La Banshee

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Troisième et dernier tome de Créatures de l’Ouest

Connor a été appelé à Seattle par son oncle pour résoudre une nouvelle affaire. Il s’y rend avec June et décide de la présenter comme sa nouvelle fiancée. Une surprise que les Sheridan ne semblent guère apprécier !

En attendant, trois banshees ont disparu dans la communauté irlandaise de Seattle. June est bien décidée à percer le mystère qui entoure ces fées celtiques. Toutefois, son couple sera mis à rude épreuve, entre la famille collet-monté de Connor et son ancienne et séduisante fiancée. À la recherche de la vérité, June et Connor pourraient y trouver des réponses susceptibles de bouleverser leur avenir à tous les deux.

30 000 mots (novella)


Publié le : jeudi 10 juillet 2014
Lecture(s) : 14
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782924395448
Nombre de pages : non-communiqué
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Banshee

Résumé

Connor a été appelé à Seattle par son oncle pour résoudre une nouvelle affaire. Il s’y rend avec June et décide de la présenter comme sa nouvelle fiancée. Une surprise que les Sheridan ne semblent guère apprécier !

En attendant, trois banshees ont disparu dans la communauté irlandaise de Seattle. June est bien décidée à percer le mystère qui entoure ces fées celtiques. Toutefois, son couple sera mis à rude épreuve, entre la famille collet-monté de Connor et son ancienne et séduisante fiancée. À la recherche de la vérité, June et Connor pourraient y trouver des réponses susceptibles de bouleverser leur avenir à tous les deux.

De la même auteure
aux Éditions Laska

Créatures de l’Ouest - Tome 1 : L’Ijiraq

Créatures de l’Ouest - Tome 2 : L’Oiseau-Tonnerre

Créatures de l’Ouest - Intégrale

Témoin sous protection



CRÉATURES DE L’OUEST - TOME 3 :
LA BANSHEE

Emilie Milon

Éditions Laska
Montréal, Québec
Courriel : info@romancefr.com

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Tous droits réservés
© Emilie Milon, 2014
Extrait de Témoin sous protection © Emilie Milon, 2014.

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Illustration et design de la couverture © Miesis - Sylvie Veyres
Photo de couverture © Poulsons Photography - Fotolia.com

ISBN : 978-2-924395-44-8

Remerciements

Une fois n’est pas coutume, c’est à la fin de la série que je glisse mes remerciements. Cette trilogie n’aurait jamais vu le jour sans cet appel à texte providentiel, ni la confiance de mon éditrice, Jeanne. Merci pour ta patience, ta compréhension et tes corrections très enrichissantes.

Merci également à mes bêta-lectrices et amies Dana B. Chalys, Marie-Laurence Versini et Myriam Morand, toujours partantes pour passer au crible mes textes, parfois (souvent !) dans l’urgence.

Je n’oublie pas le soutien d’Aurore, en lecture comme dans la vie. Grâce à l’Oiseau-Tonnerre, j’ai déjà repéré le terrain pour notre projet du Grand Canyon !

Une mention spéciale à Greg, sans qui Connor n’aurait sans doute pas été le même…

Et enfin, merci à vous, chers lecteurs !

Table des matières

Résumé

Autres publications de l’auteure

Page titre

Droits d’auteur

Remerciements de l’auteure

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Merci !

Témoin sous protection (extrait)

L’auteure

Chapitre 1

5 mars 1889

Le train siffla trois fois avant d’entrer en gare. La lourde locomotive s’immobilisa au terme d’un long processus de freinage. Les vapeurs d’eau recouvrirent le quai tandis que l’appareil laissait échapper un soupir mécanique. Les portes s’ouvrirent pour permettre aux passagers de descendre. Des familles entières patientaient sur le quai, prêtes à prendre en charge les voyageurs.

