La Vie de saint Silvin, évêque régionnaire, 7e et 8e siècles, honoré le 15 février. [Signé : l'abbé E. Van Drival.]

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Berger frères (Boulogne). 1852. SIlvin, Saint. In-16, 36 p., portrait.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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DE
ÉVÊQUE RÉGIONNAIRÉ,
7e et 8e Siècles. — Honoré le 15 Février..
BOULOGNE.
CHEZ BERGER FRÈRES, IMPRIMEURS-EDITEURS,
51, Grands Rue, 51.
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jalousie perfide du démon qui s'efforce
d'enlever aux enfants de Dieu les
moyens de salut, cette vie de saint Silvin
tomba dans l'oubli, puis elle disparut,
et on fut longtemps dans l'impossibilité
d'en retrouver la trace.
Cependant, vers le milieu du IXe
siècle, une sainte abbesse nommée
Leutwith parvint à découvrir celte pré-
cieuse légende au milieu d'une foule
de parchemins tombant de vétusté, et
comme elle vit que ce travail avait été
fait sans aucun art (car Anténor était
versé dans toutes les connaissances de
la religion, mais peu instruit des lettres
humaines), elle pria un homme plus
accoutumé à l'art d'écrire, de la re-
toucher, d'y mettre plus d'ordre dans
les faits , d'y ajouter enfin le poli qui
manquait complètement, tout en ayant
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soin de n'altérer en rien le récit primi-
tif. C'est ce dernier travail qui est
parvenu jusqu'à nous. Catel l'a fait
imprimer dans son histoire du Langue-
doc, et après lui les continuateurs de
Bollandus, au dix-septième jour de
février, où il est accompagné de longues
observations. Le sixième volume des
Acta Sanctorum Belgii a reproduit et
augmenté ces notes et dissertations, en
même temps qu'il nous a donné la
même vie d'Anténor retouchée par
l'anonyme du IXe siècle. Dom Mabillon
a aussi revu cette vie sur les manuscrits,
et l'a insérée avec des notes dans le
troisième volume de sa collection. Enfin,
la Bibliothèque publique de la ville de
Boulogne possède un manuscrit où se
trouve celle même vie de saint Silvin.
Ce manuscrit est du XIe ou XIIe siècle,
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et vient de l'abbaye de Saint-Bertin.
Butter le connaissait et en faisait un
cas tout particulier. Nous aurons occa-
sion de revenir sur ce manuscrit, à
l'occasion de la vie de saint Bertin,
qu'il renferme, ainsi que celles de saint
Folquin et de saint Winnoc.
LA VIE
DE
Patrie de saint Silvin ; époque où il a vécu ; ses
pèlerinages ; ses vertus.
Saint Silvin fut une sorte d'intermé-
diaire, un lien mystérieux entre les
miracles et les événements prodigieux
des siècles précédents et la foi moins
éclatante des siècles qui le suivirent.
Se levant sur le monde immédiatement
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après le VIIe siècle, si lumineux dans
nos contrées, cet astre brillant empêcha
les peuples de s'apercevoir trop subite-
ment des changements nombreux qui
s'opéraient en eux, des ténèbres qui
s'avançaient avec une effrayante rapi-
dité et qui devaient, un siècle plus tard,
obscurcir tout le ciel et laisser éclater
ces longs jets de la foudre qui ont sil-
lonné tout le cours infortuné du IXe
siècle.
Silvin florissait au temps de Charles
Martel et de Chilpéric ; il vécut jusqu'en
l'an 716. Selon la vie dont nous avons
parlé tout-à-l'heure, il serait né à
Toulouse ou dans les environs de cette
ville méridionnale ; mais l'un des au leurs
du sixième volume des Actes des Saints
de Belgique, (IsfridusThysius, chanoine
régulier de Tongerloo), établit, d'une
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manière vraisemblable selon nous, qu'au
lieu de Tholosana il devait y avoir au-
trefois dans les manuscrits Thosana.
D'après cette version, saint Silvin serait
né à Thosa ou Does, depuis Doesburg
dans le Brabant, lieu très-ancien au rap-
port du géographe Jean Blaeu, de Van
Gestel dans son histoire de l'archevêché
de Malines, et même, au dire de Guic-
ciardini, le plus ancien des municipes
du Brabant.
