Lainé,... au sieur Appert, artiste en calomnie, fabriquant de mauvaises fricassées qu'on jette à l'eau et de gélatine qui gâte les vins

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impr. de A. Moessard (Paris). 1828. In-8° , 31 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1828
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LAINE,
Au Sieuv APPERT,
Artiste en Calomnie, Fabriquant de mauvaises Fricassées
qu'on Jette à /'Eau, et de Gélatine qui gale les Finsvins.
Paris, 20 janvier 1828,
LAINE,
NÉGOCIAN'T-DRO GUISTE ,
Au sieur APPERT,
Artiste en Calomnie, Fabriquant de mauvaises
Fricassées qu'on jette à l'EAU, et de GÉLATINE
qui gâte les vins.
JE E ne souffris jamais qu'on manquât de respect à une
femme en ma présence ; et vous paraissez croire que je
vous verrai constamment insulter la mienne : c'est une
erreur • mais je la conçois ; car ayant vu les envieux ,
les méchans , les grands orgueils et les petites capacités
finir, après dix ans de combats, par m'atterrer momen-
tanément , vous vous serez dit : Vite le coup de pied de
l'âne. Heureusement je ne suis pas encore vieux, sieur
Appert ! et quand un animal de votre espèce me lance
des ruades trop souvent réitérées , je lui coupe les
pâtes.
Ce ne sera pas long; car je vais promptement démon-
trer comme quoi vous êtes un menteur, un calomnia-
teur, un plagiaire, un charlatan, et quelque chose de
pis.
Scripta manent, verba volant.
C'est du latin cela, sieur Appert ; et comme vous ne
savez pas même le français, je dois vous en avertir, afin
que vous puissiez vous le faire expliquer.
1
( 2 )
Vos premiers mensonges écrits, venus à ma connais-
sance, se lisent dans le Journal du Commerce, les
10 octobre, 28 décembre 1825, et 13 janvier 1,826.
Vous y représentez, d'accord avec MM. JACQUES et
C.ie, madame Lainé comme votre dépositaire; mais où
sont les comptes qu'elles vous a rendus? produisez-les,
ou passez pour un menteur.
Madame Laine répondit à vos mensonges, le 25 jan-
vier 1826, par une insertion pure et simple, dans le
même journal, de sa Notice sur la Gélatine , et elle ne
parlait pas de vous, sieur Appert; mais à la qualification
d''ouvrier-chimiste, vous vous reconnûtes, et fîtes in-
sérer, le 27 dudit, dans la même feuille, un article assez
mal tourné, et par lequel vous promettiez un mémoire
sur la Gélatine.
Ce Mémoire se transforma en une très-courte Notice,
sans date, et dans laquelle, à propos de Gélatine, vous
prenez le titre d'artiste.
Pavais cru jusqu'ici , avec tout le monde, que la
Gélatine appartenait à la chimie, et que cette dernière
était une science; mais, grâce à vous, c'est un art, et
comme le Bourgeois Gentilhomme de Molière, qui fai-
sait de la prose sans s'en douter, en prononçant O, je
suis artiste quand je fais de la Gélatine; mais je ne
serai jamais de votre force, sieur Appert, et vraiment
j'en désespère ; car trente années d'études ou de pra-
tiques dans les sciences naturelles ne m'ont pas encore
appris comment, en vous imitant, on faisait des Con-
serves excellentes pour être jetées aux poissons, et de
la Gélatine qui gâte les vins.
Vos livres, votre correspondance que j'eus la bonho-
mie de faire quand je vous croyais un honnête homme,
les armateurs du Hâvre, le Frondeur, 14 juin 1826,
la gabare venue du Chili à cette époque, etc., etc.,
prouveront ce que j'affirme à ceux qui pourraient en
douter.
