La musique et l'accord des instruments mis à la portée des aveugles et des instituteurs / par le Dr A. Blanchet,...

De
Publié par

L. Hachette (Paris). 1864. 1 vol. (180 p.-11 f. de pl.) ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : vendredi 1 janvier 1864
Lecture(s) : 18
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 167
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

L'ACCORD DES lNSTRUMENTS
MIS A LA PORTÉE
DES AVEUGLES ET DES INSTITUTEURS
ri" PAR ■ -:-7k
; ■ LE Dr A. BLANCRET V''V'v-'. .":
, • =./-V
Médecin en Chef de l'Instijkutioa impérialë des Sonrds-Mnets
Fondateur de* Petites-Écoles potir les Sonrds-Mnets et les ArengieS, etc., etc.
V:;
PARlS
PARIS -.
LIBRAIRIE DEL:('HÂ(UlET11E' ET Cie
BOUI.BVARD SAINT-GERMAIN, 77.
186/» '.Jo
(Tous droite résenée en France et à liétranger)
r./r~ ~~t~
LA MUSIQUE
ET
L'ACCORD DES INSTRUMENTS ,
©
LA MUSIQUE i
ET
L'ACCORD DES INSTRUMENTS
MIS A LA PORTÉE
./01- AVEUGLES ET DES INSTITUTEURS
1 'DE$: A:Y'~UGLES ET DES INSTITUTEURS
PAR
LE Dr A. BLANCHET
MÉDECIN EN CHEF DE L'INSTITUTION IMPÉRIALE DES SOURDS-MUETS
FONDATEUR DES VETITES «ÉCOLES POUR LES SOORHS-MCE TS ET LES AVEUGLES, FTC ETC-
PARIS
LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie
BOULEVARD SAINT-GBRMAIN, 77.
186A
(Tous droits réservés en France et à l'Étranger)
AVANT-PROPOS
Parmi les professions que peut choisir un aveugle,
celle de musicien est la plus lucrative. Il peut, s'il a
quelques dispositions naturelles, devenir organiste (1),
chantre; accordeur de pianos, de harpes, d'harmoni-
cordes, d'harmoniflûtes, d'harmoniums, d'orgues, etc.;
de plus, il peut joindre à l'une de ces professions
l'exercice d'un métier manuel en rapport avec son infir-
mité. La musique n'est enseignée aux voyants, dans les
(1) Il existe beaucoup d'écoles primaires où la musique n'est ndlnmt>nt
enseignée, le jeune aveugle qui fréquente ces écoles, s'il jodt de <) '!t'~
dispositions, ne doit pas renoncer pour cela h étudier la musique; s'il !>abir»< o
ville, et qu'il y ait dans cette ville une école orphéoniste, il devra en suivre l's
cours. A défaut d'école publique, sa famille ou ses protecteurs s'efforceront de
lui trouver un maître particulier à qui l'instituteur primaire voudra bien com-
muniquer'les renseignements et les tableaux spéciaux qui sont dans cet ouvrage.
Dans les campagnes mêmes, où par hasard il ne se trouverait personne qui fût
en état d'enseigner théoriquement un peu de musique à l'aveugle, celui-ci pour-
rait encore recourir au ménétrier, et apprendre par routine à jouer de quelques
instruments.
I
VI AVANT-PROPOS
écoles primaires (1), que comme art d'agrément; mais
elle doit être enseignée aux aveugles avec plus de soin,
comme un art utile et pouvant devenir un jour une des
ressources les plus précieuses de leur existence.
On en use ainsi dans nos écoles de Paris, c'est cette
considération qui nous a déterminé à ranger l'instruction
musicale dans la partie de notre ouvrage concernant
l'éducation professionnelle.
Si l'on remarque chez quelques élèves aveugles une
voix juste, souple, étendue, on pourra leur faire étudier
le plain-chant en même temps que la musique. C'est
quelquefois une ressource que le chant d'église, et il sera
toujours plus facile de faire d'un aveugle un chantre de
paroisse qu'un chanteur de salon (2). Cependant, si l'on
en trouvait quelques-uns qui eussent une voix rare, et
avec cela de bonnes dispositions musicales, et le fait n'est
(1) Plusieurs élèves de nos écoles communales de Paris, ignorant complétement
la musique à leur arrivée, ont pu acquérir, après quinze ou vinet mois d'étude
musicale, des notions suffisantes, les uns pour tenir un orgue de paroisse, les
autres pour être reçus élèves du Conservatoire.
(2) Le chant d'église se compose, comme on le sait, de deux parties : la partie
liturgique, qui.est à peu près immuable ou qui varie. seulement selon chaque
diocèse, et la partie dite musicale, formée d'un répertoire, variable, il est vrai,
selon chaque maîtrise, mais qui peut s'étudier à loisir et que la mémoire des
aveugles peut retenir facilement.
Le chant de salon exige plus que de la mémoire ; une belle voix ne saurait lui
suffire ; il faut encore un extérieur et une physionomie agréables et susceptibles
AVANT-PROPOS VII
pas sans exemple, on ne devrait rien négliger pour les
mettre en état de tirer parti de ces dons heureux. ,
Ce sont ces considérations qui nous ont déterminé à
offrir ce traité aux instituteurs et aux professeurs de
musique, afin de leur servir de guide pour l'enseigne-
ment de la musique et du plain-chant dans les écoles où
se trouvent des élèves atteints de cécité.
ê
Aucun ouvrage de ce genre, avec l'étendue que nous
lui donnons, n'avait encore été publié. C'était une lacune
des plus préjudiciables aux intérêts dès pauvres aveugles,
et qui offrait aux maîtres et aux instituteurs les mieux
intentionnés les plus grandes difficultés pour leur ensei-
gner la musique; c'est ce motif qui nous a porté à
entreprendre ce travail pour fournir à tous les aveugles
que les parents, dans leur sollicitude, font instruire près
d'eux conformément à nos conseils, les moyens d'ac-
quérir cet enseignement.
de s'harmoniser avec les morceaux de musique chantés. L'aveugle ne peut pas
davantage songer à prendre place au milieu des choristes d'un théâtre, il éprou-
verait des difficultés invincibles et des déceptions.
L'orchestre des théâtres ne leur présente pas plus d'accès que le chœur. Il faut
déchiffrer constamment et lire à livre ouvert, ce qui est impossible à un aveugle
instrumentiste. Le musicien est obligé d chaque instant de tenir compte des signes
du chef d'orchestre.
Quant aux concerts ou morceaux d'ensemble, les aveugles peuvent les exé-
cuter, mais à la condition de les avoir étudiés longtemps à l'avance et de les avoir
appris par cœur.
VIII AVANT-PROPOS
Nous avons partagé cet ouvrage en trois parties : dans
la première, nous * indiquons les moyens particuliers à ,
prendre pour enseigner la musique et le chant aux
aveugles ; dans la - seconde, nous traitons de l'écriture
musicale à leur usage; et, dans la troisième, nous par-
lons des moyens spéciaux qu'il est à propos d'employer
pour leur apprendre l'art d'accorder divers instruments.
