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L'Incendie des Folies-Plastiques

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303 pages

C’est à une heure du matin que l’incendie éclata. Deux passants, traversant la petite rue derrière le théâtre, avaient aperçu une fumée au-de ssus de la baie servant à l’entrée des décors. Ils se précipitèrent sur la sonnette placée à la porte de l’administration.

Le concierge, qui venait d’éteindre son dernier quinquet pour aller se coucher, ne voulait pas ouvrir malgré les exhortations de sa femme.

— Non, disait-il, c’est une farce ; je suis sûr que c’est une farce !

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Abraham Dreyfus

L'Incendie des Folies-Plastiques

CALMANN LÉVY, ÉDITEUR

L’INCENDIE

DES FOLIES-PLASTIQUES

I

C’est à une heure du matin que l’incendie éclata. Deux passants, traversant la petite rue derrière le théâtre, avaient aperçu une fumée au-de ssus de la baie servant à l’entrée des décors. Ils se précipitèrent sur la sonnette placée à la porte de l’administration.

Le concierge, qui venait d’éteindre son dernier quinquet pour aller se coucher, ne voulait pas ouvrir malgré les exhortations de sa femme.

 — Non, disait-il, c’est une farce ; je suis sûr que c’est une farce !

Mais sa femme insistait :

 — Ouvre donc tout de même ! Moi, j’ai l’idée que c’est M. le comte qui vient chercher mademoiselle Léona.

 — A cette heure-ci ?

 — Dame !... on ne sait pas ! S’il n’a pas été libre plus tôt, cet homme !

 — Avec cela que mademoiselle Léona serait femme à l’attendre !

La sonnette tintait toujours, et l’on frappait à coups redoublés.

 — Va donc ouvrir ! cria la concierge.

Le concierge obéit. Il enleva la barre de fer qui barricadait l’entrée du vieux théâtre, ouvrit la porte et se trouva en face des deux passants effarés :

 — Le feu est chez vous !

 — Le feu !

 — Dans le magasin des décors... On voit la fumée... Regardez !

Le concierge regarda... Était-ce bien de la fumée ? Ça venait peut-être du restaurant à côté ? Ils chauffaient tant !

 — Mais allez voir, enfin ! criaient les passants. Il faut voir !

 — Oui, oui, dit la concierge accourue derrière son mari ; va donc voir.

Le concierge, grommelant, rentra dans sa loge, alluma une lanterne, prit un trousseau de clefs et monta l’étroit escalier qui débouchait au milieu du couloir. Les passants l’avaient suivi. Arrivé au premier étage, il poussa une porte et entra dans le magasin des décors : une acre odeur le saisit à la gorge ; au même instant, une lucarne donnant sur la rue s’ouvrit avec violence ; l’air s’engouffra dans le magasin, et une vive lueur apparut au fond.

 — Julie ! Julie ! cria le concierge en dégringolant l’escalier.

Les deux passants étaient dêja redescendus et s’élançaient dans la rue pour appeler au feu.

 — Eh bien, quoi ? fit la concierge. Tu ne vas pas t’évanouir à présent ! On l’éteindra, ce feu ! Va prévenir Charles...

 — Oui... Charles...

 — Et M. Brossard ! Et M. Montléry ! Ah ! mon pauvre homme, tu n’y es plus... Reste ici, va ! Je monte.

Elle disparut. Le concierge, tout pâle, s’était affaissé le long du mur et, bégayant, pleurant :

 — Au feu ! au feu ! répétait-il, c’est le feu !

II

Il fallait un danger aussi pressant pour que la concierge du théâtre des Folies-Plastiques osât monter à l’appartement du directeur. Cette retraite était sacrée pour tous. C’est là qu’après le spectacle, M. Montléry s’enfermait chaque soir. Les artistes et les employés qui se rangeaient respectueusement dans l’escalier pour le laisser passer le voyaient toujours monter avec trois ou quatre manuscrits sous le bras. « J’emporte du travail pour ma nuit ! » avait-il dit une fois à l’un de ses anciens camarades, un vieil acteur que la province avait acclamé jadis sous le nom de Marcelly et qui, engagé maintenant par charité aux Folies-Plastiques, ne jouait plus que des « figurations » pour lesquelles il ne voulait pas compromettre une gloire restée pure : l’affiche l’appelait Ernest. Mais, en donnant un abri au vieux comédien, M. Montléry n’avait pas abdiqué son autorité directoriale ; pour lui comme pour tout le monde, Ernest était Ernest ; il le tenait à distance et ne lui adressait la parole qu’à de rares moments d’expansion. Ernest avait donc recueilli avec joie le mot tombé des lèvres du maître, et ce propos, colporté partout, était venu couronner la réputation de M. Montléry. Oui, l’intelligent directeur des Folies-Plastiques ne possédait pas seulement l’entente consommée du métier, l’indispensable pratique des planches ; il était doué aussi d’un sens littéraire devant lequel les plus grands auteurs s’inclinaient, et il passait ses nuits à refaire les pièces, à raturer les manuscrits.

