L'hermite de Saint-Jean, ou Tableau des fêtes marseillaises lors de l'arrivée et durant le séjour de S.A.R. Madame, duchesse d'Angoulême, à Marseille : n° 1-[8] : [13-19 mai 1823]. Numéro 6

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impr. Achard (Marseille). 1823. Angoulême, Marie-Thérèse Charlotte de France (1778-1851 ; duchesse d') -- Voyages -- France -- Marseille (Bouches-du-Rhône). 8 fascicules en 1 vol. ; in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1823
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L'HERMITE
DE SAINT-JEAN
OU
TABLEAU
Des Fêtes marseillaises , lors de l'arrivée
et durant le séjour de S.A.R. MADAME,
Duchesse d'Angoulême, à Marseille.
N° 6.
S. A. R. MADAME s'embarque, le 18, à cinq heures et
demie au soir , au quai Monsieur , pour faire une pro-
menade sur mer. — Coup-d'oeil ravissant qu'offre ce
voyage, lorsque le canot qui porte MADAME sort du
Port, et se dirige vers l'île de Ratonneau, où S. A. R.
va examiner les travaux da port Dieudonné.— Retour
de MADAME à Marseille , à huit heures et demie , et
sa promenade dans la ville , en passant par les bou-
levards. Surprise que lui présente tout-à-coup à la
porte d'Aix, l'illumination pour ainsi dire magique de
la rue d'Aix, du Cours et de la rue de Rome.
D'après l'empressement et l'enthousiasme des
Marseillais, fou jours affamés des Bourbons,
toujours insatiables de les voir et de jouir de
leur auguste présence, il était facile de prédite
que la simple promenade sur mer de S. A. R.
serait une très-belle fête. Un canot élégamment
décoré, et sur lequel se trouvaient dix-huit ca-
pitaines marins faisant l'office de rameurs, ayant
tous une veste et un pantalon blancs , avec une
ceinture verte et un chapeau à la Henri IV,
surmonté d'un panache blanc, fut destiné à
MADAME; S. A. R. était accompagnée de M.
le Marquis de Vibraye , son chevalier d'hon-
neur, de Mme la Marquise de Biron, l'une des
dames de. s'a cour, et de l'un des officiers des
gardes. Elle avait de plus daigné admettre dans
son canot M. le Lieutenant-général Vicomte
de Briche, M. le Comte et Mme la Comtesse
de Villeneuve, M. le Marquis et Mme la Marquise
de Montgrand, M. le Maréchal-de-camp Vicomte
Espert de Sibra et M. le Comte de Belon, Colonel
de gendarmerie. M. le Chevalier de Ruyter,
Capitaine de port, dirigeait le gouvernail. Les
acclamations du peuple et le bruit du canon
annoncèrent, à cinq heures et demie, l'embar-
quement et le départ de MADAME. La Canebière,
les quais, toutes les croisées, les terrasses et les
toits des maisons qui bordent le Port étaient
remplis d'une foule innombrable, et bien au-
dessus de celle qu'on avait vue à la joule, parce
qu'ici l'espace où les curieux pouvaient appa-
raître et se réunir n'avait d'autres limites que
celles du bassin-même du Port, et que d'ailleurs
la plus belle soirée du plus beau jour excitait à
la joie, et à la réunion la plus nombreuse et la
plus propre à donner une grande pompe, et un éclat
extraordinaire à une fête de mer. Comment en
effet peindre ici ces transports d'alégresse, ces
applaudissemens répétés qui se font entendre au
lointain, qui accompagnent la navigation de
MADAME dans le port, et se renouvellent si
bruyamment à chaque coup de rame. L'enthou-
siasme est dans tous les coeurs ; les cris de vive
le Roi! vive.MADAME ! éclatent de toutes parts,
remplissent toutes les bouches et parcourent, avec
de longs retentissemens, l'enceinte du vaste am-
phithéâtre maritime qu'un art enchanteur semble
avoir créé tout exprès pour l'offrir aux yeux de
MADAME. Ces cris, réfléchis d'abord par les

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