La trace du serpent

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La scène se déroule au château de Mirepoix, dit de Terride (Ariège), où vit au XVIIe siècle Jean de Lévis Lomagne, frère du seigneur dudit Mirepoix. La noblesse se croit éternelle. On suborne deux jeunes filles... On bat un vieillard... Heureusement, Barrau, le trop fidèle serviteur veille... Tiré des archives locales, ce roman inspiré par un drame réel fait revivre au lecteur les passions d'une autre époque demeurées universelles : l'orgueil et l'argent, la violence et le sexe.
Publié le : mercredi 2 juillet 2014
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EAN13 : 9782336353197
Nombre de pages : 212
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et Régions
Midi-Pyrénées
Christine BELCIKOWSKI
La trace du serpent Au château de Mirepoix
La trace du serpent
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Au château de Mirepoix
Littérature et Régions Ramonede (Célestine),Le prix de la terre,2014.Morge (Raymond Louis),Lettres des Montilles,2014.Sauvillers (Gabrielle),Résistance lyonnaise, j’écris ton nom,2014.Bouchet de Fareins (Serge),Le diable dans le grenier. Une enfance en Armorique(1943-1949),2014. Forzy (Claude),La saga du Faulx, 2013. Robin (François),Landerneau revivra, une ville en campagne, 2013. Tounens (Antoine de),Le pas de l’étoile, 2013. Egéa (Pierre),Camille ou l’amour assassiné, 2012. Briot (Geneviève),Des cerises en hiver, 2012.
Christine Belcikowski La trace du serpent. Au château de Mirepoix
Du même auteur
Poétique des Liaisons Dangereuses, JoséCorti, 1970.
«L'idée du bizarre dans les Liaisons Dangereuses», inLaclos et le libertinage. Actes du colloque du Bicentenaire des Liaisons Dangereuses, PUF,1983.
Mimêsis et Aléthéia, ou une poétique du Vrai, thèse de doctorat en philosophie, Presses Universitaires de Lille, 2001.
«La légende de Jean Dabail ou la dissidence d'un gueux», inDissidences et conflits populaires dans les Pyrénées, Actes du 60e congrès de la Fédération historique de Midi-Pyrénées, 17-19 juin 2011, Foix, 2012.
« Hermann Hesse et la nostalgie de la vérité », in La Vérité – Auteur par auteur, collection Optimum, éditions Ellipses, 2014.
La dormeuse :
http://belcikowski.org/la_dormeuse/2004-2014.
© L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Pol techni ue, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03900-8 EAN : 9782343039008
1. Coquecigrues Le lieu dans lequel se sont déroulés les bizarres événements rapportés ici, se situe sur l'autre rive de la rivière qui borde la commune de M***. Il s'agit du château de Terride. Je l'aperçois depuis l'avenue au bord de laquelle j'ai ma petite maison. Au bout de l'avenue il y a une colline, et sur la colline, le château. Abrupt et roide, on dirait la Tour, comme on voit sur les cartes du tarot.
On me disait, lorsque j'étais enfant, qu'il s'était passélàdes choses... Lesquelles ? Mon père se perdait en considérations abstruses.
Ces gens-làvenaient d'ailleurs. Ce sont eux qui ont gouvernéla seigneurie de M*** jusqu'àla Révolution. Ilsétaient originaires de l'Ile de France.
Lorsque les troubles ont commencé, le vieux marquis a quittéla France. Son fils a tentéde sauver les meubles. Il a fini guillotiné. Mais on ne parle plus ici du même château. Il y avait belle lurette déjàque les seigneurs de M*** ne vivaient plus au château de Terride. Ils ont fait comme Louis XIV qui a transportéses pénatesàVersailles. Ils ont quittéleur vieux nid d'aigle pour s'installer, douze kilomètres plus loin, au château de Lagarde, leur Versaillesà eux. Le château de Terride, c'était une forteresse d'un autreâge. Ils avaient une tapée d'enfants. Ils devaient sy sentiràl’étroit. Plus tard, un de leurs descendants, un drôle de type, a vécu au château de Terride. Après lui, plus personne. Le temps a passé.
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Une partie des bâtiments s'est effondrée. Les ronces ont poussé. Aujourd'hui, il paraît que quelqu'un a rachetéles ruines. On dit qu'il s'occupe de les restaurer.
Longtemps, je n'en ai pas su davantage. Je passais les vacances d'étédans une campagne voisine. Je venais de tempsàautreàM*** pour y faire les courses. Au passage, je jetais un coup d'oeil aux ruines. Le nouveau propriétaire avait restauréle toit. Je me souvenais, un instant, qu'il s'était passélàdes choses... Puis, requise par les plaisirs de l'été, les promenades, les bains de rivière, je n'y pensais plus.
Un jour, j'ai quittéailleurs un appartement, une ville, oùj'avais cesséde me plaire, et j'ai eu l'opportunitéde m'installeràM***, sur le cours au bord duquel j'ai ma petite maison. C'est alors que j'ai cherché àen savoir plus sur l'histoire des seigneurs de M***, et plus spécialement sur celle de Jean de Lévis Lomagne, dernier occupant du château de Terride. Je questionnais autour de moi. Des choses qui s'étaient passées au château de Terride, personne, semble-t-il, ne savait rien, ou ne voulait rien en dire. Je commençaisàpenser que ces choses dont on m'avait parlé, relevaient de la légende locale, comme aussi les histoires de souterrain et de trésor.
Le déclic m'est venu d'un petit magazine touristique qui traînait chez le coiffeur. Je suis tombée sur un article quiévoquait,àpropos de la charmante petite ville de M***, la tragédie familiale de Jean de Lévis Lomagne. L'article racontait, dans le style des romansàdeux sous, une histoire incroyable. Jean de Lévis Lomagne, qui avait hérité
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de sa mère le château de Terride, s'yétait installé avec elle après la mort de son père. Sa mère avait une dame de compagnie. Après la mort de sa mère, Jean de Lévis Lomagne conserve la dame de compagnie. Deux filles, non reconnues, viennent au monde. Puis un séducteur paraît, qui enlève nuitamment les deux jeunes filles et contracte avec l'aînée un mariage clandestin. Les années passent. Un jour, le vieux Jean de Lévis Lomagne, qui rentre chez lui en voiture, rencontre sur la route ses deux filles. Elles le supplient de bien vouloir les reprendre. Il y consent. Deux jours plus tard, le séducteur reparaît. On séquestre le vieux pendant deux ans. Puis le vieux s'échappe. La ville de M*** s'alarme. Le seigneur de M*** intervient. Il fait expulser les intrus. Le vieux retrouve l'usage de son château. Il estâgéalors de quatre-vingt douze ans.
Ainsi racontée, l'histoire m'a semblé abracadabrante. J'y voyais nombre d'impossibilités. Mais j'y respirais aussi toutes sortes d'épices, sexe, violence, pouvoir, fric, orgueil et préjugés, déviance, château d'abîme, et jusqu'au clair-obscur qui baigne, dans la peinture des maîtres, les scènes de terreur. J'avais le château sous les yeux. Je suis allée rôder alentour.
Evitant la route qui permet d'accéder au château en voiture, je suis passée par le petit bois qui se situe sous l'ancien chemin de ronde. La pente est raide, meubléeça et làde vastes pans de ruines. Je me suis faufilée sous les barbelés. J'arrivaisàla hauteur du chemin de ronde lorsque j'ai entendu qu'on parlait là-haut. Ilétait cinq heures. On servait le théau pied
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