Quant à la Gélatine inférieure qui gâte les vins,
madame Laine possède des lettres écrites en mars, avril
et mai l825", par MM. Amiel frères, à Genève;
L.-A. Veirane, à Marseille; V. Bietrix Sionest, à Lyon ;
Vinay frères, à Angers, etc., etc., où ils se plaignent ,
amèrement de le Gélatine, disant : La qualité était
mauvaise, au point de nous avoir perdu des vins
après nombreuses tentatives pour les clarifier, et
toutes infructueuses. Eh. bien! sieur Appert, cette Gé-
latine avait été faite par vous tout seul, lorsque, per-
sécuté par des hommes de votre trempe, je fus obligé
de vous abandonner à vos propres forces, et que , mau-
vais ouvrier autant que fanfaron, vous crûtes pouvoir
voler de vos propres ailes.
Mais en fait de ruse ou de méchanceté, vous êtes
passé maître, et battu, démasqué à Paris, vous courûtes
vite à Bayonne, faire insérer ce qui suit, dans la Feuille
de Commerce, 10 juin 1826.
Lettre adressée par M. Appert, à M. Lécussan,
parfumeur de cette ville.
Paris, lé 17 janvier 1826.
MONSIEUR,
J'étais loin de m'attendre que par un sentiment de vengeance
et de dépit, M. Lainé^ qui est encore mon débiteur de 5,ooof.
pour fourniture de Gélatine, chercherait, par un prospectus en-
forme de diatribe, à nuire à mes productions.
Il annonce dans ce prospectus qu'il a obtenu Un brevet, et
que c'est chez lui seul qu'on trouve la véritable et bonne Géla-
tine; tandis qu'il n'en a jamais vendu d'autre que celle qui se
fabrique chez moi: mes registres et sa correspondance en font foi.
31. Lainé ayant fait trois faillites, j'ai du par prudence
retirer mon dépôt de ses mains, et le confier à MM. Jacques
et C, banquiers à Paris; depuis lors il s'est lui-même adressé
à cette maison , afin d'avoir de la Gélatine.
Son charlatanisme va être dévoilé au public par un mémoire
et par des insertions dans les journaux ; en attendant, j'ai cru
devoir vous écrire la présente, afin de vous prémunir contre le
piège que M. Lainé tend à la crédulité.
J'ai l'honneur d'être, etc.,
APPERT.
(4)
Un ami m'ayant adressé ce journal deBayonne, j'y
fis la réponse suivante :
A Monsieur l'Editeur de la Feuille d'Annonces de Bajonne.
Paris, le 25 juin 1826.
MONSIEUR,
«Votre feuille du 10 du courant, à laquelle je ne suis point
» abonné, m'a été communiquée hier en arrivant d'un petit
•» voyage; j'y ai lu, sous la date du 17 janvier dernier, une lettre
» adressée par le sieur Appert à M. Lécussan, parfumeur de
» votre ville ; et, aux termes de l'article 11 de la loi du 23 mars
« 1822, je vous prie, Monsieur, d'insérer ma réponse à cette
» lettre clans votre plus prochain numéro.
» Je n'ai point publié de diatribe contre le sieur Appert; il
» ment, il calomnie, et je le défie d'apporter la preuve de ce
» qu'il avance si impudemment.
» Loin de nuire aux productions du sieur Appert, je les prônai
» quand elles furent bonnes. Cet homme ne sait pas écrire, et
«pendant plusieurs années j'ai rédigé ses requêtes, mémoires,
» prospectus, ,prix-courans, et même sa correspondance avec
» les armateurs du Havre et autres, auxquels il a remboursé la
» valeur de productions mal préparées, gâtées, décomposées,
» et que les capitaines, placés entre la disette et la putridité,
» durent jeter à la mer. Que le sieur Appert ose dénier les faits;
» qu'il réfute ce que le Frondeur du 14 du courant dit de ses
» productions.
» Le sieur Appert, qui ignore les plus simples élémens de la
» physique et de la chimie, a toujours travaillé la Gélatine sous
» la -direction, ou pour compte de MM. Darcet et Robert, sous
» mon inspection personnelle, ou pour compte de mon épouse ;
«mais obligé comme je le fus, par des circonstances impé-
» rieuses, d'abandonner momentanément, il y a trois ans, le sieur
» Appert à ses propres forces, il fit de la Gélatine tellement
» mauvaises, que tous les consommateurs habituels élevèrent de
» vives réclamations. Après avoir ramené cet ouvrier dans la
»bonne voie, je lui avançai de l'argent, un capitaliste lui prêta
» 3o,ooo fr. à ma considération. Cette somme fut employée en
» préparations jetées à l'eau; et si le sieur Appert s'est trouvé
»dans ma faillite, ce n'est pas pour 5,000 fr., encore a-t-il
» voulu y être pour une partie de la dette, en ne faisant pas le.
