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Le Colonel des Zouaves

De
176 pages
Le Colonel des Zouaves est le deuxième volet de la série des Robinson commencée avec Futur, ancien, fugitif. Il nous fait entrer dans la folie extraordinairement maîtrisée d’un majordome, un butler qui, pour accomplir son service et/ou parce qu’il accomplit ce service, s’appuie sur une construction psychique insensée.
Chacune des scènes de sa vie quotidienne (repas, formation des domestiques dont il a la charge, ménage, etc.) est pour ce personnage-narrateur occasion de perfectionner son ingénieux et menaçant système délirant, principalement fondé sur l’imaginaire du roman d’espionnage, et sur l’organisation méthodique de sa survie dans un monde hostile (comme Robinson).
Le livre tout entier, scène après scène, chapitre après chapitre, déroule son monologue intérieur grâce auquel nous sont décrits et commentés ses actes et l’environnement dans lequel il les accomplit, les maîtres et les serviteurs qu’il côtoie, la maisonnée. De ce fait, le lecteur est, en quelque sorte, aux premières loges. Car plus encore que dans l’esprit du personnage-narrateur, nous sommes dans son discours.
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Le Colonel des Zouaves
L’artpoetic’, 1988.
DUMÊMEAUTEUR
Chez le même éditeur
Roméo et Juliette I, 1989.
Futur, ancien, fugitif, 1993.
Retour dénitif et durable de l’être aimé, 2002.
Fairy queen, 2002.
14.01.02,CD, 2002.
Un nid pour quoi faire, 2007.
Un mage en été, 2010
Olivier Cadiot
Le Colonel des Zouaves
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 1997 ISBN : 2867445507
Curieux’ / c’est pas une rose que j’touche / c’est toujours toi
1
L’allée carrossable débute dès l’ouverture des grilles et se poursuit dans l’obscurité plusieurs kilomètres. S’il n’y avait les brusques plages de prairies enfermées par des murailles de cèdres noirs, on pourrait imaginer descendre sous terre. Après d’innombrables tournants, le tunnel obscur débouche sur une f açade Tudor en br iques presque grises, boursouflée de verrières élisabé thaines à vitraux armoriés. Dans un arc de cercle parfait et un crissement léger du gravier ratissé deux fois par jour,vous
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vous rasez combien de fois par jour ? Deux fois, hein ? Soyez aussi bon avec le reste du monde qu’avec vous même, O.K.,l’Aston Db4 seize couches de pein ture marine s’arrête devant l’escalier à double révolution. Un homme longiligne, chaussé d’une paire de mocassins de conduite en pécari, habillé d’un pantalon resserré en bas type jodhpur, d’une veste de harristweed chiné et d’une chemise blanche col ouvert, saute pardessus la portière et se casse la cheville. – Prenez une doublure hein ! Pour le prochain coup, ohoh,hurle M, du haut du perron, s’écar tant pour laisser passer une escouade de valets déguisés en infirmiers. Le cortège pénètre dans le hall dominé par une verrière et pose le brancard sur un divan entre deux palmiers plantés dans des pots chi nois en faïence bleue. – En boitant vous penserez à nous hein?Regar dez çadécouvrant sous sa chemise une énorme cicatrice bleueà chaque fois ça me rappelle Nor mandieNiemen,donnant une bourrade affec tueuse à l’invité inconnu yeux affolés + visage terreux.Montrez, il déchire le pantalon,mais ne criez pas comme ça, ce n’est pas si grave que diable. On va vous choisir un camouflage décent pour le dîner.
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