La Revue Littéraire n° 27

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Publié le : mercredi 8 juillet 2015
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EAN13 : 9782756108629
Nombre de pages : 242
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Collectif

Revue littéraire N° 27

 

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© Éditions Léo Scheer, 2006

 

EAN numérique : 978-2-7561-0862-9

 

EAN livre papier : 9782756100258

 

ISSN 1766-9693

 

www.leoscheer.com

Bruno Krebs

 

UN DÉBUT, ENFIN

 

Fragment XXVIII

Vous savez, je connais Chirac.

Rien de véritablement intime, certes. Mais parmi la poignée de fidèles qui très discrètement l’entourent et le protègent, il m’arrive de m’inclure.

Je dois ce privilège à un médecin commun, le docteur Daniel (on l’appelle ainsi, docteur Daniel). Un type très fort, qui soigne quantité de maladies, généralement graves. Quelqu’un qu’on écoute volontiers, et dont on a tout intérêt à suivre les judicieux conseils.

J’ignore comment leur est venue cette idée d’allocution télévisée, enregistrée en différé dans la maison de campagne du président, mais je sens la main du Dr Daniel derrière l’organisation minutieuse, l’ambiance feutrée, quasi religieuse, qui a entouré les préparatifs. Et d’ailleurs, je ne vois pas qui d’autre aurait pu convaincre Jacques d’apparaître à l’écran après plusieurs mois de retraite et de silence complets.

Comme toujours tiraillé entre des pulsions contradictoires, le président souhaitait une mise en scène style « conférence de presse », mais sans questions ni contacts directs avec une presse dont il pensait le plus grand mal, voire pis encore. On ne pouvait bien sûr envisager un ou une journaliste muet sauf à déclencher une nouvelle controverse, et puis l’heure tournait, quand le regard distant du Dr Daniel se posa soudain sur moi qui traînais là un peu par hasard, en quête d’un sandwich.

— De nous tous, vous êtes celui qui fait le plus naturellement silence. Vous vous installerez dans le canapé, sur le côté. Ainsi le président pourra-t-il tourner son œil vers vous si cela lui chante. Surtout (il me voit plisser une narine) ne reniflez pas, et ne croisez pas les jambes. Tout ira bien.

Du bout de ses longues phalanges, il me tapote légèrement l’épaule (un papillon ne serait pas plus léger), et très lentement pivote sur ses très longues jambes. Avec lui on ne sait jamais trop s’il vous adresse personnellement la parole, ou apostrophe quelque fantôme dans une crise de somnambulisme. Mais c’est un excellent, un remarquable médecin.

Me voici donc posé dans le canapé, un énorme canapé en velours, excessivement moelleux, où malgré mon faible poids je me suis senti enfoncer de minute en minute, sans répit aucun, tout au long de l’allocution. Le président, lui, s’est admirablement comporté, jouant le jeu des questions-réponses avec une décontraction sans égale. Et peu importe si ces questions il se les posait à lui-même sans toujours leur apporter les réponses appropriées, faute de se les rappeler, au bout d’une minute ou deux (il parle assez lentement, comme freiné, rasséréné par le poids de l’expérience et de la sagesse), oubliant sur quel sujet il s’était précisément embarqué. Je ne crois pas qu’il ait relevé ma présence. Au début peut-être, puis la caméra l’attirant tel un aimant, il y a fixé son regard, un sourire délibérément béat collé aux lèvres. Selon ses proches, ses collaborateurs, jamais ils ne l’avaient vu aussi à l’aise en pareille circonstance.

Quant au fond de son « entretien », je ne saurais qu’en traduire le ton et l’esprit général.

Il ne pouvait éluder complètement les affaires qui l’avaient éclaboussé, lui et les membres les plus en vue de son gouvernement, avant de le pousser à cette réclusion où, faut-il l’avouer, certains avaient beaucoup craint pour sa santé.

