La première aux hommes de bien. 7 / , par M. le Cte de Salaberry

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impr. de Poussielgue-Rusand (Paris). 1828. 10 fascicules en 1 vol. ; in-8.
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Publié le : mardi 1 janvier 1828
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LA SEPTIÈME
AUX HOMMES DE BIEN.
SUITE DU SYSTÈME DÉPLORABLE.
Par M. Le Comte de Salaberry,
DEPUIS 1815 MEMBRE DE LA CHAMBRE DES DEPUTES.
(Extrait du Conservateur de la Restauration.)
A PARIS ,
DE L'IMPRIMERIE DE POUSSIELGUE-RUSAND,
rue de Sèvres, n° 2.,
1828.
LA SEPTIÈME
AUX HOMMES DE BIEN.
SUITE DE L'EXAMEN DU SYSTÈME DÉPLORABLE.
Et nous aussi nous sommes des amis du roi et de
la monarchie, des plus chauds encore , qu'on nous
l'accorde : ce que nous n'avons pu en honneur et
en conscience trouver de déplorable dans le système
de l'ancienne administration, quant aux lois pro-
posées par elle, cherchons-le donc dans les en-
trailles des choses.
D'abord le principe de la religion comme base
de l'éducation publique a été posé par le choix
d'un prélat comme chef de l'instruction, pour
grand-maître de l'université : honneur au minis-
tère solidaire qui a conçu une idée positive , aussi
élevée. Dans un temps où l'on appelait bien ce qui
était moins mal tous les amis de l'ordre ont ap-
plaudi à la nomination de M de Fontanes : mais
le jour où l'ancienne administration s'est sentie as-
sez osée pour être religieusement royaliste, le jour
où elle a proclamé un prélat, une grande notabilité
ecclésiastique pour grand-maître dé l'université,
(1) Imitation de Jésus-Christ, liv. Ier chap., 24.
( 4 )
elle a eu l'approbation et elle a accompli les voeux
de tous les pères de famille, et de tous les gens
qui désirent pour leurs enfans une éducation selon
les vrais principes : certes ce système n'avait rien
de déplorable, car il était selon la religion et selon
la monarchie.
Ce double devoir des ministres du roi a reçu
son complément par la création du ministère des
affaires ecclésiastiques réuni à l'instruction publi-
que. Il était inconvenant, il était indécent, il était
déplorable que le clergé, que les prélats fussent
sous le patronage, dans la dépendance d'un com-
mis, bien que le plus estimable et le plus digne
homme du monde. Les affaires ecclésiastiques,
sous un système déplorable, avaient été trop long-
temps une division du ministère de l'intérieur.
Cependant un ministère comme on en avait tant
vu, comme on en verra tant, tient d'ordinaire à ses
attributions; il cherche plutôt à les étendre qu'à
les réduire; il n'était donc pas déplorable ce sys-
tème religieux et monarchique auquel s'est montré
fidèle et docile le ministre de l'intérieur qui a pro-
posé ou consenti qu'une de ses plus honorables at-
tributions , celle de ministre du clergé de France ,
lui fût enlevée et formât le ministère spécial des
affaires ecclésiastiques; il y a ici piété, royalisme,
amour du bien, modestie et générosité. Poursui-
vons, et le nom de déplorable , donné injustement
au système suivi par l'ancienne administration, ne
tournera qu'à la honte de ceux qui l'ont inventé.
(5)
En effet, depuis le mois de décembre 1821 jus-
qu'au 1er janvier 1828, les preuves les plus irré-
cusables vont appuyer article par article le résumé
du système suivi par l'ancienne administration.
Etat prospère des finances , unité dans leur direc-
tion, fixité dans leur administration. Nous ne
pourrions pas parler mieux que le Journal des Dé-
bats, de l'habile ministre et de sa gestion. Le
7 mars 1828 la cour des comptes a joint au témoi-
gnage du journaliste des Débats son témoignage
solennel : le journaliste est une autorité, la cour des
comptes en est une autre,
Insequitur longo sed proximus intervallo.
Je veux parler des deux déclarations de confor-
mité des comptes de l'administration des finances,
avec le résultat des arrêts sur les comptes indivi-
duels pour l'année 1826 et l'exercice 1825 expi-
rés (1). Voyez dans tout son ensemble la séance
solennelle de la cour du 7 mars 1828 (Moniteur,
jeudi 20 mars, n° 80),
Il y a une différence à remarquer après celle de
(1) «C'est pour la seconde fois, dit M. le premier président,
« que la cour prononce des déclarations touchant la comparaison
« entre les arrêts qu'elle rend sur les différentes comptabilités et
« les opérations d'une nature analogue du ministère des finances.
« Lorsqu'il y a un an nous avons émis nos premières déclarations,
« nous avons reconnu l'ordre qui règne dans ces matières si
« long-temps livrées à la confusion..... Redire que vos déclara-
« tions sont l'ouvrage de la cour des comptes, indépendante
« de toute action étrangère ; qu'elles ne seront jamais dictées ni
« par une disposition à l'indulgence, ni par un esprit de censure,
« c'est faire assez connaître qu'elles seront toujours la simple
« vérité. »
( 6 )
l'autorité du témoignage, dans la justice que le
Journal des Débats et la cour des comptes rendent
à celui que ledit journaliste appelle habile ministre,
c'est que la justice de la cour va jusqu'au jour où
plusieurs ont jugé utile et bon pour eux d'appeler
déplorable le système Villèle ; disons comme eux,
qu'il n'y ait qu'un mot qui serve ; la justice de la
cour des comptes va jusqu'au jour de l'adresse ;
mais nous convenons sans peine que la justice du
Journal des Débats s'arrête au 16 juin 1826, jour
où tel ministre son patron fut remercié et sortit du
conseil. Depuis ce temps, nous le reconnaissons,
le journaliste caudataire de l'ex-ministre n'a fait
que mentir, et lui-même il a dit pourquoi et a
posé sa règle de conduite en doctrine : « Calomnier,
« a-t-il dit le 29 juin 1826, calomnier ceux qui ne
< sont pas de notre opinion est un usage universel :
« la calomnie est un droit généralement acquis à
« ceux qui convoitent les places et les honneurs que
« les autres possèdent. »
Chef-d'oeuvre de morale, en vérité, dirait Fi-
garo à son camarade ! Au fait c'est aussi un sys-
tème , mais celui-là n'est pas seulement déplorable,
il est infâme ; infâme comme les misérables qui le
pratiquent : ils sont tous de la même famille.
Que le public des gens de bien se tienne donc
pour averti; ce n'est que jusqu'au 16 juin 1826 ,
jour de la disgrâce de son patron, que le journa-
liste des Débats n'est pas suspect; jusque là il a dit
la vérité, son intérêt s'y trouvait. Du 16 juin 1826

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