L'île de Tohu-Bohu : galimatias en 3 actes... / par MM. Cogniard frères

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impr. de G. Olivier (Poissy). 1848. 1 vol. (66 p.) ; in-18.
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Publié le : samedi 1 janvier 1848
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LâSU
':1"
DANSES, ÉVOLUTIONS
A VUE.. DE GOUVERNEMENT)
PAR.
REPRÉSENTÉ POURRA PREMIÈRE
LA
DISTRlBlDriÛM DB LA PIÈGE.
^OPlNAfiO.. i ,f.M. Co«.
ARTHUR .MM. Gxm^
.CARAMBOLE Benjamin.
CAD1NGLET. .l Nestor.
EUPHEMIC/ Mlle BdOTiN.
PINCE-FORT M. Saint-Amand.
MARIONNETTE Mlle Auce-Ozy.
DE MM. Perrin.
TRIFOUILLOU Alphonse Albert.
UN INDIGÈNE > j .Ci': Dubois.
PREMIER MONSIEUR, personnage indigène. • > Potonnier.
DEUXIEME MONSIEUR, id. id. « • HENRI FERDINAND.
UNE DAME. Miles Bertin.
UN ENFANT. FRANCING.
PREMIER CRIEUR. MM. MARCHAND.
DEUXIÈME CRIEUR. TASSIN.
OLIBRIUS Ce. Potier.
l MERCIER.
UNE MABILE ..•Mlles Désirée.
LA TAMBOUR MABILE. • r Hëloise.
Voyageurs. Crieurs bE jcuhkaux. Indkèmes. Enfants. Gardes habiles.
Une grande salîe à l'hôtel du Paraguay, au Havre. Portes numérotées
à droite et a &£<$&)̃ Une fenêtre
à droite, au premier plan.
MARCOTTÉ/ TOPINARD.
Je ne m'étais pas trompé. ce bruit de fffou! fffou! c'est bien
Mon oncle.
T0P1NARL.
rivent.
Qui ça?
TOPINAUD.
Parbleu., mes voyageur& ces hôtes qui se sont fait
vance qui -ont- retenu toutes mes
les émigrants. les colons. les Ico riens. • •
Icariens quel drôle, de nom. qu'eât-cè que
TORINARD.. "̃;
,il Remonte aux âges fabuleux
Par in essai fort peu chanceux. ̃
MARCOTTE.
î)ans cet-essai qu'il voulait -(aire
Il se.vit donc
r l • TOPiNABD. '*• '̃i^
11 cherchait à voler, ma chère, ï H.'J
5
TOPINÀRD.
Ca n'en a aucun, j'aime à le croire, c'est pourquoi je m'étonne du
nom de leur patron. Mais il ne s'agit pas de cela les chambres ne
sont pas faites et le dîner n'est pas prêt. cours jeler ton œil aux
fourneaux. je vais m'occuper des logements.
LES MÊMES, ARTHUR.
'̃Ut'lUU) ?«!̃->;̃̃.•
arthur j entrant du fond.
L'hôtel du Paraguay?
Vous y êtes, Monsieur.A.iqh^nï *m> h»- ̃•;
C'est bien ici que doit descendre le citoyen Badinguet?
ARTHUR, à part. ii ;î
Elle aussi {Haut.) une chambre. un ci-
.gari"e?iv;'i osm hï a^i
Le numéro 8 est de droite,
sttf ^wnc
Merci, drôlesse. du feu! r
MARCOTTE.
Voici une boîte de chimiqHès3îiâD8
ARTHUR.
Bravo!
ToriNARD, avec son registre.
n ,j>suA \sw>ï\'<
arthur, tout en allumant son cigare^ ub ;£
Arthur. n\[-.ti<tn?
TOPrNAnn, après avoir écrit. -,m ,>. y
Profession?
-le-"»')
Arthur..
̃'• •̃̃ .TOpINARPvbi.a <i J>îV:/
Je vous ai
ARTHUR.; ,.|.j.; rnl| f:,à'j:j-'T
Eh bien, oui, ma profession et moi je vous ai répondu Arthur.