0
0
PREMIÈRE PARTIE
MOYENS D'ENSEIGNER LA MUSIQUE
AUX AVEUGLES
§ r
FACILITÉ DE L'ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE AUX AVEUGLES
La manière d'enseigner la musique aux aveugles est, au
, fond, absolument la même que celle que l'on emploie pour
les voyants, les principes et les règles sont les mêmes; les
exercices sont les mêmes; il n'y a, en un mot, de différence
entre les deux enseignements que dans les signes représen-
tatifs de la gamme des sons : c'est-à-dire dans l'écriture
musicale.
Ainsi que nous le développerons dans la seconde partie,
les sept notes de la gamme et tous les autres signes du lan-
gage musical s'expriment en points, d'après un ingénieux
système que nous avons décrit ailleurs. L'élève aveugle
apprend à lire et à écrire la musique en points aussi facile-
to ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
ment que l'élève voyant apprend à déchiffrer notre système
de musique.
Le professeur de musique qui veut l'enseigner aux aveugles
n'a rien de nouvéau à apprendre, hormis un système de no-
tation correspondant à celui qu'il connaît déjà. Ce n'est pas
une langue nouvelle qu'il devra enseigner, c'est la langue qui
lui est familière; il n'y a de nouveau pour lui que les carac-
tères avec lesquels cette langue est écrite. Il ne doit pas
s'effrayer des difficultés de cette étude ; elles s'évanouiront
rapidement. Ces caractères sont peu nombreux ; s'ils n'ont
pas la même forme, ils ont le même nom et la même valeur
que ceux auxquels ses yeux sont accoutumés. Le professeur
n'a pas même besoin d'e.n faire d'avance une longue étude j
il les étudiera et les apprendra sans effort, à mesure qu'il
devra les expliquer à ses élèves.
m
ENSEIGNEMENT DE LA LECTURE ET DE L'ÉCRITURE MUSICALES
On ne saurait commencer trop tôt à faire étudier la musique
aux jeunes aveugles. Dès leur entrée à l'école, on devra leur
faire suivre le cours de chant (1).
On leur apprendra d'abord la gamme, et l'on exercera en-
(1) S'il n'en existe pas, l'instituteur s'il connaît la musique la lui enseignera
dans l'intervalle des classes.
Dans les grandes villes, comme à Paris, il est possible d'avoir un professeur
spécial de musique ; ce professeur donnera ses leçons à des heures déterminées. Il
en sera de même de l'accordeur.
AUX AVEUGLES ii
suite au solfége ceux qui ont la voix juste. D'ailleurs, l'étude
de la musique sera pour eux une occasion d'exercer leur
mémoire, puisqu'ils devront tout apprendre par cœur.
On leur expliquera successivement les principes de la mu-
sique; on leur fera connaître ce que c'est qu'une ronde, une
blanche, une noire, une croche, etc., une pause, une demi-
pause, un soupir, un dièze, un bémol, un bécarre, une clé, etc.;
on leur indiquera les signes au moyen desquels on les repré-
sente.
Dès que les élèves sauront lire la musique, ils devront ap-
prendre à l'écrire et se rendre cet exercice familier, ce qui
sera pour eux d'autant plus facile que l'écriture musicale est
tirée de l'alphabet en points.
Quand ils écriront bien la musique, on leur dictera des
exercices de solfége pour les accoutumer à l'intonation et à
la mesure. Un élève voyant pourra aisément remplacer le
maître dans ce travail, et l'on choisira pour sujets de dictée
les exercices qui devront être répétés le lendemain, à la leçon
commune, par tous les élèves, aveugles ou non. Il est en effet
très-désirable que cette étude se fasse en commun le plus
possible. Outre que cela est nécessaire lorsqu'on en vient à
la musique d'ensemble, cela est encore utile dès le début, et
lorsqu'on n'en est encore qu'aux premiers éléments.
Quand plusieurs élèves sont réunis, chacun d'eux écoute
et met à profit, non-seulement les explications que le maître
donne à toute la classe, mais encore ces explications person-
nelles, ces conseils souvent imprévus et toujours si clairs qu'il
faut donner, à l'occasion, à tel ou tel élève.
12 ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
1
1111
EXERCICES DE SOLFÉGE
La mémoire, avons-nous dit, joue un grand rôle dans les
études musicales des aveugles. On devra donc leur faire ap-
prendre par cœur les exercices de vocalise qu'on leur dictera,
ainsi que les simples gammes d'un mouvement un peu rapide,
si l'on veut qu'ils les chantent couramment dans la mesure où
elles sont écrites.
Les voyants ont sur les aveugles cet avantage qu'ils lisent
plusieurs notes à la fois, et, qu'après les avoir lues, ils les
ont encore sous les yeux pour aider leur mémoire. Les aveu-
gles, au contraire, palpent lès notes en relief l'une après
l'autre ; et, quelle que soit leur dextérité à déchiffrer une
ligne musicale, ils perdent de vue, pour ainsi parler, chaque
note à mesure qu'ils la quittent du doigt. Ils sont donc forcés,
pour ne pas se tromper, de savoir correctement par cœur le
morceau qu'ils doivent répéter. L'écriture leur sert à l'étu-
dier ; mais ils ne le chanteront ou ne l'exécuteront bien sur
un instrument, qu'autant qu'ils l'auront bien gravé dans leur
mémoire. C'est donc en étudiant chaque morceau que les
aveugles doivent l'écrire eux-mêmes dans leur tête, et cela
d'une manière ineffaçable.
Pour étudier facilement un morceau de musique, ils doivent
apprendre d'abord la première phrase musicale; puis, quand
ils la savent bien, ils doivent apprendre là seconde phrase ;
AUX AVEUGLES 13
lorsqu'ils savent cette seconde phrase, ils doivent la joindre à
la première et les répéter ensemble; après quoi ils appren-
nent la troisième phrase, qu'ils joignent ensuite avec les deux
premières, et ainsi de suite, jusqu'à la fin d'une reprise ou
jusqu'à la fin du morceau.
Indépendamment des exercices ordinaires de solfège, il
sera très-utile aux aveugles, et même aux voyants, d'être
exercés à la décomposition et à la composition des phrases
musicales, ce qui peut se faire de la manière suivante :
1° Une phrase ou période étant chantée ou jouée sur un
instrument à sons tenus (orgue, harmonium, etc.), l'élève
doit dire, mesure par mesure, ou temps par temps, la valeur
de chaque note, la durée de chaque silence. Exemple : Ronde,
barre de mesure; blanche, noire, barre de mesure ; blanche,
demi-pause, barre de mesure, etc. ;
2° L'élève devra d'abord nommer simplement les notes
qu'il entendra chanter ou jouer ; puis il les nommera, indi-
quant en même temps leur valeur et leurs altérations; il indi-
quera pareillement la valeur des silences, à mesure qu'ils se
présenteront;
3* Il devra écrire un morceau qu'il entendra jouer ou
chanter. �
Chacun de ces trois genres de décomposition ou de com-
position musicale doit être étudié au moyen d'un grand nombre
d'exercices bien gradués.
14 ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
S iv
MUSIQUE INSTRUMENTALE
Nous n'avons parlé jusqu'à présent que de la musique vocale.