On juge donc du saisissement et de la colère éprouvés par Montléry en entendant frapper à sa porte. Justement — par exception — il venait de se coucher, et les manuscrits qu’il devait revoir cette nuit-là étaient restés sur une chaise...

 — Qu’est-ce que c’est ? cria-t-il d’une voix terrible.

 — C’est moi, Monsieur ! fit la concierge. Le feu est au théâtre !

Le directeur sauta à bas de son lit :

 — Le feu au théâtre ! Qu’est-ce que vous dites ?.. Entrez !. mais entrez donc !

La concierge entra et aperçut dans l’obscurité un fantôme blanc qui courait et gesticulait. C’était M. Montléry en chemise.

 — Les allumettes !.. où sont les allumettes ?.. Mon pantalon !... mes chaussures !... Et la caisse !... a-t-on pensé à la caisse ? Appelez Brossard !... Non ! attendez, j’y vais moi-même... Une allumette ! mon pantalon ! Ah ! mon Dieu ! mon Dieu !... me laissera-t-on mourir ici ?

Ces mots sans suite se pressaient dans la bouche du directeur, pendant qu’il cherchait ses vêtements, tâtant les murs, se glissant sous le lit, renversant les chaises...

Au même instant, une lueur éclaira l’antichambre.

 — Le feu !... voilà le feu ! dit Montléry affolé.

Il s’élança vers la fenêtre.

 — Mais non, Monsieur. C’est M. Brossard !

A ce cri de la concierge, Montléry se retourna et courut vers le personnage qui venait d’entrer, un bougeoir à la main. C’était bien lui, le père Brossard, le contrôleur en chef, le caissier, le secrétaire, l’homme à tout faire du théâtre des Folies-Plastiques, celui que le vieil Ernest, dans un jour de jalousie et de romantisme, avait appelé « l’âme damnée de Montléry ».

 — Ah ! Brossard !... vous savez ?

 — Oui, Monsieur..., oui, dit Brossard en tendant à son directeur un pantalon que la concierge venait de ramasser sous une pile de manuscrits. Descendez vite !

 — Alors c’est vrai ?.. Nous brûlons ?

Pour toute réponse, Brossard aida son directeur à s’habiller. Le malheureux Montléry, les mains tremblantes, n’y parvenait pas...

 — Mon Dieu ! mon Dieu ! murmurait-il.

Il était à moitié vêtu, lorsque Brossard le prit par le bras et l’entraîna hors de la chambre. La concierge avait disparu. On entendait des cris dans l’escalier conduisant au cintre. C’étaient Charles, le garçon de théâtre, et Courtin, le chef machiniste, qu’on venait de prévenir en même temps et qui s’appelaient l’un l’autre.

Un rassemblement se formait devant le théâtre. De nouveaux passants, voyant la porte ouverte, étaient entrés et avaient trouvé le concierge pleurant près de sa loge. Questionné, secoué, le pauvre diable n’avait plus la force de parler... Mais le feu qu’on entendait déjà gronder répondait pour lui. Plusieurs individus se détachèrent pour courir au poste des pompiers ; d’autres voulaient organiser les secours eux-mêmes et bousculaient le concierge pour avoir la clef des bouches d’eau exigées par les nouveaux règlements de police. Un petit jeune homme blond se faisait remarquer par son animation.

 — Vous voyez, Monsieur, disait-il à un grand gaillard entré derrière lui, vous voyez : ils n’ont pas de bouches d’incendie ! Ce n’est pas faute qu’on les ait réclamées ! J’ai fait trois articles là-dessus, Monsieur, trois articles !

A quoi le grand gaillard répondait d’une voix traînante :

 — Vous auriez mieux fait d’apporter trois seaux d’eau.

D’où l’altercation suivante :

 — Je ne vous parle pas à vous !

 — Pardon, vous m’adressez la parole.

 — Mêlez-vous donc de ce qui vous regarde, imbécile !

 — Imbécile vous-même !

— Monsieur !

