La fortune des Sullivan

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En 1915, le paquebot Lusitania sombre. Une sta¬tuette d’argent est alors sauvée : il s’agit de l’une des Parques, les trois soeurs de la mythologie grecque qui décident de la destinée humaine en filant, mesurant et coupant le fil de la vie. Un siècle plus tard, la famille Sullivan se lance à la recherche des deux statuettes manquantes. De Prague à Helsinki, des États-Unis à l’Irlande, cette aventure les entraîne dans le tourbillon de l’histoire. Coups de théâtre et rebondissements jalonnent la chasse au trésor des Sullivan, qui s’attendent à tout, sauf à rencontrer l’amour...
Publié le : mercredi 26 août 2015
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EAN13 : 9782290116333
Nombre de pages : 640
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Présentation de l’éditeur :
En 1915, le paquebot Lusitania sombre. Une statuette d’argent est alors sauvée : il s’agit de l’une des Parques, les trois sœurs de la mythologie grecque qui décident de la destinée humaine en filant, mesurant et coupant le fil de la vie. Un siècle plus tard, la famille Sullivan se lance à la recherche des deux statuettes manquantes. De Prague à Helsinki, des États-Unis à l’Irlande, cette aventure les entraîne dans le tourbillon de l’histoire. Coups de théâtre et rebondissements jalonnent la chasse au trésor des Sullivan, qui s’attendent à tout, sauf à rencontrer l’amour…


Création de couverture : Claire Fauvain Couverture : DNY59 / Getty Images © Éditions J’ai lu
Biographie de l’auteur :
NORA ROBERTS s’est imposée comme un véritable phénomène éditorial mondial avec près de cent cinquante romans publiés et traduits dans vingt-cinq langues.

Nora Roberts est le plus grand auteur de littérature féminine contemporaine. Ses romans ont reçu de nombreuses récompenses et sont régulièrement classés parmi les meilleures ventes du New York Times. Des personnages forts, des intrigues originales, une plume vive et légère… Nora Roberts explore à merveille le champ des passions humaines et ravit le cœur de plus de quatre cents millions de lectrices à travers le monde. Du thriller psychologique à la romance, en passant par le roman fantastique, ses livres renouvellent chaque fois des histoires où, toujours, se mêlent suspense et émotions.

Du même auteur aux Éditions J’ai lu

Les illusionnistes (no 3608)

Un secret trop précieux (no 3932)

Ennemies (no 4080)

L’impossible mensonge (no 4275)

Meurtres au Montana (no 4374)

Question de choix (no 5053)

La rivale (no 5438)

Ce soir et à jamais (no 5532)

Comme une ombre dans la nuit (no 6224)

La villa (no 6449)

Par une nuit sans mémoire (no 6640)

Bayou (no 7394)

Un dangereux secret (no 7808)

Les diamants du passé (no 8058)

Les lumières du Nord (no 8162)

Coup de cœur (no 8332)

Douce revanche (no 8638)

Les feux de la vengeance (no 8822)

Le refuge de l’ange (no 9067)

Si tu m’abandonnes (no 9136)

La maison aux souvenirs (no 9497)

Les collines de la chance (no 9595)

Si je te retrouvais (no 9966)

Un cœur en flammes (no 10363)

Une femme dans la tourmente (no 10381)

Maléfice (no 10399)

L’ultime refuge (no 10464)

Et vos péchés seront pardonnés (no 10579)

Une femme sous la menace (no 10745)

Le cercle brisé (no 10856)

L’emprise du vice (no 10978)

Un cœur naufragé (no 11126)

Lieutenant Eve Dallas

Lieutenant Eve Dallas (no 4428)

Crimes pour l’exemple (no 4454)

Au bénéfice du crime (no 4481)

Crimes en cascade (no 4711)

Cérémonie du crime (no 4756)

Au cœur du crime (no 4918)

Les bijoux du crime (no 5981)

Conspiration du crime (no 6027)

Candidat au crime (no 6855)

Témoin du crime (no 7323)

La loi du crime (no 7334)

Au nom du crime (no 7393)

Fascination du crime (no 7575)

Réunion du crime (no 7606)

Pureté du crime (no 7797)

Portrait du crime (no 7953)

Imitation du crime (no 8024)

Division du crime (no 8128)

Visions du crime (no 8172)

Sauvée du crime (no 8259)

Aux sources du crime (no 8441)

Souvenir du crime (no 8471)

Naissance du crime (no 8583)

Candeur du crime (no 8685)

L’art du crime (no 8871)

Scandale du crime (no 9037)

L’autel du crime (no 9183)

Promesses du crime (no 9370)

Filiation du crime (no 9496)

Fantaisie du crime (no 9703)

Addiction au crime (no 9853)

Perfidie du crime (no 10096)

Crimes de New York à Dallas (no 10271)

Célébrité du crime (no 10489)

Démence du crime (no 10687)

