La Guerre au Liban, j'avais 11 ans

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Le 13 avril 1975 éclate la guerre du Liban. Kinda Marie Elias a alors 11 ans. A l'adolescence, elle a vécu cette guerre dans sa chair en tant que secouriste engage dans une milice. Les scènes d'horreur et la folie meurtrière engendre par le communautarisme l'ont marque vie. Elle les décriât avec justesse. Au nom des 150 000 morts, des 30 000 disparus et de tous les handicaps, déplacés, prisonniers oublis, elle demande des comptes.
Ce récité est un témoignage poignant de cette guerre dont elle ne s'explique toujours pas les causes. C'est aussi un plaidoyer pour la réconciliation communautaire. Elle réclamée le droit la sanction et incite la conscience le monde politique libanais pour que ses futurs dirigeants soient compétents et honnêtes.
L'optimisme est de mise en ce qui concerne l'avenir du pays, car elle croit en la force de changement de la jeunesse qui a su faire ses preuves chaque tournant de l'histoire du Liban. La remise en place de la statue des Martyrs Beyrouth, autour de laquelle se retrouve toute la population libanaise, annonce que la réconciliation est en bonne voie. Cependant l'auteur voudrait que la jeunesse réalisée le poids qu'elle peut représenter dans la balance du pouvoir au Liban.
Publié le : mercredi 1 juin 2005
Lecture(s) : 269
EAN13 : 9782296371354
Nombre de pages : 160
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LA GUERRE AU LIBAN, J'AVAIS Il ANS

Kinda

Marie Elias

LA GUERRE AU LIBAN, J'AVAIS Il ANS

Odin éditions 01 3061 2445 odin.ed@noos.fr www.odin-editions.com

DANS LA MÊME COLLECTION:

La Fourmi et la philosophie, Jean Li1ensten, Pascal Dupont, Anne Ollivier L'Enfant sorcier africain entre ses deux juges, Martine de Maximy, Thierry Baranger, Hubert de Maximy Violence( s), côté face côté profil, Patrick Traube La Guerre des sexes, un avenir ?, Patrick Traube C'est quoi les finances publiques ?, Thierry Vieille C'est quoi la décentralisation ?, Thierry Vieille

ISBN: 2-913167-48-9 <9Odin éditions, avril 2005 Graphisme et illustrations: François A. Warzala Imprimé au Liban
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TABLE DES MATIÈRES

GRATITUDE, 13 AVRIL 1975 L'ENTHOUSIASME ET LE MNFOUANE DÉGOÛT, ANIMOSITÉ ET DÉCHÉANCE
PEUT-ÊTRE QU'UN JOUR NOUS C;OMPRENDRONS..
DE GÉNÉRATIONS ET LES CONFLITS LES CONFLITS DE RELIGION...51

7 9 17 .3

..4
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UN PEUPLE GÉNÉREUX DÉCOUVERTE DE L'ESPOIR RECYCLAGE DE L'ÉNERGIE
RETROUVAILLES ET DIALOGUES INTERCOMMUNAUTAIRES

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GUERRE ÉCONOMIQUE
TOUT FAIRE POUR SE PARDONNER, PARDONNER ET SE FAIRE PARDONNER DES COMPTES À RENDRE JE VEUX SAVOIR, J'AI BESOIN DE COMPRENDRE, COMPTES POSTFACE (SUR L'ASSASSINAT DE RAFlC HARIRI) J'EXIGE DES

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GRATITUDE

Je souhaite exprimer à tous ceux que j'aime mes remerciements pour m'avoir accompagnée depuis des années. Pour commencer, je dédie ce livre à mes parents dont l'anniversaire de mariage coïncide avec sa parution, C'est grâce à eux et à leurs conseils que j'ai pu en arriver là aujourd'hui. Et puis je souhaite remercier mes amis qui m'ont soutenue dans les moments les plus durs. Surtout pendant ma traversée du désert des années 1990, 1991 et 1992 : Rita, Magda, Souraya, Paola, Nicole, Jocelyne, José, Dédé, Ghada, Rima, Gaby, Paul, Fadi, Simon, Fouad, et tous ceux que je ne peux énumérer mais auxquels je pense très fort. Un merci à Bahjat, à l'origine de ce livre qui m'a fait réaliser l'indifférence avec laquelle le futur 30eanniversaire de la guerre risquait de se passer. Un merci à Nagib, qui sans le savoir m'a fait prendre conscience que les gens avaient le besoin de comprendre et de savoir... Merci à Mira qui fut la première confidente et qui m'a encouragée à vomir ce que j'avais sur le cœur et qui m'a presque mise en garde si je ne le faisais pas... Un grand merci à Hady, qui n'a cessé de m'exhorter à aller jusqu'au bout de mon initiative, qui, avec sa lucidité et sa pertinence, m'a poussée plus loin que je ne l'avais imaginé et qui, surtout, a jalonné le parcours de ce livre de conseils et de rencontres intéressantes grâce auxquels cet ouvrage a vu le JOur. Merci à Léna pour ses encouragements constants, pour les pauses qu'elle m'offrait afin de me permettre de repartir d'un meilleur pied pour la suite, pour m'avoir fait rencontrer mon éditeur.