Elle ne peut cependant contribuer au bien-être des aveugles, ;
et ajouter quelque chose à leurs moyens d'existence qu'autant
que la nature les a doués d'une certaine voix qui leur per-
mette au moins de donner des leçons de musique vocale.
Et, comme la plus belle voix est chose bien fragile, ceux
que la nature semblerait avoir créés pour le chant ne devront
pas pour cela dédaigner d'apprendre à jouer de quelque
instrument. Les aveugles sans voix devront à plus forte raison
s'attacher de bonne heure à la musique instrumentale.
Pour ce qui regarde le choix d'un instrument, il faut sans
doute, autant que faire se peut, consulter le goût de l'élève;
car son goût est assez souvent un indice de son aptitude.
Néanmoins, cet indice peut tromper ; d'ailleurs, on ne trouve
pas en tout lieu, surtout à la campagne, le moyen d'étudier
toute espèce d'instrument; d'une autre part, le professeur
doit faire comprendre à son élève qu'il ne s'agit pas ici d'un
art d'agrément, mais d'un art auquel il doit demander plus
tard les ressources de son existence ; donc, c'est au professeur
qu'il appartient de diriger le choix de l'élève.
Les instruments que l'on fait ordinairement étudier aux
aveugles sont : le piano, l'orgue; les instruments à cordes; tels
1
AUX AVEUGLES 15
que le violon ; les instruments à vent en bois ou eu cuivre,
tels que la flûte, la clarinette, le hautbois, le cor, le cornet
à pistons, etc.
En général, partout où la chose est possible, on fera bien
d'apprendre aux aveugles l'orgue et le piano. Cependant, ce
dernier instrument n'est pas pour eux le plus facile ; il est
même un de ceux qui leur présentent le plus d'obstacles à
surmonter, à cause des croisements de mains, opération si
délicate et si embarrassante même pour les voyants, dont
l'oeil guide les doigts sur le clavier. Mais c'est l'instrument
le plus répandu et le plus employé pour l'accompagnement
du chant dans les familles et les salons; ainsi, un aveugle,
qui y aurait acquis quelque habileté, trouverait mainte occa-

sion d'en tirer bon parti. L'étude du piano est d'ailleurs la
meilleure préparation à l'étude de l'orgue; et, avec le plus
grand nombre des élèves, il s'agit beaucoup moins de faire
de bons pianistes que de bien former des organistes de
paroisse.
Si l'aveugle n'avait aucune disposition pour l'orgue et le
piano, on lui ferait apprendre un autre instrument, soit à
vent, soit à cordes. Du reste, le piano et l'orgue étant des
instruments à sons fixes et à demi-tons tempérés, l'aveugle
qui veut devenir bon musicien doit, pour se perfectionner,
joindre à l'étude de l'orgue ou à celle du piano l'étude d'un
autre instrument qui puisse lui permettre d'apprécier les-
nuances du demi-ton chromatique ; il doit surtout se livrer
à cette étude secondaire s'il a une prédilection marquée pour
un instrument quelconque, autre que l'orgue et le piano.
1
16 ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
Quel que soit l'instrument qu'on veuille apprendre à un
aveugle, on ne doit pas oublier que l'élève n'en connait que
les sons et en ignore la forme ; il faut donc commencer par
lui faire connaître, dans son ensemble et dans ses détails,
la forme de l'instrument qu'il va étudier, la disposition, l'uti-
lité et l'emploi de chacune de ses parties. Si c'est l'orgue
harmonium ou le piano, par exemple, l'aveugle prendra
d'abord connaissance des dimensions et de la forme géné-
rale de la caisse; on lui fera palper ensuite le clavier; après
quoi, on lui en fera discerner les touches ; on lui expliquera
comment ces touches donnent chacune un son qui lui est
propre et qui est toujours le même, comment le son varie
d'une touche à l'autre, comment les touches sont ràngées
l'une à côté de l'autre, de manière à reproduire de gauche à
droite toutes les notes des gammes ascendantes, avec les
tons et les demi-tons ; et, de droite à gauche, toutes les
notes des gammes descendantes, avec les nuances de tons et
de demi-tons; puis, on lui fera toucher les pédales et on lui
en expliquera le jeu. On passera ensuite au mécanisme de
l'instrument ; après avoir ouvert celui-ci, on fera palper à
l'élève toutes les parties de ce mécanisme, afin qu'il les con-
naisse parfaitement, qu'il se rende compte de celles qui pour-
raient se déranger, et qu'il se mette à même d'effectuer les
réparations qui pourraient devenir nécessaires. Comme il
n'est pas toujours prudent de faire palper à un aveugle toutes
les parties de certains pianos ou de certaines orgues, nous
avons fait construire, à l'usage des élèves aveugles des écoles
primaires, de petits mécanismes au moyen desquels les insti-
AUX AVEUGLES t7
9
tuteurs et les professeurs peuvent facilement faire étudier à
leurs élèves tout ce que ceux-ci doivent connaître à ce sujet.
On appliquera, suivant le besoin, ce genre de démonstration ,
au violon, à la clarinette ou à tout autre instrument.
Lorsque l'élève a acquis ces premières et indispensables
notions, on lui apprend à se servir de l'instrument dont il
vient d'étudier la forme et le mécanisme. Ainsi, par exemple;
on lui indique d'abord de quelle manière il doit se placer
devant un piano, ou de quelle manière il doit tenir le violon
ou la flûte pour en jouer. On fait prendre, en pareils cas,
aux aveugles la même position, la même attitude qu'aux
voyants. Mais, comme ils ne peuvent pour cela se guider sur
autrui, il faut, avec patience, dans le commencement, guider
soi-même de la voix et de la main les mouvements de leur
corps et de leurs membres. On les exerce ensuite au doigté,
et ils s'y perfectionnent par l'habitude, en suivant le cours des
études graduées faites par les voyants.
Mais ici, se présente une difficulté plus ou moins absolue
selon la nature de l'instrument dont joue l'aveugle, difficulté
qu'on ne peut surmonter qu'en lui faisant apprendre par
cœur les exercices écrits qu'il suffit de placer sous les yeux
des voyants. En effet, l'aveugle ne lit qu'avec sa main ; ses
yeux sont au bout de ses doigts. Quand il étudie le piano ou
l'orgue, il peut, à la vérité, lire d'une main et jouer de l'autre
sans accompagnement ; il peut ensuite de la même manière
étudier l'accompagnement jusqu'à ce qu'il ait bien retenu les
deux parties, et qu'il soit en état de les jouer ensemble de
mémoire Mais, pour jouer de tous les autres instruments, it
18 ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
a besoin de ses deux mains à la fois; il lui est absolument
impossible de lire et de jouer en même temps, même d'une
, manière imparfaite, l'exercice le plus simple. 1.1 est donc né-
cessaire, en ce cas, de lui faire apprendre par cœur tous les
morceaux qu'on veut.lui faire exécuter. Ainsi que nous l'avons
déjà dit pour les exercices de solfège, il faut les lui faire
apprendre par fragments, et les lui faire exécuter de même.
