La veillée des armes, poëme lyrique à l'occasion du sacre du Roi

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impr. de F. Didot (Paris). 1825. 12 p. ; in-fol..
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Publié le : samedi 1 janvier 1825
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Source : BnF/Gallica
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J-Jéja la nuit descend sur le char du silence:
Le Roi dans ce palais du Très-Haut prend conseil;
Sous ces lambris, ornés du casque et de la lance,
Effeuillons, cette nuit, les pavots du sommeil !
Laissez-nous deviser et d'amour et de gloire,
Bachelettes de cour, Rheims attend nos drapeaux;
Des nobles fleur-de-lis quand vous brodez l'histoire,
Qu'une aiguille moins lente arme vos doigts rivaux.
Demain, Charles, qu'un peuple a surnommé le Sage,
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De sa couronne à Dieu fait leclatant hommage :
C'est le fils aîné de l'autel.
Le jour fuit : pour vos coeurs la prière a des charmes ;
Clotilde vous sourit de son trône immortel;
Chapelains, commencez l'hymne de Samuel;
Près de vous nos cent Preux vont veiller sous les armes.
Ainsi du fier Clisson le beau page parlait :
Dans l'émeraude et l'or la flamme étincelait ;
Et devant un trépied d'où la myrrhe s'exhale,
Resplendit l'appareil de la veille royale.
Aux jardins du palais, bientôt le troubadour
De l'âge, d'or des rois soupire le retour,
Et des bosquets émus le labyrinthe immense
Redit en doux échos la pieuse romance :
« La reine Blanche, instruisant saint Loys,
Disait : beau fils, jà t'écheoit la couronne;
Sois souvenant que c'est Dieu qui la donne,
Qu'onc ne verras nobles voeux accomplis,
Qu'au jour de liesse où par piété grande
A son église en feras l'humble offrande ;
Ains tes aïeux s'en sont enorgueillis :
Veille sur toi Notre-Dame des lis !
« Or n'y manqua monseigneur saint Loys :
L'Eternel Sire en fit monarque juste,
Bras de l'autel, oeil de justice auguste,
Fleur des chrétiens, roi des pîus accomplis.
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Tels sont encor pour la France fidèle
Maints rejetons de sa tige immortelle.
Ains les voulait monseigneur saint Loys :
Veillez sur eux, Notre-Dame des lis! »
Le théorbe se tait : la voix enchanteresse
Permet au tambourin d'éveiller l'allégresse :
Prodige harmonieux !... sous diverses couleurs,
Des Sylphes qu'une Fée enchaîna dans des fleurs,
Quittent, vainqueurs du charme, un vase de porphyre ;
Leurs jeux aériens ont étonné Zéphire.
Sur l'écharpe d'Iris l'un figure le Roi
Dans Paris salué sur son blanc palefroi;
L'autre anime avec art dans le miroir des Fées
Du vieux Montmorency les merveilleux trophées ;
Celui-ci fait briller l'aurore de Guesclin;
Mais le ciel s'illumine, et le magique essaim
Que livre encor sa Fée à la métamorphose,
Rentre, en mânes légers, dans les plis d'une rose.
Tel le frêle vélin par la flamme brûlé
Offre des feux mourants sur son cadre étoile,
Enchantement rapide où l'enfance crédule
Croit voir chaque nonnain regagner sa cellule.
Enfin, au son du cor, ramenés des jardins,
Arrivent deux à deux cent jeunes paladins.
L'Étoile d'or sur eux descend par une chaîne ;

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