Le citoyen Bertrand-L'Hodiesnière, député par le département de l'Orne, au président de la Convention nationale

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impr. de F. Dufart (Paris). 1793. 8 p. ; in-8.
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Publié le : mardi 1 janvier 1793
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LE CITOYEN
BERTRAND -L'HODIESNIERE,
*
i 1.
1 Réputép0p\„$e département de l'Orne , au président
1,
* - - - de la Convention nationale.
Paris, le 9 mai 1793 , l'an second de la république
CITOYEN PRÉSIDENT,
Si la convention nationale est libre ., je réclame
?a justice ; si elle est encore dans l'état où elle pro-
nonça mon arrestation, je me tais, et me contente
d'espérer que cet état violent ne sera pas durable.
Non , la représentation nationale, la souveraineté
du peuple, de vingt-cinq millions d'hommes ne peu-
vent être plus long-tems méconnues, avilies , outra-
gées. non , les mandataires du peuple ne seront
pas plus long-tems arrachés à leurs fonctions par des
arrestations arbitraires et tyranniques. s'ils sont
coupables , qu'on les accuse , qu'on les juge , qu'on
les punisse. mais s'ils sont innocens , que les sta-
tues de la justice et de la liberté cessent d'être
yoilées
Quoi ! j'ai combattu en face toutes les tyrannies,
tous les préjugés ; je me suis cent fois exposé à perdre
is ex p os é à per d re
la vie pour la liberté et l'égalité ; j'ai sacrifié une
partie de ma fortune pour laisser à mes enfans le
trésor de la liberté. et je me vois indignement
( 2 )
confondu dans la classe des ennemis de ma patrie.!
Sont-elles donc renversées toutes les idées de morale
et de justice.? L'amour ardent de la patrie est-il
devenu un crime. Et les cachots ne s'ouvrent-ils
plus que pour engloutir les républicains par principes
et par caractère et vomir les républicains de nom.?
On ne beguayoit pas la république en France, que
je l'appellois à grands cris comme le seul gouverne-.
ment que les hommes doivent se donner. On bais-
soit encore la tête sous le joug honteux de la royauté
absolue, sous la.. tyrannie ministérielle , parlemen-
taire sacerdotale , nobiliaire et féodale, que j'em-
ployois tous mes moyens pour faire sentir à mes
semblables la dignité de leur être, ce qu'ils valoient)
ce qu'ils ponvoient devenir
J'ai été écarté de Rassemblée constituante pour
avoir professé ces principes 3 j'ai été écarté de l'as-
semblée législative pour avoir osé blâmer la cons-
titution royale ; j'ai été élu à la convention quand
on a voulu la république ; parce qu'on savoit que
je l'appellois dépuis la révolution du mois de mai
1788. Et c'est avec de pareils principes profonde-
ment gravés dans mon ame continuellement réduits
en pratique 5 c'est en nourrissant mes enfans de
maximes républicaines; c'egt en achevant-de dété-
riorer leur fortune par ma présence à la conven-
tion. 3 c'est après avoir eu le courageux dévoue--
ment de laisser mes six enfans après la perte
irréparable et.déchirante de leur vertueuse mère.
c'est après ces inuneases sacrifices , que i e ;¡u.Í8,

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