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Le chat proverbial

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300 pages
Onze nouvelles qui empruntent le schéma suggéré par des proverbes de diverses provenances (Scandinavie, Afrique, Japon, France...).
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Hans-Jürgen Greif Le chat proverbial nouvelles
LE CHAT PROVERBIAL
Du même auteur : Das Thema des Todes in der Dichtung Ugo Foscolos,essai, Universität des Saarlandes, 1967. Huysmans A Rebours und die Dekadenz,essai,eBouvier, 1971. Zum modernen Drama,essai, Bouvier, 1973 (2 édition: 1975). Siegfried Lenz: Das szenische Werk,en coll. avec W. J. Schwarz, essai, Francke, 1974. Christa Wolf : Wie sind wir so geworden wie wir heute sind ?,essai, Lang, 1978. Kein Schlüssel zum Süden,récits, Bläschke, 1984. L’autre Pandore,roman, Leméac, 1990. Berbera,récits, Boréal, 1993. Solistes,nouvelles, L’instant même, 1997. Literatur in Québec/Littérature québécoise 19602000,en coll. avec François Ouellet, essai, Synchron Wissenschaftsverlag, 2000. Orfeo,; rééd. poche, 2013 (paru en anglaisroman, L’instant même, 2003 sous le même titre, Véhicule Press, 2008). La littérature québécoise 19602000,en coll. avec François Ouellet, essai, L’instant même, 2004. Le jugement,roman, L’instant même, 2008 (paru en allemand sous le titre Das Urteil,Stämpfli, 2011). Le chat proverbial,histoires, L’instant même, 2009. M.,roman, L’instant même, 2010. Job & compagnie,roman, L’instant même, 2011. La colère du faucon,roman, L’instant même, 2013. En collaboration avec Guy Boivin : a bonbonnière,roman en portraits, L’instant même, 2007. Le temps figé,roman, L’instant même, 2012.
HANSJÜRGEN GREIF
Le chat proverbial
Illustration de la couverture : Bernard Schlup Photocomposition : CompoMagny enr. Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : Distribution du Nouveau Monde © Les éditions de L’instant même et HansJürgen Greif, 2009 L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2009 Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Greif, HansJürgen Le chat proverbial Édition originale : 2009. imprimé ISBN PDF 978-2-89502-649-5 ISBN 9782895023449 I. Titre. 8 C8 4 3C2 ’.5 130 4 PS9563.R444C422 L’instant même remercie le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédi ’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
Merci à Beone, Cléo, César, Saha, Anubis et Prosit d’avoir apporté du bonheur sous mon toit et à Michèle Parrot, qui aime les chats autant que moi.
On peut se passer de tout, sauf de la littérature et des chats. (Graffiti à l’entrée du Hallesche Markt, Berlin.)
«Bon chat n’a pas besoin de collier d’or» (Il est superflu d’afficher sa valeur –Japon)
algré son mariage avec un sergent de police enfant de la ville, Vannina De Curtis n’avait jamais été acceptée par les autresarrabbiate,les«enragées» M comme les appelait le gardien du cimetière de Poggioreale, itué sur la colline du même nom, à Naples. Il s’agissait d’un sorte de club de veuves dont la majorité habitait, comme Vannina, un immeuble d rrière laviaNuova del Campo. Du cimetière, on avait unevue splendide sur la ville et, au loin, sur le Vésuve. Ce qui unissait ces femmes était l’amour des morts, un amour aveugle et fervent. Chacune d’elles s’occupait de«ses»tombes d’Hommes Illustres,i monumenti degli uomini illustri,une des fiertés napolitaines, un quadrilatère au centre du Cimitero Monumentale où la ville honore se fils, vedettes nationales ou célébrités vénérées dans l’univers entier. Quand Nanni De Curtis avait quitté ce monde au cours d’ ne rixe dans une ruelle du port, une voisine, la mère Rorò, la seule qui daignât parler à Vannina, lui ava t dit :«Le pire après la mort de notre homme, c’est le vide qu’il laisse. Vous devez faire quelque chose de vos mains. Venez avec moi, Nina, je vais 7
Le chat proverbial voir si je peux vous arranger un petit travail qui vous occupera et vous rendra fièr Ne vous attendez pas à être payée, mais vous serez contente.»La Rorò et les autres, une douzaine de femmes, avaient tenu un conciliabule sur les lieux mêmes où gisaient les Hommes Illustres. Le résultat : elles accordaient à Vannina le droit de s’ ccuper du philosophe, homme de lettres et politicien BenedettoCroce ainsi que du sculpteur Vincenzo Gemito. Les deux tombes étaient d’une simplicité, voire d’u e nudité accablante, rien que des rectangles de marbre blanc pourvus d’un stèle où manquaient les bustes, volés depuis longtemps. Des cent cinquante monuments, répartis sur sept îlots, ces deux là ét ent aussi les plus brûlants ; à midi, sans l’ombre d’un cyprès, il faisait si chaud qu’on aurait pu faire cuire des œufs sur les dalles. Même les chats, que les enragé nourrissaient avec autant de soin qu’ lles entretenaient les tom es, les évitaient. Mais il n’est pasencore temps de parler desbêtes. D’abord, il faut savoir qui était Vannina et comment elle était venue à Naples. C’est par la suite seulement qu’on pourra comprendre le rôle de Birbone, le plus xtraordinair des chats du cim tière. Il devait changer la vie decet e femme tranquille à laquelle s’appliquait parfaitement le dicton«Eau silencieuse est souvent profonde». Elle était née à San Frediano, un des quartiers populaires de Florence, et s’appelait, avant son mariage, Vannina Vannini. D’après le calendrier, il n’y a pas de sainte Vannina, mais en Toscane, la tradition veut qu’on accorde le prénom sur l patronyme. Cela fait chic. Jeune fille, elle avait rêvé d’être actrice, ou cantatrice, d’être admirée par une foule anonyme. Quand vint le temps d s auditions, le jury de l’école dramatique ui dit que sa voix neportait pas. De plus, elle parlait avec l’accent florentin. En effet, Vannina n’arrivait pas à se défaire complètement duhaspiré à la place duk,ce qui donnaitharne 8