L'Observateur parisien, ou Coup d'oeil sur les résultats de la guerre d'Espagne, sur la situation des esprits en France, et sur les premiers fonctionnaires de l'État, par M. Chavard

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J.-G. Dentu (Paris). 1824. In-8° , 16 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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L'OBSERVATEUR
PARISIEN,
ou
COUP-D'CEIL
SUR LES RESULTATS DE LA GUERRE D ESPAGNE,
SUR LA SITUATION DES ESPRITS EN FRANCE,
ET SUR LES PREMIERS FONCTIONNAIRES DE L'ÉTAT.
PAR M. CHAVARD.
" La grande habileté du prince consiste
« à connaître les hommes qu'il doit
« mettre en place. »
(MARTIAL)
PARIS
J. G. DENTU, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
RUE DES PETITS-AUGUSTINS, N° 5.
1824.
CET OUVRAGE SE TROUVE AUSSI AU DEPÔT
DE MA LIBRAIRIE ,
Palais - Royal, galeries de bois, nos 265 et 266.
L'OBSERVATFUR
PARISIEN
AVANT d'écrire, il faut savoir penser. Tous
ceux qui peuvent publier des vérités utiles doi-
vent le faire. J'aime à dire mon opinion sur
les affaires politiques, sans y attacher plus
d'importance qu'elle ne mérite. Un écrivain
doit ambitionner l'estime des gens de bien. Il
faut, pour obtenir cette estime, s'efforcer de
la mériter par des principes que la raison
avoue : ce sont les bons principes qui établis-
sent les bonnes réputations. En politique
comme en morale, on doit se faire une loi de
pratiquer les saines doctrines.
Les hommes qui entretiennent le public de
leurs doléances commettent une faute grave.
(4)
Il en résulte souvent pour eux des chagrins
cuisans (1).
Dans la société, on est quelquefois injuste,
parce qu'on se trouve influencé par un senti-
ment invincible, et qui tient de la fragilité
humaine. Il faut bien connaître le coeur de
l'homme pour sentir la force de ce raisonne-
ment.
Les opinions politiques divisent, dans tous
les pays, les personnes les mieux assorties par
l'esprit, le caractère, l'éducation et les habi-
tudes de la vie. On cesse de voir ses amis sans
pouvoir se rendre compte à soi même de la
singularité d'une semblable conduite. Souvent
le fils professe des doctrines différentes de celles
du père , et s'éloigne de lui.
Après ce court préambule, j'entre en ma-
tière (2).
(1) C'est ce qui est arrivé a M. le duc ****, lors de la
publication de ses Mémoires concernant l'assassinat de
Mgr le duc d'Enghien.
(2). Je ne parle pas, dans cet écrit, des sujets politiques
qui fixent actuellement l'attention publique; j'en ai dit
quelques mots dans un ouvrage dont le Moniteur a rendu
compte de la manière suivante dans son N° 38, du 7 fé-
vrier 1824 :
« Une nouvelle brochure a paru chez les libraires du Pa-
« lais-Royal; elle a pour titre : M. Hue peint par lui-
(5)
La France offre un état de prospérité qui
étonne les étrangers bien plus que nous-mêmes.
A qui doit-on cette heureuse situation? qui a
opéré ce miracle ? l'amour du repos.
La nouvelle génération, avide d'études, ani-
mée de bons sentimens, sait distinguer les
choses futiles de celles qui ont de la valeur,
les bons écrivains des mauvais : elle est l'es-
poir du trône et de la patrie; elle donne de la
confusion aux-hommes d'un esprit désordonné,
qui ne comprennent pas que la sagesse et la
raison finissent, tôt ou tard, par triompher, de
l'erreur et de la folie.
Pourquoi cherche-t-on toujours à confondre
les actes delà révolution avec ceux de la res-
tauration ? pourquoi cette persévérance dans
l'approbation donnée à ce qu'il y a de plus hi-
deux ? quel rapport peut-il y avoir entre les li-
« même, ou Lettres autographes et inédites de ce modèle de
« la fidélité, publiées par M. Chavard. L'auteur de cet ou-
" vrage annonce de bons sentimens. Il sait, comme nous,
« que la mémoire de M. Hue est chère à tous les bons Fran-
« çais. On lit avec plaisir, outre les lettres publiées, de
« courts entretiens sur la religion, la philosophie, la mo-
" raie et la politique. Nous avons également remarqué des
« chapitres sur les élections, les écrivains politiques, le re-
« nouvellement intégral et septennal, etc. »
(6)
bertés publiques et le bouleversement opéré
par la révolution? Certes , les horribles catas-
trophes qui ont été les résultats de ce fléau, ne
peuvent trouver d'approbateurs que parmi ceux
dont la tête est volcanisée.
Nous, qui aimons la stabilité, l'ordre, la
monarchie légitime, nous adoptons tout ce
que contient le pacte fondamental de nos ins-
titutions. Nous ne voulons pas y voir un sujet
d'inquiétude pour les générations à venir; nous
y trouvons au contraire un système social bien
organisé, l'union du pouvoir avec la liberté,
l'empire des lois, le respect dû à la religion
et à ses ministres, la sécurité des Français de-
vant les tribunaux civils et criminels; en un
mot, tout ce qui peut rendre un peuple heu-
reux. Mais, ce que des écrivains légers et peu
accoutumés à méditer sur les institutions pro-
pres à faire le bonheur des nations, veulent
trouver dans la Charte, c'est une démocratie
semblable à celle d'un État républicain. On a
beau leur dire : « Un gouvernement modéré,
« monarchique et légitime est tout ce que pon-
« dent la Charte; " il répondent avec arro-
gance : « Nous voulons d'une liberté étendue;
« cette liberté est l'âme du gouvernement re-
« présentatif; le gouvernement représentatif

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