La guerre et la paix . Chants lyriques, par A. L***

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impr. de Lebel (Paris). 1824. Pièce cartonnée (28 p.) ; in-12.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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LA GUERRE
ET LA PAIX. -
CHANTS LYRIQUES.
LA GUERRE
ET LA PAIX.
CHANTS LYRIQUES.
PAR A. L.***
Nisi utile est, quod facimus, stulta
est gloria. ( PHÈDRE. )
PARIS,
IMPRIMERIE DE LEBEL, IMPRIMEUR DU ROI,
RUE D'ERFURTH, N° 1.
1824.
LA GUERRE
ET LA PAIX.
CHANT PREMIER.
Ego principium et finis, dicit
Dominus, Deus exercituum.
( Apocal. Psalm. ).
I RIOMPHE au Dieu de paix! gloire au Dieudes vengeances!
Où sont-ils ces brigands dont le sceau des puissances,
Dont l'autel étonné consacroit les fureurs?
Ils devoient immoler nos vaillantes cohortes,
Et foulant nos cent portes,
Couvrir le sol des lis de carnage et d'horreurs !
Les tyrans sont tombés; leur sang a teint nos glaives;
Tels qu'en l'ombre des nuits, fantômes des vains rêves,
Ces monstres que la Peur vêt de sang et de deuil :
La nuit s'éteint, tout fuit, le tombeau les dévore;
L'effroi les cherche encore,
Et n'a pu retrouver qu'un nom sur un cercueil.
: (6)
Des géans foudroyés ainsi meurt la puissance.
Sur leurs débris fumans, un fils royal de France
Aux tours du Trocadère a guidé nos drapeaux :
Tel qu'un aigle lancé des régions célestes,
Qui de corbeaux funestes
A d'un regard brûlant foudroyé les troupeaux.
Des hauts monts, l'invincible, aux lueurs de son foudre,
Redoutable et clément, descend; et dans la poudre
Son bras a replongé qui bravoit son pardon :
Il porte sur son front le destin des batailles;
Et les triples murailles
S'inclinent de terreur au seul bruit de son nom.
Héros, vengeur des cieux, il enchaîne à la gloire
Les traîtres dont le cœur blasphémoit la victoire :
Devant lui la révolte étouffe ses ardeurs :
Tel que Dieu, dans ses mains il tient le cœur des braves:
C'est ainsi rois, esclaves,
Que domine tout chef fidèle à ses grandeurs.
J'entends le cri guerrier des fidèles milices,
Qui, ceintes devant Dieu du glaive des justices,
De l'abreuver de sang ont juré le devoir:
Tout fléchit, et debout sur la tombe du crime,
D'un règne légitime
Bourbon doit retracer le sublime pouvoir.
( 7 )
Des Sarrasins on vit les ombres sur les rives ,
Loin des nouveaux croisés, fuir sanglantes, plaintives,
Fuir le lis, glorieux du grand sceau de la croix :
Quand des briks foudroyans les deux mers ébranlées,
Les profondes vallées
Proclament aux enfers le triomphe des rois.
Madrid est sous le glaive; une horde infernale
En vain traîne à Cadix la victime royale;
La Mort suit en pasteur cet infâme troupeau :
Et Cadix subira, sur son front arborées,
Les bannières sacrées;
Cadix, berceau du monstre, en devisnt le tombeau.
De l'hydre des partis écrasant les cent têtes,
Rois, vous calmez de Dieu les foudres toutes prêtes
A venger sur vos fronts les larmes de ses saints,
Et l'horizon du peuple, enfin libre d'orages,
A, sous d'heureux présages,
Vu la Paix redescendre au séjour des humains.
Les cieux sont purs, l'air calme, et du front des montagnes
La rosée à flots d'or inonde nos campagnes ;
Les moissons et des fleurs se pressent sous nos pas;
Tout renaît, s'embellit; mais des horreurs du crime,
Religion sublime,
L'homme aux vertus des cieux ne renaîtra-t-il pas?
( 8 )
Saint portique, ouvre-toi; qu'à mon Dieu tout s'empresse;
Dôme, élève, agrandis nos hymnes d'allégresse;
Et comme un encens pur, montez, vœux des humains :
Mais venez, vous aussi, venez, grands de la terre,
Adorer le tonnerre
De qui fait des États le jouet de ses mains.
Venez rendre tribut de digne hommage, o princes :
Un Dieu seul pour sa gloire a soumis vos provinces ;
Vains roseaux, dieux d'un jour, courbez sous l'Immortel.
Juge de qui nous juge, il pèsera la cendre
De qui se rit d'apprendre
Qu'un roi peut ce qu'il veut, s'il veut pour l'Eternel.
Pourquoi peser cet or? pourquoi compter des glaives?
Fière de tes splendeurs, devant Dieu tu t'élèves,
0 France; et sans ton Dieu, qu'est-ce donc que tes rois?
L'ordre ne peut régner ou régnera l'impie;
Il est temps qu'il expie
L'opprobre de son culte et l'orgueil de ses droits.
Impitoyable amant de trouble et de batailles,
On vit un soldat-roi, grand de nos funérailles,
Fouler, heureux brigand, les champs sacrés du Cid :
Ce vil bras du destin s'y fit droit de carnage,
Brisant ton héritage,
Dieu vengeur, qui brisas le saint bras de David.
( 9)
Dieu! le Roi! ce grand cri, du sommet des montagnes,
A d'échos en échos, roulant sur les campagnes,
De Pélage entr'ouvert le tombeau frémissant.
Tout s'arme! et du tyran la lâche barbarie
Aux preux de l'Ibérie
N'expia point sa rage au prix de notre sang.
Sur d'immenses tombeaux il crut régner seul maître;
Dans leur vaste néant, il renia ton être ;
Et tu dis, et ton souffle, ô Dieu, le dévora.
Du haut de son orgueil, ainsi devant ta foudre,
Doit tomber dans la poudre
Quiconque, ô Dieu des dieux, sans ton nom régnera.
Il meurt, l'impie, il meurt; tel qu'un vautour avide
Qui sur les noirs déserts, en cadavre livide,
Vient grossir, de son sang, les débris des troupeaux :
Et toi, Héros pieux, comme un guerrier céleste,
Aux seuls méchans funeste
Tu venges Dieu, les rois, la paix et nos tombeaux.
CHANT SECOND.
LE GÉNIE DES RÉVOLUTIONS.
ODE.
Quomodo cecidisti, qui
vulnerabas gentes?
( Isaïe. )
COMMENT es-tu tombé, fier Géant des tempêtes?
Tu disois : « Vos cent rois, mes superbes conquêtes,
« De mon trône seront les sanglans marche-pieds :
« Je briserai vos grands, je foulerai vos sages ;
« Et le torrent des âges
« Roulera de vos dieux les prêtres foudroyés. »
Il a dit, l'air s'enflamme aux rayons d'une lance ;
Du Seigneur sur son front la foudre se balance,
Et le Trépas vengeur lève son fer brûlant
Sur les bords orageux des colonnes d'Hercule
Un héros le recule,
Pour mieux en abîmer le cadavre sanglant.

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