Quand il a bien étudié, par exemple, quatre mesures, plus ou
moins, on les lui fait jouer ; quand il les joue assez bien, il
étudie les quatre mesures suivantes et les répète d'abord sépa-
rément, puis, à la suite des quatre premières mesures. Il con-
tinue de la sorte jusqu'à la fin du morceau, qu'il doit pouvoir
jouer de mémoire, lorsqu'il en a étudié et répété le dernier
fragment. Plus sa mémoire sera exercée, plus il apprendra
vite un solfége ou un air ; jcar il ne sera pas obligé d'en
morceler autant l'étude que dans les commencements.
Le professeur de musique pourra facilement, à l'aide d'un
poinçon, écrire lui-même en relief les exercices destinés à
l'aveugle. Il n'aura qu'à traduire en points, d'après les règles
indiquées dans la seconde partie de cet ouvrage, la notation
des solfèges et des exercices ordinaires préparés pour les
voyants. Si ses occupations l'en empêchaient, il pourrait con-
fier ce travail à l'un de ses élèves.
AUX AVEUGLES 10
§ V
CONCLUSION DE CETTE PREMIÈRE PARTIE
Tels sont les avertissements que nous avons cru devoir
donner, telle est la marche que nous avons jugé à propos
d'indiquer aux professeurs de musique chargés d'enseigner
cet art aux élèves aveugles qui fréquentent les écoles pri-
maires.
N'oublions pas d'ajouter que le Conservatoire impérial de
musique (1) s'ouvre aujourd'hui pour les aveugles comme
(1) Le ministère de la Maison de l'Empereur a bien voulu nous fournir les ren-
seignements suivants, sur l'admission des aveugles aux cours du Conservatoire
impérial de Musique :
« Les règlements du Conservatoire n'ont jamais contenu do disposition relative
aux aveugles, cependant les aveugles ont été admis de tout temps, mais en -très""
petit nombre età titre d'exceptions ;
« M. Edmond Hocmelle, aujourd'hui organiste du Sénat, a suivi les classes de
piano et a même obtenu un second prix au concours de 1846. Il avait obtenu un
second prix d'orgue en 1844.
« Plusieurs aveugles se sont distingués dans les classes d'orgue et d'instruments
à vent, notamment dans celle du cor & piston.
« En général, le premier prix ne peut être obtenu par les aveugles, à cause de -
l'impossibilité, où ils sont, de subir l'épreuve de la lecture.
« Dans les classes de chant, il n'y a d'autre exemple que celui de Mu* Broquet
qui a suivi la classe de Mme Damoreau et obtenu un second prix en 1856.
« Il n'y a jamais eu plus de trois ou quatre aveugles en même temps dans les
classes du Conservatoire.
« Ces différents élèves appartenaient tous au sexe masculin,
« Leurs études terminées, le Conservatoire ne s'en est jamais occupé. •
Les écoles d'aveugles, annexées à celles des parlants que nous avons créées à
Paris, ont fait admettre, il y a trois ans, au Conservatoire deux élèves aux cours
de piano et d'orgue. Plusieurs autres aveugles des mêmes établissements se dispo-'
, sent à s'y faire recevoir.
-. 20 ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE
i
pour les voyants, lorsqu'ils annoncent de grandes disposi-
tions; et que c'est là que quelques élèves de l'Institution
impériale des jeunes aveugles viennent terminer leurs études
musicales et se perfectionner. Nous n'en avons cependant pas
vu dans les classes de chant ; mais nous en avons remarqué
plusieurs parmi les instrumentistes; ils étaient mêlés aux
voyanis et participaient aux mêmes leçons. On en citait quel- ,
ques-uns comme d'excellents élèves. C'est un fait dont il est
bon de prendre note, et dont les instituteurs primaires et les
professeurs de musique de la capitale et des départements se
souviendront, sans doute, dans le cas où ils rencontreraient un
sujet aveugle qui promît d'être un véritable artiste, digne
d'être perfectionné au Conservatoire impérial de musique de
Paris.
i
SECONDE PARTIE
SIGNES MUSICAUX A L'USAGE DES AVEUGLES
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Il est facile d'enseigner la musique à l'aveugle qui sait
lire et écrire, puisque tous les signes qui représentent les
notes, les valeurs, les silences, les altérations, les accords,
le doigté, etc., sont les mêmes que ceux qui représentent
les lettres, les signes orthographiques et la ponctuation.
Or, dans l'alphabet des aveugles, les lettres sont repré-
sentées par des Caractères en relief semblables aux carac-
tères d'imprimerie, ou par des points saillants, tels que ceux
du système Braille, généralement usité en France. Ces lettres
sont divisées en quatre séries, comme on le voit dans le tableau
que présente la planche Ire ci-jointe.
Si l'on examine ce tableau, on y fera des remarques qui en
rendront l'étude très-facile :
22 SHJNKS MUSICAUX
1° Chaque série se compose de trois lignes idéales, tracées
horizontalement et de deux lignes tracées verticalement, sur
, lesquelles on inscrit des points.
2° Chaque série de points comprend dix lettres ; car on fait
entrer dans cet alphabet les voyelles accentuées ainsi que le ç,
e œ et le w~ c'est-à-dire 14 ou 15 signes de plus que dans
l'alphabet des voyants. -
3® Chaque lettre est formée d'un nombre de points qui
varie de un à six.
4° Pour une même lettre, il n'y a jamais plus de deux points,
à côté l'un de l'autre, sur une ligne quelconque dans cha-
cune des quatre séries, et jamais plus de trois points super-
posés.
5* La 1 Je lettre de la 2e série correspond à la lr® lettre
de la lre série, la 2e à la 2e, la 3° à la 3e, etc.; de même,
dans chacune des séries 3e et 4e, chaque lettre correspond à
celle du même ordre dans la lre série.
6° Dans la lre série, comprenant les dix premières lettres
de l'alphabet, a, b, e, d, e, f, g, h, i; J, il n'y a aucun point
marqué sur la 3e ligne; l'a et le « s'écrivent sur la lrc ligne,
et les autres sur la lre et la 2e ligne.
7D Dans la 2e série, comprenant les dix lettres suivantes,
li, l, m, R, o, p, q, r, a, t, il y a toujours un point sur la
3e ligne. On forme les lettres de la 2e série au moyen de celles
de la lre série, en ajoutant à chacune d'elles un point à droite
sur la 3e ligne ; ainsi, le k correspond à l'a et s'écrit comme
celui-ci avec un point sur la pe ligne, et, de plus, un point
A L'USAGE DES AVEUGLES 23
à droite sur la 38 ligne. Pour que ce point sur la 3e ligne se
trouve à gauche en lisant, il faut qu'on l'écrive à droite sur le
revers de la page.
8" Dans la 3e série, composée des dix lettres, u, v, m, y,
z, f, é, à, è, ù, chacune de ces lettres s'écrit comme sa
correspondante dans la 1" série ; mais on met en plus deux
points sur la 3e ligne. Ces deux points sur la 3e ligne carac-
térisent les lettres de la 3e série, comme le point à gauche
sur la même ligne caractérise les lettres de la 2e série.