TOHNARD.
>•, >
AtR hfa belle est la belle des belles.
Jadis, dans 1« monde d'élite.
Le Faubla? était bien porté
Beau rêveur bientôt culbuté.
Et l' Art hur, qui j ç f ?
Devint le héros intrépide r •" 'r""
Je suis le héros
Mon oncle.
«
Je Fignore comme toi. j'avais cru, jusqu'ici, que Paris ti?èn
comptait que douze. mais
authur, s'asseyaniprèsdé la table.
Euphémie va venir. ah ï sisj«peux lui épargner ce voyage ridi-
cule
fiïiHTS*.
ARTHUR, TOPINARD, CARAMBOLÉ. t)PJ
CARAMBOLE, entrant du /bnd, une queue
L'hôtel du
TOPINARD. U) ils/
CARAMBOLE, 1 nui^mvi
C'est ici que doit descendre1 Ièciiéyen Badinguet?
TOPINARD.
C'est ici. Monsieur
Touché c'est bien
in. 3
topinard, tenant son registre.
Le nom de Monsieur?
Carambole..
Profession?
En voici le prospectus.
1 CARAMBOLE.
Air Heureux habitants des beaux vallons.
Ma profession,
Ma pas&ion,
Mon seul commerce,
Ce '̃'
Dans
Sous le gaz et le soleil
Le métal pleut dans ma poquette
L'argent !(
Du
Ert vraiment
Un njraatt ?,I;î
VBqnaeriiënî'^
Une existence assez chouette» i -b -ynt
Jamais lea soucib,
'-wmxn \'<r,.u-.)
La rouge et la blaocne ont toujours
Mes %'ives amours!
Ont le doux secret .t ,rn
̃"̃>'1H'I!1 :i"
>: -bm
D abord je donne mon acquit
Mon ru*le appâte
En un clin d'œil croque une poule
Qui dit bravi bravai,
Par le plus rusé
Mais jamais blasé,
Parfois, ni chance,
D'unpètitaccroc,
Vous vous accroc.
Sous bande collé.
Surtout ne perdes pas»coutage.
Un moment troublé, iî^T u5i
Vous
>u-
A
Implorant votre procède.
Vous êtes pris et fait au même.
Bonsoir,1
Voici venir l'heure suprême,
Ma passionne, etc
C'est un grec de
guette»
Et vous pOrtez toujours
carambole,
Fichtre je mais j'ignorais
que ce fût un
CABAMHOLE,
Vous êtes né avant vieux Vatel,
et tâchez que la
Je me rends à votre sort.)
ARTHUR CARAMBOLE
CAIUM60LB, Uranium pipe de sa poche.
Voulez-vous me permettre d'altamer'ma pipr a votre cigare ?
7
du cigare et df la pipa.)
CARAMBOLE.
Quel satané parfum il a votre, pigaro
C'est un cinq sous! ^j,
CARAMBOLE.
l "n
CARAMBOLE.
Parfaitement.
Une infection
Etes-vous pris?
CARAMBOLA.
N'y a pas de quoi ?
CArtAMBOLE,
Parlez-moi de la pipe
AKTHUR.
Parlez-moi du cigare.
Quelle hérésie!
Nous devons laisser au beau sexe
Le cigare et sa molle odeur;
a a

,;HK: i(^;r-;<] Uujst
rV-«t
.̃; ;'i f ̃,
Le
Au/surplus^ chacun son goût. 1? pipe est une chose. rcanaillfi.
la pipe déplait au sexe. c'est pour cela qu'elle me déplaît.
8 L'ILE DE TOMJ-BOHtJ.
Monsieur tient à plaire*? b
Beaucoup. /».•
Monsieur fait des fdmes.
Beaucoup! la vie. c'est l'amour! c'est la femme
La vie! c'est la pipe! c'est le billard (On fin/em/ du &miï.. au
de/lors.)
Arthur, remontant, 'à part.