Mais le président a des lettres, extrême-orientales notamment, et le Dr Daniel lui a enseigné comment mettre en pratique ces préceptes de la philosophie tao ou zen que Jacques connaît sur le bout des doigts.

Ses mains, justement, ont perdu leur rigidité cadavérique habituelle : je les vois balayer le bureau (le sous-main en cuir rubis) d’un geste fluide. Ses lèvres, mieux que souriantes, riantes, articulent sans crispation un discours parfaitement huilé mais d’allure improvisée, sa langue ne sèche ni ne s’humidifie exagérément, on sent à la liberté de ses gestes, de ses bras en particulier, qu’aucune transpiration ne vient saler ses aisselles quand sa tête aimablement s’incline, se balance ou se renverse, non pas comme une marionnette, mais tout à fait comme dans une conversation entre amis, après deux ou trois verres d’un très excellent whisky.

Et j’ai gardé le meilleur pour la fin : ses jambes, qu’il conserve croisées, une cheville par-dessus l’autre, tendues sans excès sous le bureau, le pli d’un pantalon bleu nuit chinoise élégamment troussé sur chaussettes et souliers noirs gentiment chics mais sans lustre excessif.

Ses jambes, car flanquant les deux pieds ainsi pointés (il chausse du quarante-trois), deux adorables lionceaux se tiennent alanguis, museau entre les pattes, secouant leurs oreilles.

Reliant maître et lionceaux, une parfaite harmonie règne, une entente que nous autres humains – et les futurs téléspectateurs certainement – jamais ne songerions à troubler. Ainsi, le président peut bien s’embrouiller quelque peu dans l’écheveau, la qualification même des affaires dont tout un chacun parle depuis des mois – il peut bien se borner à des généralités aussi creuses que brumeuses, on lui pardonne d’avance, comme à un père prodigue mais innocent, comme à un enfant étourdi, dissipé, mais dont les rires égayent l’entière maisonnée.

Enfin on lui fait signe, la conférence s’achève. Il se redresse, le Dr Daniel est là, et madame Chose, et le conseiller Untel. Lui paraît aux anges, d’avance enivré par les éloges qu’on lui prodigue.

— Allons faire un tour, prendre l’air dans le parc, commander une pizza !

Sa voix, j’ai omis ce détail, sa voix a repris cette vibration « bulgare » des premières années, quand d’un souffle il emportait les stades, et l’adhésion de jeunes par milliers. — … Ah, mon cachemire Gordon King…

Et, tirant sur un immense châle brun et or dont les franges restent malencontreusement captives dans mon dos, il me remarque enfin :

— … Pardonnez-moi…

Oui, c’est bien lui qui s’excuse, tandis que je me dégage, dégage le châle dont il se drape majestueusement comme d’un drapeau teinté de sang, pris à l’ennemi.

Traînant derrière, le docteur Daniel se penche et me chuchote :

— Oseront-ils diffuser un machin pareil je me le demande… On a vu naître des révolutions pour moins que ça…

Frédéric Boudet

 

CARVERS DREAM

Le 3 juin 1973, à 4 heures 30 du matin, Raymond Carver, nouvelliste américain encore inconnu et grand admirateur de Tchekhov, après avoir quitté l’autoroute 25 qui relie Cheyenne à Santa Fe, engagea sa Buick dans Speer Boulevard, roula quelques miles, tourna à droite dans Boulder Street et, quelques minutes plus tard, gara sa voiture dans l’allée de sa maison des faubourgs de Denver. Prenant soin de ne pas allumer la lumière de la chambre, il se couche dans le lit à côté de sa femme endormie. Raymond vient de terminer sa nuit au Colorado Springs Motel. Il s’endort les yeux fixés sur la faible lueur de l’aube qu’il devine de l’autre côté des rideaux de mousseline, loin derrière les collines à l’est.

