Le Baron Brisse. Année 2,Série 2,Numéro 6

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imp. de Bonaventure (Paris). 1867. Vol. in-4°.
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Publié le : mardi 1 janvier 1867
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Dauxi è me année.
DEUXIÈME SÉRIE.
80 CENT. LA LIVRAIS,
Février 1868.
NUMÉRO 6.
RÉDACTION:
7, RUE GOÉNÉGACD.
PARAIT CHAQUE SEMAINE.
PAR AN : PARIS, 10 fr.
DÉPARTEMENTS et ALGÉRIE, 12 fr.
ÉTRANGER, suivant le tarif postal.
ADMINISTRATION :
1, RUE CASSETTE.
CHÏ^O^icjue GOUÏ^M/^DE.
Quand chaque jour j'étais en communication
avec le public, le compte rendu des visites aux
halles que, malgré neige, pluie et vents, je m'im-
posais chaque matin, avaient un réel intérêt pour
les friands aussi bien que pour les maîtresses de
maisons. Dans Paris, le prix du jour des denrées
de halles, étant le résultat des ventes à la criée de
la veille, tous pouvaient savoir le soir quelles
victuailles se trouveraient le lendemain sur le
marché et en connaître le prix. Dans les ménages
on en causait sur l'oreiller, un menu s'y décidait
et on rêvait la nuit des félicités qu'il promettait.
Il ne faut pas rire de ces petites joies intérieu-
res elles, constituent le vrai bonheur de la vie en
famille.
Ma chronique hebdomadaire est bien loin d'of-
frir le même intérêt ; aujourd'hui par exemple où
depuis quarante-huit heures la chasse est close,
qu'importe à mes lecteurs de connaître le prix
du gibier pendant les derniers jours de licence ?
Les ménagères n'auront pas non plus d'avantage
à apprendre que de grandes variations résultant
TOME 1.
des grands vents se sont produites sur le marché
au poisson depuis une semaine.
En somme l'emploi de ce que je rapporte des
halles ne vaut pas la peine que je me donne à l'y
aller chercher.
Il est plus pénible encore, comme aujourd'hui
d'avoir à constater que tout devient de plus en plus
cher; 15 francs une langouste!!! On ne peut
croire, mais c'est la vérité.
Et cependant les trois quarts des braves gens
auxquels on sert toutes ces denrées si cher payées
mangeraient avec plus de plaisir, si on ne les voyait
pas, un bon haricot de mouton ou des maquereaux
à la maître d'hôtel ! !
Maintenant qu'elles sont constatées, arrachons-
nous bien vite à ces tristesses.
Vendredi dernier j'ai eu la bonne pensée d'aller
assister à la réunion mensuelle des membres du
Caveau, qui a lieu maison Douix, au Palais-Royal.
–Là, pour un prix relativement modeste, 8 francs
par tête, on a un dîner fort acceptable servi dans
de magnifiques salons et on entend toujours après
le dîner quelques charmants couplets. Qu'on en
juge-
Vendredi était jour de réception d'un membre
6e LIVRAISON.
42 LE BARON BRISSE.
associé, fort goûté de tous pour son bon caractère.
En réponse à la chanson que tout récipiendaire
doit fournir le jour de son admission, MM. Protat
et Clairville improvisent les quatre couplets sui-
vants dont je n'enlève pas un traître mot.
AIR : de VApothicaire.
Au Caveau quand on est admis
Pour le mérite de ses œuvres,
De Montariol, mes chers amis,
Voyons donc quels sont les chefs-d'œuvres,
Tiens ; il me semble qu'il n'a fait
Que de légères patenôtres;
Mais si nous l'avons admis, c'est
Que ses chansons valent les nôtres.
Ceites, Montariol n'est pas beau,
Cela lui soit dit sans reproche,
Mais bien des membres du Caveau
Ont une drôle de caboche :
Bah ! c'est une affaire de goût,
En nous voyant les uns les autres
On peut convenir qu'après tout
Sa binette vaut bien les nôtres.