9° Enfin, lans la 4e série, composée des dix lettres, à, ê,
î, ô, Û, «, ï, a, «e, w, chacune de ces lettres s'écrit comme
sa correspondante dans la lTe série; mais on met en plus un
point à droite sur la 3e ligne. Ce point à droite sur la 3e ligne
caractérise les lettres de la 4e série, comme le point à gauche
sur la même ligne caractérise les lettres de la 2e série. Il est
encore à remarquer que pour que le point de la 3e ligne se
trouve à droite, il faut qu'on l'écrive à gauche sur le revers
de la page..
10° Les signes de ponctuation, les parenthèses ouvertes ou
fermées, les guillemets ouverts, l'astérisque et les guillemets
fermés sont représentés par les lettres de la lre série abaissées
d'une ligne, c'est-à-dire placées sur la 2e ligne, ou sur la 2'
et la 3e ligne.
11° L'apostrophe et le trait d'union sont indiqués comme
l'. et le e, mais sur la 3e ligne. Enfin, les lettres i, e, m, ne
sont employées, comme lettres, que dans le latin ; ces trois
lettres sont indiquées d'une manière analogue aux trois lettres
21 SIGNES MUSICAUX
à, i, ù, renversées; c'est-à-dire que i est le renversement de
A, que è est le renversement de i, et le celui de ù.
On voit par cette analyse que l'alphabet en points se forme
d'après des règles très-simples et très-faciles à retenir. La
lre série de cet alphabet engendre les autres ; elle en contient
les éléments; quand on la connaît, on connaît presque tout
l'alphabet des aveugles. Les points qui servent à figurer les
Clix lettres de cette série sont exactement et dans le même
ordre reproduits dans les séries suivantes. Un point à droite,
ou un point à gauche, ou deux points inscrits sur la 3e ligne,
voilà la seule modification qui ait été apportée à ces carac-
tères de la lre série, types invariables de tous les autres ca-
ractères. Cette modification suffit à les faire discerner tous les
uns des autres.
Puisque, dans l'écriture musicale, on emploie des chiffres
pour l'indication des mesures, il est nécessaire de connaître
les conventions adoptées pour représenter les chiffres au
moyen des points saillants. Or, comme on peut le voir dans
le tableau que présente la planche 2e, les chiffres en points
sont représentés par les dix signes alphabétiques de la
lre série.
Le signe qui représente la lettre a, lre lettre de la lle série,
représente aussi le chiffre 1. Le signe qui représente la lettre
b, 2e lettre de la lre série, représente le chiffre 2. Le signe
du e, 3e lettre de la t re série, est en même temps le signe
du 3, et ainsi de suite jusqu'au chiffre 9, qui correspond à la
lettre i. La lettre J, qui est la 10e, représente le zéro.
� A LUSAGE DES AVEUGLES 25
Quand des chiffres se trouvent intercalés dans un texte
littéral ou musical avec lequel on pourrait les confondre, à
cause de la ressemblance des figures, on les fait précéder
d'un signe indicatif appelé signe des nombres. Ce signe
(planche 2e) est composé de trois points superposés avec un
point à gauche sur la 3e ligne ; ce signe n'est autre chose
que le renversement de A.
Les signes simples employés en musique sont donc au
nombre de 63, savoir : 43 correspondant aux 43 lettres simples
ou modifiées ci-dessus indiquées, 12 correspondant aux
12 signes orthographiques et de ponctuation, le signe des
nombres et les 7 signes d'octave ; ces 7 signes seront indi-
qués plus loin, pages 32 et 33. Tous ces signes dérivent de
n
la figure ci-contre : Ev. tableau de musique, pl. Il.
Les lignes employées pour indiquer les positions respectives �
des points d'un même signe sont imaginaires; elles ne sont
jamais reproduites dans la pratique; c'est ce qu'indique la
partie inférieure de la planche lre
Nous avons ordinairement placé en regard de chaque signe
de musique la lettre ou le signe de ponctuation auquel il cor-
respond, afin que les instituteurs et les maîtres de musique
puissent se rendre plus facilement compte dés relations qui
existent entre ces signes ; c'est ce qu'indique la partie infé-
rieure de la planche Ir".
Dans cette seconde partie, nous n'exposons généralement
des principes de musique que ce qui est particulier aux
aveugles.
1
26 SIGNES MUSICAUX
, PREMIÈRE SECTION
/■
ÉCRITURE MUSICALE
D'après ce que nous avons vu précédemment, l'alphabet des
aveugles se compose de quatre séries principales contenant
chacune dix signes. Or, dans la gamme, il n'y a que sept
notes_différentes, savoir : do, ré, mi, fa, sol, la, si; pour re-
présenter ces sept notes, on n'a donc eu besoin que de sept
signes de chaque série ; et l'on est convenu de prendre les
sept derniers, en réservant les trois premiers signes de
chaque série pour représenter les accidents, tels que dièses,
bémols, etc.; les silences, tels que pauses, demi-pauses,
soupirs, etc., etc.
*
§ r
NOTATION MUSICALE
Les notes do, ré, mi, fa, sol, la, si, sont représentées,
selon leur valeur ; 1° par les lettres d, e, f, g, h, i, j; 20 par
A L'USAGE DKS AVEUGLES 27 *.
des lettres correspondantes à ces premières dans les diverses
séries, comme il suit :
1° Les croches sont représentées par les lettres d, e, f, g,
Il, t, J,
2° Les noires sont représentées par les lettres Ô, û, 8iliii. tt,
m, w, lesquelles sont correspondantes, en 4e série, aux lettres
d, e, f, g, h, i, J, de la 1 re série.
Les noires sont donc représentées avec le même signe que
les croches; mais ce signe est augmenté d'un point placé à
droite, sur la 38 ligne. 1
3° Les blanches sont représentées par les lettres n, •, p,
4, r, g, t, qui sont les correspondantes, en 2e série, des lettres
d, e, f, g, h, i, J, de la lre série.
Les blanches sont donc représentées avec le même signe
que les croches ; mais ce signe est augmenté d'un point &
- gauche, sur la 38 ligne
28 SIGNES MUSICAUX
4° Les rondes sont représentées par les lettres y, z, ., é,
à, è, ù. qui sont les correspondantes, en 3e série, des lettres
d, e, f, g, h, i, j, de la lre £ érie.
Les rondes sont donc représentées avec le même signe que
les croches ; mais ce signe est augmenté de deux points sur la
3e ligne.
Les doubles-croches s'écrivent comme les rondes; les
triples-croches, comme les blanches; et les quadruples-
croches, comme les noires. La composition de la mesure ne
permet pas la confusion des valeurs; ainsi, dans la mesure à
quatre temps, une ronde ne se trouve jamais avec d'autres
notes dans la même mesure.
Dans les mesures simples, pour abréger l'écriture, on écrit
la première note de chaque groupe de quatre doubles-croches,
A L'USAGE DES AVEUGLES 29
ou de quatre triples-croches, ou de quatre quadruples-croches
comme à l'ordinaire; on écrit le reste du groupe comme des
croches, toutes les fois que cela ne nuit pas à la clarté de la
lecture, c'est-à-dire quand on ne peut pas confondre avec les
croches les valeurs ainsi exprimées. Ceci arrive lorsque des
doubles, des triples, des quadruples-croches formant un
temps, ne sont pas suivies d'autres valeurs.
