La Revanche de la France et de la Commune ; par un représentant du peuple de Paris. (Signé : L. B. [23 juillet.])

Publié par

Impr. coopérative (Genève). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-8 °. Pièce.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1871
Lecture(s) : 12
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 13
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LA
REVANCHE
DE LA
FRANGE ET DE LA COMMUNE
PAR UN
REPRÉSENTAIT DU PEUPLE DE PARIS
Prix : 15 Centimes
GENEVE
IMPRIMERIE COOPÉRATIVE. RUE DU CONSEIL-GÉNÉRAL, 8
- :■'-■ 1871
LA REVANCHE
DE LA
FRANCE ET DE LA COMMUNE
PAR UN
REPRÉSENTANT BU PEUPLE DE PARIS
Frères de Suisse,
Permettez à un défenseur de la Commune et de la Révolution
d'avoir recours à votre patriotisme, pour dire à mon pays, ce que
je pense de sa situation. Puisqu'en E-rance la liberté de la presse
est encore une fois bâillonnée et soumise au régime de l'état
de siège , je compte sur votre bienveillance pour rétablir la
■vérité sur les événements qui ont amené le 4 septembre, le 18
mars, la Commune et sa lutte avec Versailles.
Un mot d'histoire rétrospective. La France vient d'expier les
crimes de l'empire. Elle a subi les conséquences d'une politique
de parjure, de fourberies, de meutres et de vols main armée.
Bonaparte ayant fait d'un peuple libre un soldat, et de chaque
soldat un bourreau, la France il faut bien le dire, n'avait pas au 4
septembre un seul allié dans le monde. La nation des droits de
l'homme et du citoyen, de la fraternité humaine, de la république
universelle avait par le machiavélisme des Bonaparte indisposé
contre elle tous les peuples, tous les continents, — le monde
entier.
_ 4 —
En Afrique, l'armée avait commis toutes les violences; pratiqué
l'extermination systématique de la race arabe ; l'étouffement des.
tribus dans les grottes; le pillage, l'assassinat, le vol, les tueries des
vieillards, des femmes et des enfants.
En Asie, elle avait porté en Chine, d'accord avec l'Angleterre,,
les deux plus grands fléaux des temps modernes : Le jésuitisme et
l'opium; elle massacra un peuple honnête et inoffensif, pilla ses-
richesses et finit par incendier son palais. La Cochinchine fut sou-
mise au même régime.
En Amérique, sous prétexte que le Mexique possédait de riches
mines à exploiter, qu'il devait des millions à Jecker qui, d'ailleurs
n'était pas français, Bonaparte envoya une armée pour ravager le
pays, détruire la République et rétablir comme empereur un prince
autrichien que nous venions de chasser d'Italie. L'Amérique notre
alliée naturelle, ne nous a pas encore pardonné cet attentat contre
la souveraineté d'un peuple, son voisin.
Enfin en Europe, l'expédition de Crimée, laissant Sébastopol aux
Russes et la Pologne dans l'esclavage; la campagne d'Italie arrêtée
à moitié chemin, abandonnant la Hongrie et l'unité italienne pour
une fédération monarchique impossible, avaient irrité depuis long-
temps contre nous, tous les peuples d'Europe, quand éclata ]A
guerre avec la Prusse.
L'empire ayant menacé l'unité allemande, sa liberté, son terri-
toire, le peuple allemand tout entier se leva comme un seul homme,
comme nous en 89, et nous fûmes vaincus; Bonaparte et'son ar-
mée furent faits prisonniers à Sedan.
Pour être juste et respecter sa parole Guillaume devait s'en tenir
à sa victoire, elle était assez éclatante. Mais non, après le 4 septembre,
il continua contre la France, une guerre injuste et avec plus de
fureur qu'avant, il fit tout à la fois le siège de Paris, de Metz, de
Strasbourg et ravagea la France sans défense depuis Blefort jus-
qu'à Lille, et de la frontière de l'Est jusqu'aux bords de la Loire.
— 5 —
Après une résistance héroïque de cinq mois, trahi à l'intérieur'
par le gouvernement du 4 septembre et à l'extérieur par la réac-
tion royaliste, Paris après un bombardement d'un mois, fut forcé
de capituler devant la faim.
La Prusse impose alors un traité honteux, ruineux, et
l'Assemblée de Bordeaux s'empresse de l'accepter. De là l'irrita-
tion de la population de Paris.
Que l'Allemagne ait renversé Bonaparte et dispersé son armée
de prétoriens pour sauver son unité, son territoire menacés, c'était
son droit et ce fut sa gloire.
Qu'elle ait demandé une forte rançon, pour sauvegarder ses in-
térêts, c'était admissible encore (voee victis) tant pis pour les provoca-
teurs ; mais qu'elle exigeât la cession de deux provinces, l'Alsace
et la Lorraine qui sont et veulent rester françaises, c'était, dépas-
ser le but, méconnaître la justice.
La Prusse n'écoutant que ses rancunes et ses instincts d'agran-
dissement territorial, a posé un casus belli, qui tôt ou tard sera
funeste à deux grands peuples, et peut-être à toute l'Europe.
Paris ne put ratifier celle dernière clause du traité.
Mais l'Assemblée de Bordeaux,qui avait accepté la honte, devait
continuer contre les Parisiens sa politique d'abaissement et de
compression.
Elle insulta Paris qui depuis un siècle se dévoue à la France, à
l'humanité. Il avait, sauvé l'honneur mais compromis les milliards.
Pour le punir elle lui relira son titre de capitale et lui refusa le
droit de s'administrer. Elle bafoua les généraux qui avaient fait
leur devoir et le mieux combattu, fit condamner à mort des ci-
toyens qui n'avaient péché que par excès de patriotisme et poussa
l'insolence et l'audace jusqu'à infliger à la ville de la Révolution et
«n face de l'étranger, l'outrage d'un désarmement. La mesure était
comble. Ce jour vit le 18 mars, la Commune était faite.
Exposons avec sincérité les actes à. la charge des uns et des
autres.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.