Qu'est-ce que cela?- j'entends la voix de son mari. c'est ello
ce sont eux. retirons-nous. Adieu, fumeur
Adieu, casse-coeur, {Arthur entre dans la chambre de droite qui.
lui a été indiquée par Marcotte.) h
CARAMBOLE, BADINGUEïj EUPHÉMJE,
geurs, (Ils portent des paquets, des sacs de nuit qu'ils déposent
dans (es coins de la salle.) ..̃̃
Air -.DeZanetta kI- k'{n-i.:i:n'i
D'aller en Icarie I
t
Souq une loi chérie! M'
Cette dpuce patrie
Le rêve enchanteur,
BADtNGUET, damant) d&$ poignées m mains.
Oui, mes amis, oui, mes frères, réjouissez-vous. 'réjouissons-
nous bientôt nous voguerons vers notre nouvelle patrie. là, où il
fous sera donné de résoudre enfin le grand problème de la vie tca-
riennc! Oh! Dieu! la vie en commun! n'avoir qu'une Âme. qu'une
pensée. qu'un La sublime
invention! ne rien posséder. n'avoir rien à soi et tout partager
carambole, se découvrant.
Bonjour, cher utopiste, je partage vos maïrimesel fout ce que vous
avez. ̃•
9
badihcuet, tW prenant la main.
Maximes divines 1 Et quand on ose mécon-
naître la haute portée de ces grandes doctrines
Des esprits
BADINGUET.
Tenez, citoyen Carambole, nous vivons dans un siècle eneroûté
mon ami mais bientôt grâce à moi.
Grâce à vous le monde va changer!
Oui, ma femme. j'espère. n'ai-je pas commencé à prêcher
d'exemple?. tous c«s biens, que je possédais. toutes ces pierres
plus ou moins superposées. et qu'on esl convenu d'appeler des
maisons. ne les ai-je pas converties èh espèces pour le triomphe de
mes doctrines icariennes?
Ah vous avez fait là un beau chef-d'œuvre
Un chef-d'œuvre Madame 1 vous ayez dil le ce brave mon-
sieur Badinguet. cet excellent monsieur BadingueU.. notre ami.
TOUS
MelcïV..?niérci! mes enfants, .mes amis. mes frères^.
femme.) Vous l'entendez. Madame
Voulez-vous que je vous dise? vous me faites pitié
Excusez-la, mes frères, celte faible femme n'est pas à notre hau-
buphémie, à part.
Et on n'interdit pas ces êtres "ïà! N*
Sa niàriié est de me contrecarrer du matin au soir. deme contre-
dire sur tout.
C'est dans la ̃̃>̃'̃̃
Vous e«pérez que ça changera ?
i 0
Moi d'abord, je vous suis les yeux fermés. j'y vais de conf
badixgv&t,
De conf. t
De confiance!
J'espère bien qu'on trouve i
Eh mais. je ne me reconnais ces lignes fa-
J'ai aussi l'honneu! de vous remettre.
Monsieur Pfnce-Fort, ex-garde du commerce /( <
pince-fort.
Dégommé! Les barbares, ils ont de
tailleurs ils ont supprimé les garde? du commerce Où allons-
nous, Monsieur! où allonb-nous .r un pays où l'on n'arrête plus.où
marionnette, entrant. i:<
Eh bien, vous
Ah! Marionnette
Laisser une femme de ses malles de
CARACOLE.
Quelle lionne déchaînée due cette Marionnette!,
Tenez, en fait de galanterie Je crois que je préférerais des^ cosa-
ques aux hommes d'aujourd'hui Où sont-ils donc mes' amoureux dt>
-M
hnvolés! évaporés
l'lus de joyeux bals plus de jardins émaillés, de polkas, de wul-
ses palpitantes. plus d'avenues mystérieuses. plus de Paris en-
fin Paris! cette reine des cette, ville où la folie régnait
en souveraine. Qu'y troiive-t-o'n maintenant ? des êires qui s'occu-
pont, de politictue le jour et la,, n^it, et qui portent des képis!
comme c'est gracieux hélas TàTheure qu'il est il n'y a plus de Pa-
ris les scellés omVéfé mis
cette ville dégénérée je préfère-prendre mon vol vers des contrées
vierges Oui^ foi de Marionnette, j'aime mieux à
l'état sauvage.