» nécessaire à des traites que je lui avais données.
» Mais il va bien au sieur Appert de parler de faillite, lui
(5)
«qui a manqué plusieurs fois, sans donner peu ou pointde-
» dividende!. Si j'ai failli,. ce fut lors de la chute, du système
» continental, et en compagnie de cinq à six mille respectables
«négocians. Je donnai jusqu'à 62 p. %; ,et bon nombre de mes
» créanciers ne perdirent rien avec moi. Je m'étais glùrieuse-
» ment relevé; mais je succombai une seconde fois en 1818, sous
» l'influence d'une banqueroute et de vingt-deux faillites; et,
» malgré les dilapidations inouies commises par dès syndics
« envieux, jaloux, ignorans, auxquels je réclame huit cents
» mille francs, et contre lesquels j'ai déjà obtenu un jugement
» et un arrêt favorables, mes créanciers reçurent par contrat
»d'union, de 66 à 77 p. %
» Les manoeuvres de quelques coteries, dont j'avais bien invo-
lontairement blessé l'orgueil dans mes écrits, m'ont de nouveau
» fait faillir en 1824. Des hommes sans âme, sans roi ni patrie,
» ont ainsi, mais momentanément, empêché l'exécution dé mes
» plans commerciaux. Le royaume des Pays-Bas, la Prusse et
» l'Angleterre les ont adoptés ! ! !....
» La place que la loim'âccorde dans votrefeuille étantlimitée,
» je bornerai maréponse, en disant que ce n'est pas moi qui suis'
» propriétaire du brevet d'invention et de perfectionnement de
» la Gélatine; je ne l'ai jamais dit, et n'ai pas pu le dire: ce
» brevet est du 10 novembre 1825;. il appartient à.mon épouse.,
» et sa fabrique est dans un heureux état de prospérité.
» Si l'artiste Appert, tel on le qualifie dans un petit écrit sans
»date ni signature, répandu dernièrement jusque dans les cafés
» de la capitale; si l'artiste Appert était aussi habile qu'il veut le
». faire croire, ses productions ne seraient pas journellement jetées
» à la mer; il n'imiterait pas la forme des paquets de Gélatine que
» vend M.me Laine; il copierait encore moins, et mot à mot, les
»notices, qu'elle, ou moi-même, donnions antécédemment.
» Ces ruses, ces moyens honteux, et d'autres encore, pourront
» surprendre quelques hommes honnêtes et crédules; mais l'expé-
» rience les détrompera :1e temps et les tribunaux font d'ailleurs.
» justice de tout,_ et, avec de la patience, tout arrive a point,.,
» J'ai l'honneur d'être,, etc. ».
Cette réponse, à laquelle vous ne fîtes aucune ré-
plique, parce que c'était impossible, établit déjà victo-
rieusement que vous êtes un menteur, un calomniateur,,
un plagiaire, comme l'extrait du Frondeur qui suit
prouve que vous êtes un fabriquant de mauvaises fri-
cassées. .
(6) 6 )
Extrait du Frondeur, du 24 juin 1826.
«J'arrive à Paris après une traversée de quatre-vingt-dix jours.
» Nous étions sur une gabare qui, partie de Valparaiso au mois
» de mars(le 10), est entrée au Havre le 11 juin. J'ai pris aussitôt
» la diligence, et je veux, en débarquant, vous donner des nou-
» velles de mon voyage.
