La Presse périodique, instrument d'administration et de gouvernement. Rappel d'un mémoire adressé en 1844 à M. le ministre de l'Intérieur, par M. Ed. Lanet de Limencey,...

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impr. de E. Brière (Paris). 1852. In-8° , 15 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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LA PRESSE
PÉRIODIQUE
INSTRUMENT D'ADMINISTRATION
ET DE GOUVERNEMENT.
RAPPEL D'UN MÉMOIRE ADRESSÉ EN 1844 A M. LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR,
PAR M. ED. LANET DE LIMENCEY,
Ancien Sous-Préfet, chevalier de la Légion-d'Honneur, auteur des
Modes de Votation de l'Assemblée législative, ancien membre de
l'Académie des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, etc.
A partir du 1er juillet, le prix d'abonnement du
Moniteur est fixé ainsi qu'il suit :
8 mois. . . 10 fr.
6 mois. . . 20
1 an ... . 10
(Moniteur juin et juillet 1852. )
PARIS,
IMPRIME PAR E. BRIERE,
RUE SAINTE-ANNE, 55.
1852.
On lit depuis plusieurs jours en tête du Moniteur ces
mots :
« A partir du 1er juillet le prix d'abonnement au Moni-
» leur est fixé ainsi qu'il suit: pour trois mois, 10 fr.;
» pour six mois, 20 fr.; pour un an, 40 fi". »
Il n'y a plus à en douter, la presse périodique qui de-
puis quarante années a dirigé, modifié, dominé, sou-
vent avec bonheur, mais qui pins souvent encore a vio-
lenté , égaré, perverti l'opinion publique ; la presse pé-
riodique qui était devenue le marchepied des ambitions,
l'arme des partis, le porte-voix des utopies, l'organe des
rhéteurs de tous les étages, la presse périodique est en-
fin attaquée dans son omnipotence, et c'est le gouverne-
ment lui-même qui porte les coups, frappant également
ses amis et ses ennemis.
Qu'il nous soit permis, puisque le pouvoir entre dans
cette phase nouvelle d'action sur l'opinion, de rappeler
ce que nous proposions en 1844, et plus tard en 1849, et
de soumettre au jugement des hommes qui, comme nous,
se sont voués aux fonctions administratives une idée
dont la réalisation, devenue facile désormais, mettrait
entre les mains de l'autorité, dans toute la France, l'ins-
trument qui lui a manqué jusqu'ici pour assurer et maintenir
l'influence bienfaisante qu'elle a pour mission d'exercer
sur l'esprit public des populations.
Le court Mémoire qu'on va lire fut adressé à M. le mi-
nistre de l'intérieur en ;1844, sous l'impression que fai-
saient déjà naître la propagation par les sociétés secrètes
et parla presse des idées socialistes et démagogiques.
Cette communication fut renouvelée à la fin de 1847.
Le même Mémoire fut soumis en mars et avril 1849 au
comité de la rue de Poitiers, qui s'était donné pour mis-
sion de combattre la démoralisation croissante que les
doctrines révolutionnaires répandaient dans la popula-
tion.
Voici la réponse qui nous fut faite par les chefs de ce
comité, le 17 avril 1849:
<< Monsieur.
" On a transmis au comité de la rue de Poitiers la no-
» tice que vous avez bien voulu lui adresser sur le moyen
» de combattre par la presse la propagande socialiste.
" Le comité apprécie, comme elles le méritent, vos ob-
" servations sur ce difficile sujet, et, en raison de leur im-
» portance, il a renvoyé votre Mémoire au ministre de
» l'intérieur (1); nous nous empressons de vous en infor-
» mer et de vous exprimer en même temps tous nos re-
» mercîmens.
» Agréez, etc.,
» Signé : MOLE. — FOULD (ACHILLE) :—BERRYER. »
Cette appréciation, de la part d'hommes d'état dont le
nom exerce une haute influence, autorise et justifie la
publication que nous faisons aujourd'hui.