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Merci à Paten, Thomas, Mireille, Alain, Michel, Joëllle, Caroline, Jarjoura et tous ceux qui m'auront fait confiance et m'ont facilité cette initiative. Merci à Gro dont la confiance et l'efficacité ont permis la sortie de cet ouvrage. Je crois que sa rencontre fait partie des plus belles que j'ai faites en ce début d'année. Merci à Gaby dont la pérsévérance et la minutie, sans parler de son endurance, ont permis la concrétisation de cet ouvrage. Merci à la providence qui m'a fait appartenir à un pays si riche en histoire. C'est pour moi un lieu d'apprentissage humain inégalable.

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13 AVRIL 1975

Tout commence par une partie de tennis jamais entamée... C'est dimanche. Nous venons de terminer notre déjeuner familial (composé comme tous les dimanches de plage, des fameux poulets cuits au barbecue, de frites, de hommos bethiné' et de salade ou de taboule, selon l'humeur de notre
cuisinière) .

En me dirigeant vers le court de tennis du St-Simon (complexe balnéaire où mes parents avaient pris depuis plusieurs années "un chalet"), je rencontre Bernard le propriétaire des lieux. "Que fais-tu là à traîner? Dis à ton père que vous devez rentrer illico car la situation n'est pas bonne. Dépêche-toi !" Du haut de mes Il ans et demi, je file vers le chalet 160, qui se trouve à l'autre bout du St-Simon, à l'écart des lieux d'activités communes... Je réveille papa, qui n'est pas du tout content d'interrompre sa sieste. Il vient de passer une semaine éreintante à soigner des personnes âgées, des enfants qui ne se sont pas encore habitués à l'arrivée du printemps, à accompagner en fin de vie telle ou telle personne désarçonnée par le cours des choses. "Papa, papa! Bernard te dit qu'il faut que nous partions de suite. Cela va mal en ville." "Va faire ta partie de tennis. J'ai bien saisi que tu ne t'entends pas avec le moniteur. Ce n'est pas une raison pour rater ton cours. Vas-y tout de suite." Bien sûr, à cet âge nous sommes encore dociles et respectueux des volontés des adultes, qui savent très bien où se trouve notre
]

Purée
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de pois chiches assaisonnée d'huile

à l'huile de sésame. et de citron,

Plat traditionnel libanais composé de persil, de tomates, d'oignons, de blé concassé,
d'olive

de menthe et assaisonné

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intérêt. Me voilà donc repartie vers le "terrain" de tennis. Je croise à nouveau Bernard, qui s'énerve cette fois-ci. Je lui demande d'expliquer lui-même à mon père la situation. "Hakim, dakhilakI, on a tué le garde du corps de cheikh Pierre. Ce dernier l'a échappé de peu. Joseph Abou Assi l'a sauvé en sautant devant lui pour le protéger! Les Palestiniens sont dans les rues, les chabebs2 aussi. Dieu seul sait où cela va nous mener. Dépêchez-vous de partir et faites attention au chemin que vous allez prendre. Certaines routes sont coupées par les éléments armés. Les fedayin et les kataëb sont armés jusqu'aux dents. C'est lafaouda3 partout." Branle-bas de combat. Les six enfants habillés en cinq minutes. La vaisselle sale emportée telle quelle pour ne pas la laisser pourrir sur place, le matériel de plage remis dans son placard. Le dinghy tout neuf, transporté d'Italie par les parents, remisé tant bien que mal dans le chalet. Nous avions passé six heures à le gonfler sans pouvoir en profiter... Record battu: en vingt minutes nous étions en route vers le parking, alors qu'il nous fallait une heure d'habitude pour nous doucher et nous habiller, tellement nous avions du mal à quitter ce paradis pour enfants. Et pour la petite fille que j'étais, le pire restait à venir. Comme la marée était souvent haute à l'époque, j'avais rassemblé des petits poissons (aujourd'hui je sais qu'il s'agissait de plancton). Je les avais mis dans un gobelet pour les rapporter chez moi; hors de question de partir sans mon gobelet! Nous étions un peu serrés dans la voiture. Hayat, notre gouvernante, me propose de caler le gobelet sur la plage arrière de la voiture. Mais ni le gobelet ni les petits poissons n'ont pu
I Docteur, je vous en prie. Les jeunes gens. )
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Faouda : pagaille.