Ça la changera.
marionnette, Madingiiet
On m'a dit que là-bas^. leMfemfrtés s'habillaient avec des plumes.
ça doit être gentil. Aussi jei*ne;Siûs fourrée tête?baissée dans l'Ica-
rie. et je suis devenue votre élève*. mon vieux Badinguet. je prê-
che la communauté moi d'abords je suis b^onne fille. et je veux tou-
EDPHÉMiÉ, part.
Quel genre!
Bonjour, Madame. je votièJ?[Mràî» peut-être un peu décolletée.
moi, voyez-vous, avant toutylfaût^qûe^e/iH^aHMise.i. G^esfcpour ça
que je me sauve d'un pays où,¡l'on¡,ne,rencontre plus que des mines
/allongées;, des citoyens, maussades. Poui ne me parlez ptus de
Oui, je te quitte, ingrat P^M, ̃̃•
Maudit pays
De notre digne.
A l'abandon je te désigne,
Climat dujspleen, oui, je te fuis.
Tous nos beaux Iioné d'autrefois
Et j'ai vu tombet leur crinière.: iflNt ̃•>»̃ .Ur,c
Chez nous, plus de paigs d'Angleterre
iw <,•̃):!̃ .:̃ v. ,•.
Plus de princes russes, danois!
Puisque les amours sont enfuis
">̃̃- ,Loin. Loin Loin de .'Paris'
:¡ Il' Où règne,
12 L'ILE DE TOHU-BOHIJ.
Pays par t;ro'p mélancolique
TOUS.
A table! à table!
REPRISE E\T CHŒUR.
Puisque les amours nont enfuis,
Loin de Paris.
(Tous sortent f%r la gauche, h
Monsieur et Madame ne déjeunent pas ?
Quant à moi, vingt-cinq centimètres de saucisson de
Lyon dans le wagon et cela me suffit. mais veillez bien à ce que
tous mes frères ne manquent de risn.
BÂD5JNGUET, ÂRTUUB.
Ainsi, Monsieur., votre projet est bien arrêté. et ce voyage ri-
dieu le. vous l'entreprendre ?
Critiquez injuriez, criez et tempêtez, ma résolution est coulée en
Tenez, Monsieur, ce que \ou»
ACTE 1 1 il', SCÈNE 15
liuphéinio, no me dis pas de ce:; mots 1\ double entente qui m'af-
fligent. tu ferais bien mieux de m'autoriser à réaliser la propre for-
tune pour concourir au grand œuvre du progrès, s « ;l
Qui! comptez la dessus! ̃ ̃
BADiNGUET- Y
Si tu avais lu les magnifiques ouvrages du grand Icare, de l'im-
mortel Prends-Donc ̃<
Votre iPrends-Donc. allons '.donc
Alions donc! voilà votre opipiOQ?^ Vous le prenez sur ce ton'
mais savez-vous bien, Madame, qu'à l'icarien méconnu, pourrait
succéder l'époux soupçonneux et jalpu^ !e savez-vous?
Que signifie cet air ébouriffé?,
I1 y a, de par le monde, un çerkiifl Arthur. {Appuyant sur les
mots.) un exécrable Arthur.
la parte à droite.
Qui m'appelle?.
elthiîmie, qui l'a vu. -• ̃
C'est lui! ;.rî
vivement la porte*)
-ah] s i- BADiMOBET, se retoùiiioàt saw> rien voir.
HêM? quoi? Il me semblé lôujoiirs que je l'ai dans lis dos !̃• you
aurez béati le nier Madame, cet artiste a'ertiployé tous les, procédés
pôsèibleVpour me vouer à la nû&hce jonquille?
LU^HÉMIE.
Je sais, Monsieur, que vous Vous èïes mis beaucou p de choses stu
pi-les dans la tête. voilà tout cë;qùë je sais.
les mains.
Et j'y allais d'une lui-même.) Style Carambole.
