La Liberté et l'ancien Régime, satire, par P.-M. Briet,...

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les marchands de nouveautés (Paris). 1830. In-8° , 16 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1830
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M MMlf
ET
L'ANCIEN RÉGIME,
SATIRE,
J'appelle un chat un chat, et Rollet un fripon.
BOILBAU.
Les prêtres ne sont pas ce qu'un-rain peuple pense
Notre crédulité fait toute leur science.
VOLTAIRE .
PRIX : l'fr.
PARIS ,
CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1850-
LA LIBERTE
ET
SATIBE.
Toi que mon âme adore, illustre déité,
Charme de tous les coeurs, auguste Liberté ,
Toi qu'on veut exiler du climat de la France ,
Tiens soutenir ma voix de ton indépendance !
C'est peu; viens embraser de tes feux immortels
Une muse empressée à venger tes autels.
Puisse-je, tout ému de ton puissant génie,
Faire entrer dans mes vers ta magique harmonie.
Réveiller les esprits à tes mâles accens ,
Et jusqu'en leurs palais faire trembler les grands!
Fille d'une âme libre, au pouvoir étrangère,
Ma pensée est à moi, je la dis tout entière.
Qu'il m'est doux de sentir tout mon coeur agité,
Mon coeur qui ne bat plus que pour la liberté !
Tressaillement sublime ! et que ne peut connaître
L'homme dégénéré qui tremble sous un maître ,
Ni vous, petits tyrans , grands seigneurs d'autrefois,
Parasites menteurs de la table des rois,
Hommes enorgueillis d'une vaine noblesse,
Qu'un énorme budget alimente sans cesse.
Ma voix va s'élever ; tremble affreux préjugé !
Du fond dé la douleur où mon coeur est plongé,
Quoique novice encore en ce genre d'escrime,
Ma muse surgira pour dévoiler ton crime :
La vérité toujours a des droits sur les coeurs,
Et l'on parle assez bien quand on venge les moeurs.
Si, comme Juvénal, d'une plume savante,
Je ne puis manier l'hyperbole mordante j
On me verra du moins, par de nobles efforts,
Du démon qui l'agite imiter les transports,
Et d'un vers enflammé, montant sur le Parnasse,
Du sommet, foudroyer la jésuitique audace.
Holà ! me dit quelqu'un ; qui trouble vos esprits ?
Eh bien ! de quel délire êtes-vous donc surpris,
Jeune homme ? est-ce en fureur que vous devez écrire?
J'aime bien mieux celui qui rit dans la satire ;
Qui, d'un coup de sifflet, faisant pâlir Quinault,
Au bout de l'autre vers fait retrancher Perrault.
Si le ton satirique , en un mot, vous amuse,
Pourquoi faire toujours grommeler votre muse ?
Ce n'était point ainsi que l'illustre Boileau
Des Cotin de son temps égayait le tableau ;
Sa muse, en vers malins, animait l'ironie,
En mille traits piquans pointillait son génie.
Ces hommes ne sont point encore à l'unisson?
Pour les désespérer, riez-en sans façon.
D'épigrammes , contre eux, un amas s'accumule;
Ils n'éviteront point l'arme du ridicule.
_6—■
En vain, pour redresser le travers des esprits , ■.
Chaque siècle a vu naître un déluge d'écrits ;
L'erreur, préconisée, assise sur un trône ,
D'un fleuron, chaque jour, voit orner sa couronne.
La crainte d'un revers, la folle ambition
Ne marchent point encore au jour de la raison.
La pauvre humanité,. qui bravement se vante,
Dans ses projets altiers est toujours délirante.
Et faut-il s'étonner quand Bourmont, un beau soir ,
Transfuge de nos camps , nous menace au pouvoir?
Et quand il doit cacher sa honteuse existence,
Sa main s'attache encore aux drapeaux de la France !
Voilà de quoi frémir, et qui n'en frémit pas
A trahi son pays la veille des combats.
Quand l'ombre d'Escohar, sur ma belle patrie, ■'
Souffle le reste impur de son hideux; génie ,
Quand des hommes pervers, polichmcls de Cour, .
Portant des yeux flatteurs sur l'idole du jour ,
Hier républicains, aujourd'hui monarchiques,
Veulent escamoter les libertés publiques,

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