L'Opinion publique, ou Réflexions sur les journaux, le sénat, la liberté de la presse et les puissances alliées ; par @

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chez les marchands de nouveautés (Paris). 1814. France (1814-1815). In-8 °. Pièce.
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Publié le : samedi 1 janvier 1814
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ou
RÉFLEXIONS
SUR
LA LIBERTÉ DE LA PRESSE,
ET
LES PUISSANCES ALLIEES ;
PAR
PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1814,
ou
RÉFLEXIONS SUR LES JOURNAUX,
LE SÉNAT, LA LIBERTÉ DE LA PRESSE,
ET LES PUISSANCES ALLIÉES.
Q
UELQUE hardies que soient peut-être
certaines des idées que je vais émettre, comme
elles sont celles de la plupart des Français, il
importe de les publier. — Ce qu'on ose pen-
ser, ce que tout le monde avoue, pourquoi
craindre de l'imprimer ? Le moment est venu
d'élever une voix impartiale qui fasse parvenir
au pied du trône, si non la vérité, du moins
l'opinion publique : essayons de remplir un si
noble ministère.
LES journaux, long-temps payés pour men-
tir , en ont contracté une telle habitude que la
vérité chez eux conserve encore tout le clin-
quant de l'imposture. Leurs éloges, désormais
suspects, déshonoreraient la vertu, si elle pou-
vait l'être; et la mauvaise .grâce qu'ils ont à
(6)
louer le bien, après les viles adulations qu'ils
ont prodiguées au génie du mal, ne leur laisse
plus que la ressource du silence : ils ont perdu
la confiance de la nation (1).
Qu'un journal, pur du joug humiliant qui
vient d'être brisé, s'élève ; à lui seul il appar-
tiendra de solliciter la confiance, et de l'obte-
nir par ses oeuvres.
Et qu'on ne dise pas que les collaborateurs
des autres journaux ont pu changer; qu'im-
porte si l'esprit en est resté le même. Encenser
les puissances, ménager l'ombre d'un pouvoir
avili, mais donner le coup de pied de l'âne à
l'homme abattu, qu'ils déifiaient naguère,
telle est encore la lâcheté de leurs principes.
S'ils ne proclament pas le mensonge, parce
que nul ne le leur paie, ils taisent la vérité, et
calomnient sciemment le malheureux. — La
France leur reproche ce qu'ils disent de Buona-
parte, et ce qu'ils ne disent pas du sénat (2.).
(1) Je n'entends parler ici que de ce qui est du
fait des rédacteurs, et non de la publication des dé-
crets et des nouvelles officielles tirées du Moniteur.
(2) Sous le rapport littéraire, les journaux doivent
au public l'analyse des nouveautés : et quoi de plus
nouveau que la libre expression du voeu général
contre un corps réprouvé?
(7)
DEPUIS la chute de Buonaparte, quelques
journaux ont voué au ridicule leur propre ser-
vilité; mais quoique le ridicule soit, dit-on,
le plus puissant correctif, ils ne se sont pas
corrigés. Au lieu de suivre l'opinion publique,
ils s'asservissent de nouveau à l'influence de
quelques subalternes, et s'efforcent de diriger
l'esprit national, après avoir flétri, pour le
même fait, celui à qui seul il pouvait être per-
mis de le tenter.
ON a aussi plaisanté, avec justice, sur ces
illuminations spontanées qu'un ordre du pré-
fet arrachait à quelques citoyens craintifs. Com-
ment donc, dans nos dernières solennités, et
au milieu de l'élan général, n'a-t-on pas rougi
d'afficher sur nos murs cette injonction : Les
habitans feront illuminer leurs maisons, —
Le journaliste officieux, qui n'a pas craint d'af-
firmer que, cette fois, l'illumination générale
qui a eu lieu, n'était point commandée par
l'autorité, a donc consulté la raison plus que
la vérité.
LE sénat est l'oeuvre de Buonaparte (1) ; et,
sauvé du péril, lui, qui ayant le pouvoir de
(1) A l'oeuvre on connaît l'ouvrier.

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