(Haut.) H y a trois mois?; j'étais propriétaire»., j'avais encore la
désolation d'être piopriéfetre.. un artiste se présente pour oc-
cuper mon entresol. Un artiste! me dis-je. un de ces panés
d'artistes qui passent leur vie à tuer le diable par la queue bon
très-fcon! je tiens qu'il me faut. je suis 8111', avec
celui-là du ne pas subir l'humiliation du prix d'un loyer il ne
me payer?.^ .pas. Tôutess tes chances, coDvenez-eu^ de
mon cdté Eh bien, pas du 'te<it Le terme arrive, et voilà mon hy-
pocrite qui me demande quittance contre argent! 1 je tâche de gagner
du temps. je l'évite.. il me poursuit, il me persécute. il me Ira-
que, son argent en main, Je lui ferme la purte au nez, il revient
M
par la fenêtre. par ta fenêtfse?dBWOfer« chambre, Madame, un jour
quejVouséiiez en toilette du matin, ̃w.vr&v.Ki
B&DltfGUET.
Enfin j'ai la honte de toucher ce qu'il me devait. piteusérïient.
je lui fais un reçu.
Où voyez-vous du mal dans tout cela ? J
C'est que j'ai appris depuis, Madame, que chaque jour, ldfgqu'i!
venait chez moi. pour
Lorsque je fuyais sa présence.
Eh bien?
badinguet! { (
Vous étiez là. vous- vous le receviez avec complaisance..
EUPHÉMIE.
Vous ne savez pas
"Je sais que votre rage, en quittant la capitale. vient de ce que vous
vous voyez séparée de votre locataire. de ce déplorable locataire.
toujours prêt solder. mais, patience!' bientôt, plus à
de mettre la plaine salée entre vous et ne pas
ajouter au mal. je
Je vous recommande mes cartons..« > •
Et Arthur qui suivis.^ malgré. niai détone
aperçu n i
-JP
Un mot!
Je vous idolâtre!
huphémie.
Etmonmari?
Je m'en moque
euphémie.
Fuye?!
Passibête!
S'il revenait?
Que signifie?.
ARTHUR
Ce^voyage. -̃
-Eh bien!-
EUPHÉMIE.
Il le faut bien!
Suivre un vieux toqué qui abuse du Code. • i
C'est mon devoir, oubliez-mpi.ïrj^
Jamais! Àh il t'emmène. fci
Euphémie! ton époux a posé lerail-way sur lequel doit Hier à
]n.iV i!r>
ARTHUR. ̃̃ ;̃̃- -.î'" ̃ ̃
Un départ à grande vitesse se? prépare. le four chauffe., dis un
16
mot. la locomotive bouillonne;5., prends une résolution. et fiions
à cinq cent mille lieues de ton tyran • '̃ -« ->>
Qu'osez-vous me proposer? .v), i.im^HnJ
Me voici!
BUMrfMIB.
Mon mari (Elle se saw^e.) s J->
ARTHUR.
Le légitime! :-<;pom «y'm oî>
Arthur.
Arthur! son Arthur!
ARTBUB.
Ehbfen? ̃̃^f^«-
Comment, Arthur. je vous trouverai donc toujours derrière les
brodequins de ma femme?. 6 Arthur!
ARÏHIIR. wmi«yy>i.w&
Toujours!
BADINGUET. ̃̃'̃
Vous osez l'avouer! mais vous né savez donc pas 6 Arthur, que
vous êtes! que votre
ô Arthur!
avili ):̃'?'*
Désolé que ce núm ne sol pas de votre goût, ô Badinguet
;̃£?/̃. U-HUUfÀ
Oui, tu me déplais, ô
Oui, ton ̃>}**>
Ton nom de Badinguet m'amuse. et puis, & la fin de ça; où vou-
lez-vous en venir?
Je veux en venir à ceci, que tu ne parviendra» pas à arthuriser
17
mon épouse, tout Arthur que tu es. en venir. qu'il est temps
que ça finisse. qu'il faut à tes soupirs une solution de continuité,
et que, pour dérouler- je ysi^ mettre l'iQçéan entre nous.
Que m'importe! Hestez, je reste partez, je pars!
BADINGCET.
Oh non pas, non pas VAclèonesl frété à mon compte.
