La veillée de Chambord / par l'Ermite de Saint-Denis

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Sandoz et Fischbacher (Paris). 1872. 18 p. ; in-18.
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Publié le : lundi 1 janvier 1872
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LA'
VEILLÉE DE CHAMBORD
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L'ERMITE DE SAINT-DENIS
^ PARIS
SÂNDOZ ET FISCHBACHEU, KDITEURS
i. 3 3, Rl!E DE SEINE, 33
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LA
il VEILLÉE DE CHAMBORD
UXV PARIS. - TYP. DE CH. MEYRUEIS
• 3, nui; CUJAS. — 1872.
PAR
L'ERMITE DE SAINT-DENIS
PARIS
33, RUE DE SEINE, 33
IS72
LA
VEILLÉE DE CHAMBORD.
La iorèt de Chambord a de sombres retraites
Qu'une vague terreur paraît avoir soustraites
Aux regards curieux de tous les visiteurs.
Les gardes-chasse eux-mêmes, eux, les vieux serviteurs,
Ne s'en approchent pas volontiers et sans crainte;
Un mystère profond y laisse son empreinte.
Parmi ces lieux maudits, l'un des plus reculés,
Que jonchent les vieux troncs des arbres écroulés.
Attriste le regard par son aspect sauvage:
On dirait le chaos, les débris d'un autre âge,
De ces temps où la France offrait Chambord en don
A cet Henri, depuis laissé dans l'abandon.
Un reproche muet, une expression sombre
La Veillée de Chambord,
Semble se concentrer dans ce désert sans ombre.
Pleurer le maître absent si longtemps attendu,
Car, au bruit de ses pas, n'a jamais répondu
L'écho que tient caché la morne solitude,
Au sein de la clairière est une masse rude,
Un rocher de granit; d'autres roches en rond
L'entourent. Le bruit court qu'y plaçant leur chaudron.
Des sorcières, la nuit, y font briller des flammes.
Qu'à minuit, avi démon, là se vendent des âmes
Or, par un soir d'été, comme un vent tiède et lourd
Passait sur la foret, y menant un bruit sourd,
Un homme, au front marqué d'une grandeur innée.
Y marchait à pas lents et la tète inclinée,
Cheminant au hasard, mais son oeil attentif
Sur ce qui l'entourait se promenait pensif.
L'étonnemcnt empreint sur son visage austère
Laissait voir qu'il venait d'une terre étrangère.
Que l'antique forêt en lui n'éveillait rien
De semblable h l'écho d'un souvenir ancien.
Pourtant, quand il entrait dans une sombre allée,
Agitant dans les airs leur tète échevelée,
Les grands arbres, en rang comme de vieux soldats,
Semblaient le saluer de leurs muets Vivais.
La lune colorait ses traits d'un ton de marbre;
Dans la clairière il vint, s'assit sur un tronc d'arbre.
Au pied du roc massif, d'aspect triste et fatal,
La Veillée de Chambord.
Où vient trôner la nuit, dit-on, l'esprit du mal.
Il médita longtemps, grave, calme, immobile;
Un violent combat, dans cette âme virile,
Sans doute se livrait, car sur son front serein
Il passait, par moments, comme un éclair soudain.
Mais le bruit d'un orage approchant en furie
Vint troubler tout à coup sa sombre rêverie ;
Le tonnerre semblait, dans un nuage épais,
Préparer en grondant ses redoutables traits.
L'étranger écouta d'une oreille attentive.
La tempête approchait dans sa marche hâtive,
Et les oiseaux de nuit, effrayés et surpris,
Epouvantaient les airs de leurs lugubres cris.
Quant h lui, l'on eût dit que son âme agitée
Trouvait dans la tourmente à l'allure indomptée,
Dans cet ardent combat qui se livrait aux cicux,
Un accord singulier, lien mystérieux
Avec les sentiments en lutte dans son âme.
Il contemplait surpris cet orage sans flamme,
Sans éclairs répandant leur sinistre lueur;
Il regardait le ciel, l'oeil profond et rêveur.
« Quel mystère, — dit-il tout à coup, — dans l'espace
« S'agite en ce moment? On dirait une chasse!
« Oui, dans l'air retentit le galop des chevaux,
« Les aboîments des chiens réveillent les échos;
« On entend dans la nue une troupe s'ébattre,

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