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tenir le coup; à plusieurs reprises mon père avait dû braquer le volant face à un barrage qui surgissait au tournant d'une rue Ci'ai appris plus tard qu'on appelait ce genre de barrage "volant" à cause de la mobilité de ses éléments). Comment voulez-vous comprendre le monde extérieur quand vous avez failli à la promesse faite à vos petits poissons? Ces derniers ne demandaient qu'à rester dans le milieu naturel auquel vous les avez ravis... Les voir se débattre et mourir sans ne rien pouvoir faire, c'était ma première vraie confrontation avec l'impuissance. Mes parents nous avaient toujours dit qu"'impossible n'est pas français l" Je vous assure que cette image me revenait tout le temps à l'esprit quand plus tard en tant que secouriste, malgré toute la science acquise, malgré tout le matériel à disposition, il nous arrivait de "perdre" l'un des milliers de blessés que nous essayions de sauver après un bombardement, une explosion à la voiture piégée, un impact de franc-tireur immonde, etc. Bien sûr ce jour-là je n'ai perdu que mes poissons et le fameux dinghy, alors que d'autres ont perdu des proches, des amis ou des voisins... Mais croyez-moi, ce jour-là, ce sont mes premiers repères qui ont commencé à disparaître. Voir mes parents dans cette situation d'extrême inquiétude, voir mon père qui, bâti comme le héros dont rêvent toutes les filles et tous les garçons du monde, était rongé par l'angoisse de l'avenir... Et ce n'était que le début. Que dire des nuits innombrables que mes parents ont passées plus tard à arpenter les pièces de la maison pour trouver des solutions, à essayer de convaincre les différentes parties de calmer le jeu, à réconcilier les différents belligérants (à chaque fois différents, comme les alliances qui se faisaient et se défaisaient selon les circonstances.. .). Ce n'était rien face au dilemme qu'a dû vivre mon père en voyant ses enfants s'engager l'un après l'autre, contre sa

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propre volonté. Lui, dont le métier était de sauver les vies humaines, ne pouvait comprendre ou accepter que ses enfants prennent les armes. Sauf que "tendre la joue gauche quand on nous gifle la droite", c'est bon pour la catéchèse, la vie familiale et sociale. Ceci peut même être appliqué dans le monde rapace du travail, si on a assez de personnalité pour tenir le cap sans devoir rendre coup sur coup les méchancetés des autres. Je

veux bien être en accord avec toi papa là-dessus.D'ailleurs je
m'efforce d'appliquer cet enseignement encore aujourd'hui dans ma vie quotidienne. Mais quand il s'agit de l'avenir du Liban dont tu nous as inculqué l'amour, l'attachement et le respect, cela devient de l'ordre de l'utopie. On a touché à notre identité, à notre propre kayanl, à notre fierté d'appartenance. Nous avons été élevés à l'ombre des poèmes de Saïd Akl, qui nous faisait déclamer les textes de son fameux livre Loubnan in haka2. Nous avons passé des soirées entières à écouter Maurice Aouad, Elias Rahbani, Antoine Gebara et j'en oublie, qui venaient confronter leurs poèmes patriotiques en faisant de mes parents et des quelques amis qu'ils avaient invités, le jury qui devait départager les meilleurs... Comment voulez-vous ne pas être emportés par la vague qui a fait de nous plus tard des rescapés d'une guerre inacceptable et incompréhensible? Comment voulez-vous que nous puissions aujourd'hui dormir à poings fermés près d'une fenêtre quand nous avons dû nous réveiller à plusieurs reprises au son et à l'impact des débris de verre éclatés par les obus ou par les francs-tireurs? Comment voulez-vous que nbus ne sursautions pas à chaque fois qu'un avion vole trop bas, alors que le bruit de
1 Être, entité... 2 Si le Liban racontait

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celui qui a lâché ses bombes sur nous, à l'aube du dernier jour, résonne encore dans nos têtes aujourd'hui? Trente ans après, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi la guerre a eu lieu. Pourquoi personne n'est-il capable d'en tirer des leçons? Combien de temps devronsnous encore attendre avant que les dirigeants de notre pays ne fassent un examen de conscience ? Ou est-ce encore une utopie que nos parents et le guidisme1 nous ont inculqués? Pourquoi n'arrivons-nous pas à dormir la nuit sans avoir fait notre examen de conscience et sans avoir pendant les "cinq dernières minutes" de la journée dressé le bilan de notre action et l'avoir comparé à nos principes de vie et de morale? Pour ma part, je pense qu'il n'y a aujourd'hui aucune raison pour qu'un responsable au Liban échappe aux comptes qu'il doit rendre à l'opinion publique. Je suis citoyenne libanaise. Je participe au quotidien à l'amélioration de la vie économique de mon pays (bien sûr à ma modeste échelle). Je remplis mes devoirs jusqu'au bout. À ce titre, au titre des années passées au service du Liban, au titre de tous les amis tombés sur le champ d'honneur ou lâchement abattus par des francs-tireurs, des artilleurs ou des bombardiers, je veux savoir ce que nous préparent nos leaders pour le futur. Quels sont les plans qu'ils nous préconisent? Quels sont les traits qui délimiteront notre futur tant immédiat que lointain? Avec quels moyens compte-t-on nous gérer et dessiner nos horizons? J'exige des comptes. Je voudrais que tout Libanais exige aussi fort que moi des comptes. Je suis prête à en assumer la
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Scoutisme

au féminin.