Par exemple, quand une mesure à quatre temps se com-
pose de quatre doubles-croches pour le premier temps, de
deux croches pour le deuxième temps, et de quatre doubles-
croches pour chacun des deux autres temps, on écrit les
quatre notes du premier temps comme des rondes, afin qu'on
ne puisse pas les confondre avec les deux croches du temps
suivant; on écrit les deux notes du second temps comme des
croches; mais on écrit la première note du troisième et du
quatrième temps comme des rondes, et les trois autres comme
des croches, parce que chacun de ces deux temps n'est pas
suivi d'autres croches avec lesquelles on pourrait les con-
fondre.
A L'USAGE DES AVEUGLES 31
Dans les mesures composées, on écrit toujours la première
note de chaque temps, et même la première note de chaque
demi-temps, avec te signe de sa véritable valeur, afin que
chaque groupe de triples ou de quadruples-croches ne con-
tienne jamais plus de six notes.
Si on veut écrire des doubles, triples ou quadruples triolets,
on procède comme dans les mesures composées, c'est-à-dire
qu'on écrit avec le signe de sa véritable valeur la première
,. note d'un groupe de trois ou de six notes.
Les quintuples-croches s'écrivent comme les croches, et ne
sont connues que par là mesure.
La pause (---) est représentée par la lettre m : 5 ; la
demi-pause (---) par »: 5; le soupir (f ) par v : 5; le demi-
soupir (7) par x : If; le 1/4 de soupir (;r) s'indique comme
32 SIGNES MUSICAUX
la pause, le 1/8 de soupir (e), comme la demi-pause, le 1/16
de soupir (e), comme le soupir, et le 1/32 de soupir g comme
le demi-soupir. On ne distingue ces silences qu'à la mesure.
Deux ou trois pauses peuvent s'écrire sans espace; s'il y
a plus de trois pauses, on en indique la quantité par un nombre
suivi dem 2.
Le point, signe de prolongation d'une valeur, s'indique par
S (apostrophe), et le double point par le ; S (point et virgule);
ces deux signes sont toujours placés après les notes.
§ Il
DES OCTAVES DE L'ÉCHELLE MUSICALE
L'écriture musicale des aveugles, ne comportant pas la
notation sur la portée, on indique, par des signes particu-
liers, l'octave à laquelle les notes doivent être exécutées.
Ces signes d'octave se lisent toujours à gauche de la note et
tout près d'elle.
La lre octave s'indique par un point placé à la lre ligne : 3t
La 2e octave, par deux points, l'un en t re, l'autre en
2* ligne : 5
A L'USAGE DES AVEUGLES 33
3
La 3e octave, par trois points sur chaque ligne, pe, 28 et
3* ligne : lE
La 4e octave, par un point à la 2e ligne : lE
La 5e octave, par deux points, l'un à la Ire et l'autre à la
38 ligne : 5
La 6e octave, par deux points, l'un à la 28 et l'autre à la
38 ligne : H
La 78 octave, par un point à la 38 ligne : IX
Le changement d'octave n'a pas besoin d'être indiqué
quand on procède par degrés conjoints ou par tierces.
DEGRÉS CONJOINTS OU SECONDES ET TIERCES.
Lorsqu'on procède par quartes ou par quintes, on ne remet
le signe d'octave que lorsqu'on change d'octave. Et, lorsqu'on
procède par sixtes, par septièmes ou par octaves, on le remet,
dans tous les cas possibles, comme on le voit dans les exemples
suivants.
3la SIGNES MUSICAUX
1 QUARTES ET QUINTES.
SIXTES, SEPTIÈMES ET OCTAVES.
REMARQUES. — 1° Fa, de la clé de fa, correspond au fa
de la troisième octave (3e S'fe); 2° Ut, de la clé d'ut, correspond
à rùt de la quatrième octave (4e s"e); 3° Sol, de la clé de sol,
correspond au sol de la quatrième octave (4* s"e).
L'ut aigu de la clé de fa, l'ut de la clé d'ut, et l'ut grave
de la clé de sol sont à l'unisson.
A L'USAGE DES AVEUGLES 35
§!H
DE LA BARRE DE MESURE
Il n'y a pas de signe particulier pour figurer la barre de
mesure; l'espace d'un cassetin, laissé entre la dernière note
d'une mesure et la première note de la mesure suivante, est le
seul moyen d'indiquer la fin d'une mesure.
§ IV
DES SIGNES D'ALTÉRATION ET DE L* ARMURE
Les signes d'altération se placent avant la note qu'ils affec-*
tent ; ils ne se mettent jamais après les signes d'octave.
Le bécarre ( n ) est indiqué par à : 2
Le bémol ( \> ) est indiqué par é : TI
Le dièze ( # ) est indiqué par 1: 5
Le double-dièze ($) s'indique par deux i sans espace : ÎB±
Le double-bémol (bb) s'indique par deux ê sans espace:
L'armure de la clé se marque comme il suit : 1° s'il n'y a
pas plus de trois dièzes ou de trois bémols à la clé, on met une
fois, deux fois ou trois fois le signe # ou j, ; 2° s'il y a plus de
36 SIGNES MUSICAUX
trois dièzes ou bémols, on en indique le nombre par un chiffre
suivi du signe du dièze ou du bémol.
Immédiatement après l'armure de la clé et sans laisser
d'espace, on indique la mesure, soit par un chiffre, soit par
une fraction. Seulement, il est à remarquer que, n'employant
pas de barre pour séparer les deux termes de la fraction, on
écrit le numérateur dans la première ou dans les deux pre-
mières lignes, et le dénominateur dans l'avant-dernière ou
dans les deux dernières, autrement les chiffres écrits dans les
mêmes lignes indiqueraient un nombre entier.
A L'USAGE DES AVEUGLES ;»7.. *
IV
DE LA DOUBLE BARRE
La double barre se divise en barre finale et en barre de
reprise.
La barre finale est représentée par le b (bémol) suivi
du ii : il 11.
La barre de reprise est représentée par le b suivi du point
et virgule : Et
Ces deux barres se mettent immédiatement après la dernière
note sans laisser d'espace.
Chaque reprise s'écrit en alinéa.
S VI
, SIGNES DIVERS
1° Le signe de la quatrième octave se place à l'extrémité
d'une ligne, pour indiquer la continuation de la mesure à la
ligne suivante; il ne s'emploie qu'après un temps complétement
exprimé.
20 Le signe de la parenthèse ( ) 5, employé comme signe
d'abréviation, indique qu'il faut répéter le temps, la demi-
mesure ou la mesure entière ; lorsqu'il indique la répétition
d'une mesure, il se met entre deux espaces ou barres de
mesure. Ce signe ne peut pas s'employer au commencement
38 SIGNES MUSICAUX
d'une mesure pour indiquer la répétition du dernier temps de
la mesure précédente ; il faut alors écrire ce temps.
3° Deux parenthèses, chacune entre barres de mesure, in-
diquent qu'il faut répéter deux fois la même mesure.