Montariol sans doute a des. mœurs.
Mais ce sont des mœurs déplorables :
Il a toutes les impudeurs,
Il a des vices incroyables,
Il ourse. Que c'est affreux! mais
Ne faisons pas les bons apôtres,
Et pardonnons à ses excès,
Car ses mœurs valent bien les nôtres.
Ne veuillez voir dans tout ceci
Qu'une simple plaisanterie,
Car la vérité, la voici,
Et la voici sans flatterie :
Tous ses couplets sont des meilleurs,
Son physique prime les vôtres,
Il n'a que d'excellentes mœurs.
On n'en dit pas autant des nôtres.
Puis c'est M. Grangé qui, à propos de l'affaire
Ste-Barbe, nous dit des couplets dont je puis au
vol saisir deux ou trois.
Voyez pourtant, voyez où nous conduit
L'adoption d'un semblable système ;
Le beau Dunois, s'il vivait aujourd'hui,
Ne pourrait pas devenir fort en thème.
Quand un grand saint, mieux que vous élevé,
Fondait l'asile ouvert à l'innocence,
Vincent de Paul à chaque enfant trouvé
Demandait-il son extrait de naissance ?
Un jour, qui sait si l'élève sans nom *
Ne sera pas de ses maîtres la gloire?
Plus d'un bâtard fut le premier chaînon
D'une famille illustre dans l'histoire.
L'onneau brisé peut fournir des plantards;
Messieurs les pions, indulgence aux moutards.
M. Oscar de Poli fait, par un mort, dire à M. Haus-
smann des choses fort drôles que j'ai le regret de
ne pas avoir suffisamment retenues ; j'ai pour finir
un couplet de M. Protat qui sent le terroir sur le-
quel aime à cultiver le joyeux poëte.
Les maris trompés sont une mine
Que nous exploitons à grands frais,
Peu de chanson qui n'sa termine,
Sans leur décocher quelques traits.
Ah ! mon Dieu ! comment ne pas 'rire,
Quand on voit tant de fronts bossus,
Et tant d'autres dont on peut dire:
Il y a quelque chose à faire là-dessus?
Au Caveau où, comme dit son président, on
chante de tout. ce qui n'est pas trop défendu. La
soirée se passe joyeuse, la digestion se fait bien,
on se retire content, et en se couchant, on peut
dire : J'ai bien employé ma journée.
CORRESPONDANCE.
Un de nos abonnés et ami, qui consciencieu -
sement pratique le culte de Comus, m'envoie de
Bordeaux les notes suivantes, pour compléter,
1 dit-il mon, dernier numéro.
AUTRE MÉTHODE POUR TRUFFER LES VOLAILLES.
Mêler sel, poivre et 4 épices ; bien rouler les
truffes dans ce mélange.
Râper du lard frais ;
Entourer chaque truffe de ce lard, de façon à
ce qu'elle ait la forme d'un œuf, et l'introduire
dans la volaille encore chaude.
Pendant les 5 ou 6 jours, qui doivent s'écouler
avant la cuisson, le lard entourant chaque truffe
s'imprègne de son arome qu'il communique en
fondant à la chair de la volaille.
Inutile d'ajouter qu'elle ne doit être arrosée en
cuisant qu'avec ce lard fondu.
Voici pour les ménages bourgeois une ma-
nière très-simple de préparer les beignets de
pommes :
Quand les tronçons sont suffisamment impré-
gnés de cognac ou de rhum sucré, les rouler sim-
plement dans de la farine et les frire à friture bien
chaude.
Ces beignets sont exquis et on économise la
pâte et la graisse, car il en faut fort peu pour faire
cuire les beignets ainsi préparés.
Il est d'usage clans les bals de servir du
champagne glacé.
Pourquoi ne pas essayer les vins blancs liquo -
reux de la Gironde ?
Le bon champagne coûte fort cher (de 6 àlO fr.)
tandis que l'on peut avoir pour 5 et 6 fr. d'excel-

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