Dans sa jeunesse Silvin s'était uni à
une épouse ; mais bientôt, rentrant
plus avant en lui-même, et prenant
conseil des sentiments les plus intimes
de son âme, il renonça à ratifier le
pacte commencé, afin que chaste de
corps, et complètement pur quant aux
affections du coeur, il pût imiter le fils
de Marie et obtenir le centuple promis
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par l'Évangile à celui qui abandonne
sa maison, ses frères, ses soeurs, son
père, sa mère, son épouse, pour le
nom et la gloire de Jésus-Christ.
(Matth. 19, 29.)
Brisant donc généreusement tous les
liens qui l'atlachaient au monde, il
quitta sa patrie et vint dans le pays des
Morins, où bientôt il gagna au Seigneur
une multitude de peuple. Le culte divin
n'était encore connu que partiellement
dans le diocèse de Térouanne, et ses
prédications, ainsi que ses exemples de
vie parfaite, contribuèrent à étendre
la connaissance et la pratique des
oeuvres de la foi. Dès lors, tous l'ai-
maient comme un père, le vénéraient
comme un maître, et c'était avec grande
raison, car il surpassait en sainteté et
en humilité presque tous ceux qui vi-
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vaient à cette époque de refroidissement
général. Il aimait comme des frères
tous ceux qui vivaient selon la règle
chrétienne; il les chérissait comme ses
enfants, ne faisant aucunement attention
à la personne des puissants de la terre,
ne distinguant point entre le pauvre et
le riche, mais ayant toujours en vue le
culte de la religion et le dévouement
de la sainte humilité. Il était large et
grand avec tout le monde, surtout avec
les habitants de la maison de la foi
(Gal. 6, 10), comme saint Paul en a
donné le conseil. Sa parole était pleine
de douceur, ses enseignements remplis
de prudence, sa prière pleine d'humi-
lité, sa vie toute sainte. Son visage
était d'une beauté angélique, sa face
toujours calme et souriante, ses habits
pauvres; il était sans cesse à la pour-
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suite de ses propres défauts, et c'était
toujours par lui-même qu'il commençait
les corrections qu'ensuite il s'efforçait
d'appliquer aux autres pour les rame-
ner dans la bonne voie et les faire
marcher d'un pas ferme dans les sentiers
de la justice. Tous les jours il prêchait
et avertissait, car son unique ambition
était de réunir le plus possible de brebis
dans la bergerie du suprême Pasteur
des âmes.
Il recevait dans sa petite maison des
pèlerins et des hôtes, il leur lavait les
pieds, leur donnait des aliments selon
ses ressources, partageait avec eux ses
babils et ne voyait en eux que Jésus-
Christ lui-même. Il désirait en effet
être un jour au nombre de ceux à qui
le Seigneur dira : « J'ai été voyageur et
vous m'avez reçu , j'ai été nu et vous
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m'avez vêtu. Ce que vous avez fait à
l'un de ces petits, c'est à moi que vous
l'avez fait. Venez, les bénis de mon
Père, recevez le royaume qui vous a
été préparé dès l'origine du monde.. »
Sa bouche neprononçait que deshymnes
à la louange de Dieu, ou des paroles
de prédication pour le bien de ses
frères; car il avait toujours présente
à la pensée cette règle du Prophète:
« J'ai dit, je veillerai sur mes paroles,
afin de ne point pécher par ma langue. »
Plein d'une mâle vigueur dans le
service de Jésus-Christ, le bienheureux
Silvin n'admettait autour de lui aucun
objet inutile. Le luxe était à ses yeux
une monstruosité. Jamais il ne fit amas
d'or ou d'argent. Il donnait aux pauvres
tout ce qu'il avait au moment où il se
trouvait, et sans s'inquiéter, du lende-
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main ; il savait qu'à chaque-jour suffit
son mal, et il regardait les choses d'ici-
bas comme fragiles et passagères ; il les
méprisait et tendait sans cesse vers
l'acquisition de la vie réelle et durable
du Ciel, S'il se servait d'un cheval dans
ses voyages, ce n'était point par vaine
gloire ou par mollesse, mais bien à
causé de la faiblesse de son corps, qui
parvint à une extrême vieillesse;
Brûlant d'amour pour Dieu, il voulut
parcourir tous les lieux témoins des
bienfaits que le Seigneur a répandus
sur la terre par lui-même ou par ses
Saints. Il voulait aussi par ce moyen se
concilier la protection de tous les amis
de Dieu, visitant leurs tombeaux, allant
partout répandre ses prières ardentes,
afin d'avoir des amis dans le Ciel
lorsque viendrait l'heure de la fin de

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