Nul comité d’accueil, en revanche, n’attendait June et Connor quand ils posèrent le pied dans la gare de Seattle. Cathair Sheridan, l’oncle de l’aventurier, était pourtant bien au fait de leur venue. Ce manque de politesse ne doucha en rien Connor, habitué à tenir le rôle du paria parmi les siens. Il récupéra leurs bagages puis accompagna sa belle jusqu’à un cocher libre.

Le temps du trajet, Connor partagea ses connaissances avec une June impressionnée. Elle qui n’avait jamais visité une ville d’une telle envergure, dévorait des yeux chaque toilette luxueuse et devanture décorée. Une grande effervescence régnait sur la route, où chariots, diligences, chevaux, mules, piétons et chiens errants se croisaient dans un dangereux ballet. Les magasins de chapeaux succédaient aux épiceries et aux imprimeries. Des vendeurs de journaux clamaient les nouvelles du jour, pendant que des jeunes ciraient les chaussures des gentlemen pour quelques pièces.

Émerveillée par les bâtiments flambant neufs, la diversité et l’élégance des habitants, June avait déjà oublié sa vie de fermière. Au détour d’une rue, elle contempla un tramway tracté par deux solides chevaux avec une dizaine de passagers à son bord ; un moyen de transport qu’elle eut d’emblée envie d’essayer. Toutes ces nouveautés la plongeaient dans un état euphorique, au point qu’elle en occultait ses récents déboires.

Après avoir apaisé l’Oiseau-Tonnerre à Bisbee, le couple avait pris une semaine de repos, puis rebroussé chemin. Un passage par la ferme des Cooper s’était avéré nécessaire pour permettre à June de s’expliquer avec ses parents, mais aussi de prendre le maximum d’affaires. Comme Connor l’avait prévu, loin d’être joyeuses, les retrouvailles avaient tourné court. Les Cooper n’avaient pas apprécié le changement de vie de leur fille, qui leur enlevait l’espoir d’un beau mariage. Ils étaient soulagés de la savoir saine et sauve, mais leur bonheur s’arrêtait là. Plus que jamais, ils voulaient Connor hors de leur vie.

Rongée par la culpabilité, June leur avait néanmoins offert une partie de sa prime. Elle leur promit également de donner des nouvelles et d’envoyer de l’argent dès qu’elle le pourrait. Ses parents l’avaient déçue ces derniers temps, mais cela n’enlevait en rien toutes les années d’amour, d’éducation et de sacrifices à son égard. Ils restaient sa seule famille. La petite Beth, encore inconsciente des responsabilités qui allaient peser sur ses épaules, était ravie de voir sa sœur partir à l’aventure. Peut-être aspirait-elle déjà à un destin semblable ?

Durant cette confrontation, le soutien de Connor aida June à asseoir ses désirs de liberté, même si les dures paroles de son père continuèrent longtemps de résonner dans son esprit.

Après leur départ, les amants avaient chevauché en direction du nord pour atteindre la ville de Botte dans le Montana, où ils avaient acheté des billets sur la ligne Northern Pacific. C’était la première fois que tous deux voyageaient en train : une expérience coûteuse, mais intéressante. Quoique le gain de temps fût prodigieux, l’inaction devenait vite lassante, de même que la proximité des autres voyageurs. Au total, leur périple de Bisbee vers Seattle leur prit deux mois et demi.

« Nous y sommes », annonça Connor, la tirant de ses rêveries.

Le cocher s’était arrêté dans un quartier résidentiel élégant, le Queen Anne, construit sur les hauteurs de la ville, au nord du centre névralgique. Situées non loin du lac Union, les maisons étaient construites dans le style architectural qui avait donné son nom au quartier. La bâtisse Sheridan, dotée d’un étage, exhibait des gouttières aux décorations tombantes, des balcons et terrasses encadrés de colonnes blanches et un jardin entretenu sans la moindre touche de fantaisie.

