La Fausse communion de la Reine soutenue au moyen d'un faux. Nouvelle réfutation appuyée de nouvelles preuves, par l'auteur des "Mémoires secrets et universels de la reine de France" [Lafont d'Aussonne]...

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Pichard (Paris). 1824. In-8° , 24 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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LA FAUSSE COMMUNION
DE LA REINE,
- soutenue au moyen d'un FAUX.
NOUVELLE RÉFUTATION,
APPUYÉE DE NOUVELLES PREUVES,
Par l'Auteur des Mémoires secrets et uniçersels
DE LA REINE DE FRANCE..
PRIX : 2.0 SOUS.
A. PARIS,
-
1 PI CHARD, Libraire, Quai Conti, N°. 5; -
1 PEL1CIER, Place du Palais - Royal ;
i PETIT, >
CHEZ IlENTU , - Libraires au Palais-Royal ?
PONTHIEU, l Galeries de Bois ;
DELAUNAY, )
AUDOT, rue des Maçons-Sorbonne, n8. 11;
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26 NOVEMBRE 1824.
AVANT-PROPOS
L'ÉVÉNEMENT FABUTËUX, que je viens
discuter pour la seconde fois, n'est démenti
qu'accidentellement dans mes MÉMOIRES
UNIVERSELS DE LA REINE. et quelques
personnes ont feint de se récrier, comme si
j'en avais fait le principal objet de ma com-
position. A Dieu ne plaise ! J'avais des choses
bien plus importantes à traiter, puisque mon
cadre a dû embrasser la Révolution toute
entière,
Les Quêteurs de mauvaise foi, ces vampires
subtils qui s'engraissent des libéralités desti-
nées au pauvre, se sont indignés contre mon
- Ouvrage : le Chef et la Coalition m'ont pour-
suivi de leurs dénigremens clandestins et de
leurs basses calomnies. Assurément, je n'as-
pirais pas aux récompenses : mon Livre a paru
pirais pas aux r'
sous le feu Roi.
J'y aspirerais aujourd'hui 1 que la persévé*
AVANT-PROPOS.
rance de mes souvenirs" et la sévérité de mes
jugemens doive m'en éloigner encore.
J'ai tracé la vie de MARIE-ANTOINETTE,
tomme j'écrivis, il y a douze ans, celle de
LOUIS XIV par enthousiasme du beau'; pouf
l'intérêt- de ces deux nobles caractères ; et
nullement pour mon intérêt : il est si doux,
de trouver ses honneurs dans ses ouvrages !
Tous les vains propos tomberont, n'étant
que les puériles efforts de l'hypocrisie décon-
certéè; et mon livre , de jour en jour, se ré-
pandra , puisqu'il renferme l'éloge le plus
touchant et le plus vrai qu'un honnête homme
pût offrir aux tristes Mânes de la Reine. -
Notre Religion, quoi qu'on en dise, est
au-dessus du procès qu'on va lire. Et les
individus qui affectent de crier au danger,
au SCANDALE, savent bien qu'il n'y a de vé-
ritable scandale que dans le vol, dans le
mensonge, dans le sacrilège et l'impunité.
T
LA FAUSSE COMMUNION
1
DE LA REINE
soutenue au moyen d'un FAUX.
A 9
* T
NOUVELLE RÉFUTATION,
APPUYÉE DE NOUVELLES PREUVES,
Par l'Auteur des Mémoires secrets et universels
DE LA REINE DE FRANCE.
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.- r
« N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne
» sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion,
» et même le lieu où je suis les exposant trop s'ils y entraient
i, une fois, je demande pardon à Dieu de touLes les fautes
» que j'ai pu commettre depuis que j'existe , etc. »
(Testament de la Reine. )
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U N nœud trop difficile à dénouer, on le tranche
avec son épée : c'est ce que vient de faire M. Charles
Magnin , curé de Saint-Germain-l'Auxerrois. Mon
( 2 )
livre a démontré à toute la Capitale qu'il n'a point
contessé ni abordé la Reine ; qu'il n'a communié ni
cette princesse de douloureuse mémoire, ni ses deux
,-
gendarmes dénQnçiateurs. Mon livre lui a démontré
à lui-même qu'il ne pénétra jamais dans l'horrible
prison du palais , devenue alors une forteresse..