» Je dois vous parler d'abord des Conserves de M. Appert,
» qui ont failli à nous être funestes. L'invention est bonne, mais
» elle a absolument besoin d'être perfectionnée; car voici ce qui
«est certain; c'est qu'en mer, fort bien approvisionnés de ses
» boîtes et de ses bouteilles, de son lait et de ses gigots de mou-
» ton, nous en avons vu partir plusieurs comme des fusils, et
» nous en avons perdu d'autres par la fermentation qui s'établit
» malgré les précautions prises. Alors il se répand dans les
» chambres une odeur qui force de jeter les provisions à la
«mer, et qui met dans l'embarras ceux que leur imprudence
» a privés d'autres secours».
Fouetté comme vous veniez de l'être, un menteur
et un calomniateur ordinaire se serait condamné au
silence; mais vous, pas du tout; car, plus impudent
que jamais et d'accord avec vos croupiers, MM. Jacques
et compagnie, vous placardiez sur les murs de la capi-
tale de grandes affiches, dans lesquelles vous offriez
votre mauvaise Gélatine à 6 au-lieu de 10 francs le kilo-
gramme, etc., etc. Madame Lainé se borna à répondre
ce qui suit :
« Brevetée d'invention et de perfectionnement pour la Gela-
» tine, par acte du 10 novembre 1825, et Ordonnance royale
» du 18 janvier dernier, j'ai lu avec étonnement les singulières
» annonces d'un Contrefacteur et de vendeurs maladroits de ce
» précieux produit.
» Le premier se prétend inventeur d'une Gélatine ; mais c'est
» un inventeur sans Brevet, dont les inventions deviennent
» promptement putrides, et sont journellement jetées à l'eau:
» ceux qui douteraient de cette vérité, peuvent consulter le
» journal le Frondeur, 24 juin, la Feuille de Bayonne , 5 sep-
» tembre, les Négocians du Havre, etc., etc.
» La soi-disant Gélatine, vendue six francs le kilogramme,
» gâte les vins immédiatement ou peu de temps après avoir été
( 7 )
» employée; et il ne peut en être autrement ; car cette substance
» est le résidu épaissi de vieux jus de viandes, annoncés vingt
» fois dans le Journal du Commerça, et dont la valeur intrinsè-
» que, comparativement à la véritable Gélatine, est celle d'une
» pinte de vieille piquette gâtée, avec une bouteille de vin des.
» plus généreux.
» En donnant ces avis, madame LAINÉ use de son droit; elle.
» détruit les misérables insinuations placardées sur tous les murs
«de la capitale; elle sert son intérêt, celui du Commerce, et
» si désormais de pareils actes émanaient du Contrefacteur et des.
» vendeurs, elle ne répondrait pas, mais elle placerait son Brevet
» et la vérité sous la protection des lois, et réclamerait des dom-
» mages et intérêts de tous lés fauteurs »..
Un mois après, le 25 janvier 1827, vous écriviez à
M. Canon-Froger, marchand de vins à Angers, et on
lisait dans le journal du département de Maine-et-Loire,
le mardi 6 février 1827, la lettre suivante :
Paris, le'25 janvier. 1827.
A M. Canon-Froger, marchand de Vins, à Angers.
Les sieurs et dame Lainé ne cessant depuis long temps,
de répandre contre moi les diatribes les plus offensantes, je
crois de mon devoir de vous prémunir contre les mensonges
renfermés dans ces libelles. L'animosité des époux Lainé date
de l'année 1825, époque où je cessai de leur livrer ma Gélatine,
par la raison que je n'en pouvais être payé.
La réduction considérable que je viens d'apporter récem-
ment dans les prix, en leur interdisant tout espoir de concur-
rence, a réveillé leur colère : tous les moyens, dès-lors, ont-
été employés par eux pour séduire le public. La dame Lainé,
à l'instigation de son mari, a publié un prospectus dans le-
quel, se targuant d'un brevet d'invention obtenu par elle en
novembre 1825, elle annonce avec emphase qu'elle va me...
poursuivre devant les tribunaux , comme plagiaire, etc.
Ce brevet, qui existe réellement, pourrait faire penserque la
dame Lainé a quelques droits à la confiance ; c'est une erreur
qu'il m'importe de détruire. Ce fui à ses risques es périls que
(8)
la dame Lainé l'obtint le 10 novembre 1825, trois ans après
que j'eus publié ma découverte de la manière la plus formelle
et la plus authentique. ( Voyez les Numéros du Journal des 5,
g, l3 et jours suivans de janvier).
