La paix, lettre à un publiciste / par M. F. Combes...

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impr. de Delmas (Bordeaux). 1871. In-8° , 11 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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LA PAIX
LETTRE A UN PUBLICISTE
PAR
M F. COMBES
PROFESSEUR D'HISTOIRE A LA FACULTE DES LETTRES
DE BORDEAUX
BORDEAUX
IMPRIMERIE DE J DELMAS
Rue Sainte-Catherine 139
1871
LA PAIX
Un homme illustre en tout temps, M. Thiers, est
maintenant le premier en France. Occupés ou libres,,
menacés dans leurs affections nationales ou à l'abri de
ce souci, vingt départements ont fait sortir son nom
de l'urne électorale, et choisi M, Thiers pour leur re-
présentant. Juste hommage et rare bon sens chez un
peuple agité; infortune inouïe dans notre histoire et
résultat sans exemple; besoin d'un homme pour la
paix, puisqu'on n'en a pas eu pour la guerre, et que
la France, envahie et mutilée, opprimée par des mas-
ses puissantes, n'a eu que le temps de produire des
patriotes et des héros, quand il fallait subitement des
Carnot et des Turenne.
Mais quelle paix attend la France de ses lumières
et de ses efforts? Le danger de notre situation, de
l'extrémité affreuse où l'on est réduit, n'est pas d'être
amoindri, mais de nous découvrir; d'élargir démesu-
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rément une porte qui n'était que trop ouverte et trop
large. Les traités de 1814 nous avaient mis dans cet
état. Tout ce qu'on nous enlevai! des conquêtes de la
Convention, exagérées et compromises par l'empire,
la Belgique, la Suisse, le Piémont, nous fermait au
nord et vers le sud. Placés sous le protectorat de
l'Europe, ces pays étaient inviolables et sacrés. Per-
sonne n'y pouvait toucher, pas plus nos ennemis que
nous-mêmes. Ils nous garantissaient, plutôt que de
nous menacer. Ils devenaient pour nous un rempart,
plus sûr même que nos frontières naturelles, parce
qu'il ne nous était pas envié. On revenait ainsi au
système des petits États, pour séparer et protéger les
grands : car il en est des nations, surtout des grandes
et que leur puissance enivre, comme des individus :
plus on se touche, plus on se hait. L'égoïsme humain
veut l'isolement et la distance; ou, s'il s'attache à ceux
qui sont près, c'est qu'il se sent plus fort qu'eux : il
y a de la protection et de l'orgueil dans les amitiés
nationales comme dans les égards des particuliers; et
l'équilibre européen, qu'avaient fondé nos pères, n'était
une oeuvre de sagesse que parce qu'il jetait de petites
nationalités entre les grandes, rapprochant les unes
pour les défendre, éloignant les autres pour les con-
tenir, et procédant à la fois de la connaissance des
hommes et d'une étude parfaite du génie des nations.
C'était de la politique et de la philosophie tout en-
semble.
Mais, si nous étions fermés du côté du nord et du

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