Préméditation du crime (no 10838)

Insolence du crime (no 11041)

Les trois sœurs

Maggie la rebelle (no 4102)

Douce Brianna (no 4147)

Shannon apprivoisée (no 4371)

Trois rêves

Orgueilleuse Margo (no 4560)

Kate l’indomptable (no 4584)

La blessure de Laura (no 4585)

Les frères Quinn

Dans l’océan de tes yeux (no 5106)

Sables mouvants (no 5215)

À l’abri des tempêtes (no 5306)

Les rivages de l’amour (no 6444)

Magie irlandaise

Les joyaux du soleil (no 6144)

Les larmes de la lune (no 6232)

Le cœur de la mer (no 6357)

L’île des trois sœurs

Nell (no 6533)

Ripley (no 6654)

Mia (no 6727)

L’hôtel des souvenirs

Un parfum de chèvrefeuille (no 10958)

Comme par magie (no 11051)

Sous le charme (no 11209)

Les trois clés

La quête de Malory (no 7535)

La quête de Dana (no 7617)

La quête de Zoé (no 7855)

Le secret des fleurs

Le dahlia bleu (no 8388)

La rose noire (no 8389)

Le lys pourpre (no 8390)

Le cercle blanc

La croix de Morrigan (no 8905)

La danse des dieux (no 8980)

La vallée du silence (no 9014)

Le cycle des sept

Le serment (no 9211)

Le rituel (no 9270)

La Pierre Païenne (no 9317)

Quatre saisons de fiançailles

Rêves en blanc (no 10095)

Rêves en bleu (no 10173)

Rêves en rose (no 10211)

Rêves dorés (no 10296)

En grand format

L’hôtel des souvenirs

Un parfum de chèvrefeuille

Comme par magie

Sous le charme

Les héritiers de Sorcha

À l’aube du grand amour

À l’heure où les cœurs s’éveillent

Intégrales

Le cycle des sept

Les frères Quinn

Les trois sœurs

Magie irlandaise

Affaires de cœurs

Quatre saisons de fiançailles

À Dan et Stacie,
Puisse la tapisserie de vos vies se tisser
des fils roses de l’amour, des rouges profonds
de la passion, des bleus sereins du bonheur
et de l’accord des âmes, et de l’argent brillant,
si brillant de l’humour.

PREMIÈRE PARTIE

FILER



Oh, quelle toile emmêlée ne tissons-nous pas,

Sitôt que nous pratiquons ruse et tromperie !

Sir Walter SCOTT

1

7 mai 1915

Henry W. Wyley – ignorant, heureusement pour lui, qu’il allait passer de vie à trépas vingt-trois minutes plus tard – s’imaginait en train de pincer le derrière, fort joliment arrondi, de la jeune blonde qui se trouvait dans sa ligne de mire. Fantasme bien inoffensif, qui ne pouvait causer de tort ni à la blonde en question ni à l’épouse d’Henry, et le plongeait dans une douce euphorie.

Ses robustes genoux bien à l’abri sous un plaid, son ventre proéminent mis en joie par un déjeuner aussi fastueux que prolongé, il goûtait l’air vivifiant du grand large au côté de sa femme, Edith – dont l’arrière-train, Dieu bénisse la sainte femme, était plat comme une crêpe –, et se délectait de la croupe de la blonde, en même temps que d’une tasse d’un excellent Earl Grey.

Henry, homme corpulent au rire jovial et à l’œil toujours en maraude, ne se souciait guère d’aller rejoindre les autres passagers au bastingage, afin de contempler les chatoyantes côtes irlandaises. Il les avait déjà vues dans le passé, et supposait qu’il aurait encore de nombreuses occasions de les revoir dans l’avenir. Du reste, il n’avait jamais compris ce qui pouvait fasciner autant les gens dans le spectacle des prairies et des falaises. Henry était un citadin endurci, qui ne prisait rien tant que la solidité de l’acier et du béton. Sans compter qu’à ce moment précis les exquis biscuits au chocolat servis avec le thé l’intéressaient bien davantage que le panorama.

Surtout lorsque la blonde s’éloigna.

Ignorant les objurgations d’Edith à ne pas s’empiffrer, il engloutit trois biscuits avec une intense satisfaction. Fidèle à elle-même, Edith s’abstint. Dommage qu’elle se soit privée de ce petit plaisir, dans ce qui allait être les derniers moments de sa vie ; mais elle mourrait comme elle avait vécu, s’inquiétant de l’excédent de poids de son mari et chassant les miettes qu’il laissait se répandre sur le plastron de sa chemise.

Henry, quant à lui, pensait que les envies étaient là pour être satisfaites. Quel intérêt d’être riche, après tout, si l’on ne s’offrait pas ce qu’il y avait de mieux ? Il avait été pauvre, et il avait eu faim. Être riche et bien nourri valait beaucoup mieux.