Ah! votre bâtiment s'appelle l'4c/&n. du nom de ce monsieur
changé en cerf. comme ça se trouve
Je comprends cette réflexion mythologique par allusion; mais elle
ne me touche pas. ce bâtiment ne reçoit que les gens de ma cote*
nie, vouss comprenez?
Sur ce, Arthur, je te pardonne; je ne veux pas conserver la
moindre animosité contre toi. bien que je te déteste du plus pro-
fond *ie mon coeur. Adieu! Arthur. Arthur, adieu! (Il se dirige
vers la gauche.)
Adieu je me résigne '« Embrassez-bien votre femme pouf moi,
ça lui fera plaisir. Dites-lui que c'est de ma part, et elle se laissera
faire: Adieu 1 (Il rentre dmssackànibire.)
badincuet, avec co/ère.
L'impertinent le hardi coquin C'est qu'il le ferait comme il le
dit. Ces Arthurs sont capables de tout! Euphémie où est-elle?.
1 ma femmé^ Euphémie!
Quels cris! la maison s'écroule- t;elle sur votre tête?
Silence, Madame, voici nos amis.
n L ILE DETOHC-BOIll).
•»K;( •• ̃• '>'̃'̃ ̃̃>•
les
ICARIENS.
CHŒUR.
Air Noua en France
''•
Un bon vent
Souffle et nous attend,
-̃•> f,;n -'tb -ifiy; '>j <&\ 'jibu'U o;o m*;
marionnette, entrant at7ec un verte de Champagne dans lequel ettè
Vous pressent-ils daiijs ces tables d'hôte! ils ne
le temps de tinir mon M ne le haïs pas l'aï.
Le wh|
Oui, oui, dépêchons-nous, .partons!,Mais depuis notre arrivée au
• • '>̃•:»;)>! s; tî'-i (;;
les mêmes, DE SAINT-BERTRAND, avec le costome un peu
endimanché de l'Auberge DES Adrets.
De n'est pas moi,
mes chers camarades, qui vous aurais fait attendre.
AlR Aussitôt ou'àti a pris un'peu l'air de Paris.
D'Alexandre Duriiàs,
J'espèr'
Ce refrain qui m'enrage
(Criant.) Mourir pour la putrie [bis.)
TOUS.
Oh J assez, ass'1»
1,9
oà l'on;ne
j
,dire délicat,
et les repas de table d'hôte me par mon
docteur. Depuis SUIS au régime; oui, il me faut
dé Je
?? indiquer dé
blissement bien tenu, ma foi! belle
voulu prendre quelque chose maison. On y prend toutes
sortes de bonnes choses. au port. J'avais encore à
faire mon piano droit, et je ne voulais
Diable un piano
Alors c'est un piano à queue.
Et thalles'?'
se retournant
Je les porte toujours des malles propres pour
voyager.
Ainsi, vous êtes
Oui. J'ai hâte de quitter j'ai eu des désagréments sans
nombre. Tel que vous me voyez, Messieurs;' je suis un de ces esprits
incompris, continuellement avec la société. J'étais au
homme, cet
homme prodigieux, ce colosse de génie., sur le$épaules,de
Oh! oh ménagez-moi.
jeu.
Je voudrais vous vous le méritez. Oui, Badin-
guet, vos doctrines m'ont séduit. Le partage des biens 1 idée su-
blime, et que je partage L'enfant en bas lui-même, ne dit-
te L'ILE ÔE TOHC-BOMJ.
il pas au compagnon de son enfance: {Parlant comme un enfant.)
Exemple naïf et touchant que les hommes doivent suivre
badinguet, lu* serrant la main.
(Montrant
un socialiste d'une espèce particulière. {Posant sa main sur la tête de
voyez ce crâne en pain de sucre, celte bosse
̃Jeu ai peur.
sera, grâce à vous,
en matelot, avec de favoris postiches.
Monsieur, c'est cent cinquante-cinq francs.
BEBTRÀpiD.
Non, Monsieur, je dis:
Tœns,c't'idée!
irl/
Homme arriéré. réactionnaire 1.
