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La Fée sucrée - Ou la Nuit de Noël

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68 pages

C’EST un vieil usage, par toute l’Allemagne, de faire aux enfants, la veille de Noël, les petits cadeaux qu’en France on leur réserve pour le premier jour de l’an. Le 24 décembre au soir, il n’est si pauvre famille où les enfants ne trouvent pendus à un rameau vert les joujoux et les bonbons qu’on leur destine. C’est là ce qu’on appelle l’Arbre de Noël. Chez les pauvres, c’est une branche d’arbre à laquelle sont attachés de petits cornets de bonbons, quelques gâteaux, une petite poupée, un tambour.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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BIBLIOTHÈQUE
RÉCRÉATIVE ET MORALE
POUR LA JEUNESSE.

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L’arbre de Noël. (Soirée du 24 Décembre.)

Adèle de Nouvion

La Fée sucrée

Ou la Nuit de Noël

I

MON ONCLE CASSE-NOISETTE

C’EST un vieil usage, par toute l’Allemagne, de faire aux enfants, la veille de Noël, les petits cadeaux qu’en France on leur réserve pour le premier jour de l’an. Le 24 décembre au soir, il n’est si pauvre famille où les enfants ne trouvent pendus à un rameau vert les joujoux et les bonbons qu’on leur destine. C’est là ce qu’on appelle l’Arbre de Noël. Chez les pauvres, c’est une branche d’arbre à laquelle sont attachés de petits cornets de bonbons, quelques gâteaux, une petite poupée, un tambour. Chez les riches, l’arbre de Noël prend des proportions colossales : à chacun de ses rameaux sont suspendues des fleurs, des bougies, et les branches principales se courbent sous le poids. de jouets de toutes sortes et d’appétissantes friandises.

Monsieur Carolus, fils unique du docteur Hermann Urner, médecin distingué de la jolie ville de Dusseldorf, n’avait pas à craindre que ses cadeaux de Noël fussent de peu de valeur. Son père était le plus riche docteur et chirurgien de toute la Prusse, et il n’y avait pas, sur les bords du Rhin, d’enfant plus soumis, plus intelligent, et plus aimé de ses parents que le petit Carolus. Aussi, la veille de Noël, Carolus attendait-il avec une vive impatience que son père eût disposé, dans le grand salon, le fameux arbre avec toutes ses richesses. La curiosité de Carolus était d’autant plus éveillée, cette année, qu’il ne devait pas être seul à jouir de la surprise. Depuis quelques mois, le docteur Urner avait recueilli chez lui la fille de l’un de ses frères mort dans les colonies, et la petite Marie-Rose, traitée avec autant d’amitié que Carolus lui-même, aurait bien sûrement sa bonne part dans les cadeaux de fin d’année.

Les deux enfants étaient donc aux écoutes, dans la salle à manger séparée du salon par une antichambre. Ils interrogeaient tous les bruits de la maison et cherchaient à deviner quelque chose au milieu des allées et venues du docteur et de sa femme, la bonne madame Urner.

Enfin, huit heures sonnèrent. C’était l’heure annoncée ; une porte s’ouvrit, et les deux enfants se précipitèrent dans le grand salon. C’était vraiment un coup d’œil magique. Sur un vaste guéridon de bois des îles, s’élevait un arbre élégamment tourné dans l’ébène : chaque branche était chargée, à l’extrémité, de petits lustres et de lanternes chinoises roses, bleues, vertes, jaunes, grandes comme le doigt. Et, sur toute la longueur des branches, au milieu de festons de jolies fleurs en papier découpé, s’attachaient par d’élégantes faveurs de soie des polichinelles tout reluisants de paillettes, des moutons blancs aux lèvres roses et aux yeux d’émail, des cornets de satin pleins de dragées ; les deux plus belles surprises n’avaient pu, vu leur taille, être pendues avec le reste. On les avait donc placées, aux deux côtés de l’arbre, sur le guéridon. C’était d’un côté, un beau cheval, aux crins noirs, tout sellé et bridé, portant sur bascule et facile à faire mouvoir au moyen d’une double cheville placée sur la tête. Le cheval était évidemment destiné à Carolus, qui annonçait un goût prononcé pour l’équitation.