Je vous préviens , Monsieur, pour votre gouverne. que je
fais en ce moment les diligences nécessaires pour obtenir répa-
ration de ce grief, et pour faire supprimer le brevet indûment
accordé à M.me Lainé.
Quant aux calomnies répandues dans ses notices , je ne crois
pas avoir besoin d'y répondre ; la conduite des époux Lainé
est trop connue, leur charlatanisme trop patent, pour que leurs
injures puissent nuire à aucune réputation. S'il existait encore
quelqu'un assez crédule pour être leur dupe, le jugement du
tribunal de police correctionnelle, qui vient de condamner à
deux années de prison le sieur Laine, comme banqueroutier
frauduleux, suffira, je crois,pour le convaincre de son erreur.
J'ai l'honneur de vous saluer,
APPERT.
Où étaient, le 25 janvier 1 827, où sont encore aujour-
d'hui les diatribes que madame Lainé répandait contre
vous? Que vous devait-elle alors, et que vous doit-elle
aujourd'hui? Produisez un titre, une lettre, une note
quelconque, misérable, ou passez pour un homme
atroce. Mais insulter une femme respectée de tous ceux
qui la connaissent, et qui par-conséquent devrait l'être
de vous, ne peut être que le fait d'un être méprisable
comme le sieur Appert, qui , marié et ayant des
enfans, vit, séparé de son épouse et de ses filles, avec
une Ne salissons pas ma plume.
A votre insertion dans le journal de Maine-et-Loire,
ma femme et moi répondîmes le 20 février, dans la
même feuille.
(9)
Paris, le 12 février 1827.
A Monsieur l'Editeur de la Feuille d'Annonces.
MONSIEUR,
« J'ai lu, dans votre numéro du 6 courant, une lettre
» adressée par le sieur Appert à M. Canon-Froger, marchand
» de vins à Angers : et aux termes de l'art, n de la loi du 25
» mars 1822, je vous prie , en ce qui me concerne , d' insérer
» ma réponse à cette lettre dans votre plus prochain numéro.
» Je n'ai point publié de diatribes contre le sieur Appert
» il ment, il calomnie, et je le défie d'apporter la preuve
» de ce qu'il avance si impudemment. Cet HOMME NE SAIT PAS
» ÉCRIRE; et pendant plusieurs années j'ai rédigé ses requêtes,
» mémoires, prospectus, prix-courans, et même sa correspon-
» dance avec les négocians du Havre et autres, auxquels il dut
» rembourser la valeur de productions mal préparées, gâtées,
» décomposées, et qui furent jetées à la mer. Que le sieur
» Appert ose dénier ces faits, qu'il réfute le Journal le Fron-
» deur, du 14 juin, et la Feuille de Bayonne du 5 septembre
» de l'année dernière.
» Le sieur Appert, qui ignore les plus simples élémens de
» la physique et de la chimie, et dont, de sa pleine autorité,
» M. Canon-Froger fait un célèbre chimiste, a toujours tra-
» vaillé la Gélatine sous la direction ou pour compte de MM.
» Darcet ou Robert, sous mon inspection personnelle, ou pour
» compte de mon épouse; mais obligé comme je le fus par des
» circonstances impérieuses, d'abandonner momentanément, il
» y a trois ans, le sieur Appert à ses propres forces, il fit de
» la Gélatine tellement mauvaise , que tous les consommateurs
» habituels élevèrent de vives réclamations. Après avoir ramené
» cet ouvrier dans la bonne voie, je lui avançai de l'argent;
» et un capitaliste lui prêta trente mille francs à ma considé-
» ration , pour préparations jetées à l'eau!!!....
» Si l'artiste Appert, tel on le qualifie dans un petit écrit
» sans date ni signature, répandu dernièrement jusque dans
» les cafés de la capitale ; si l'artiste sJppert était aussi habile
» qu'il veut le faire croire, ses productions ne seraient pas
» jetées à la mer; il n'imiterait pas la forme des paquets de
» Gélatine que vend madame Laine; il copierait encore moins,
» et mot a mot, les notices qu'elle ou moi-même donnions
» antécédemment.