̃. r-i <̃•><̃̃'< '>i;p 'fn
Patience nous sortir^
tend sonner la cloche du paquebot.) '»̃̃̃̃
ARTHUR, paraissant.
A bord les passagers. Nous allons lever l'ancre. (Tout le monde
prend ses paquets, cartons, etc.) i > o ïf.
̃• G'«st la cloche du paquebot Vite vite. à bord '• » ?
1 'A-Bort1! ̃•' • ̃ ltrrt
n
Carambole.
Carambole,
queue.
Voici, ma déesse.
Je vous suis!
Ciell
EOPH&ME.
En route, mes enfants, en route!
C'est la cloche dé la vapeur, ̃ .\m vr ?
Abordons une; attire patrie,
Vite en rouie pour le bonheur
/̃i!l iU B!/
Pour un pays
Au sein de Fabondttâce,
Coule avec nonchalance
Pays où les colons'
Ignorent les prisons i
Ue pays comme on n'en voit pas.
Vous allez voir ce nouveau 'inonde j! r.;Hi*w.!M
Que d'ici féconde
Mascience profonde! t < i,ir, (i
Enfin vouBftttez voir.
Ce que vous allez voir n t
t
il
Vite en 1
C'est f
Abordons une autre patrie,
Vite en route pour le bonheur
FIN DU PREMIER ACTE.
des maisons. Une autre, au fond, à gauche etaiâantfâce au public,
avec cette inscription Fabrique de gazette*.
(Au lever du rideau, la scène est occupée par une foule de per-
sonnages bizarrement et bruyante
agitation. sortant de la fabrique.
Marchands, autres avec des
trompettes.) ,». {, «.-» i
Air De, aux cheveux d or.)
Le désordre est notre partage.
Chacun son goût, «on apanage.
Codage,
Crions
.j-
ON CR1EUR.
Achetez le journal le
UN AUTRE.
Demandez l'Aboyeur ̃ >-
OS AUTRE.
Le Dogue enragé! L"
UN AUTRE.
La Camisole de force, journal humanitaire
̃ s&GfE^SSÈNEUï^ S3
ENAÏJTHE-
Demandez Lucifer, journal de l'Enfer ,« i î <>>'
(Ils reprennent tous ensemble en agitant leurs feuilles au-dessus
t d&iléuxsïWmiï) -vm; -̃̃̃ -.̃̃ ><u<:vi ̃>*
REPRlilWëKEUR.
Vive le
carton* à, char
-i^û*i.. '•̃̃
Sapristi quel bruit! c'est à voiis ^per-
plus affreux naufrage, au nuit, on nous à débarqués
la
découverte. obligé de laisser Euphémie auprès de cet audacieux
matelot. de cet abominable Ârtbutr, que j'ai reconnu malgré son
déguisement.
Nous qui croyions
ment peùplée, au Informons-nous.
(Il la maison de, droite, et
qui passe tenant
Monsieur? ̃ .Tsr»^w*«
Pourriez-vous médire quel est ce pays?' l
«̃•̃̃̃( ̃
Ah! me voilà fixé ̃ C'est une Ile.1. Mais le nom de cette Ile, s'il
VOUS plaît? •
1 i
Comment, vous l'île de Tohu-
BohU? .•
BADINGUET.
rencontré ce, nom sur la carte. J'ai eu portant
dans ma jeunesse, un prix de géographie.
̃
Et vous, étranger. qui êtes- vous ? D'où venez-vous ?
24 Ï/ILE DE TOHU^BOHU.
BAlJlNGURT.
De France. %1V!^ -*>> ^̃^̃̃̃̃' .-v.y- .:̃
-v,. ̃̃̃̃ v ̃̃. TKlFOOlWiOtJ. ̃̃̃«̃̃̃ --•̃̃(̃̃̃̃«. yï
De France! de ce pays arriéré, mtioco, vorn.oulu cocasse
BAMNGUET.
Cocasse 'ï'
TirtFdîiîti.6ii.
