Le canon revolver Hotchkiss / [signé : A. Jouart]

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impr. de Berger-Levrault et Cie (Nancy). 1873. 8 p.-[1] f. de pl. : fig. ; in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1873
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REV. D'ART. GBl'T. 18V0. 1
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Lp CANON-REVOLVER I-IOTCI-IKISS.
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Depuis les événements de la dernière guerre, où les
mitrailleuses n'avaient pas répondu aux espérances qu'on
avait fondées sur elles, ces armes étaient tombées dans
un discrédit peut-être aussi exagéré que l'engouement dont
elles avaient été l'objet à leur apparition. Les différents
systèmes expérimentés jusqu'à ce jour présentaient des
défauts ou des inconvénients graves : tantôt le chargement
était difficile et délicat, tantôt le mécanisme ne fonction-
nait pas régulièrement ou se détériorait trop facilement :
ces engins manquaient de portée, et leur efficacité dimi-
nuait rapidement quand la distance augmentait : enfin ils
ne pouvaient entrer en ligne qu'autant qu'ils n'étaient pas
exposés aux feux de l'artillerie, contre laquelle, en général,
ils ne pouvaient pas lutter.
Le canon-revolver, de l'invention de M. Hotchkiss ('),
se présente comme une solution nouvelle de la question,
et paraît, tant au point de vue du mécanisme qu'à celui de
la puissance des effets, réaliser un important progrès sur
les autres systèmes essayés jusqu'à ce jour.
La bouche à feu, par son aspect extérieur, rappelle la
mitrailleuse Gatling ; mais elle en diffère essentiellement par
son mécanisme; tandis que, dans cette dernière, chaque
canon est muni d'une platine spéciale, la platine unique,
dont est pourvu le canon-revolver, agit au contraire suc-
cessivement pour chacun des canons.
Le système comprend deux parties distinctes : 1° les
canons avec leur arbre et leur châssis ; 2° la culasse ren-
fermant le mécanisme.
Les canons, en acier fondu, sont au nombre de six, fixés
par leurs extrémités dans deux plateaux montés sur un
(') Voir Revue d'artillerie, tome II, page 258.
2 REVUE D'ARTILLERIE.
arbre central : celui-ci traverse la tranche antérieure de
la botte de culasse ; il est supporté, en avant de la bouche
des canons, par la petite branche du châssis, dont les longs
côtés s'assemblent d'autre part à cette même boîte de cu-
lasse : les canons se trouvent de la sorte enfermés dans un
châssis rectangulaire rigide, dont l'axe, formé par l'arbre,
peut recevoir un mouvement de rotation (Pl. XIV, fig. 1,
2) ; ce mouvement est par suite communiqué aux canons
eux-même6, rendus solidaires de l'arbre par l'intermédiaire
des deux plateaux. Le châssis est en outre pourvu, à sa
partie inférieure, d'un pivot destiné à relier le canon à une
sellette à tourillons portée par l'affût : on peut ainsi obtenir
sans déplacer celui-ci, outre le pointage en hauteur, un
certain champ de tir latéral.
La culasse se compose d'un manchon et d'un cul-de-
lampe avec bouton (Pl. XIV, fig. 3), assemblés à feuillure
et maintenus au moyen de deux fortes vis, dont les têtes
sont apparentes et qu'on peut enlever à la main : de cette
façon, s'il survient quelque accident, on retire le cul-de-
lampe sans difficulté: tout le mécanisme se trouve ainsi
mis à découvert, et peut, en quelques instants, être démonté
et remis en place sans le secours d'aucun instrument
spécial.
Le mécanisme et son fonctionnement sont d'ailleurs
très-simples. Le mouvement est donné aux canons de la
façon suivante : l'arbre se termine par un plateau muni,
vers sa circonférence, de six fuseaux qui lui sont parallè-
les et forment ainsi un véritable engrenage à lanterne
(Pl. XIV, fig. 3 et 4), cet engrenage est commandé par une
forte vis sans fin, montée sur un axe perpendiculaire à
l'arbre et placé assez au-dessous de celui-ci pour que la vis
puisse conduire le fuseau inférieur de la lanterne ; l'axe
repose, par son extrémité gauche, sur un palier intérieur à
la culasse, et fait saillie sur le côté droit de celle-ci, où
il se termine par une manivelle au moyen de laquelle on
donne le mouvement à tout le système.
CANON-REVOLVER HOTCHKISS. 3
Une disposition, toute particulière à cet engin, consiste
en ce que le canon se trouve immobilisé au moment où il
va faire feu, tandis que, dans les autres mitrailleuses à
rotation, le mouvement est continu. Cet arrêt s'obtient au
moyen d'un tracé ingénieux de la vis motrice: la gorge
directrice est composée de deux parties en hélice, réunies
par une portion circulaire embrassant la moitié de la sec-
tion droite du cylindre, de telle sorte que, si l'on repré-
sente par AB l'axe de la vis, le tracé
développé de la gorge pourra être
figuré par la ligne brisée abcd. On
conçoit dès lors que, tant que le
fuseau se trouve engagé dans la
partie bc, c'est-à-dire pendant un
demi-tour de la vis, le canon cor-
respondant reste immobile : c'est pendant ce temps que le
coup part.
L'introduction et l'extraction des cartouches se font
également d'une façon très-simple : sur la face intérieure
de la paroi gauche de la culasse (Pl. XIV, fig. 5) est monté
un petit pignon qui engrène avec deux crémaillères hori-
zontales, placées, l'une au-dessus, l'autre au-dessous du
pignon, et parallèles à l'axe des canons ; de sorte que, en
faisant mouvoir l'une des crémaillères, l'autre reçoit, par
l'intermédiaire du pignon, un mouvement en sens inverse.
La crémaillère inférieure fait corps avec une coulisse ver-
ticale dans laquelle peut se mouvoir un bouton fixé à une
petite manivelle que porte la vis motrice à son extrémité
gauche; la rotation de cette vis donne par conséquent aux
deux crémaillères un mouvement alternatif en sens inverse,
de telle sorte que l'une avance quand l'autre recule, et
réciproquement. La crémaillère inférieure porte l'extrac-
teur à sa partie antérieure, tandis que la crémaillère supé-
rieure met en mouvement un piston qui pousse la cartouche
dans le canon (Pl. XIV, fig. 5 et 6), opération qui se fait
tout entière pendant le demi-tour de la vis motrice durant

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