Face à la maison familiale, June hésitait : comment devait-elle se présenter aux colons irlandais ? Devant l’impossibilité de reculer, elle se contenta de suivre son compagnon, qui gravissait déjà l’escalier en pierre menant à la porte d’entrée.

« Prête ? lui demanda-t-il, apparemment tout aussi tendu.

— Ça ne peut pas être pire que chez mes parents », répondit-elle avec un rire nerveux.

Quelques instants plus tard, une domestique silencieuse les installait dans le salon. Si l’extérieur ne trahissait pas l’origine de ses habitants, la décoration intérieure ne laissait en revanche aucun doute à ce sujet, entre les tapisseries vertes, les chansons en gaélique mises sous cadre, les napperons aux symboles irlandais, les fenêtres à vitraux et la cheminée rehaussée de belles pierres. Des croix et reliques catholiques rappelèrent également à June que les Irlandais n’embrassaient pas la même religion que la plupart des Américains.

Un couple de quadragénaires se trouvait d’ores et déjà dans la pièce. Ils se levèrent pour saluer leurs visiteurs.

« Connor, je ne t’attendais plus ! s’exclama l’homme avec un fort accent.

— Le voyage est long depuis l’Arizona, et le train est cher. Je suis content de te revoir, mon oncle. »

Élégants et habillés sans le moindre faux pli, les Sheridan se tenaient droits, le visage sévère bien que tiré par la fatigue et le deuil. Cette constatation remémora à June les raisons de leur venue à Seattle : la mort récente d’un de leurs enfants.

« Je vous présente Mlle June Cooper, ma fiancée. June, voici mon oncle, Cathair Sheridan, et son épouse. »

Consciente des regards scrutateurs de ses hôtes, June s’inclina avec politesse. Même s’il s’agissait d’une illusion, elle avait senti son cœur s’emballer à la façon dont Connor l’avait présentée. Depuis Bisbee, il avait pris l’habitude de mentir aux gens sur leur relation afin de protéger sa réputation. Malgré tout, la jeune femme continuait d’espérer devenir un jour réellement son épouse.

De toute évidence, la famille de Connor ne vivait pas dans la pauvreté. En dépit des mois écoulés, tous deux portaient encore leur tenue de deuil. Pourtant, la toilette de Mme Sheridan dépassait de loin sa plus belle robe du dimanche, qui avait coûté un an d’épargne à ses parents. June lissa les plis de sa jupe, honteuse de se présenter ainsi. Connor ne lui avait rien dit du niveau social de sa famille !

« Ta fiancée ? releva son oncle tout en louchant sur les mains de June, dépourvues de bague.

— Oui. Nous l’officialiserons bientôt.

— Vraiment ? Bon, tant mieux s’il n’y a rien d’officiel, nous verrons cela plus tard. Installez-vous. »

Le jeune couple ne se fit pas prier et accepta volontiers le thé servi par la domestique. Durant quelques instants, seul le pendule de l’horloge combla le silence. June se tenait bien droite dans l’espoir de paraître aussi distinguée que possible, n’osant engager la conversation de peur de commettre un impair.

Quand Connor prit la parole, il s’exprima avec une déférence qu’elle ne lui connaissait pas :

« Je vous présente mes condoléances pour Fiona.

— Cette saleté de rage ! cracha son oncle. Dire qu’ils ont trouvé un moyen de la combattre en France… »

Son épouse hocha la tête, partageant son sentiment d’injustice. Malgré leur récente perte, tous les deux restaient nobles ; une froideur qui aurait pu paraître insultante aux yeux de certains. Parfois, il fallait préserver les apparences avant tout. Cette tragédie projeta June des années auparavant, lors de ce stupide accident qui avait coûté la vie de son frère aîné. Elle avait vu son père pleurer pour la seule et unique fois, et avait alors compris le véritable sens d’être accablé de chagrin. Elle compatissait donc à la douloureuse épreuve des Sheridan, même sans avoir connu la défunte.