2
( 1o )
» Mais il faut être d'une impudence vraiment inouie , pour
» dire, comme le fait le sieur Appert, que sa découverte
» existait depuis trois ans , quand madame Lainé obtint son
» brevet le IO novembre 1825 ; le sieur Appert parle d'un
» journal et d'un mois de janvier, dans sa lettre; mais de quel
» journal et de quel mois de janvier veut-il parler ?
» La Gélatine fut inventée par M. Darcet, inspecteur gé-
» néral des monnaies; et M. Robert, co-propriétaire du brevet,
» alors administrateur du commerce et des manufactures, l'of-
» frit dans les salles du Louvre, en 1819, à l'Exposition des
» Produits de l'Industrie, et il obtint une médaille de récom-
» pense et d'encouragement. Depuis lors, sans interruption et
» par un arrangement avec M. Robert, je fus seul chargé de
» la vente, et le sieur. Appert travailla la Gélatine, mais en
» qualité d'ouvrier, pour et sous la surveillance de M. Robert
» ou de moi; et ceci, a continué jusqu'au jour où madame
» Lainé a obtenu un brevet.
» Tout est folie et mensonge dans ce que dit le sieur Appert :
» un jugement du tribunal correctionnel m'a, dit-il , condamné
» à deux ans de prison , comme banqueroutier frauduleux :
» cette assertion est d'une absurdité ridicule; car le dernier
» clerc d'un huissier et le moins instruit des négocians, savent
» qu'un banqueroutier frauduleux est jugé par la Cour d'assises
» et non par le Tribunal correctionnel, et qu'il est condamné,
» non pas à la prison, mais aux travaux forcés!!!
» Quant à la conduite des époux Lainé, elle est celle que
» d'honnêtes gens doivent tenir; pour celle du sieur Appert,
» il sait TRÈS-BIEN qu'on n'en pourrait pas dire autant!!!...
» J'ai l'honneur d'être , etc.
LAINÉ.
Paris, le 12 février 1827.
A M. l'Éditeur de la Feuille d'Annonces.
MONSIEUR,
« En attendant' que le sieur Appert fasse annuler L'ORDON-
» NANCE ROYALE du 8 janvier 1826, qui me concède le brevet
» pour la Gélatine, je vous prie de vouloir bien annoncer dans
(11)
» votre plus prochain numéro, que ce précieux produit conti-
» nuera à se vendre chez M. Guittet, pharmacien à Angers,
» au prix de dix francs le kilogramme, avec faculté d'établir
» des dépôts secondaires dans tout le département de Maine-
» et-Loire.
» J'ai l'honneur d'être, etc. Femme LAINÉ.
Remarquez, sieur Appert, que ce fut la première
fois où madame Laine prononça votre nom; consé-
quemment elle n'avait pas publié de diatribes, de men-
songes et de libelles contre vous.
Entre temps, vous adressiez, le 31 janvier même
année 1827, des lettres à tous les dépositaires de madame
Lainé: il se pourrait, sieur Appert, qu'elles fussent
placées, avec le journal de Maine-et-Loire , sous les
yeux des magistrats.
Je croyais que ma riposte vous forcerait au silence;
pas du tout, car vous revîntes à la charge; mais cette
fois vous fîtes le plaisant, et content de vous, sans
doute, vous envoyâtes, non pas à madame Lainé, mais
à moi, une belle affiche jaune, sans date, avec épigraphe
tirée d'une fable de La Fontaine .; affiche placardée par
toute la France et dont la copie suit :
GÉLATINE D'APPERT, pour la Clarification des Vins, Bières ,
Eaux-de-Vie et autres Liquides, à 6 francs le kilogramme.
Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,
Et que l'on nomme plagiaires.
Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui:
Ce ne sont pas là mes affaires.
Le mérite de la Gélatine, pour la parfaite clarification
des vins et de tous autres liquides, est généralement reconnu et
2* -

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