Le but que nous avons en vue est de fournir une idée
utile pour créer, non-seulement à Paris, mais dans cha-
que département, et par des moyens de nature à subvenir
eux-mêmes à la dépense, sans grever le budget, une presse
politique et administrative qui. deviendrait pour les minis-
tres et les préfets un puissant auxiliaire de gouvernement,
(1) Le Mémoire disparut au ministère.
LA PRESSE PERIODIQUE
INSTRUMENT D'ADMINISTRATION
ET DE GOUVERNEMENT.
L'administration publique est désarmée devant la presse
périodique.
Son devoir le plus impérieux cependant est de défendre;la
société; son droit incontestable est de se défendre elle-même.
Elle n'y réussira qu'en se servant des armes avec lesquelles
elle est attaquée par ses agresseurs.
Combattre la presse par la presse est son seul moyen de
viabilité cl de salut.
Mais le gouvernement doit-il s'en remettre l'exercice
de son droit, pour l'accomplissement de son devoir, à des
entreprises particulières de journaux ?
Ce déguisement, signe de faiblesse, déconsidère ces feuilles,
et leur dévouaient ne vient que bien imparfaitement en aide
à la situation. Elles ne sont recherchées que par les hommes
dont elles représentent l'opinion, et ne sont pas lues par celte
partie si nombreuse du public que les oppositions de toutes
nuances sollicitent sans relâche, et qu'il importe si fort ce-
pendant d'éclairer et d'arracher aux tendances révolutionnai-
res, socialistes et démagogiques.
Or, jusqu'à présent, le pouvoir exécutif n'a pas accordé à
la portion la plus considérable du personnel administratif,
aux maires, adjoints et conseillers municipaux, qui forment
un nombre de 450,000 agens, produit de l'élection, l'atten-
tion que nos lois nouvelles, par leur essence démocratique,
lui commandent de leur donner. Loin d'abandonner, à elles-
— 6 —
mêmes les tendances politiques des corps municipaux que
toute élection reconstitue avec de nouveaux élémens, le gou-
vernement doit travailler à s'assimiler les hommes que le
mouvement électoral y fait entrer. Il ne saurait trop se forti-
fier à leur égard contre la défiance et la désaffection que les
partis lui opposent sur tous les points, car c'est par les hom-
mes des municipalités qu'il se relie à la population, qu'il
agit sur elle, et qu'il transmet au pays la vie politique sous
l'impulsion qu'il a reçue du suffrage universel.
Sa mission et son devoir sont de bien administrer, de main-
tenir l'ordre, de se faire aimer. Pour atteindre ce triple but, il
ne saurait trop se mettre en rapport de pensée et d'action
avec ces agens élus, qui sont à la fois les représentans de la
population et tes représentans du pouvoir exécutif. Ce pou-
voir exécutif, chargé de les faire agir pour le fonctionnement
administratif, a incontestablement le droit d'établir ces rap-
ports incessans de pensée et d'action comme il l'entend, sous
sa responsabilité, et de faire parvenir l'autorité légale de sa
parole aux 37,295 municipalités de la manière et sous la forme
qui lui convient le mieux.
Or, pourquoi ne le ferait-il pas au moyen d'une publication
périodique officielle, adressée au nom de l'administration su-
périeure à tous les maires, adjoints et conseillers munici-
paux?
La liberté de la presse ouvre un champ sans limite à l'atta-
que des partis; la presse est devenue la seule arme, le seul
bouclier de la défense.
Le gouvernement, battu en brèche par le journalisme, use-
rait donc du droit le plus légitime de la défense en se met-
tant en rapport direct avec le pays, au moyen de ce nouvel
instrument d'administration, par l'intermédiaire des 45,0,000
agens municipaux que le suffrage universel met à sa disposi-
tion, après les avoir investis de la confiance des populations.
La fondation d'un tel organe de l'autorité administrative
serait complétement justifiée :
1° Par la nécessité de faire enfin (chose négligée jusqu'ici)
l'éducation politique du pays, selon les institutions qui nous
régissent ;

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