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La Nouvelle Héloise - Rousseau

De
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SOMMAIRE
1  REPÈRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 1  LE DIXHUITIÈME SIÈCLE. . . . . . . . . . . . . . . . . .7 La régence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 Le despotisme éclairé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8 La France de Louis XV. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9 2  BIOGRAPHIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 Rousseau dans le siècle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 La bohème (1712-1741). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13 Les années fécondes (1742-1762). . . . . . . . . . . .15 L’exil (1762-1778). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17 3  LE CONTEXTE LITTÉRAIRE. . . . . . . . . . . . . . .18 Ruptures et générations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18 Le repli. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 Genres et formes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .23 2  ÉTUDE DU TEXTE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27 1  RÉSUMÉ DE L’UVRE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27 Première partie (65 lettres). . . . . . . . . . . . . . . . . . .27 Deuxième partie (28 lettres). . . . . . . . . . . . . . . . . .29 Troisième partie (26 lettres). . . . . . . . . . . . . . . . . .30 Quatrième partie (17 lettres). . . . . . . . . . . . . . . . .31 Cinquième partie (14 lettres). . . . . . . . . . . . . . . . .32 Sixième partie (13 lettres). . . . . . . . . . . . . . . . . . . .32 2  LA GENÈSE DELA NOUVELLE HÉLOÏSE. . .34 Le fruit d’une crise existentielle. . . . . . . . . . . . . . .34 Rousseau et la tentation du romanesque. . . . . .36 3  UNE UVRE À LA CROISÉE DES GENRES. .40 Un roman épistolaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .40 Un roman sentimental. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41 Un roman philosophique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43 4  LE DOUBLE MOUVEMENT DE LA PRÉFACE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 Dénonciation, fiction éditoriale : les masques du moi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 3  THÈMES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . 55 1  LE RENOUVELLEMENT DES PONCIFS ROMANESQUES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .55 La fin du roman baroque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .55
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Le modèle pastoral. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58 Le roman par lettres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .62 2  LA POLYPHONIE ROMANESQUE. . . . . . . . . .63 La variété des tons et des styles. . . . . . . . . . . . . . . .63 La musique du temps. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65 Les lettres, moteur de l’action. . . . . . . . . . . . . . . . .67 La question du bonheur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .68 3  L’HYMNE À L’AMOUR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .74 Du délire à l’enthousiasme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .74 De l’instant à l’éternité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .75 4  JEUX DE REGARDS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77 La subjectivité des épistoliers. . . . . . . . . . . . . . . . . .77 Le statut problématique des estampes. . . . . . . . .79 L’écriture inéluctable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .81 La fonction des notes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .84 Les notes du narrateur, les distances de l’auteur. .85 4  ÉCHOS ET CORRESPONDANCES. . . . . . . . . . . . . .87 1  LE MODÈLE : HÉLOÏSE ET ABÉLARD. . . . .87 2  L’INTERTEXTUALITÉ INTERNE. . . . . . . . . . .89 3  LA TRADITION ÉPISTOLAIRE. . . . . . . . . . . . .91 Ovide. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91 Guilleragues. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .92 Fontenelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .94 Bussy-Rabutin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .95 Montesquieu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .95 Richardson. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Restif de la Bretonne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Laclos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .98 Senancour. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .98 Bernardin de Saint-Pierre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .100 Chateaubriand. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .102 Madame de Staël. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .104 Kant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .106 Goethe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .107 5  ANNEXES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .109 1  JUGEMENTS CRITIQUES. . . . . . . . . . . . . . . . .109 La Nouvelle Héloïseet l’ironie voltairienne. . .109 Regards actuels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 2  LEXIQUE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .122 3  BIBLIOGRAPHIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124
1
REPÈRES
1  LE DIXHUITIÈME SIÈCLE
e LeXVIIIsiècle apparaît comme une vaste période de croissance. Moins de famines, moins de guerres, une agriculture plus performante. Le commerce internatio-nal, océanique, colonial (sucre, café, coton) connaît un développement rapide autour des ports français et anglais.