Quelques minutes plus tard, il rêve qu’il se gare devant chez lui, juste avant le jour. Il aperçoit de la lumière aux fenêtres du living. Le moteur de sa Buick ne fait aucun bruit et il pense un moment qu’il est arrivé quelque chose. Au lieu de se diriger vers la porte d’entrée, il contourne la maison et jette un œil par la fenêtre de la cuisine. Sa mère est là – elle est au téléphone et paraît très agitée. Le fil qui relie le combiné à son socle mural se tend parfois brutalement alors qu’elle arpente la pièce en agitant sa main libre au-dessus de sa tête. Il sait que son père est quelque part dans la maison. Il se souvient soudain de la bouteille de whisky qu’il a oubliée sur la table du salon. La présence de ses parents, chez lui, au beau milieu de la nuit, et plus particulièrement celle de son père qui est mort depuis près d’un an, signifie à coup sûr que sa femme a trouvé la bouteille.

Incapable de faire un geste, il reste caché dans l’ombre du cyprès qui s’élève du jardin des voisins. Il observe sa mère, maintenant immobile au-dessus de l’évier de la cuisine, bouche grande ouverte. La lumière aveuglante du néon efface presque entièrement les traits de son visage. Le soupçonne-t-elle de s’être remis à boire ? Raymond décide d’entrer pour en avoir le cœur net mais, contournant la maison, il ne parvient pas à trouver la porte. Il fait le tour une première fois, puis une deuxième, puis une troisième, sans succès. Il ne peut pas rester tout seul dans le jardin. Il pense alors appeler sa femme mais il sait que s’il la réveille, elle va certainement se mettre à crier et à l’accuser de tout mettre en œuvre pour leur gâcher la vie à tous. Raymond réalise que tout est fichu. S’il ne peut entrer, c’est que ses parents et sa femme ont à coup sûr trouvé la bouteille. Au moment où il s’apprête à courir vers sa Buick, la porte d’entrée s’ouvre dans son dos et son père sort aux bras d’une très jeune fille, c’est cette fille dont il était vaguement amoureux dans cet atelier d’écriture auquel il a un temps participé à Portland. Ils rient tous les deux, ils ont l’air très gais et même franchement saouls. Son père lui fait un clin d’œil et l’incite d’un mouvement du pouce à entrer.

— Ta mère est encore dans une de ces rages, avec Helen on se tire ! Pense à ratisser les feuilles devant ton allée, fils, tu vas provoquer un accident un de ces jours…

Raymond aimerait dire quelque chose à son père, peut-être rester à ses côtés le temps de fumer une cigarette, mais avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche lui et la fille ont disparu.

