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La diligence enchantée

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Voyager avec un certain Belphégor - sans D - ouvre la voie à des révélations sur chaque passager... Mais qui est-il, ce mystérieux compagnon ?

Étrange et dérangeant.


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LA DILIGENCE ENCHANTÉE

par Gustave LE VAVASSEUR

publié dans La revue de Rouen et de Normandie, 1849

 

Éditions la Piterne – 2016

La diligence enchantée

 

— Existe-t-il quelque part un village nommé Mahéru* ?

* Mahéru, village du département de l’Orne, à quatre lieues de Mortagne.

— Oui.

— Est-il jamais parti une diligence de ce village ?

— Non.

— En partira-t-il une quelque jour ?

— J’en doute.

— Connaît-on, à Mahéru, l’auberge du Veau-à-Deux-Têtes ?

— Je ne crois pas.

Ceci posé je commence.

 

Le novembre 1830, j’étais à Mahéru dans la cour de l’auberge du Veau-à-Deux-Têtes attendant la diligence de Paris. Nous devions partir à cinq heures du soir. Les voyageurs impatients consultaient leurs montres. Les unes marquaient cinq heures un quart, les autres cinq heures vingt minutes ; les plus osées avaient passé cinq heures et demie. Il avait plu toute la journée. À cette heure, le vent du Sud soufflait violemment et faisait étrangement balancer la lanterne de l’auberge. D’un côté le maître verrier de la paroisse avait peint le célèbre veau à deux têtes tel qu’il avait été vu à la foire de Planches, le huit septembre 1829 ; de l’autre, c’était une voiture attelée de six chevaux et surmontée d’un postillon. J’étais du côté de l’animal phénomène, et le vent, qui faisait de la lanterne une escarpolette, ne me montrait jamais que la voiture horriblement renversée, les chevaux les quatre fers en l’air, et le postillon la tête en bas dans le vide. Le vent soufflait lugubrement. Il apportait des sons de cloches campagnardes : C’était le jour des Morts, et nous étions au vendredi. – Autant de papillons noirs qui voltigeaient dans mon esprit et ne venaient point se brûler au flambeau de ma raison.

Le conducteur sortit de l’auberge et fit l’appel. Il nomma d’abord les voyageurs du coupé, puis ceux de l’intérieur.

— Monsieur Goupillet ! 

Un petit vieux dont les habits semblaient avoir été raclés avec du verre, monta et alla s’installer au coin de droite ; il avait une perruque rousse, rafraîchie par-derrière avec des ciseaux maladroits, ce qui laissait découvert sa nuque pelée et rouge. Il portait un sac de nuit, véritable habit d’Arlequin, composé de bribes de tapisserie usée.

— Madame Gauburge !

Ce fut une nourrice qui répondit à l’appel. Elle était brèche-dent, avait le teint allumé, l’œil effronté et était coiffée...