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L'Instinct de l'oiseau

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Chaque tribu d’animaux s’est approprié une patrie, et, comme les nations de la terre, s’est partagé le domaine du monde. Il a été donné au quadrupède de vivre sur terre, au poisson de sillonner les profondeurs de l’océan, à l’oiseau de s’élever au sein des airs, et chacun de ces peuples semble avoir retenu dans sa nature une surabondance de l’élément qui lui fut donné en partage.

En effet, le poisson, toujours plongé dans un liquide froid et relâchant, a reçu une complexion molle, un tempérament humide, et cette grande flexibilité de tous ses organes analogue à l’inconstance naturelle des eaux.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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BIBLIOTHEQUE MORALE

 

DE

 

LA JEUNESSE

 

 

 

 

7e SÉRIE PETIT IN-12

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LE NID.

Émile-Mathieu Campagne

L'Instinct de l'oiseau

LES CHAMPS DE L’AIR

Chaque tribu d’animaux s’est approprié une patrie, et, comme les nations de la terre, s’est partagé le domaine du monde. Il a été donné au quadrupède de vivre sur terre, au poisson de sillonner les profondeurs de l’océan, à l’oiseau de s’élever au sein des airs, et chacun de ces peuples semble avoir retenu dans sa nature une surabondance de l’élément qui lui fut donné en partage.

En effet, le poisson, toujours plongé dans un liquide froid et relâchant, a reçu une complexion molle, un tempérament humide, et cette grande flexibilité de tous ses organes analogue à l’inconstance naturelle des eaux. Le quadrupède, placé au milieu du sol terrestre et pierreux, a contracté une certaine dureté d’organisation et une pesanteur de membres qui le retiennent attaché sur la terre ; tandis que l’oiseau, voyageant toujours dans le fluide de l’atmosphère, a pris dans son caractère cette activité, cette finesse et cette inconstance qui dérivent de la substance aérienne ; car ne voyons-nous pas que les oiseaux d’eau, retenant dans leur corps une grande quantité de principe humide, sont bien plus lourds et plus épais que les agiles habitants des airs ? et les oiseaux gallinacés, tels que les dindons, les perdrix, les poules, vivant toujours sur terre, n’ont-ils pas aussi contracté une pesanteur de corps que n’ont point les oiseaux habitués à vivre dans les hautes régions de l’atmosphère ? C’est ainsi que les quadrupèdes aquatiques, comme les hippopotames, les lamantins, les phoques, sont beaucoup plus lourds et plus stupides que ceux qui vivent dans les terrains secs ; et parmi ceux-ci, combien les gazelles, les bouquetins, les chamois, et tous les animaux montagnards, ne sont-ils pas plus vifs, plus délicats que les quadrupèdes des plaines et des vallons !

L’air influe donc principalement sur les oiseaux, parce qu’ils sont toujours plongés dans cette vaste mer atmosphérique qui entoure notre globe. Ils sont pénétrés par l’air dans toute leur organisation, comme une éponge s’imbibe d’eau ; ils ont des poumons vastes, adhérents aux côtes, pourvus de sacs aériens qui s’insinuent dans le bas-ventre ; leurs os, leur tissu cellulaire, leurs plumes, enfin toutes leurs parties admettent plus ou moins d’air dans leurs interstices. Leur chair est sèche et fibreuse, leurs muscles sont extrêmement contractiles et robustes, leur caractère est vif, impétueux ; ils sont ardents, furieux dans leurs combats, fougueux, passionnés, toujours en mouvement, dormant peu, mangeant beaucoup. Ils semblent avoir reçu de la nature plus de sentiment, de force et d’activité vitale que tous les autres animaux ; car ils vivent aussi très-longtemps et sont d’une complexion très-chaude. Les quadrupèdes, au contraire, sont d’un tempérament plus froid et plus modéré ; ils n’ont ni l’activité, ni l’ardeur, ni la sensibilité vive, ni ce caractère véhément, qui se décèlent dans toutes les actions des oiseaux ; ils habitent paisiblement sur la terre pour la plupart, et l’homme les soumet facilement à sa puissance, les confine dans les déserts, ou les frappe d’épouvante en leur déclarant la guerre.