Mazout, cocasse, caduc. Un pays qui radote, qui marche avec
des béquilles, qui est passe à -Pétât' de fo^ïfé, mon chor. un pays
où l'on aspire au calme, au repos.» un pays où l'on blâme le trou-
ble qui est le progrès; le boub versement qui est la vie, pays perclus,
pays;peiMu,fiaysfienulv ua;; ;.w< ;<
Le feit est que lorsqu'il ârëgit'' ̃do"pirid^àsgér nou-
;j
repousse; n'est-ce paè? ?< Vous
\F,
.'̃ V' .'̃ ̃̃̃;•*̃; BADiticûÈfi.
Et pourquoi ? parc? que vous divaguez, parce que vous êtes fan-
tasque, parceque vous dites "dés monstruosités. ce qui est votre
droit. parceque l'impossible. ce
qui est encore votre vive l'impossible!
Ici, Monsieur, àTohubohu, Monsieur, vous allez vous retremper.
vous allez vivre, Monsieur
BADIMSUET.
En vérité? -<h!Wi
TB1FOU1LLOU.
Ai.» v
Fait® ici côihînffclfëz tous
Et que rien ne vous contrecarre,
Dans l'étrange dans le bizarre,
̃̃̃ :>̃,<̃<.)( ;c-ii-"
Mettez, pour peu que ça vous plaise, •̃
Le pays sens dessus dessous
;̃•<;«•;>
enfin, comme étiez vous.'
BÀOmGVÉT.
A là boiirte'hènre; voHà ce que f àppellëdë
Monsieur, je vous invile à venir étudier mes maximes au club du
ACTE H; SCÈNE, IL r 2S
2
Galimatias social, dont j'ai l'honneur d'être le président. Tri-
fouillou, président. le président Trifouillou!
BADINGUETW
Vous me faites l'effet d'en êtrs bien digne.
TRIFOUILLOU.
Voici ma sonnette. comment la trouvez-vous ?
{Mm"x. 'agite sa gro$se cloche.)
badinguet, portant ses mains à ses oreilles.
Nom d'un. quel son! ̃ •̃, ,:»k ̃>.
Il faut ça. cet instrument sert à rappeler les orateurs au désor-
dre, quand, par hasard, ie calme se rétablit dans l'assemblée^, ce
qui est heureusement fort rare. '•̃
badinguet, émerveillé.
Rappeler les orateurs au désordre f
'J
Voilà comme nous sommes..
le porte-voix.
Et ceci? qu'est-ce que ceci ?.
^l TRIFOBILLOW ̃ ,i -/J
Ceci?. qu'est-ce que ceci? c'est mon porte-voix. j'ai un dis-
cours important à prononcer, aujourd'hui, et je veux qu'il fasse du
bruit. mon discours. alors je prends cet instrument. (parlant
dans ce porte-voix.) M'entendez -vous ?
RADINGtIE'f, Se b02lCÏillnt l'oreille.
Parfaitement 1
'• • TMFOIJ1LLOU.
La séance Sera sérieuse, curieuse, orageuse. j'attaque celui qui
nous gouverne. le citoyen Olibrius.
r BADINGUET. ;̃
Ah 1 le gouverneur de cette île est un Olibrius.
TKIFOOTLLOUI
Olibrius Ier: nous cherchons à le renverser, à le démolir. le
club du Galimatias l'a poussé au pouvoir. le galimatias n'en
veut plus. nous le reprendrons peut-être plus tard. pour l'apla-
tir de nouveau. à moins qu'il ne fasse toutes nos volontés. 'Dans
ce cas, le club cramoisi, de son côté, tombera dessus. et Olibrius
sera toujours aplati. ainsi tout est bien, tout est pour le mieux.
BADINGUET.
Votre raisonnement m'embrouille un peu.
TB1FOUILL0U.
C'est ce qu'il faut. embrouillez-vous la vie. qu'est-ce que la
vie. un peloton de fil. mêlé, embrouillé. J'ai bien i'ilonneur de
vous saluer, mon.club m'attend. (Parlant à travers son porte-
voix.) Club du Galimatias social. place du Boulvari. venez m'en-
tendre, je serai étourdissant!

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