par

impr. de Vve Lespès (Bayonne). 1869. 8 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : vendredi 1 janvier 1869
Lecture(s) : 6
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

L'EPIDEIIE m mm VÉROLE
ET IA
REVACCINÂTION
^«^-f-Jtirtfublic s'émeut des ravages que fait la petite vé-
role dans l'arrondissement de Bayonne, et, tout près
de nous, à la frontière espagnole ; et il demande
qu'on l'éclairé sur la gravité de ce mal et sur les
moyens d'en arrêter les progrès. Nous devons satis-
faire celte impatience et consacrer quelques lignes au
préservatif de la variole ou vaccine.
Jusqu'au siècle dernier on ne connaissait d'autre
préservatif contre la variole (c'est le nom scientifique
de la petite vérole) que l'inoculation de cette maladie
aux personnes qui ne l'avaient pas contractée. Les
Chinois, les Arabes, les Circassiens usaient depuis
longtemps de ce moyen d'éviter le terrible fléau, et
c'est une Anglaise de beaucoup d'esprit, lady Mon-
tagu, qui, à son retour deConstantinople où elle l'a-
vait vu me tre en oeuvre avec succès, introduisit celte
pratique en Angleterre. « Elle fut payée d'ingrati-
tude, » nous dit M. Camille Selden, dans un article
de la Revue des Deux Mondes, du 15 octobre 18G9,
consacré à celte charmante femme.
Les médecins, ajoute-l-il, prononcèrent le mot de charla-
tanisme ; le clergé déclara du haut de la chaire que, la
petite vérole ayant été infligée aux hommes en guise de
châtiment, c'était une impiété que d'en arrêter le cours ;
le peuple, toujours docile quand il s'agit de flétrir le ca-
ractère d'une personne haut placée, traita lady Mary de
femme sans foi et du mère dénaturée. On lui reprochait de
risquer la vie Je ses enfants pour assurer le triomphe de
son oeuvre, de contrecarrer la volonté divine en essayant
de prévenir les effets de la maladie, Elle ne se découragea
point, demanda l'appui du gouvernement, qui ordonna une
enquête. A ce moment, lady Mary faisait justement vacci-
ner son dernier enfant, une petite fille née pendant son
séjour à Constantinople. Quatre médecins des plus célè-
bres furent désignés pour assister à l'opération et surveil-
ler la marche de la fièvre. La lâche était facile ; néan-
moins ils s'en acquittèrent de si mauvaise grâce, que lady
Mary, sérieusement alarmée, les crut capables d'une ac-
tion malhonnête et même criminelle. Elle ne quitta point
le chevet de sa fille. L'entier succès de cette inoculation,
aidé de l'appui de la princesse de Galles, triompha enfin
des préjugés vulgaires. Lady Mary n'en demeura pas
moins, aux yeux du plus grand nombre, une personne en-
têtée et ambitieuse.
en certains cas, l'inoculé à la mort. Aussi accueillit-
on avec joie, à la fin du siècle dernier, la nouvelle
qu'un préservatif de la variole, beaucoup plus bénin
que l'inoculation, venait d'être découvert ; il s'agii du
vaccin. Mais qui donc a découvert le vaccin ? Est-ce
le l'asleur Languedocien Rabaut, est-ce l'immortel
Jenner ? Est-ce Jesty ? Sur la tombe de ce dernier, à
Yetmihster, on lit cet épigraphe : « Ce fut un homme
droit et honnêie,p:irticulièrement noté pour avoir élé
la première personne connue qui pratiqua l'inocula-
tion du cow pox et qui eut le grand courage de faire
une expérience de la vache sur sa femme et ses
deux fils, en 1774. » D'un autre côté, le docteur
Webb raconte dans ses mémoires (1799), qu'en 1792,
inoculant plusieurs enfan s dans une maison, il vit
entrer une vieille de 80 ans, qui lui dit qu'elle D'avait
pas besoin, quant à elle, d'être inoculée, car elle
n'aurait jamais la variole. Interrogée sur le motif de
cette assurance, Betty, c'est le nom de la vieille, ré-
pondit qu'à l'âge de 24 ans (le fait remonte donc à
1756). dans la ferme où elle était, un homme ayant
succombé à la petite vérole,on jeta les matelas de son
lit dans l'élable ; une vache qui s'y coucha contracta
le cow-pox, son lait devint mauvais. Betty, pour

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.