Par ailleurs, l’alphabétisation progresse : beaucoup d’hommes et de femmes apprennent à lire, à écrire, à signer de leur nom. Ces individus plus instruits n’en sont souvent que plus mécontents de leur sort : la révolte couve, la Révolution est en marche.
La régence Après la mort de Louis XIV, arrive au pouvoir, à l’automne 1715, le régent Philippe d’Orléans. La France se rapproche désormais des nations capita-listes, libérales et protestantes, telles l’Angleterre et la Hollande. Montesquieu et surtout Voltaire, fortifié par quelques années d’exil à Londres, peuvent ainsi diffuser
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à Paris l’image d’un royaume anglais moderne, où la liberté et l’égalité sont en faveur.
La régence de Philippe d’Orléans coïncide égale-ment avec la relance puissante de l’économie, grâce à l’émission des billets de papier-monnaie de la banque de John Law. Il enseigne aux Français le nouvel art du crédit et l’usage des billets de banque. Mais l’expé-rience de Law est vouée à l’échec : l’Écossais s’enfuit de Paris en 1720 après une faillite retentissante. En fait, le double déluge du papier-monnaie à Londres et à Paris correspond à un coup d’inflation bien ajusté en période de croissance, où toutes les audaces sont possibles. On a pu de la sorte vivifier l’économie, encourager la colo-nisation française en Louisiane et reconstruire la marine nationale.
Le despotisme éclairé À partir de 1750, un nouveau type de gouverne-ment est mis en place, on le qualifie de despotisme éclairé. Relativement désacralisé, davantage orienté vers le bonheur des sujets, il s’accompagne de la créa-tion dans les États d’un nouvel ordre géométrique et rationnel qu’on appellera aussi néo-classique : l’admi-nistration en devient plus efficace et performante. Cette modification des pratiques politiques corres-pond dans le domaine de l’art à une transformation du goût. Après 1750, la découverte des vestiges récem-ment mis au jour d’Herculanum et de Pompéi, et le goût accru pour les ruines héritées des Latins et des Grecs d’Italie (Paestum) font de la grandeur romaine le seul modèle digne, croit-on, d’un gouvernement actif et centralisé.
Dans le domaine de la musique cependant, l’Allemagne prend la première place avec l’Autriche,
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évinçant la France. De 1700 à 1750, Jean-Sébastien Bach règne en maître. Puis surgit Mozart, à la fin du e XVIIIsiècle : le grand espace de l’Autriche, de la Bavière, de l’Italie et de la France catholique s’ouvre désormais au génie d’un homme jeune, dont l’œuvre marque aujourd’hui encore considérablement notre sensibilité musicale.
C’est à cette époque que l’Angleterre se distingue par un processus de modernisation particulier, qui n’émane pas du gouvernement mais des profondeurs de la société civile. La révolution industrielle va se caractériser par un vaste développement de toutes les activités liées au travail du fer et du charbon. La consommation moyenne de fer en Angleterre à cette époque est de dix kilos de fer par an et par habitant, contre un peu plus de deux kilos en France.
Ajoutons que les Anglais ont su, à la même époque, jeter les fondements d’un empire universel : cette entité apparaît de nos jours,a posteriori, moins comme une vaste construction politique que comme un moyen inédit et fort intelligent de diffuser la langue anglaise dans le monde entier.
La France de Louis XV La régence de Philippe d’Orléans, puis le calme et pacifique ministère du cardinal Fleury, antibelliciste et pro-anglais, ont ouvert le jeu et détendu la situation nationale et internationale. Lorsque Fleury meurt, en 1743, Louis XV, garçon timide, solitaire et conscien-cieux, subit l’influence de son amie madame de Pompadour, femme éclairée, favorable aux philosophes et au parti intellectuel. Des écrivains comme Voltaire, Montesquieu, Diderot, non sans divergences, peuvent ainsi répandre les idées favorables à un gouvernement
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