L’apparition de Montléry, suivi de Brossard, mit fin à cette dispute. Le petit jeune homme blond connaissait le directeur des Folies-Plastiques ; il courut à lui et lui prit les mains.

 — Eh bien ? mon pauvre ami, dit-il, eh bien ?...

Jusque-là, Montléry, éperdu, s’était abandonné au père Brossard, qui l’avait aidé à descendre l’escalier de son appartement et l’avait dirigé à travers le dédale de couloirs qui constituaient les « dégagements » du théâtre. En se voyant dans la rue, à l’abri du danger, le directeur retrouva son sang-froid et, avec son sang-froid, la grande allure qu’il savait imprimer à ses moindres actions. Faut-il rappeler que M. Montléry, ancien premier rôle des théâtres de drame, avait conservé dans la vie privée les belles manières qui lui avaient valu tant de succès jadis à la Gaîté du boulevard du Temple ? La présence d’un journaliste ne pouvait paralyser cette faculté d’expression, et c’est avec un geste plein de noblesse et d’amertume qu’il laissa tomber ces mots :

 — Ruiné ! mon cher Loriot, je suis ruiné !

Un grand courant de sympathie se fit sentir dans la foule que la nouvelle de l’incendie avait attirée et qui, grossissant de minute en minute, emplissait maintenant la petite rue. Au même instant, les premiers pompiers arrivaient suivis de gardiens de la paix et d’un peloton de soldats chargés de dégager la place et de former un cordon autour du bâtiment incendié. Ce mouvement surprit la foule, dont une partie se sauva en désordre pour ne pas être obligée de faire la chaîne, tandis que l’autre courait dans tous les sens, frappant aux portes des maisons, criant au feu et gênant la manoeuvre des sapeurs qui. mettaient une pompe en batterie devant le magasin des décors. Pendant ce temps, d’autres pompiers pénétraient dans l’intérieur du théâtre ; mais le feu avait déjà fait son œuvre ; tous les décors brûlaient, et ce n’était plus seulement de la fumée qui sortait par les lucarnes donnant sur la rue : de hautes flammes léchaient les murs et perçaient la toiture du magasin.

Cependant les secours arrivaient. Une pompe à vapeur, amenée à toute vitesse de la remise la plus proche, avait été placée au milieu du boulevard, devant la façade du théâtre. Grimpés sur les arbres, accrochés aux balcons des maisons voisines, les pompiers lançaient des jets d’eau sur le foyer de l’incendie et sur la partie du bâtiment qui ne semblait pas encore attaquée. Elle l’était. Le feu, après avoir gagné toute la scène, s’étendait maintenant dans la salle, faisant le tour du balcon, descendant à l’orchestre, montant aux étages supérieurs et s’alimentant de tout le bois peint, de toutes les moulures et tentures qu’il rencontrait sur son passage.

Bientôt ce ne sera même plus le théâtre qu’il faudra sauver. Le vent, soufflant avec violence, a poussé des flammèches sur les toits voisins ; les murs de la maison qui fait face à l’entrée des artistes crépitent sous la chaleur et commencent à brûler. Heureusement qu’on vient d’amener deux autres pompes à vapeur ; des torrents d’eau sont projetés tout autour du théâtre et l’on ne songe plus qu’à faire la part du feu.

Montléry, posté près du préfet de police et du colonel des sapeurs-pompiers, a suivi toute les phases de l’incendie, répétant à haute voix les ordres du colonel, encourageant les soldats, les retenant d’un geste, les aidant du regard... Ah ! oui, il a vraiment du sang-froid, M. Montléry, et sa défaillance passagère de la première heure reste inexplicable. Quelle force d’âme ! quel calme en présence de l’adversité ! quel oubli de soi-même ! quelle sollicitude pour les autres !.. Ce théâtre qui brûle est pourtant le sien, et il a beau être assuré à dix compagnies, le malheureux directeur ne retrouvera pas la fortune si péniblement amassée ! Quand on pense que, la veille, il avait en caisse... Mais le voilà qui pâlit : la même pensée vient de traverser son cerveau. Il court au colonel...

 — Et ma caisse ?... retrouverai-je ma caisse ?

 — Je n’en sais rien ! répond avec humeur le colonel... Est-ce que vous me l’avez confiée ?

 — Non, balbutie Montléry... J’espère que Brossard aura pris les valeurs... Mais où est-il passé ? Brossard ! ! Brossard ! !

