La propagande républicaine / [signé : F.-X. Trébois]

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G. Masquin et Cie (Paris). 1871. 8 p. ; in-8.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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PROPAGANDE RÉPUBLICAINE
C'est à la République de 1848 que nous devons,le suf-
frage universel, arme puissante entre les mains du peu-
ple, qui, bien dirigé, sauvegarde les droits de tous et de
chacun, garantit le gouvernement du pays par le pays,
lui assurant le contrôle direct, incessant et sérieux de
ses propres affaires ; qui, mal éclairé, passe, dans les
moments de crise, au service du premier aventurier
venu, sanctionne, sous forme de plébiscite, les plus
grands attentats, comme en décembre 1851, en attendant
que des législateurs éhontés viennent, du haut de la tri-
bune nationale, les couvrir d'un odieux semblant de lé-
galité.
Sous la Restauration et sous la monarchie de Juillet
l'ouvrier des villes et le travailleur des champs n'étaient
point des citoyens, tenus qu'ils étaient loin du scrutin
de par le cens, qui ne vit jamais en eux que des parias,
bons, tout au plus, à fournir au trésor le fruit de leurs
sueurs, à payer à la patrie la dette du sang, ce dont les
riches et les favoris de la couronne se dispensaient le
plus possible, fraudant le fisc, usant d'influence que le
prolétaire n'avait pas.
Bien qu'en moins d'un siècle ce régime inique se
soit effrondré plusieurs fois sous le mépris public,
il est encore des partis qui, par amour de l'ignorance et
de leurs privilèges perdus, ne rêvent qu'à nous ramener
à ces époques où deux ou trois cents gros propriétaires
conduisaient arbitrairement le char de l'Etat, pour la
plus grande gloire du pape et du roi par la grâce de
Dieu.
Habitants des campagnes, mettez-vous en garde contre
ces éternels ennemis de vos libertés et de vos droits, que
vous avez recouvrés par de laborieux efforts et le plus pur
de votre sang. — 1789, 1792, 1830, 1848 et 1870 sont des
dates qu'ils ne nous pardonnent pas. — De leurs décla-
mations bruyantes en faveur de l'ordre public, dont au
fond ils se préoccupent moins que de leurs intérêts per-
sonnels, se dégagent deux choses, toujours les mêmes :
une rancune violenté du passé, sans cesse alimentée par
l'idée fixe de nous forger de nouvelles chaînes et de nous
replonger dans le despotisme. Que ces gens-là se présen-
tent à vous, au nom de M. de Ghambord, de M. d'Au-
male ou de M. Bonaparte, défiez-vous : ils vous flattent
aujourd'hui pour mieux vous asservir et vous exploiter
demain.
L'empire, par ses lois d'exception, avait rendu toute
entente impossible entre nous, déportant nos plus ardents
défenseurs, étouffant notre voix par les amendes, la pri-
son, le cautionnement et l'autorisation préalable. Non-
seulement nous étions désagrégés, mais encore nous
manquions d'hommes connus, capables de fixer l'atten-
tion par cette autorité morale que donne l'expérience des
affaires. Aussi quand, au 8 février dernier, la France
affaissée sous le poids de ses désastres, fut appelée à
choisir ses représentants, nous assistâmes à ce navrant
spectacle : — les monarchistes, la cause initiale de nos
malheurs, sortirent en majorité des urnes électorales, à
la vive douleur despatriotes alarmés..
Pourquoi, bien que nous soyons le nombre, fûmes-nous
battus par nos adversaires, qui sont la minorité? Parce
qu'ils étaient organisés. Dès le lendemain du 4 septem-

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