Il est maintenant seul dans le living. La télévision est allumée, le son coupé. Il regarde défiler sur l’écran les images d’un leader noir haranguant une foule sous la pluie. Il cherche quel est le nom de l’orateur, qu’il a déjà vu cent fois aux actualités. Il ressent un malaise profond et sait qu’il va lui falloir trouver très vite le nom de cet homme, sans quoi il devra quitter les lieux rapidement. Soudain, il entend le bruit d’un moteur dehors et réalise que c’est son père qui rentre et qu’il devrait être au lit depuis longtemps. Dans la chambre à coucher, sa femme a éparpillé tous ses manuscrits sur la moquette, en petits tas, classés par ordre chronologique. Elle dort sur le ventre, l’un de ses pieds dépasse de la couverture et pend au-dessus du vide. Raymond comprend qu’elle les a lus en son absence, ce qu’elle ne fait plus depuis des années. Alors que la lumière de l’aube commence à pénétrer dans la chambre, il contemple, immobile, les tas de pages dactylographiées étalés à ses pieds. Quelque chose lui échappe. Quelque chose qu’il lui semble qu’il devrait comprendre. Incapable de faire un pas, il fixe le pied nu de sa femme qui se détache de plus en plus nettement dans la pénombre. Soudain un trait de lumière atteint sa cheville et il saisit qu’il fait fausse route, qu’il cherche du mauvais côté : sa femme n’a pas pu trouver la bouteille car il n’a pas bu la moindre goutte d’alcool depuis des mois. Il se rue dehors et aperçoit son père qui remonte l’allée de la maison de son enfance, titubant, couvert de boue comme s’il avait encore passé la nuit dans un fossé. Sa mère attend, livide, dans le salon. Il voudrait leur dire d’arrêter ça, que tout va s’arranger mais il n’en a pas le temps. Son père s’affaisse sur lui-même, aussi léger qu’un flocon de neige qui s’évanouit avant de toucher le sol. Il se précipite pour l’aider, mais le sol est entièrement recouvert de feuilles mortes pourrissantes et il a beau se démener, il ne parvient pas à le retrouver. Il se met à brasser fiévreusement les feuilles humides, enfoncé jusqu’aux genoux dans une boue noire et bruissante, mais plus il les repousse plus elles s’accumulent et il doit bientôt cesser pour reprendre sa respiration. Sa Buick garée à quelques mètres de là a disparu sous des monceaux de feuillages. Raymond contemple les maisons et les rues de son quartier autour de lui. Elles ont un air si familier malgré les feuilles mortes qui les engloutissent. Il se dit qu’il va attendre un peu que son souffle lui revienne avant de se remettre au travail, attendre peut-être que quelqu’un se réveille et vienne lui donner un coup de main ou, pourquoi pas, que le vent d’ouest qui souvent à cette saison dégringole directement des Rocheuses lui facilite la tâche. Peut-être qu’il nettoiera même sa voiture et qu’il ira faire un tour avant de s’y remettre. Il peut attendre, dans le fond rien ne presse, attendre s’il le faut jusqu’à la nuit des temps que les feuilles se dispersent et que son père se relève.

Vincent Bergerat

 

COULEZ MES LARMES

 

rhapsodie

Je suis fait comme ce qu’on nomme Lieu, où sont contenues toutes choses, et il n’en est aucune qui n’ait de lieu, et c’est en moi que tiennent toutes choses adverses.

Cervantès

 

1

 

Il y a quelques heures, une embarcation effilée traversait les eaux noires de l’étang pour accoster l’île à la beauté mélancolique, le jour déclinait. Les ombres des hauts rochers crayeux se sont jointes aux ombres des cyprès pour que l’on ne distingue plus que quelques formes assemblées dans l’enceinte naturelle, tandis que le doux bruit de l’eau qui vient lécher la pierre accompagne et rythme les sanglots.

 

— Je t’évoque avec les larmes aux yeux, dit-il, moi qui ai dû imiter l’existence pleureuse que tu menais, absent et dédaigné, sur les hauteurs de la montagne pauvre, séjour plaisant réduit en pénitence. Toi dont les yeux t’ont offert le breuvage d’une liqueur abondante et saumâtre, privé de tout, la terre sur la terre t’a servi tes repas.

 

Porté par les siens, le cadavre est vêtu tout entier des cheveux qu’ils coupent à leur front et jettent sur le mort. Le désir des sanglots monte.

 

L’homme s’est tu. Debout devant la tombe, ses yeux embués fixent la terre fraîchement remuée qui mangera bientôt le corps de son frère. Moins délicat et moins pleureur que le défunt, il ne lui cède en rien pour ce qui est du courage, cependant, il s’éloigne en pleurant des larmes d’Angélique et depuis passe toutes les heures de chaque nuit assis au pied d’un chêne ou d’un rocher, et, sans fermer ses yeux éplorés, ravi et transporté en ses pensées, demeure là jusqu’au soleil levant.

 

Quelques mois auparavant, le futur défunt était déjà résolu à disparaître. Alors qu’il prépare sa fuite vers les forêts inhabitées, il confie à sa future veuve, ouvrant la voie aux larmes qui le submergent :

— Si par hasard tu penses que ma mort mérite que le ciel brillant de tes yeux se trouble, garde-toi de ces larmes : je ne veux rien au prix des ruines de mon âme. Elle le voit qui meurt, qui déjà se convulse.

