La vigne remplacée par la betterave, la pomme de terre, etc., pour la production de l'alcool : projet de distilleries annexées aux sucreries de betteraves (2e édition) / par M. Dubrunfaut

De
Publié par

impr. de Guiraudet et Jouaust (Paris). 1854. Distillerie. 16 p. ; 21 cm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1854
Lecture(s) : 11
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 16
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LA BETTERAVE. LA POm t)E TERRE. ETC.
POUR LA
LA VIGNE
REMPLACÉE PAR
PRODUCTION DE L'ALCOOL
MB<M~BV DE DISTILLERIES
ANNEXÉES AUX SUCRERIES DE BETTERAVES
Par JU. ~ubmnfaut
L'homme qui se borne à récolter
des mains de la nature c'est pas
agriculteur.
DEUXIÈME ÉDITION
PARIS
!MPR!MER!E DE GUIRAUDET ET JOUAUST,
RCE 8A!NT-BO!fOBÊ, 338
i854
AVERTISSEMENT.
Févderl8S4.
La première édition de cette brochure a été imprimée
en 1845. Nous avons cru devoir la reproduire sans
changements, nonobstant les modifications que le temps
a pu apporter dans nos vues sur la question qui y est
tra't<5o
LA VIGNE
REMPLACEE PAR
LA BETTERAVE, LAPQMME M TERRE, ETC.
POUR LA
PRODUCTION DE L'ALCOOL.
Notre expérience nous avait indiqué dès tong-temps
les avantages qui pourraient résulter pour l'agriculture
de l'annexe de distilleries aux sucreries de betteraves.
Les circonstances étant plus que jamais favorables à
la mise en œuvre de cette annexe (année 1845), nous
nous sommes décidé à livrer à la publicité nos idées sur
cette question.
Si la culture de la vigne et l'emploi de t'aicoo! comme
boisson ont donné à cette substance une grande impor-
tance dans notre régime alimentaire et économique H
faut convenir qu'elle est loin d'avoir pris le rang qui lui
convient, et l'on doit en attribuer particulièrement la
cause à l'impôt énorme qui la grève.
Si la raison, aidée de considérations morales, tend à
justifier l'impôt qui pèse sur l'alcool boisson, il n'en est
plus de même de l'alcool qui sert aux opérations des arts.
L'expérience prouve en effet que le chiffre de l'impôt
n'exerce aucune influence sur la consommation de l'alcool
boisson, tandis qu'il affecte d'une manière grave l'emploi
de l'alcool destiné aux opérations des arts, que nous dési-
gnerons pour cette raison sous le nom d'alcool ïM~H~n~.
4
L'alcool est en effet un liquide doué des propriétés les
plus caractéristiques et les plus utiles que l'industrie et
l'agriculture puissent produire. C'est après l'eau le dis-
solvant le pluséconomique. Sonprix moyen actuel sans
les droits, au titre 88 à 90 degrés centésimaux, peut être
considéré comme étant 60 à 65 centimes le litre (1).
A ce prix, la consommation de l'alcool industriel
pourrait acquérir un développement prodigieux, si le fisc
ne venait entraver ce développement en augmentant
considérablement sa valeur dans beaucoup de circon-
stances. L'alcool à 90 degrés centésimaux acquitte en
effet un droit de trésor de 56 c. par litre, et dans les
grandes villes comme Paris, ce droit est porté avec l'oc-
troi à 78 c.
La multitude des opérations des arts qui admettraient
utilement l'alcool en franchise pourrait, sans exagération,
décupler la consommation de ce produit. Que d'avanta-
ges ne résulteraient point pour le pays de cette conquête,
qui enrichirait l'agriculture
L'alcool industriel a déjà pris rang dans la consom-
mation malgré Fenormité de l'impôt. Ainsi les vernis, la
chapellerie, les capsules fulminantes les éthers, les
eaux de Cologne, les sels de quinine, l'ont admis comme
une nécessité mais toutes les grandes industries qui
pourraient l'admettre sans l'impôt, comme l'éclairage~ le
chauffage, etc., ont dû y renoncer.