Couvert de confusion, après trente années de
succès et de' prospérité, le sieur [Magnin n'a pu se
résoudre à se justifier devant le public , en opposant
des raisons à mes preuves, et des objections quel-
conques à mes témoins retrouvés et vivans.. Il a eu
( - - - -"
recours à un tour de force : il a supposé une lettre
de la veuve-Lebeau, ancienne épouse du concierge,
et il a chargé cette lettre d'attester comme vrai, tout
ce que j'avais démenti et pulvérisé.
Si j'étais mort avant l'examen pubjic de cette nou-.
velle manœuvre, l'homme que tout ceci regarde au-
, rait acquis, non pas sa cause gagnée ( car la vérité
s'est fait jour) , mais une sorte de triomphe ; et bon
nombre de mes lecteurs se trouveraient peut-être
dans l'indécision.
Tout ce que mon livre a dit à cet égrad est la vé-
rité la vérité la plus scrupuleuse ; et l'onse rappelle
sans-doute que le sieur Magnin et sa gouvernante
se sont enlacés et pris eux-mêmes dans leurs gros-
sières bévues et leurs erreurs. --
En effet 7 j'ai prouvé que , le 11 septembre 1393,
la famille Richard ayant été proscrite, a cause de
'( 3 )
Michonis -et de l'Œillet, la surveillance fut confiée
au concierge de la Force , nommé Lebeau. Le sieur
Magnin et la demoiselle Fouché, ignorant ce fait, ont
maintenu Richard à son poste , dans toutes les Re-
lations qu'ils ont successivement fait naître. Ils ont
prétendu que ce Richard avait encore reçu leur or
corrupteur, la veille de la sanglante tragédie, en les
introduisant au cachot, pour la messe et la Commu1-
nion de la Veuve du Roi.
Les deux imposteurs ont dit, ils ont imprimé, que
« pour entrer avec moins de danger chez la princesse,
» ils attendaient le tour des bons gendarmes » et
mon livre leur a prouvé qu'il n'y avait pas eu de bons
gendarmes à choisir, puisque les deux surveillans de
la Reine furent toujours les mêmes (Dufrêne et Gil-
bert) : la procédure en fait foi ; et le frère et la.veuve
de ce dernier habitent la Capitale.
Le siènr Magnin a osé dire et publier par des li-
vres, par des tableaux, par vignettes et litographies,
qu'il confessa plusieurs Jois et communia la Prirt-
cesse. Et le Testament de cette Victime , toujours
sincère , est venu nous dire , au bout de vingt ans ,
que nul prêtre n'est parvenu jusqu'à eUe, et que,
semblable aux naufragés, elle s-est confessée A DIEU
SEUL.
.Le sieur Magnin, feignant un miracle, a converti
tout-à-coup les deux gendarmes du cachet, et les a
( 4 )
communies. Et mon livre lui a démontré qu'à da- •
ter du r i septembre , il n'y avait plus eu de gendar-
mes chez la Princesse. (Yoir la narration de Madame
Lebeau, page 358 des Mémoires universels.)
En 1.804, le sieur Magnin a osé charger la prin-
cesse de Tarente d'offrir la Tasse de la Reine à Ma-
dame Première, durant l'exil Et mon livre a dé-
montré qu'il n'y eut jamais de Tasse chez la Reine.
Rosalie ( hônnête et sincère personne , qui existe
encore ) avait l'ordre positif d'enlever, chaque jour,
jusqu'au gobelet du repas. (Voir son importante dé-
claration, page 327 des Mémoires secrets de la
Reine de France. ) (1)
Je ne répéterai point ici ce qu 'on a lu avec détail
dans mon ouvrage. Le sieur Magnin, ne consultant
que son extrême embarras , et son désespoir causé
par de si effrayantes révélations , u fait publier, RÉ-
CEMMENT , une lettre de la dame Lebeau , veuve du
concierge , et, par cette lettre audacieuse , il a tran-
ché toutes les difficultés.
Sa lettre est fausse et supposée; je vais le prouver
,
en peu de mots :
1°. La dapie Lebeau, presqu'octogénaire, depuis
Joug-temps n'écrivait plus. M. Moisnel, son avocat,
(1) Un t volume in 8°. ; à Paris', chèz Pichard , quai
,
Cùmi ; et. Pétit ,au Palais Royal. Prix : 6 francs.
( 5 )
faisait ses lettres, ses billets , ses quittances de loyer,
et, en général, toutes ses écritures. Il est aujour-
d'hui l'exécuteur testamentaire de cette dame ; il of-
fre d'attester tout ce que j'avance ici.
a0. Jusqu'à son dernier soupir, la veuve Lebeau a
soutenu que l'aventure de la Conciergerie était une
invention mal cousue et punissable. Toute sa société
l'attestera.