« Elle repose dans le caveau familial, si tu souhaites lui présenter un dernier hommage », précisa M. Sheridan.

Plus qu’une information, c’était un ordre déguisé, auquel Connor consentit avec respect. S’ensuivirent quelques échanges de formalités, durant lesquels June demeura silencieuse mais à l’écoute. D’après ce qu’elle savait, le couple avait deux autres filles et un garçon, âgés de huit à treize ans. Ces cinq personnes constituaient les derniers proches de Connor, et il ne les avait pas revus depuis plus de dix ans. Un éloignement qui ne semblait peser sur aucun des concernés.

« J’ai cru comprendre que la situation était urgente, dit Connor au grand dam de sa compagne, qui aspirait avant tout à se reposer.

— En effet, c’est pourquoi nous espérions que tu viennes plus tôt, répondit son oncle. Pour te résumer les faits, notre banshee a disparu depuis presque six mois. Son absence est une calamité : d’abord, la tragique mort de notre Fiona et, maintenant, notre deuil qui ne peut s’achever. Nous sommes dépourvus de protection alors que l’avenir s’annonce sombre. »

June ne connaissant rien des banshees, Connor avait pris le temps de combler ses lacunes durant le voyage. Originaire des pays celtes par-delà l’océan Atlantique, la banshee était une fée traditionnelle associée à un clan, parfois appelée « pleureuse ». Son cri insoutenable annonçait le décès d’un membre de la famille, quelle que soit la distance entre le défunt et son foyer. La créature pouvait aussi absorber l’affliction des proches afin de les aider dans leur deuil.

À la discrétion de chaque banshee, une protection pouvait aussi être fournie à l’un ou l’autre des héritiers. Malheureusement, l’industrialisation et le non-respect des coutumes avaient peu à peu corrompu certaines pleureuses. Les banshees véritables et bienveillantes se faisaient rares. Seuls les clans traditionalistes les plus puissants en conservaient. Plusieurs d’entre elles avaient même suivi les émigrés en Nouvelle-Angleterre, puis à Seattle.

À nouveau, June se demanda comment Connor pouvait être si réfractaire au paranormal après avoir vécu auprès d’une fée irlandaise, preuve pourtant flagrante de l’existence d’un autre monde. Avait-il renié cette réalité en abandonnant les siens, ou bien l’avait-il dupée ?

« Est-elle partie suite à une mésentente ? s’enquit alors Connor. Elles sont très susceptibles, ajouta-t-il à l’attention de June.

— En aucun cas. Du jour au lendemain, elle ne répondait plus à mes appels.

— Avez-vous noté des évènements inhabituels les jours précédents ?

— Non, du tout.

— Qu’en dit le reste de la communauté ?

— La même chose est arrivée peu de temps après aux Kavanagh ainsi qu’aux O’Grady. Du coup, les autres ont renforcé leur surveillance et leur banshee ne quitte plus le domicile.

— Elles ne restent pas au sein de la demeure habituellement ? intervint June.

— Notre banshee était libre, répondit Mme Sheridan avec un dédain non dissimulé.

— Je ne remets pas votre honneur en question, reprit son invitée avec tact. Cette information est importante, puisqu’en étant libre de ses mouvements, votre banshee a pu rencontrer un problème ailleurs en ville.

— Quel genre de problème ? interrogea Sheridan, sceptique.

— Les possibilités sont nombreuses, répondit Connor. Nous ne sommes pas en Irlande, ici. Des gens peu scrupuleux se sont peut-être aperçus de leur existence et essayent de leur nuire. On ne peut non plus écarter un refus d’autorité… sauf que la coïncidence des autres disparitions ne colle pas.

— Et si une personne les incitait à s’enfuir ? proposa June.

— Qu’auraient-elles à y gagner ? Elles ne sont pas comme nous ; l’argent ou le pouvoir ne les intéresse pas.

— Dans ce cas, pourquoi se lier à un clan pour des générations ? Elles doivent bien obtenir un retour équitable en échange de leur protection, non ?

