L'Incessant

De
Publié par

Secrète, à peine audible, une voix parle en chacun de nous. Une voix qui nous accompagne tout au long de notre existence. Quand on lui prête attention, on entend son interminable soliloque. Mais parfois, elle se divise, et le soliloque devient dialogue. Tout se passe comme si deux voix s’opposaient, entraient en conflit, se livraient un véritable combat. L’Incessant met en présence un homme et une femme qui s’affrontent avec âpreté. Égocentrique, l’homme ne veut écouter que ses désirs, ses avidités. La femme lui fait valoir qu’il peut dépasser cette attitude et accéder à une vie plus ouverte, plus haute, plus riche. Chacun a son point de vue, ses arguments, s’acharne à l’emporter sur l’autre. Cet homme et cette femme sont en chacun de nous. À certains moments de crise, ils se déchirent, nous harcèlent. Mais la décision qui clôt le débat n’est jamais définitive. À tout instant elle peut être remise en cause. Alors l’affrontement recommence. Maintes et maintes fois. À moins qu’un jour l’homme cède et qu’une seconde naissance l’introduise à une nouvelle vie.
Publié le : mardi 27 septembre 2011
Lecture(s) : 27
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818009222
Nombre de pages : 47
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
L’Incessant
DU MÊME AUTEUR
Chez le même éditeur L’Année de l’éveil,récit(Grand Prix des Lectrices deElle, 1989) L’Inattendu Ce pays du silence Carnets de Saorge Affûts,poèmes Lambeaux,récit Ténèbres en terre froide – Journal I Traversée de nuit – Journal II Lueur après labour – Journal III Accueils – Journal IV Giacometti À voix basse,poèmes Rencontres avec Bram Van Velde Rencontres avec Samuel Beckett Fouilles Écarte la nuit,théâtre Un lourd destin,théâtre L’Autre Faim – Journal V,à paraître
Aux éditions Arfuyen L’Autre Chemin,poèmes
Bribes pour un double
Aux éditions Maeght Bram Van Velde,monographie (avec Jacques Putman)
Bram Van Velde,collection « Carnets de voyage »
Aux éditions La Passe du vent Trouver la sourcesuivi de Échanges
Aux éditions L’Échoppe Entretien avec Pierre Soulages
Jean Reverzy
Entretien avec Raoul Ubac
Chez François Dilasser
Aux éditions Fourbis Pour Michel Leiris
Aux éditions Jacques Brémond Failles
Aux éditions Flohic Un grand vivant : Cézanne
Charles Juliet en son parcours
Aux éditions Arléa Mes chemins,entretien
Aux éditions Les Petits Classiques du grand pirate Sur les collines,poèmes
Aux éditions Bayard Ce long périple
Charles Juliet
L’Incessant
théâtre
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2002 ISBN : 2-86744-887-5 www.pol-editeur.fr
Homme.– Ne m’accable pas. Mes forces m’ont lâché et j’ai dû faire halte.
Femme. – Tu es trop étroitement uni à la terre. Lève-toi. Reprends la route.
H.– Une étrange léthargie engourdit mes membres.
F.– Il est fort long le chemin qu’il nous faut encore parcourir.
7
H.– Tu attends trop de moi. Je suis las. N’ai aucun désir d’aller plus avant. Je veux rester là où je me trouve. Me résigner à ce qui est mon lot.
F.– Ces journées vides, cet ennui, ce manque de but… Comment peux-tu te satisfaire d’une si curieuse existence ? Je ne puis admettre que tu stagnes.
H.– Je me suis égaré et ne sais quelle direction prendre. Vois ces champs de pierres. En moi et autour de moi. Com-ment pourrais-je m’y soustraire ? D’ailleurs, je n’en ai nulle envie. Je crois que je préfère ce désert à tout le reste.
F.– Toujours t’en tenir au plus facile. Soit tu te soumets à ce qui t’est imposé.
8
Soit tu te laisses glisser là où le désir t’entraîne.
H.– Pour l’heure, je n’ai plus de désir. Je voudrais seulement n’avoir plus à fournir d’efforts. Et surtout, ne plus t’entendre. Ne plus être aux prises avec la honte dont tu m’abreuves.
F.– Pourquoi pareille satisfaction à l’endroit de ce que tu es ? Toujours à par-ler de toi, te vanter, te considérer comme quelqu’un de premier plan… Tout empli de ta belle importance, tu ne vois pas qui est l’autre. Ne sais pas l’écouter.
H.? Quel bénéfice en– Continuer obtiendrais-je ? Ici, je puis enfin goûter un peu de repos.
9
F.– Tu aimes à observer autrui, enre-gistrer ses comportements, tenter d’éluci-der la nature de ses mobiles. Mais chaque fois, c’est avec l’arrière-pensée de le prendre en défaut, de te prouver que tu lui es supérieur. Ne pourrais-tu porter sur tes semblables un regard empreint d’un peu de bienveillance ?
H.– Es-tu sûre que j’aie des sem-blables ?
F.– Ton orgueil me consterne et me montre que tu n’as jamais su tirer le moindre profit de ce que je te murmure. Ainsi, tu en es encore là. Mais, pour n’envisager que ce point, ne peux-tu te rendre compte que ta prétention à te croire ou te vouloir différent, donc plus ou moins supérieur, est précisément ce qui te rend
1
0
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Dans les limbes

de Presses-Electroniques-de-France

suivant