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responsabilité. Je veux savoir. J'ai le droit de savoir. Nous avons le droit de savoir. Nous avons été pendant longtemps des moutons de Panurge. Cela suffit! Depuis quelque temps, le sujet de la guerre revient dans les conversations. Les souvenirs resurgissent. Nazir Hamad et Chawki Azoury avaient raison. Plus on essaie d'occulter ses souvenirs, plus forts ils reviennent. Aussi loin qu'on chasse ses angoisses, aussi intenses elle reviennent, et au moment le plus inattendu. Pourquoi aujourd'hui ce besoin de crier gare? Pourquoi aujourd'hui cette demande pressante de devoir parler, au point d'écrire un livre de 160 pages en quelques jours? C'est peut-être car cela fait trente ans! Les trois quarts de ma vie actuelle sont passés depuis cette date fatidique où nos rêves ont volé en éclats. Trois jours sur quatre de ma vie ont été marqués par le manque d'horizon dans lequel nous vivons. Un jour sur quatre seulement de ma vie a échappé à cette angoisse permanente qui a envahi nos cœurs depuis la perte de mes petits poissons. Et pour que cette tendance soit inversée, que je puisse dire qu'un jour seulement sur quatre a gardé la trace de la guerre, qu'un jour sur quatre se rappelle quand même la mémoire des copains partis rejoindre le Père, qu'un jour sur quatre me sert de source pour recycler mon énergie et renouveler mes efforts, qu'un jour sur quatre constitue le pont pour aller encore plus loin vers les autres et bâtir avec eux un avenir meilleur. Je crois que j'écris ce livre dans l'espoir de voir inversées toutes ces proportions. Pour que tous ceux qui comme moi sentent le besoin d' œuvrer positivement, pour améliorer notre quotidien loin des rancunes et des vengeances, puissent un jour dire: "nous avons enfin renversé la tendance et les chiffres!"

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Que les 150000 morts soient remplacés par des millions de vivants, de vrais vivants, et non des morts-vivants qui ne savent pas où les mènent leurs pas indécis! Que les 30 000 disparus renaissent dans le cœur et l'esprit de chaque Libanais, qui se veut un citoyen libre et fier d'exister. .. Peut-être que cette réflexion devrait être menée en collectivité. Peut-être que nous n'avons pas encore atteint la maturité nécessaire pour une telle démarche. Peut-être aussi que nous n'avons pas suffisamment digéré notre vécu pour en sortir plus grands et plus déterminés. C'est pour cette raison que j'essaie aujourd'hui de revivre par écrit ce que j'ai adoré et ce que j'ai exécré, ce que j'ai subi et ce que j'ai fait, en essayant de ne pas tomber dans le pathétique ni dans l'autoflagellation. Cependant je suis convaincue que cette étape est nécessaire. C'est pourquoi j'ai fait le choix - arbitraire il est vrai - de reprendre certains moments ou événements. Cependant cette relecture se fait à la lumière tout à fait subjective de mes yeux de jeune fille née dans une famille maronite, attachée à sa paroisse mais surtout à l'Église universelle (qu'elle soit grecque-catholique, orthodoxe, latine, ou autre), au Liban avant toute considération ethnique ou religieuse, préoccupée par l'avenir des Chrétiens au Moyen-Orient, soucieuse de vivre et de prêcher l'ouverture, la démocratie, la liberté de penser et le courage d'aimer, le refus de l'injustice et l'acceptation de l'autorité légitime, le respect des institutions de l'État et des libertés publiques et privées. Je ne suis pas née sur une île. Je ne me suis pas fabriquée ma personnalité et mes idées toute seule. Mon environnement familial, social, culturel et éducatif y est pour beaucoup. Les événements que je reprends ne respectent aucun ordre chronologique, ni échelle prioritaire d'importance. Ils sont

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racontés au fur et à mesure que leur évocation peut apporter un éclairage à mes questions. Car vous l'avez compris, pour me permettre d'exiger des éclaircissements, j'ai besoin de comprendre. Et pour comprendre, j'ai besoin d'élaborer des théories à confronter avec la réalité...

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