La Tristesse de vieillir

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Cet assez court roman à consonance autobiographique raconte l’histoire d’un journaliste en retraite revenu en Charente, après une quarantaine d'années de parcours professionnel et littéraire, car il est également poète et écrivain dans ce département où il a ses racines familiales. Bien que très fatigué et même gravement malade, il fait tous les ans plusieurs visites à l'hôpital d'Angoulême-Girac où il se met en tête d'écrire et de faire publier, avant sa mort, un ultime roman dans lequel il narre les principaux épisodes de sa longue vie (il est, en effet, octogénaire et fort mal en point). Célibataire et solitaire, il n'a qu'un seul ami, ancien receveur des postes de Merpins, qui mourra d'un incurable cancer avant lui.


Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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EAN13 : 9782334015387
Nombre de pages : 60
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ISBN numérique : 978-2-334-01536-3

 

© Edilivre, 2015

Du même auteur

Du même auteur :

« La rencontre », éditions Publi-Nord

« L’énigme du quai des glycines”, Polar, Édilivre

« Claire jusqu’au bout de la nuit », éditions des Presses de Valmy

« Christophe au gré des jours », éditions des Presses de Valmy

« Hugo, une vie d’aventures », Édilivre

« Le médecin de Coulgens », Édilivre

Citation

 

 

« Un beau soir, l’avenir s’appelle le passé

C’est alors qu’on se retourne et qu’on voit sa jeunesse »

Aragon

« La vieillesse est un naufrage »

Charles De Gaulle

Dédicaces

 

 

À mon ami Jacques Godart

à Saburo Suzuki

et à Simone Robert

La Tristesse de vieillir

Parvenu à l’âge de quatre-vingts ans, Julien Morel, affalé au fond de son fauteuil, fait le bilan le plus objectif possible de sa longue vie douce-amère. Ah ! Certes, – que nul ne sourie –, un jour, lui aussi, il a été jeune, vif, impulsif, surexcité, imaginatif, survolté, fringant. Mais, aujourd’hui, comment se sent-il ? Rabougri, ramolli, flasque, courbatu, fatigué, affecté de cent petites misères, vidé de tout projet constructif sérieux, privé de toute imagination, dépourvu de désir sexuel par une absence d’orgasme, avatar suprême de l’usure du corps et de la fuite du temps. En somme, il n’est plus bon à rien…

Jeune, ah oui ! Il l’a été autrefois dans le village charentais de Champniers où il a passé son enfance et la majeure partie de son adolescence. À cette époque-là, il fut écolier auprès de sa mère, Marthe, institutrice primaire dans l’une des trois classes du bourg et de son père, René, receveur des Postes dans la même localité. Très tôt, il a écrit des poèmes ; trop tôt, il est devenu militant en adhérant au Parti Communiste Français avant de devenir, un peu plus tard, l’un des secrétaires de son organisation de jeunesse : l’Union de la Jeunesse Républicaine de France et membre de l’association « France-URSS » !

Il a fréquemment distribué des tracts dans les boîtes aux lettres des gens, collé des affiches souvent incendiaires, participé à des meetings, des réunions publiques et des manifestations populaires et un jour, il a accompagné pour une tournée de démonstrations oratoires à travers plusieurs départements, à commencer par la Charente, le charismatique vieux leader communiste Jacques Duclos. Il n’avait que seize ans quand le député charentais Jean Pronteau lui a paraphé, avec le sourire, sa carte du P.C et Paul Laurent celle de l’U.J.R.F.

Ses études ont été passables, dissipées et chaotiques. En revanche, sa passion politique a été exaltée et empreinte d’une folle détermination. Il diffusait, chaque dimanche matin, à Ruelle-sur-Touvre, accompagné par deux walkyries de sa section : Juliette Pinturaud et Colette Marchesson, « L’Humanité-Dimanche », « France-Nouvelle » et « L’Avant-Garde » sur le marché ou devant la Fonderie. Aux côtés du député André Soury et du dirigeant paysan Raymond Mineau, maintenant décédés, il s’est joint à la poignée de paysans charentais venus s’opposer à l’expulsion de sa ferme, d’un misérable métayer à Torsac. Et il a défilé un jour à Angoulême, de l’Hôtel de Ville à la gare, en scandant les slogans du jour : « US Go Home ! » « À bas Ridgway-la-peste ! » ou « Libérez Henri Martin ! ». Mais aujourd’hui, il est allergique aux convulsions populacières, écœuré par la politique sous toutes ses formes et tous ses étendards. Il ne croit plus aux verbiages politiciens ni à lui-même dans le rôle ingrat d’encarté grugé. C’est à peine si une prise d’otages ou l’assassinat de journalistes par des djihadistes haineux et assoiffés de sang parviennent à le tirer de son indifférence à l’agitation du monde.

Alors, que fait le vieux hibou désenchanté ? Il rit, rêvasse dans son coin d’ombre, écrivaillonne un peu de temps en temps. À la télévision, il regarde les informations et les quelques rares bons films qu’il lui arrive de diffuser. Et une fois par semaine, il accompgne le dévoué japonais Akiro Misraki qui l’héberge dans sa maison de campagne depuis dix ans, un vaste bâtiment noyé au milieu des vignes de la Grande Champagne, pour s’approvisionner aux hypermarchés Leclerc et Auchan de Cognac. Parfois, avec son hôte, il s’offre un bon repas dans un restaurant, une brasserie ou une auberge accueillante des environs. Ils ont quelques bonnes adresses : « Le Coq d’Or », « L’Yeuse », « Les pigeons blancs » à Cognac, « L’auberge du Cheval blanc » à Luxé et « La Grange aux oies » à Nieul. Parfois, dans le cadre exotique d’un chinois de Châteaubernard : « Les Délices d’Asie » qui sert des plats asiatiques dont son compagnon est friand. Ou ils s’envoient un bon tagine ou un plantureux couscous ou des moules frites dans d’autres étblissements. Et puis, ils font des virées roboratives sur la côte atlantique, en épuisant le chapelet de ses stations balnéaires : Fouras, Châtelaillon, Saint-Palais, Saint-Georges-de Didonne. Ou bien ils revisitent l’île de Ré, l’île d’Aix et l’île d’Oléron. Et ils entreprennent, chaque année, un voyage d’une semaine à l’étranger grâce aux suggestions offertes sur Internet. Ainsi sont-ils déjà allés au Portugal, en Crête, à Lisbonne, Héraklion et Marrakech, Amsterdam et Prague, deux fois de suite en Égypte et en Croatie à Dubrovnik et à Stockholm. Si à leur âge, ils ne voyageaient pas, c’est qu’ils auraient renoncé aux joies de la découverte.

*
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1

Julien Morel est de petite taille et de raisonnable embonpoint. Il porte des lunettes, un dentier, un appareil auditif et ses cheveux ont beaucoup blanchi. Sa démarche s’avère hésitante, malaisée, à cause de son arthrose à la hanche et de ses jambes flageolantes. Pour les longues distances ou les montées trop abruptes – il a les escaliers en...

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