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La Nouvelle Revue Française N° 100 (Janvier 1922)

De
160 pages
Jules Romains, Aperçu de la psychanalyse
Jean Pellerin, Fil de ręve
Henry de Montherlant, Le Jeudi de Bagatelle
Jean Schlumberger, André Gide et ses Morceaux choisis
Paul Morand, La nuit des six jours
Réflexions sur la littérature :
Albert Thibaudet, Un livre de guerre
Maurice Boissard, Chronique dramatique
Notes : littérature générale :
Albert Thibaudet, Les propos d'Anatole France, par Paul Gsell (Grasset)
Benjamin Crémieux, Le Passage de l'Aisne, par Émile Clermont (Les Cahiers Verts, Grasset) - ... Mais l'art est difficile (IIe série), par Jacques Boulenger (Plon-Nourrit)
Georges Gabory, Vies imaginaires, par Marcel Schwob (Crčs)
Notes : la poésie :
Roger Allard, Adonis, par Jean de La Fontaine (Au Masque d'or)
Notes : le roman :
Anonymes, Batouala, par René Maran (Albin Michel)
Benjamin Crémieux, Les hommes abandonnés, par Georges Duhamel (Mercure de France)
Fernand Fleuret, Terre de Chanaan, par Louis Chadourne (Albin Michel)
Paul Morand, Quand la terre trembla, par Claude Anet (Grasset)
Benjamin Crémieux, Les nocturnes, par Georges Imann (Grasset)
Notes : lettres étrangčres :
Benjamin Crémieux, Le Opere di Dante (Bemporad) - La Poesia di Dante, par Benedetto Croce (Laterza) - Ode jubilaire pour le six-centičme anniversaire de la mort de Dante, par Paul Claudel (Nouvelle Revue Française)
Henri Ghéon, La Sphčre et la Croix, par G. K. Chesterton (G. Crčs et Cie)
Albert Thibaudet, Radieuse aurore, par Jack London (La Renaissance du Livre)
Félix Bertaux, Le Kaiser La Triple Révolution, par Walther Ratheneau (Éditions du Rhin)
Georges Gabory, Le Courrier des Muses
Les revues :
Anonymes, M. Beaunier a-t-il lu Claudel? - Opinions littéraires de Victor Hugo - Le joueur de tarots - Mémento - Récentes publications anglaises
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE REVUEMENSUELLE
DELITTÉRATUREETDECRITIQUE
TOME
XVIII
PARIS 3,RUEDEGRENELLE,3 1922
APERÇU
DE
LA
PSYCHANALYSE
Toutelasaisondernière, Einsteinaété,cheznous, furieusementàlamode.PhilaminteetBélises'ensont donnéàcœurjoie.Ellesnevoustendaientpointl'assiette depetitsfourssansvousmettreendemeuredechoisirentre larelativitégénéraliséeetlarelativitérestreinte.Etdes gensquiauraienteubeaucoupdepeineàdéfinirlecarré d'unnombrevousdisaient,d'unairdésabusé«Mainte-nantqu'Equetoutestrelatif. insteinadémontré» Cethiver-cisera,jelecrains,lasaisonFreud.Les «tendancesrefoulées»commencentàfaire,danslessalons, quelquebruit.Lesdamescontentleurdernierrêve,en caressantl'espoirqu'uninterprèteaudacieuxyvadécouvrir toutessortesd'abominations.Unauteurdramatiquedont jetairailenom,adéjàvoyantpoindrelavogue trouvéletempsd'écrireetdefairerefuserparplusieurs directeursuneoudeuxpiècesnettementfreudiennes.Je luiconseilledelescorserunpeuetdelesoffrird'urgence auGrand-Guignol.Enfinlesrevuesspéciales,aprèsavoir, pendantvingt-cinqans,omisdeconstaterl'existencede Freud,sedonnentleridiculedeledécouvrir,dediscuter hâtivementsesthèses,ou,cequiestplustouchant,deles admettrecommelachoselaplusnaturelledumonde. Laniaiseriedetelsengouementsnemériteraitpasd'être signaléeunefoisdeplus,s'iln'yavaitqu'untraversde labonnesociété.Cespetitsaccèsserenouvellentpériodi-quementcheznousdepuistroissiècles,àlamanièredes épidémiesdegrippeetcelatientmoins,sansdoute,au
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE tempéramentfrançaisenparticulierqu'auxhabitudesdela penséemondainedetouttempsetdetoutpays.Maisles gensdumondenesontpasseulsencause.Nosspécialistes, nossavants,nosinformateursqualifiéssontaujourd'hui commehierbeaucouptroplentsàs'apercevoirdecequi sepassehorsdecheznousLesunspèchentparparesse, d'autresparsuffisance,d'autresparmauvaisefoi.S'ils avaientlafermetéde«tenirlecoup»jusqu'àlafin, leurattitude.nemanqueraitpasd'unecertaineélégance. Leméprisconstantdes«barbares»etdeleursinventions n'estpascequiséduitlemoinsdanslaGrèceoulaChine d'autrefois.Maisnon.Unbeaujour,ilslâchentpied.Ils cèdentàlavogue,commeàunepanique.Ilsontignoréet dédaignétoutletempsqu'ilyavaitmériteàconnaîtreetà estimeraujusteprix.Leuraveuglementcessesoudainsur unesommationdel'opinioncommune.L'Instituts'ébranle troismoisaprèsJesaistout. LaNouvelleRevueFrançaise,quinesepiqued'êtreni l'unnil'autre,n'enapas lesobligations.Sielleparle aujourd'huidestravauxdeFreud,cen'estpointpourles signaleràseslecteurs,qu'ellesupposedéjàavertis,ni pourfairechorusaveclesvoixdelamode.Maisilvientde paraîtreenfrançaislapremièretraductiondeFreudqui soitimportanteLeshonnêtesgensquil'ontluetrouve-rontlégitimequ'ons'occupeicid'unouvragedecette valeuretdecetteportée.Ceuxquinel'ontpaslue penserontavecnousqu'ilyauraitdel'affectationàattendre que Freudsoitpassédemodepourparlerdelui.