Il n’avait jamais été beau, mais quand un homme avait de l’argent on le disait fort plutôt que gros, au physique intéressant plutôt que laid. Henry goûtait l’absurdité de ces distinctions.

En ce brillant après-midi de mai – il était presque trois heures –, le vent soufflait sur son drôle de petit postiche charbonneux, lui fouettait le visage et donnait de vives couleurs à ses joues replètes. Une montre en or dans sa poche, il portait une épingle ornée d’un rubis agrafée à sa cravate. Son Edith, avec sa silhouette de poulet décharné, était habillée par les meilleures maisons de couture parisiennes. Henry pesait près de trois millions de dollars. Pas autant qu’Alfred Vanderbilt, lui aussi en train de traverser l’Atlantique au même moment, mais assez pour s’estimer satisfait de la situation. Assez, en tout cas, songeait-il avec fierté (tout en caressant l’idée d’un quatrième biscuit), pour s’offrir des billets de première classe sur ce palace flottant. Assez pour veiller à ce que ses enfants aient reçu une éducation de première classe, et s’assurer que ses petits-enfants en recevraient une à leur tour.

Dans son esprit, voyager en première classe était plus important pour lui que pour Vanderbilt ; après tout, Alfred n’avait jamais été contraint de se satisfaire des secondes classes.

Il écoutait d’une oreille distraite le bavardage de sa femme sur leur programme une fois arrivés en Angleterre. Oui, ils feraient des visites et ils en recevraient. Non, il ne passerait pas toutes ses journées avec ses associés, ni à rechercher de nouvelles pièces à acquérir pour son commerce.

Il le lui promit avec son amabilité coutumière ; au bout de quarante ans de mariage, il restait profondément attaché à sa femme, aussi serait-il attentif à ce qu’elle passe de bons moments pendant leur séjour à l’étranger.

Mais il avait aussi des projets personnels, et ç’avait même été l’unique motif pour lequel il avait entrepris cette traversée printanière.

Si ses informations étaient exactes, il entrerait bientôt en possession de la deuxième Parque. La statuette d’argent représentait pour lui une quête personnelle, qu’il poursuivait depuis qu’il avait acheté, par hasard, la première de cette fameuse série de trois.

Il avait également une piste menant vers la troisième, et s’y précipiterait dès que la deuxième serait en sa possession. Quand il aurait la série complète, il serait vraiment un passager de première classe.

Les Antiquités Wyley ne passeraient plus derrière aucun confrère.

Couronnement personnel autant que professionnel, songea-t-il. Tout cela pour trois petites bonnes femmes en argent – qui, séparément, valaient déjà une jolie somme, mais qui, réunies, en vaudraient une défiant l’imagination. Peut-être les prêterait-il quelque temps au Metropolitan Museum. Oui, il aimait cette idée.

 

Les Trois Parques

Prêt de la collection personnelle d’Henry W. Wyley

 

Edith aurait ses nouveaux chapeaux, songea-t-il, ses dîners et ses promenades d’après-midi. Et lui-même recevrait la récompense suprême d’une vie de travail.

Avec un soupir d’aise, il se cala dans son fauteuil pour savourer sa dernière tasse d’Earl Grey.

 

Felix Greenfield était un voleur. Il n’en était ni spécialement honteux ni spécialement fier ; il était ce qu’il était, voilà tout, et depuis toujours. De même qu’Henry Wyley prévoyait de pouvoir à nouveau contempler les côtes irlandaises dans l’avenir, de même Felix comptait rester un voleur pour de nombreuses années encore.

Il était bon dans sa partie ; pas véritablement brillant, non, il le reconnaissait d’ailleurs sans peine, mais enfin, assez bon pour joindre les deux bouts. Assez bon en tout cas, songeait-il en glissant rapidement le long des couloirs des premières, dans l’uniforme de steward qu’il avait dérobé, pour avoir réuni de quoi se payer le billet de retour en Angleterre en troisième classe.

Certes, il avait laissé derrière lui, à New York, une situation un peu chaude professionnellement parlant, avec cette équipe de flics sur ses talons à cause d’un cambriolage raté. Non que ç’ait été sa faute, du moins pas entièrement. Sa seule erreur avait été d’enfreindre sa règle d’or, et de prendre un associé pour faire ce travail.

Mauvais choix, dès lors que son partenaire d’occasion avait enfreint une autre règle d’or : Ne vole jamais ce que tu ne pourras pas écouler facilement et discrètement. L’avidité avait aveuglé le vieux frère Deux-Pintes, pensait Felix en soupirant, tandis qu’il s’introduisait dans la luxueuse cabine de Wyley. À quoi pensait donc le malheureux, quand il avait fait main basse sur un collier de saphirs et de diamants ? Après quoi, il s’était conduit en fichu amateur, à se saouler comme un vulgaire matelot, avec ses deux pintes de bière coutumières, et à se vanter publiquement de son exploit.

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