 

On ensevelit le corps, on le porte en terre sous l’abondante pluie de larmes des témoins. La veuve pleure, les larmes inondent ses joues sous ses paupières ; le ciel brillant de ses yeux se trouble. Elle se plaint amèrement :

— À quoi bon ? Le ciel a-t-il jamais été touché par mes pleurs ou mes prières ?

Sur ces mots, elle se tait et, la gorge nouée, colle sa bouche à la terre qu’elle arrose d’un flot de larmes, les affres du deuil lui ravagent les joues. Un profond soupir parcourt l’assemblée, la malheureuse perd connaissance. On se précipite pour l’assister.

— Je suis content d’attendre que l’aube du jour nous sourie, encore que je pleure tout le temps qu’elle tardera à venir, dit une voix.

— Il n’y a pas de quoi pleurer, dit une autre voix.

 

Le frère du mort, qui songe déjà au départ ainsi qu’au long voyage de retour, considère sa belle-sœur évanouie. Il sait déjà qu’elle sera un fardeau trop lourd, que ses prières et ses larmes incessantes lui seront insupportables, sa décision est prise, il l’abandonnera à son sort, il partira seul, enfin libéré des attaches et des obligations qui l’on mené jusqu’ici. Il se met à pleurer une nouvelle fois de toutes ses larmes et de sa résolution si peu honorable.

— Celui qui te fait pleurer te veut du bien, marmonne-t-il. La veuve frémit et lui tend ses mains blanches, il les baise mille et mille fois et les lui baigne de larmes.

— C’est lui, dit-elle, c’est lui dans tes yeux, c’est lui qui pleure par tes larmes !

Une jeune fille approche, c’est la fille du disparu, transparente à force d’être pâle, grosse d’une infinité de larmes. Sa mère, le visage enfoui dans la chemise déjà souillée de son beau-frère, répète comme une litanie :

— Qui chante une fois pleure toute sa vie.

 

Lui fait doucement écho à ses sanglots, leurs deux corps soudés, secoués de spasmes. Tandis que la jeune fille, couchée sur le sol, offre à chacun la vue d’immenses larmes roulant de ses yeux, de chaque plaie de son corps, de chaque pore de sa peau.

Le groupe s’est dispersé, les plus vaillants préparent un pique-nique. Assis sur les rochers, on dîne des produits de l’étang, un silure rôti à la braise accompagné de quelques huîtres creuses pochées dans leur eau. À peine commencent-ils de manger que l’oncle se reprend à pleurer de plus belle, la douleur surpasse tout pendant quelques heures, jusqu’à ce que l’aube, enfin, dépose ses larmes sur les cyprès, noie les siennes, apaise ses sanglots et laisse la place à l’amertume. Il reprend :

— Tu m’as rejeté, ingrate, pour ce frère de qui seule la fortune me différenciait, mais pas la valeur ; si tu m’aimais un peu plus, je n’envierais pas ses richesses, et je ne pleurerais pas mes infortunes. Mais quand il fuit tes cruautés, c’est moi que tu envoies à sa recherche.

 

On apprend bientôt que pendant son séjour à l’ombre des forêts, il n’avait d’autre refuge que celui où la nuit le surprenait, et il achève son récit en pleurant si tendrement que ceux qui l’écoutent ne peuvent se retenir de l’accompagner de leurs larmes, considérant l’homme qu’il a été et ce qu’il est devenu. Il leur rend grâce la larme à l’œil, et se penche vers sa belle-sœur qui caresse distraitement les cheveux trempés de sa fille endormie à ses pieds.

— J’avais pensé t’aider à le pleurer du mieux possible, dit-il. Cela fait tant de bien quand un ami console notre âme en pleurant avec nous. J’avais aussi pensé disparaître et te laisser pleurer en paix.

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