3°. Elle me pria, il y a dix-huit ou vingt mois, de
l'annoncer, de sa part, à MADAME ; j'eus l'honneur
de remplir cette commission , adressant ma lettre à
M. Charlet, qui l'a reçue.
4°. Madame Lebeau, en 1817, publia un précis
historique , de seize pages, distribué , par ses soins,
à la Famille Royale et à toute la Cour. Dans cette
brochure in-8°., que rédigea M. Desportes, et qui
fut imprimée chez Ballard, la veuve du concierge
.dit formellement : « que si la cérémonie du cachot a
» eu lieu, comme l'ecclésiastique l'assure, ce ne fut
» pas, au moins, sous l'administration de Lebeau,.
» lequel n'a jamais vu ni connu ledit M. Magnin. »
(Leur liaison ne date que de 1817.)
A cette brochure effrayante, que répondit le sieur
Magnin? Il garda prudemment le silence.
Et qu'il ne dise pas , aujourd'hui, qu'il ignora ,
dans le temps, l'existence de cette pièce historique,
intitulée : Récit exact. Il l'ignora si peu, qu'à force
d'instances, d'importunités et de promesses tournées.
( 6 )
en menaces, il parvint à y faire ajouter une note le
concernant (i).
Maintenant que la dame Lebeau est descendue
dans sa tombe, et qu'aveugle et muette en son cer-
cueil, elle ne peut plus ni lire les pamphlets , ni les
contredire, le sieur Magnin se met à l'aise , et la fait
discourir comme il veut ! Mais le précis historique,
imprimé chez Ballard , en 1817 , est toujours là. Il
subsiste; il veille au maintien de la vérité. Impertur-
bable et incorruptible témoin, il brave toutes les
machinations de l'intérêt et toutes les altérations d'é-
critures.
Le sieur Lebeau (ou Bault) a reconnu, dit-on,
la signature de feu sa mère. Que m'importe à moi
cette circonstance ! Est-ce que le sieur Bault a eu le
droit, par cet acte d'inadvertance momentanée, d'a-
néantir tous les témoignages et toutes les preuves
dont mes Mémoires de la Reine sont remplis ! Le
(1) Cette note de complaisance consiste en quelques mots
embarrassés, qui renvoyent le lecteur à l'Histoire de la Cap-
tivité de la Famille Royale ( où les deux imposteurs jouent
leur grand rôle). Madame Lebeau a déclaré, peu de jours
avant sa mort, qu'elle consentit à l'insertion de cette note,
10, parce que la relation, objet du renvoi, n accusait que Ri-
chard; 2°. parceque M.le curé du Louvre lui promit de prendre
sous sa protection Théodore, son second fils, et de ne pas
contrarier la nomination de M. Desportes à une magistra-
ture :. 0 iempora !
( 7 )
steur Bault (concierge à Sainte-Pélagie ) sait, mieux
que personne , l'intrigue dont rna plume courageuse,
poursuit les auteurs, il y a deux ans > il s'en expliqua
avec moi, dans toute la liberté de sa conscience)
Mais il connaît la méchanceté humaine. Il s'est rapt
pelé , probablement, le triste sort qu'éprouva, il y a
quinze mois , la pension de sa mère et il
s'est exagéré à lui-même la fable du pol de terre et
du pot defer (i). -
Quant à moi, qui n'ai ni emplois, ni pensions à
perdre , je déclare ici, pour la troisième fois , que
la lettre en question est fausse, qu'elle est fabriquée;
-et je somme le sieur Magnin de la déposée au par-
quet de M. le Procureur du Roi , pour voir dire et
statuer ce qu'il appartiendra. « - « -
L'homme qui, durant l'affreuse terreur du. mois
d'octobre 93 , a pu faire accroire à la bonne prin-
cesse d-e Chimay, à la vieille marquise de Nonarrt, à
Madame de Karcado , à de pauvres sœurs-grises sans
difiance, (à Madame de Quélén, nous dit-il, et à cent
ajitres imposées, qu'il ne nomme pas), que , malgré le
décret des PRÊTRES HORS LA LOI, malgré les canons
mèche allumée , malgré les artilleurs féroces de la
Convention ; malgré quatre cents gendarmes respon-
sables, malgré cinq grilles armées de verroux , mal-
- Pfy-,Onlcfrgty.^n général ( mais à tort ), le sieur Magnin
docteur 3(c princesse : de là, toutesks frayeurs. ,

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