L'ensembledestravauxdeFreudetdesonécoleaété groupéparFreudlui-mêmeautourdelanotionetsous
i.Etcheznousaussi,pourrais-jeajoutermaisje veux êtreaimable, etc'estaffaiblirlesreprochesquedelesaccumuler. 2.IntroductionàlaPsychanalyse.Trad.S.Jankélévitch(Payot).
APERÇUDELAPSYCHANALYSE larubriquedepsychanalyse.Lemot«psychanalyse»veut direanalyseducontenupsychiquedel'êtrehumain.Il peutsemblerunéquivalentprétentieuxd'«analysepsycho-logique».Maiscederniertermeestdevenubeaucouptrop frustepourdésignerquelquechosed'aussineuf,ensomme, etd'aussicomplexequelapsychanalyse.Freudadonceu pleinementraisondecréer,oud'adopter,uneexpression neuve,quiestd'ailleurslemoinsbarbarepossible. En fait,lemotdepsychanalysesetrouveaujourd'hui recouvrirquatrechosessolidaires,maisdistinctesune -méthoded'investigationpropreàdécelerlecontenude l'espritunethéorieétiologiquedesnévrosesunethé-rapeutiquedesnévrosesenfinunethéoriepsychologique générale.
Lapsychanalyse,méthoded'investigation,neselaisse pasaisémentmettreenformules.Freudlui-mêmeyréussit mal.Elleneprendsonintérêt,sonoriginalitéquedans l'application.Cen'estpasunemauvaisenote.Enpsycho-logieaumoins,cenesontpaslesméthodesquis'exposent leplusbrillammentquisontlesplusfécondes.Ilyamême desméthodesdontlaraisonprincipaleestdes'exposer,de fournirlamatièred'uncours.Ellesn'ontjamaisservià faireuneseuledécouverte.Toutsepasseentrel'écrivainet sonpapier,entreleconférencieretsonauditoire.C'estde l'aviationd'appartement. Jen'aipasvutravaillerlesmaîtresdelapsychanalyse. Maislesrapportsqu'ilsnousdonnent,lesallusionsmême qu'ilsfontàleursprocédéslaissentuneimpressionfavo-rable.Lesgensquiignorenttoutdel'expérimentation psychologiqueparexemplenombredeprofessionnels françaisdelapsychologieetdelapsychiâtriene peuventmanquerd'êtremisendéfiance.Toutcelaleur semblebienfuyant,biensuspect.Lesautresreconnaissent àplusd'untraitqueFreudleurparled'unpaysilest
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE réellementallé.Nousauronsletempsdefairedesréserves, denousdemanderàquelpointles«trouvailles»freu-diennessontdes«découvertes»,deprotester contrel'esprit aventureuxdeFreud.Maisneluidisputonspascesingu-liermérite.La«matièrepsychique»,ilsaitcequec'est. Ill'atouchée,maniéeilenalesens.Ila,surelle,moins desmotsd'ingénieurquedesmotsd'ouvrier.Avantdele chicaner,quelesingénieursaillentdoncfaireunan d'apprentissage. L'expérimentation freudienneimpliquecetteidéel'obser-vationcourantenousmetenprésenced'unaspectpsycho-logiquedel'êtrehumainquiestcomposé;composéausens l'onditqu'uncorpschimiqueestcomposé,maisaussi ausensquel'onditqu'unvisageestcomposé.Ils'agitdonc d'unepartdedégagerdeséléments,maisd'autrepartde dissoudreuneapparencemensongèreetdevaincrelesforces quitravaillentàlamaintenircommeellestravaillèrent àlaconstituer.L'onvoitbienquelesdeuxtâchesnese confondentpas.Uncomposéchimiquenes'évertuepasà noustrompersursacomposition.L'hommes'évertueà noustromperetàsetrompersurlui-même,l'hommetel quel'ontfaitlesconditionsdelavie. Orl'analysetraditionnelleadiscernécelabeaucoup moinsnettementqueFreud.Tropsouvent,elleacceptele moitelqu'ilseprésente.Elleprétendbiendépasserlasur-face,atteindrelesprofondeurscachéesmaisdansnombre decas,ellesecontentedefouillerledétaildesapparences. .Ellevoitmenu,cequin'estpasdutoutlamêmechose quedevoirprofond.Ilestclairqu'analyserjusqu'àl'infi-nimentpetitlacouchesuperficielled'unsoln'équivautpas àunsondagegéologique,fût-ilgrossier.Lorsmêmequ'elle cherchelesdessous,elleselaissedirigerparlesindications voyantesdelasurface.Ellenesoupçonneungisement deferquesilesrochesdudessussonttoutesrouillées,un decharbon,quesil'onpiétineunepoussièrenoire. Silasurfaced'unsoln'esttrompeusequeparaccident,