Brossard ne se montre pas. Il s’est porté au secours des locataires de la maison d’en face. Comme s’il n’aurait pas pu rester auprès de son directeur !... Avait-il le portefeuille au moins ? Non, Montléry l’aurait remarqué. Brossard n’a pas pris le portefeuille... Il n’a pensé qu’à sauver sa peau... Lâche Brossard !

Et, sous le coup de ces réflexions précipitées, Montléry, anxieux, livide, se reprend à trembler et saisit les mains du colonel :

 — Par grâce, colonel..., donnez des ordres ! qu’on aillé au moins chercher le portefeuille ! Voici mes clefs !

 — Au diable ! avec vos clefs ! Qu’est-ce que vous voulez qu’on en fasse ?

 — Qu’un sapeur se porte dans mon cabinet. Ç’est là-bas, au second étage de l’aile droite. Le bâtiment est encore intact.

 — Vous êtes bon, vous ! Le bâtiment est encore intact du haut..., mais il va crouler.

 — Alors, mes cent cinquante mille francs ? car j’ai là plus de cent cinquante mille francs...

 — Tant mieux pour vous, mon cher Monsieur..., ou plutôt, tant pis !

Et, sur ce mot accompagné d’un geste expressif, le colonel s’éloigne.

Montléry reste un instant attéré... Mais il se redresse brusquement et, d’une voix forte :

 — Colonel ! dit-il, vous vous méprenez... Je ne songe pas à mes propres intérêts... Si je vous demande de sauver cet argent, c’est qu’il ne m’appartient pas !

 — A qui appartient-il donc ?

Montléry hésite un instant.

 — A de pauvres gens, des employés de mon théâtre, de petits artistes, des ouvreuses, qui m’ont confié tout leur avoir...

 — Ah ! fait le colonel.

Et, après un moment de silence, tordant sa moustache :

 — Allons, vous autres ! dit-il brusquement à deux pompiers, un sapeur et un caporal qui se trouvent près de lui, vous avez entendu ?.. Voulez-vous risquer le paquet ?

 — Tout de même, mon colonel ! répond le caporal, petit homme à l’air déluré. On est de Paris ou l’on n’en est pas... Et le camarade veut en être aussi ! Pas vrai, Breton ?

Le pompier interpellé acquiesce de la tête.

 — Alors, dit le caporal en se tournant vers Montléry, aboulez les clefs du coffre... Et en avant marche ! Seulement, ajoute-t-il en riant, monsieur paiera la goutte au retour ?

 — Oh ! de grand cœur, mon ami, réplique avec effusion le directeur des Folies-Plastiques. Je vous paierai même mieux qu’une goutte !...

Mais les deux pompiers n’ont pas attendu la fin de cette réponse. On les voit bientôt appliquer une échelle le long du bâtiment désigné par Montléry, l’escalader rapidement, ouvrir une fenêtre au second étage et pénétrer dans le cabinet du directeur, lorsque la toiture de la salle s’effondre avec fracas ; une rafale de vent s’engouffre dans l’aile droite, une flamme énorme s’élève de l’intérieur, le plancher du premier et du second étage s’écroulent, et l’un des deux pompiers disparaît.

 — Tonnerre de D... ! s’écrie le colonel en se tournant vers Montléry blême de frayeur, vous m’avez fait tuer un homme !

 

... Deux heures après cette catastrophe, il n’y avait plus qu’un immense amas de décombres à la place où s’élevait l’ancienne salle Corneille devenue, sous la direction de Montléry, le joyeux théâtre des Folies-Plastiques. Elle semblait devoir durer éternellement, cette salle, et résister à l’incendie comme aux démolitions qui, en transformant le quartier de fond en comble, avaient respecté le vieux théâtre. Tout récemment le directeur, pour se conformer aux injonctions du commissaire de police, s’était contenté de faire repeindre le bâtiment et d’y percer de nouveaux couloirs... Ironie des choses humaines ! Sous les poutres noircies qui fumaient encore et que deux équipes de sapeurs ne cessaient d’arroser, dans l’entassement des débris de toute sorte qui gisaient-là : barres de fer tordues, cristaux agglomérés par le feu, loques trempées d’eau, un seul objet avait été épargné et se balançait au bout d’une tringle ; c’était un écriteau portant ces mots : Sortie en cas d’incendie.

III

 — Demandez le Mascarille ! les détails complets sur l’incendie des Folies-Plastiques, la mort du pompier Lebreton... Demandez !

C’était le journal du jeune Loriot qu’on criait ainsi dès sept heures du matin aux alentours du théâtre incendié.

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