La Situation. Lettre à M. Rousseau, député à l'Assemblée nationale,... [Signé : V. Roussin.]

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impr. de L. Magnier fils (Saint-Quentin). 1871. In-8°, 8 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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LETTRE
A Monsieur ROUSSEAU, Député à l'Assemblée nationale
et Conseiller général du Finistère
SAINT-QUENTIN
IMPRIMERIE LÉON MAGNIER FILS, RUE SAINT-JACQUES, 6
1 8 7 1
LA SITUATION
a Monsieur ROUSSEAU, Député à l'Assemblée nationale,
et Conseiller général du Finistère.
MONSIEUR ET HONORABLE COLLÈGUE AU CONSElL GÉNÉRAL,
Vous avez signalé avec une grande force de raisonnement,
« le mal de notre situation actuelle, sa complète instabilité
et surtout la perspective de la crise qu'il semble inévitable,
jusqu'à présent, d'avoir à traverser, pour en sortir. »
« Que le régime sous lequel nous vivons, dites-vous, soit
absolument précaire et instable, c'est ce qui frappe tous les
yeux. Ces deux rouages essentiels, l'Assemblée et le Prési-
dent de la République, associés l'un à l'autre, peuvent être
brisés au premier jour. Combien de temps dureront-ils ?
Quelques mois ou quelques années? Personne ne peut le
dire. Il suffirait d'un désaccord prononcé, même sur une
question secondaire, pour les renverser du même coup.
Comment veut-on que les intérêts se rassurent complè-
tement et que les esprits se calment dans de pareilles con-
ditions?
« L'échéance qui se dresse à l'horizon, sous forme de
renouvellement intégral et simultané de tous les pouvoirs,
laisse d'ailleurs une si large place au hasard, aux coups de
force ou de surprise, que chacun a lieu d'en être inquiet.
Qu'arrivera-t-il le jour où l'Assemblée et M. Thiers devront
disparaître à la fois ? Quelques-uns de nos amis se tiennent
pour assurés du triomphe de la cause républicaine. Je re-
grette de ne pouvoir partager leur confiance. Je crois que
ce jour-là il s'engagera, entre tous les partis une véritable
mêlée. Quels incidents se produiront dans la lutte? Quel
résultat en sortira-t-il ? Je trouve bien hardis ceux qui croient
pouvoir le prédire. Admettez, (cela n'a rien d'invraisem-
blable,) que des troubles plus ou moins spontanés, mais,
dans tous les cas, exploités habilement, viennent à éclater
sur quelques points du territoire, et ne pensez-vous pas
que le corps électoral, affolé encore une fois, pourrait bien
se rejeter dans les bras d'un sauveur ?
« Je ne veux pas, pour ma part, courir cette chance et,
en m'y refusant, ce n'est pas l'intérêt particulier de la cause
républicaine que je prétends servir, mais bien celui de toutes
les opinions qui s'inspirent, non de passions aveugles ou
cupides, mais du désir éclairé et désintéressé d'épargner à
la France de nouveaux dangers. Tous, en effet, nous devons
sentir qu'il n'y a plus une seule faute à commettre et qu'il
nous est interdit de courir les aventures. Tous nous voulons
néanmoins cesser de vivre au jour le jour.
« Comment nous remettre en marche sans secousses ?
Comment amener peu à peu le pays à se prononcer dans le
calme et avec maturité sur la forme définitive de son gouver-
nement? Je persiste à.croire que le meilleur moyen serait :
« 1° De déclarer que l'Assemblée nationale se renouvelle
par cinquième tous les ans ;
« De maintenir le régime actuel et de suspendre la solution
de la question constitutionnelle jusqu'au jour où la Chambre
aurait été complètement renouvelée. »
Cette solution que vous cherchez, non pour l'intérêt par-
ticulier de la cause républicaine, doit être l'objet de nos plus
vives préoccupations et je suis heureux de voir que, pour la

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