Le Christ est apparu au Gun Club

De
Conrad, mécanicien de génie pouvant « démancher » et « ramancher » une voiture en une journée, peut aussi réciter moult passages de l’Évangile. Car comme le souhaitait son père sur son lit de mort, il l’a apprise par cœur, la Bible – bien que parfois le sens de certains mots lui échappe. Venant de quitter son emploi de réparateur de machines à Coke, il se retrouve au Gun Club en compagnie de son ami Simon, là où travaille Véronica, serveuse et chanteuse country avec qui il a déjà eu une relation. En cette soirée d’ivresse et de délivrance, s’il faut l’en croire, le Christ apparaîtra bel et bien au Gun Club.
« Conrad a appris par cœur et il veut appliquer par cœur ce qu’il a lu. La réalité lui résiste, il la niera, lui surimposant sa vision du monde avec une telle force qu’elle sera sa réalité. Quête d’un individu à la recherche d’une spiritualité qui compensera sa maigre emprise sur le réel, la démarche de Conrad est d’autant plus tragique qu’elle ne se fonde que sur des mots déconnectés de leur portée symbolique. » Préface, David Lonergan
« Le Christ est apparu au Gun Club » a été créée le 23 octobre 2003 par le théâtre l’Escaouette, en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts.
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HÉRmngildÉ Ciasson LÉ CRis És appaRu au Gun Club PRisÉ parole Extrait de la publication Théâtre
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LECHRIST ESTAPPARUAU GUNCLUB
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DUMÊMEAUTEUR POÉSIE Répertoire, Trois-Rivières / Chaillé sous les ormeaux (France), Écrits des Forges / Le dé bleu, 2003. L’oiseau tatoué, Montréal, La courte échelle, 2003. Émergences(réédition deMourir à ScoudoucetRapport sur l’État de mes illusions), Collection BCF, Ottawa, L’Interligne, 2003. Actions, Montréal, Trait d’Union, 2000. Conversations, Moncton, Éditions d’Acadie, 1998, Prix du Gouverneur général; traduit en anglais sous le titre Conversations, Fredericton, Goose Lane Editions, 2001. Climats, Moncton, Éditions d’Acadie, 1996; traduit en anglais sous le titreClimates, Fredericton, Goose Lane Editions, 1999. Miniatures, Moncton, Éditions Perce-Neige, 1995, Prix des Terrasses Saint-Sulpice / Estuaire. Vermeer/ Trois-Rivières, Éditions Perce-, poésie et photos, Moncton Neige / Écrits des Forges, 1992. Existences, Moncton / Trois-Rivières, Éditions Perce-Neige / Écrits des Forges, 1991. avec Claude Beausoleil et Gérald LeBlanc,L’Événement Rimbaud, Moncton / Trois-Rivières, Éditions Perce-Neige / Écrits des Forges, 1991. Vous, Moncton, Éditions d’Acadie, 1991, Prix France-Acadie. Prophéties, Moncton, Éditions Michel Henry, 1986. Rapport sur l’État de mes Illusions, Moncton, Éditions d’Acadie, 1976. Mourir à Scoudouc, Moncton, Éditions d’Acadie, 1974.
THÉÂTRE Laurie ou la vie de galerie, Tracadie-Sheila /Sudbury, La Grande Marée / Prise de parole, 2001. Aliénor, Moncton, Éditions d’Acadie, 1998.
ESSAI avec Pierre Raphaël Pelletier,Pour une culture de l’injure, Ottawa, Le Nordir, 1999.
PROSE Brunante, Montréal, XYZ, 2000, Prix Éloizes; traduit en anglais sous le titreAvailable Light, Vancouver, Douglas and McIntyre, 2002. Légendes, comprend des photos de différents artistes, Québec, Éditions J’ai vu, 2000.
Cinquante exemplaires de cet ouvrage ont été numérotés et signés par l’auteur.
HERMÉNÉGILDECHIASSON
LECHRIST ESTAPPARUAU GUNCLUB
Théâtre
Éditions Prise de parole Sudbury 2005
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Chiasson, Herménégilde, 1946 Le Christ est apparu au Gun Club / Herménégilde Chiasson.
Théâtre. ISBN 2894231881
I. Titre.
PS8555.H465C47 2005
C842’.54
En distribution au Québec :
C20059051205
Diffusion Prologue 1650, boul. LionelBertrand Boisbriand (QC) J7H 1N7 4504340306
Ancrées dans le NouvelOntario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine.