4° Un nombre, placé entre barres de mesure, indique les
dernières mesures qu'il faut reprendre de ce qui précède.
5° Lorsque deux nombres, placés entre barres de mesure,
, se suivent immédiatement, le second nombre désigne combien
l'on doit redire des mesures indiquées par le premier.
Ex. : Si le nombre 8 était suivi du nombre 5, il faudrait
remonter de huit mesures et reprendre les cinq premières.
6° Le point d'orgue (^) se place après la note, et s'indique
par un b (bémol), suivi de la lettre 1 : (Hull
7° Le signe (Da Capo) s'écrit D. C., précédé de la
lettre a:
Lorsqu'il est suivi, sans espace, d'un nombre, ce nombre
indique que l'on doit reprendre au commencement.
Le signe (Da Capo) peut remplacer le signe de renvoi;
dans ce cas, il n'est suivi d'aucun nombre.
N. B. — 1° La lettre a se place, en musique, avant tout signe ou
tout texte qui exprime des paroles. La barre de reprise et la barre
finale dispensent de cette règle.
20 Le point abréviatif est indiqué par l'apostrophe, ainsi l'on écrit
n. C, comme s'il y avait D1 C\
A L'USAGE DES AVEUGLES 3V
"3° Après le signe D. C., après la barre de reprise, après la barre
finale, après un signe de nuance, après un texte quelconque, on remet
toujours le signe d'octave devant la note qui suit.
8° La liaison (^) s'exprime par un c if placé entre les
notes liées.
9° Le mordant w qui se fait par deux battements brusques,
vifs et secs, s'indique par les guillemets ouverts, suivis du
trait d'union : c - fEU
10° Le signe A, qui, placé sur une note, indique que cette
note doit être exécutée avec ampleur et force, s'indique par
les guillemets ouverts suivis de l'apostrophe : « 'EEEI
11° Le signe decrescendo >, placé sur une seule note ou
sur deux notes, s'indique par les guillemets ouverts suivis du
point-virgule « ; Ef. Quand il est placé sur deux notes, il
indique qu'il faut appuyer sur la première note, faire la
seconde faible et l'enlever en même temps.
120 Le signe d'agrément (<*>) est indiqué par le point ( -) : II
13° Le signe des petites notes M est le point interro-
gatif (?) : 5
140 Le signe des trilles (tr.) est le point admiratif (!) : "Il
15° Les notes piquées sont indiquées par les guillemets
ouverts ( CI) : 1J
J J J JIJWJ M|
Les différents signes de 12° à 150 se mettent avant les
notes qu'ils affectent. S'il y a plus de trois ou quatre notes
v
40 SIGNES MUSICAUX
piquées, ou bien plus de trois ou quatre petites notes, trilles
ou agréments, on met deux fois le signe correspondant avant
la première note, et une fois avant la dernière.
La liaison se place entre lès deux notes à lier; s'il y avait
plus de trois ou quatre notes à lier, on mettrait le signe de
liaison deux fois après la première note, et une fois avant la
dernière.
Le signe /p (triolet) est indiqué par un k IEplacé avant
le groupe, le demi-temps, le temps, la demi-mesure et la
mesure entière.
Si plusieurs mesures se suivent en triolets, on met deux
fois le signe du triolet au commencement, et une fois avant
la dernière mesure ou avant le dernier groupe.
§ VII
PU MOUVEMENT ET DE L'EXPRESSION
Les signes de mouvement, lento, largo, graJioso, etc.,
s'écrivent en toutes lettres, ou avec plusieurs de leurs initiales
suivies du point abréviatif (l'apostrophe).
Les nuances piano, pianissimo, forte, cresc., etc., s'écrivent
par une ou plusieurs initiales non suivies du point abréviatif
(l'apostrophe); mais on les fait précéder de la lettre a. Ces
signes se placent avant les notes ou les groupes de notes
qu'ils affectent.
A L'USAGE DES AVEUGLES 41
DEUXIÈME SECTION
«
SIGNES SPÉCIAUX POUR LA MUSIQUE
INSTRUMENTALE
Les instruments pour lesquels ces signes sont néces-
saires sont les instruments à clavier, tels que le piano et
l'orgue, et les instruments à archet, tels que le violon.
§ r
INSTRUMENTS A CLAVIER
Les instruments à clavier se touchent avec les deux mains;
les morceaux de musique écrits pour ces instruments se com-
posent donc de deux séries de lignes ou portées musicales,
les unes pour la main droite et les autres pour la main gauche.
Les portées à l'usage de la main droite s'indiquent par les
initiales M. D. i 11 I » |
m d
42 SIGNES MUSICAUX
Les portées à l'usage de la main gauche s'indiquent par
les initiales M. G. ITzBzHzfE
m Il
§ II
DU DOIGTÉ -
Les signes du doigté se mettent toujours après la note, et
s'indiquent comme il suit :
Le 1er doigt par a : U
Le 2e doigt par b : ÏÏ
Le 3e doigt par 1: JI
-,-r
Le 4* doigt par la virgule (,) : -Il
, Le 58 doigt par II : ïlï
§ Hl
DES ACCORDS
Les accords plaqués, c'est-à-dire composés de notes d'égale
valeur et entendus en même temps, sont indiqués comme il
suit :
L'accord de seconde est indiqué par i: il
A L'USAGE DES AVEUGLES 43
L'accord de tierce est indiqué par A : II
L'accord de quarte est indiqué par le signe des nombres: t1
L'accord de quinte est indiqué par l'astérisque*: 5
L'accord de sixte est indiqué par les guillemets fermés » : Î1
L'accord de septième est indiqué par les deux points : 11
L'accord d'octave est indiqué par le trait d'union - : 5
Les accords de neuvième et de dixième, etc., sont indiqués
comme ceux de seconde et de tierce, etc., précédés du signe
d'octave. Si les accords sont composés de plus de deux notes, ,
et si le dernier intervalle est une quarte, une quinte, etc., on
met le signe d'octave devant celui de seconde ou de tierce, etc.,
dans les mêmes cas que pour les quartes, les quintes, etc.
S'il y a plus de trois au quatre tierces, plus de trois ou
quatre quartes, etc., on met deux fois le signe après la pre-
mière note, et une fois après la dernière.
Les accords arpégés s'indiquent par les initiales arp. pré-
cédées de a. S'il y avait plus de trois ou quatre accords
arpégés, on mettrait deux fois le signe arp., précédé seule-
ment d'une fois a avant le premier accord et une fois avant
le dernier.
Dans la musique de piano, les accords de la main droite se
comptent en descendant, parce que la note supérieure est tou-
jours écrite. Par exemple, ré tierce est l'équivalent de ré-si en
descendant; ré tierce-quinte est l'équivalent de ré-si-sol.
Les accords de la main gauche se comptent en montant,
lait SIGNES MUSICAUX
Do tierce est l'équivalent de do-mi en montant; do tierce-quinte
est l'équivalent de do-mi-sol.
Lorsque les accords sont composés de notes de valeurs
différentes, on les indique par un signe spécial qui signifie : -
En accord avec, il est figuré par » S
Il est à remarquer : 1° que les signes d'octave de la par-
tie En accord avec sont indépendants de ceux de la partie
principale.
