La Paix, c'est la guerre ! Lettre à MM. les représentants du peuple français...

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Impr. de Nouguiès et Carayol (Albi). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-8 °. Pièce.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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A M. JULES SIMON
Permettez à un inconnu de vous dédier cet opus-
cule. Partisan des principes de la civilisation et du
progrès, je ne. pouvais mieux m'adresser qu'à celui
qui a été le constant apôtre des idées humanitaires.
Je ne sais ce que l'avenir réserve à la solution
que je propose, mais si elle était acceptée et soute-
nue par vous, j'aurais une confiance aveugle dans
l'avénement prochain de cette ère de pacification uni-
verselle, que recherchent si ardemment tous les hom-
mes de bien.
LA PAIX
C'EST LA GUERRE!
LETTRE A MM. LES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE FRANÇAIS
à l'Assemblée Nationale de 1871
Vous avez appris qu'il a été dit: oeil
pour oeil, dent pour dent, et moi je vous
dis de ne pas RÉSISTER au mal qu'on
veut vous faire, et si quelqu'un vous a
frappé sur la joue droite présentez en-
core l'autre.
ST MATHIEU, C. 5, v. 38,30.
ALBI
IMPRIMERIE NOUGUIÉS ET CARAYOL
1871
LA PAIX C'EST LA GUERRE
LETTRE A MESSIEURS LES REPRESENTANTS DU PEUPLE FRANÇAIS
à l'Assemblée Nationale de 1871.
Vous avez appris qu'il a été dit : oeil
pour oeil; dent pour dent, et moi je vous
dis de ne pas RÉSISTER au mal qu'on
veut vous faire, et si quelqu'un vous a
frappé sur la joue droite présentez en-
core l'autre.
ST MATIHEU C. 5, y. 38,39.
MESSIEURS LES REPRÉSENTANTS,
Jamais, dans la vie de l'humanité, il ne s'est trouvé une
heure plus solennelle et plus terrible que l'heure présente.
Il s'agit de savoir si le progrès est un vain mot, si
l'Europe doit marcher vers la justice ou si elle est destinée
à reculer vers l'esclavage et l'iniquité ; si, suivant le mot
de M. de Bismark, la force primera toujours le droit ou si
le droit finira par remplacer la force.
Chacun de vous sent l'immense responsabilité de son
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mandat devant la patrie et devant l'humanité.
A la suite de désastres inouïs dans l'histoire, la France,
que nous nous plaisions à regarder comme la reine de la
civilisation et l'initiatrice des peuples dans la voie du
progrès et de la justice, la France, notre patrie, s'agite
impuissante sous l'étreinte d'un ennemi victorieux et im-
placable !
Cet ennemi va dicter des conditions, et c'est alors
qu'interrogeant vos consciences et vous demandant ce que
vous aurez à faire, vous serez pris d'un grand trouble,
vous vous trouverez enfermés dans une impasse horrible,
vous aurez à résoudre un dilemme affreux :
Signer une paix dans laquelle vous disposerez sans droit
d'une partie de la France, en vous mettant ainsi en oppo-
sition avec les principes du droit moderne ;
Si non continuer une guerre, qui ne fera que prolonger
les malheurs de l'Europe, rendre ses blessures plus cruelles,
l'humanité plus féroce et le retour vers le passé plus cer-
tain et plus irrémédiable.
Il faut pour le salut de l'humanité que vous cherchiez
en dehors de ce dilemme la solution de la crise actuelle.
Mais une voie nouvelle peut-elle être ouverte ? N'est-ce
pas chercher l'impossible, rêver une chimère, que vouloir,
sans accepter la loi du vainqueur et sans continuer la
guerre, mettre fin au conflit qui désole notre patrie et
l'humanité tout entière. Oui, cette solution existe et pour
en profiter nous n'avons même pas besoin de mendier l'appui
de l'étranger, ni de nous incliner devant notre implacable
adversaire; nous n'avons qu'à faire, par l'organe de nos
représentants, pour le droit international ce que nos pères
ont fait pour le droit civil, lorsqu'ils ont proclamé les droits

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