— C’est une tradition ancestrale, expliqua Sheridan. Nous lui fournissons un toit, et une réputation aussi, car c’est un honneur pour les banshees d’être rattachées à une famille. Sans cela, elles erreraient sans but jusqu’à se transformer en créatures malfaisantes.

— Donc, à part la perspective de se lier à un nom plus puissant, rien ne pourrait pousser une banshee à quitter son foyer ?

— Nous sommes déjà les plus puissants après les O’Brien, affirma l’oncle. De plus, je le répète, aucun évènement fâcheux n’aurait pu l’encourager à nous laisser. Notre comportement est et a toujours été irréprochable. »

June hocha la tête, bien qu’elle doutât de la validité de tels propos. Selon elle, les Sheridan démontraient une arrogance qui était déjà reprochable. Consciencieuse, la jeune femme sortit son carnet pour prendre des notes.

« Ma question peut vous paraître bête, mais n’envisagez-vous pas qu’elle puisse avoir été tuée ? » finit-elle par demander.

M. Sheridan lança un regard méprisant à son neveu, le blâmant en silence d’avoir emmené une femme extérieure à leur communauté. Le concerné ignora le fiel de son oncle pour répondre lui-même. Il désigna le mur qui surplombait la cheminée.

« Tu vois ce cadre là-bas ? Il contient un contrat signé en lettres de sang entre notre ancêtre et la banshee. Si jamais cette dernière venait à mourir ou à trahir son engagement, le contrat aurait été noirci d’office.

— Je vois. Cela réduit nos hypothèses… mais ne nous facilite pas la tâche pour autant.

— Nous allons devoir interroger les Kavanagh et les O’Grady. Pensez-vous qu’ils seront coopératifs ?

— J’imagine que oui », répondit Sheridan, non sans couler un regard hostile à June.

Ce n’était pas difficile de comprendre que la présence de celle-ci serait un handicap pour Connor. La jeune femme laissa échapper un soupir discret : à quoi bon avoir fait un tel voyage si elle n’était pas la bienvenue ? Elle avait l’impression qu’on lui reprochait ses origines, ou plutôt son absence de sang irlandais. Comme pour confirmer ses tristes pensées, le patriarche s’adressa à elle :

« Si vous voulez bien nous excuser, mademoiselle Cooper, nous avons des affaires à discuter avec Connor. Notre domestique va vous faire visiter et vous indiquer votre chambre.

— Ne vous en faites pas pour nous, nous irons dans un hôtel », glissa aussitôt son neveu.

Son oncle et sa tante ne cachèrent rien de leur désapprobation. Pourtant, ils ne s’y opposèrent pas, sans doute soulagés de ne pas avoir à cautionner la relation de June et Connor dans leur demeure.

« Nous mettrons notre cocher à votre disposition pour vous conduire dans un établissement de confiance », lâcha Sheridan, comme si les mots brûlaient sa langue.

Vu l’ambiance tendue, June se réjouit de prendre congé. Elle se leva donc après un rapide coup d’œil à Connor, qui acquiesça d’un léger mouvement de la tête. Elle ne quitta toutefois pas la pièce avant de poser la dernière question qui la taraudait :

« Si vous permettez, qui aurait un avantage à vous affaiblir ? Car, si j’ai bien saisi, sans la banshee, vos défenses sont diminuées. À qui cela pourrait-il profiter ? »

Le maître de maison l’observa, étonné et impressionné par son sens de déduction. Vexé, aussi, de ne pas y avoir pensé avant.

« Je suis un promoteur, un chef d’entreprise riche et influent. La liste de mes ennemis est longue, jeune fille.

— Je n'en doute pas une seconde. Cependant, pour approcher une banshee, je suppose qu’il faut d’abord en connaître l’existence. Ne pourriez-vous pas réduire la liste aux personnes de votre origine ?

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