2° Si l'on a plusieurs mesures En accord avec, il faut faire
attention à la dernière note de la seconde partie d'une
mesure pour distinguer la répétition du signe d'octave de
la première note, d'avec la seconde partie de l'autre, tout
en observant les règles indiquées pages 28 et 29.
3° Le signe En accord avec'ne peut jamais être placé au
commencement d'une ligne ; lorsqu'une partie de la mesure
En accord avec termine une ligne et que l'autre partie com-
mence la ligne suivante, le signe En accord avec doit être
placé à la fin de la ligne, et avant le signe qui indique la con-
tinuation de la mesure.
4° Si l'une des parties ne contenait pas assez de valeurs,
A L'USAGE DES AVEUGLES 116
parce que la note inférieure est toujours écrite, par exemple,
pour compléter la mesure, on remplacerait les valeurs man-
quantes par des silences équivalents.
5° Il est encore à remarquer que, lorsqu'on écrit une main
droite, les notes supérieures constituent la première partie de
Faccord; et que, lorsqu'on écrit une main gauche, ce sont les
notes inférieures qui en constituent la première partie.
Exemple :
46 SIGNES MUSICAUX
60 On doit remarquer en sixième lieu que, dans une même
mesure, il peut y avoir plusieurs fois le signe En aceord avec,
si les valeurs l'exigent..
7° Enfin, dans là musique vocale, etc., les parties graves
suivent pour les accords les règles de la main gauche, et les
parties aiguës celles de la main droite.
Dans la musique de piano, on écrit ordinairement la main
droite tout entière, puis la main gauche ; ces depx mains for-
ment chacune un alinéa. S'il y a des reprises, on écrit d'abord
la main droite, puis la main gauche de la première reprise,
mais ensuite, en alinéa, on écrit les autres reprises comme
la première.
On peut aussi écrire les mesures de la main droite juste au-
dessus de celles de la main gauche, comme on le fait pour les
A L'USAGE DES AVEUGLES 47
voyants, c'est ce qu'on appelle écrire en partition ; alors, les
parties sont réunies par une barre en points, au lieu de l'être
par une accolade.
§ IV
1
INSTRUMENTS A ARCHET
Dans les méthodes élémentaires destinées à former les
voyants à bien jouer de ces instruments, les premiers exer-
cices indiquent par des chiffres l'ordre numérique des cordes,
et par un zéro les à-vide des cordes, c'est-à-dire le ton
qu'elles donnent sans être touchées par les doigts. D'autres
chiffres indiquent aussi l'ordre numérique des doigts et des
positions que doit prendre la main qui exécute le doigté.
Pour les élèves aveugles, on est convenu de faire connaître
48 SIGNES MUSICAUX
ces diverses indications au moyen des signes dont le détail
suit :
1° Le signe de la lte corde est i suivi de m :H33
2° Le signe de la 28 corde est t suivi de h :
3° Le signe de la 3e corde est a suivi de 1 :
4° Le signe de la 48 corde est i suivi de la virgule : m
5° Le signe qui indique l'à-vide des cordes est a suivi
de lt : 231
Les diverses positions de la main sont indiquées par les
signes dont le détail suit :
1° Le pouce est indiqué par un là suivi de k ■m
2° La même position est indiquée par un i suivi de « :l~j lf
3° La demi-position est la réunion de deux leIe suivis
d'un i : lz--
4° Le signe de la lre position est la réunion de deux : « iizjj
5° La 2* position est indiquée par un » et un i :EEH
6° La 3* position est indiquée par un le suivi d'un A : jt H
7* La 4" position est indiquée par un » suivi du signe
des nombres : m
8° La 51, position est indiquée par un se et une étoile : fBt
90 La 68 position est indiquée par un se suivi des guillemets
fermés : H H
10° La 7° position est indiquée par un te suivi des deux
points : VE8.
A L'USAGE. DES AVEUGLES 49
4
11° La 8" position est indiquée par un « suivi du trait
d'union : iSî
120 La 9e position est indiquée par un le et un trait d'union
suivi d'un i : jt tt I)
13° La 10e position est indiquée par un le et par un trait
d'union suivi d'un Õ : ïî" 3EE
14° La lie et dernière position est indiquée par un « suivi
du trait d'union et du signe des nombres : 1? + + fi
L'archet tiré est désigné par un ê suivi d'un b: t81
L'archet poussé est désigné par un ê suivi de l'apo-
strophe : fH-t
Tous ces signes sont toujours placés avant les notes et sans
séparation.
§ V
DE LA CONVERSION
Par conversion, en musique, selon le système des aveugles,
on entend le moyen d'abréger Fécriture musicale : ainsi,
huit croches peuvent être représentées par une ronde suivie
, d'un signe de conversion.
50 SIGNES MUSICAUX
La conversion s'emploie lorsqu'il se présente dans le cours
d'un morceau, des notes répétées, c'est-à-dire des valeurs
plus ou moins brèves qui doivent être exécutées sur le même
ton. Comme il serait long d'écrire toutes ces valeurs, on se sert
de signes de conversion : « tE indique la conversion en
noires; bï la conversion en croches; 1 5 la conversion en
doubles-croches ; la virgule (,) 2 la conversion en triples-
croches; et Il tE la conversion en quadruples-croches.
Tous ces signes doivent toujours suivre la valeur à conver-
tir. Si la conversion présente des triolets, on fait suivre le
Tr
signe croche, double-croche, etc., etc., du k Il. D'après ce
qui précède, on ne peut convertir que des notes qui doi-
vent être exécutées sur le même ton. Ainsi lorsqu'on rem-
place huit croches par un la ayant la valeur d'une ronde, il
faut que les huit croches soient la note la huit fois répétée.
Exemples de conversion :
A L'USAGE DES AVEUGLES. 51
§ VI
DE LA SUBSTITUTION
Lorsque, dans un morceau de musique, il se trouve des pas-
sages composés d'un grand nombre de notes de la même
valeur et embrassant une, étendue de plusieurs octaves, on
n'emploie pas alors les signes d'octave pour indiquer que
l'on passe d'une octave dans une autre ; mais on se sert du
procédé suivant : On change la signification des diverses
séries de l'alphabet en points, lesquelles, au lieu d'indiquer
les diverses valeurs des notes auxquelles correspondent les
différents signes de la série, indiquent, au contraire, des oc-
taves, différentes. C'est ce changement de signification qu'on
appelle substitution. On est averti de cette substitution lors-
qu'on voit un dièze après le signe de l'octave la plus basse où
descend le passage écrit en substitution, et ce dièze doit être
suivi du signe indiquant quelle est la valeur des notes compo-
sant ce passage. Par exemple, si un passage se compose de
plusieurs croches allant de la 28 à la 58 octave, on le fera
précéder du signe de la 28 octave, lequel signe devra être
suivi du signe du dièze et d'un signe particulier indiquant des
croches; alors les signes des notes correspondant à la lre sé-
rie indiqueront la 28 octave, les signes des notes correspon-
dant à la 2e série indiqueront la 3e octave, les signes des notes
- correspondant à la 3" série indiqueront la 4e octave, etc. Si le

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.