La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Photographies en page de couverture et à l’intérieur : Marc Paulin Conception de la couverture : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. Copyright © Ottawa, 2005 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2
ISBN 2894231881 ISBN 9782894234204 (Numérique)
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PRÉFACE L’ABSOLUDU«PARCŒUR»
DepuisBecquer bobo, sa première pièce, une création du Département d’art dramatique de l’Université de Moncton, Herménégilde Chiasson développe une œuvre théâtrale originale, unique en Acadie, et ce parallèlement à sa production en poésie(Mourir à Scoudouc, 1974), en essais (une édition de ses principaux essais est en préparation pour Prise de parole), en arts visuels(Sélection 67, 1967) et en cinéma(La poutine râpée, 1982). Ses œuvres — quel qu’en soit le domaine — expriment sa vision du monde à partir de son lieu d’enracinement. Toutefois sa façon de traiter d’un sujet est différente selon le champ dans lequel il choisit de s’exprimer. Ainsi, la poésie lui permet d’exprimer son être et ses sentiments en passant par le « je »(Mourir à Scoudouc, Prophéties, Répertoire), ou par le « il » (Miniatures, Conversations)alors que les tableaux chercheront davantage à se lier avec les courants artistiques contemporains tout en se basant souvent sur
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des formes empruntées à l’expression naïve propre à l’Acadie (par exemple ses profils qui rappellent les formes en bois découpées et installées sur les parterres des maisons). Ses films documentaires sont également une façon d’intervenir sur la société acadienne, souvent directement(Épopée, Ceux qui attendent), parfois indirectement(Taxi Cormier);il n’y a guère que Photographies,ce portrait de la photographie contemporaine au Canada, qui « échappe » à l’Acadie tout en étant une œuvre fondamentalement personnelle (son doctorat porte sur la photographie). On a l’impression que chaque art remplit une fonction précise dans l’élaboration de son œuvre. Les pièces de théâtre (il en a écrit une trentaine) seront plus militantes et nommément inscrites dans l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Presque toutes ont été créées par le théâtre l’Escaouette. Ce désir du théâtre, Chiasson l’a depuis longtemps : J’ai toujours écrit pour le théâtre. Au secondaire, j’écrivais des sketches… Mon premier frère écrivait aussi des sketches et participait aux soirées d’amateur. J’allais le voir jouer… Sur la scène, il revêtait une tout autre dimension et en même temps il y avait l’idée de se sortir de son milieu par une espèce de fantaisie en adoptant un personnage. Avec la télé qui est arrivée à mon adolescence, ça a influencé ce que j’ai fait par après. Je voyais des téléthéâtres… Je regardais Ibsen ou Tchekhov, c’était tout égal… J’étais très intéressé par ce monde-là. En même temps, c’était comme une parole publique. (Entrevue de David Lonergan, 19 janvier 2000.) Il faut sans doute recevoir l’œuvre de Chiasson à travers cette volonté de prendre la parole, de dire aux
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siens et, par la suite, à tous et à toutes (car s’il parle à partir d’« ici », il parle aussi à l’« ailleurs ») ce que représente son peuple pour lui et ce qu’il espère, souhaite qu’il soit, une fois qu’il aura dépassé ce syndrome « folklorique » dans lequel l’imagerie officielle mais aussi populaire l’a enfermé. Alors, il abordera l’histoire en la questionnant (Histoire en histoire,1980,Renaissances,1984) puis en tentant d’en saisir les fondements pour se réapproprier le passé(Aliénor,1993,Pour une fois, 1999), en la critiquant(Évangéline, mythe ou réalité, 1982); il commentera la société, posant le problème du « rester ou partir »(Pierre, Hélène et Michael,1990), de l’imagerie acadienne traditionnelle(La grande séance,2004), du système social(Laurie ou la vie de galerie,1998), de la langue(L’exil d’Alexa,1993). Chaque pièce est l’occasion d’aborder un aspect de la société acadienne, sans que pour autant on puisse réduire l’analyse à l’Acadie. Cette volonté est explicite dès le début de son cheminement. Ainsi, en 1979, il confiait à Anne-Marie Robichaud : Quand on parle de l’Acadie, il est difficile de ne pas dire : avant on était pur, puis on a été déporté et maintenant on va souffrir jusqu’à la fin des temps. Il faut éviter ça et dire : l’Acadie, c’est une dimension réelle avec des Take Out et des Gould’s Fried Clams. C’est plus difficile à décrire parce qu’on n’arrive pas à se brancher sur un langage, sur une particularité. Pour rendre compte de l’Acadie, il faudrait écrire en français, en chiac, en anglais, bref, il faudrait écrire sur toute une aliénation. Mais à quel point peut-on avec cela réussir à communiquer en dehors de l’Acadie ? Que se
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passe-t-il si l’on veut en rejoindre d’autres ? Or, j’attribue à l’écriture une fonction de communication, c’est par elle que je veux expliquer aux autres ce qui se passe en Acadie. (« Entretien avec Herménégilde o Chiasson »,Si Que,n 4) L’œuvre déborde les frontières de l’Acadie.Le Christ est apparu au Gun Cluben est la plus récente illustration. L’intrigue de cette pièce est tragique : Conrad Thériault a appris par cœur l’Évangile et, lors d’une soûlerie qui le conduira à sa mort, il en récite des versets pour appuyer sa vision du monde. Il ânonne le texte à la recherche de sa vérité, un peu comme un enfant récite le catéchisme sans comprendre sa signification et l’engagement qu’il contient : sa parole est dérisoire, sa pensée vide. Tragiquement burlesque, Conrad est un pantin qui se désarticule devant nous, suscitant tantôt notre rire, tantôt notre pitié. Victime d’une société qui a réduit sa capacité réflexive, il tente de donner un sens à une vie qui n’en a pas en s’appuyant désespérément sur ce qu’il pressent être la Vérité mais qu’il est incapable de décoder. Conrad cherche un sens à sa vie. Il ne l’a pas trouvé dans son travail, qui ne lui apporte rien d’autre qu’un salaire et une insatisfaction chronique causée en bonne partie par la conscience qu’il a de n’avoir que trop peu d’éducation tout en étant impuissant à trouver une solution; il ne l’a pas trouvé non plus dans ses relations amoureuses, que ce soit avec Nicole, sa femme, ou avec Véronica Bourdreau, sa grande passion, mais qui est d’une misérable médiocrité, engluée qu’elle est
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