Une loi dite de dénaturation a été votée dans l'avant-
dernière session (1844); elle a pour objet de rendre à l'al-
cool industriel toute sa liberté et toute sa valeur. Jusque
ici cette loi, livrée au bon plaisir des règlements adminis-
(1) t) a valu quelquefois a Paris 43 à 44 fr. l'hect. En 1817 s&s
prix s'est 6)evé à 400 fr.
-1)-
tratifs, n'a produit aucun résultat. H faut espérer que les
chambres, qui s'en occupent, compléteront leur œuvre
en forçant l'administration à ne point mettre la loi de
dénaturation au nombre des lettres mortes.
A part les alcools qui comme boisson tirent du cru des
vins et de nos habitudes une valeur considérable, il faut
convenir que la vigne est un intermédiaire peu ration-
nel pour la production de l'alcool.
La vigne est en effet une culture chanceuse, qui livre
son produit à toutes les influences mobiles des météores,
de là dans le cours des alcools de grandes variations qui
sont encore aggravées par la spéculation aux diverses
époques du bourgeon, de la fleur, et de la récolte.
Nulle ressource pour l'agriculture et la consomma-
tion nécessiteuse avec une plante vivace qui parfois
produit trop, et souvent ne produit point assez.
La production de l'alcool livrée aux plantes qui en-
trent en assolement, comme la pomme de terre, les bette-
raves, les céréales, !es topinambours, etc, offre une su-
périorité incontestable.
Ces cultures en effet, liées à la distillation, réalisent
le principe de la consommation sur place elles changent
la forme, donnent des engrais et de la viande, et elles
offrent ainsi aux agriculteurs des moyens certains d'ac-
croître la fécondité et la valeur du sol, au lieu de l'ap-
pauvrir.
La culture assolaire considérée comme moyen de pro-
duire de l'alcool offre donc une grande supériorité sur ia
vigne (1). Appelée, par les esprits fins que nous sommes
(1) Une terre plantée en vignes ne produit qu'après quelques
années. Cette culture ne satisfait pas à la condition rationnelle des
variations de récoltes, et quelques années d'abondance ou de di*
sette menacent également le vigneron, dont les profits sont exclu-
g
parvenu a produire, à rivaliser avec les alcools de raisins
pour les besoins de la bouche, elle est encore appelée à
fournir régulièrement et économiquement à toutes les
exigences de la consommation industrielle.
Une particularité remarquable c'est qu'une surface
donnée de bonne terre à céréales cultivée en bettera-
-vesou en pommes de terre peut donner plus'd'alcool
qu'une pareille surface de bonne terre cultivée en vi-
gnes (1).
La distillation agricole est donc une opération qui doit
être constamment productive mais, pour atteindre ce
résu!tat, il faut tout d'abord et par dessus.toutes choses
que l'agriculteur se livre d'une manière permanente à la
fabrication des esprits dits cs~'t~ fins, qui seuls peuvent
entrer en rivalité avec les 3~6 du Languedoc.
La distillation des betteraves en nature a été tentée à
diverses époques mais sans résultats. Une seule per-
sonne parait l'avoir pratiquée avec avantages, et n'a pas
trouvé d'imitateurs.
Cette opération agricole et manufacturière peut donc,
au point de vue de l'application, être considérée comme
un problème à résoudre.
En effet, considérée comme opération isolée, la distil-
sivement enchainés à sa récolte unique et au prix de son vin. Là
nul moyen de se sauver ni de changer quand les circonstances sont
défavorables; c'est de la vigne et toujours de la vigne, du vin et
toujours du vin.
(1) Un hectare de bonne terre cultivée en vignes fournit dans
une année abondante 30 muids de vin, qui peuvent rendre 4 pipes
de 3)6. Un hectare de bonnes terres à betteraves du nord dans les
bonnes années pourrait produire 5 à 6 pipes de 3;6, et notons que,
si les années d'abondance pour la vigne sont rares, à cause de la
susceptibilité du végétal, il n'en est pas de même de la betterave e
dont le produit abondant n'est soumis pour ainsi dire qu'à une seule
éventuafité à savoir la germination de la graine.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.