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Le conte au Maroc et ailleurs

De
142 pages
Cet ouvrage consacré au conte dans les sociétés arabo-musulmanes vise à redéfinir le conte à travers ses différentes facettes, ses thèmes hétérogènes et ses personnages hétéroclites ou facétieux. Il affermit des passerelles (inter)culturelles et universelles où se croisent et se mêlent les idées doxiques, les valeurs impérissables et les aspirations vers des idéaux. Ce genre narratif révolutionne nos idées et préjugés pour asseoir des préceptes moraux et culturels qui décloisonnent aussi bien les espoirs et les mentalités que les cultures et les sociétés. Un échantillon de contes est proposé à la fin.
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C u l t u r e s , é d u c a t i o n s e t p a t r i m o i n e s
Sous la direction de Nadia Ouachene
Le conte au Maroc et ailleurs
kan ya ma kan...
Préface de Lahcen Ouasmi
Le conte au Maroc et ailleurs
kan ya ma kan...
Cultures, éducations et patrimoines Collection dirigée par Mohammed Melyani et Abderrahman Tenkoul Avec la collaboration de Mohammed Amar, Mireille Barthod-Prothade, Kacem Bensalah, Farida Bouhassoune, Abdelmouneim BOUNOU, Samir Bouzouita, Ahmed Chabchoub, Fouad Chafiqi, Pascal Galvani, Abdelmajid Kaddouri, Martine Lanibayle, Nadir Marouf, Slim Masmoudi, Mohamed Metasi, André de Peretti, Gaston Pineau, Muriel Poisson. Collectionmultidisciplinaire, elle concourt à la réflexion contemporaine sur les sciences de l'Homme et leurs usages. Privilégiant l'approche plurielle, elle publie des travaux sur le lien culture - éducation - patrimoines, leurs transmissions, développements, actions et applications à des domaines pratiques de la vie sociale. C'est en faisant interagir les disciplines, leurs concepts et leurs méthodes, que l'on veut réinterroger les liens culture - éducation - patrimoines. La zone méditerranéenne, notamment les relations franco-marocaines, est privilégiée, mais la collection n'est pas fermée à l'étude des autres régions, en ce qu'elle apporte un progrès à l'analyse des relations entre l'action des différentes formes culturelles, d'éducation et de patrimoines. Déjà parus MELYANI Mohammed et ISTASSE Manon,Fès Intemporelle, 2017. BRESSOLETTE Henri,A la découverte de Fès,2016. MELYANI Mohammed,Le roman d’un chercheurde Suivi Paroles d’accompagnement, 2015. MELYANI Mohammed,Le Savoir en reliance. Les voies de la recherche, 2012.
Sous la direction de Nadia Ouachene
Le conte au Maroc et ailleurs
kan ya ma kan...
Préface deLahcen Ouasmi
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11994-6 EAN : 9782343119946
SOMMAIRE
Préface de LahcenOUASMI.
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SamiraDOUIDER. Conte et éducation. Exemple d'un conte sérère.11ImadBELGHIT. Jeha, personnage protéiforme du conte populaire marocain. 19 KhadijaMOUZON. Conte, personnages et apprentissage. Le cas de Ti-Jean : personnage-héros du conte. 29AbdellahKAAOUAS. Les marques du conte populaire entrel’impur et l’hybride dansL’Inavouablede Mohamed Loakira. 39NadiaOUACHENE. L’image du djinn dans le conte populaire marocain.49Mohand AkliSALHI, PatricePOGNAN. L’univers des contes kabyles (indexé) par ses personnages. 63OuafaeNCIRI, MohamedBAHI. Conte entre renouveau et recréation au Maroc.79NadiaOUACHENE. Quelques contes populaires du Maroc. 95
Préface
Lahcen OUASMI Université Hassan II, Casablanca, Maroc
L’humanité a toujours été tenue en haleine par les récits réels ou fantastiques qui ont ébauché la notion de l’oralité de la culture pour développer une littérature orale sujette à l’intérêt des chercheurs. À cheval sur l’oral et l’écrit, le conte continue à insuffler de l’émerveillement. Être subjugué par les incantations magiques du conte reste un défi intemporel que l’homme relève continûment par l’évocation de cet univers enchanteur aux multiples dimensions. Ce dévouement méritoire au conte s’inscrit dans une logique transcendante aux expériences possibles et s’achemine vers la sublimation de l’être et des valeurs nobles. Vraisemblablement, l’homme cherche passionnément à perpétuer les sentiments forts, les émotions heureuses, les souvenirs mémorables et le bonheur immuable qui ont bercé doucettement son enfance et son imagination pour promouvoir ainsi l’optimisme au détriment du défaitisme et de la déchéance.
À travers ses multiples caractérisations et par la noblesse des valeurs qu’il promeut, le conte se rehausse pour régner sur un piédestal et perpétuer les enchantements magiques et irrésistibles, telle une source jaillissante et pérenne prête à régénérer le monde et la vie. De là, positionner le conte comme objet d’étude confère une crédibilité à ce genre et légitime les différentes perspectives d’analyse. Cet ouvrage consacré au conte, dans les sociétés arabo-musulmanes, vise à redéfinir le conte à travers ses différentes facettes, ses thèmes hétérogènes et ses personnages hétéroclites ou facétieux et à affermir des passerelles (inter)culturelles et universelles où se croisent et se mêlent les idées doxiques, les valeurs impérissables et les aspirations vers des idéaux.
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L’apport éducatif du conte dans les sociétés subsahariennes est particulièrement soulevé dans la contribution de Samira Douider. En effet, dans le tourbillon des contrariétés familiales, l’individu peut faire preuve de sagesse et montrer du respect envers les autres, ce qui pourrait se révéler salutaire. Le conte est l’instigateur de la morale de la vie personnelle, familiale et sociale. Il acquiertrôle essentiel, puisqu’il est la mémoire du« un groupe ».
L’héroïsme trouve sa place dans le conte marocain, un héroïsme mêlé de ruse et d’habileté qui parsème des mésaventures comiques dont le héros n’est autre que le fameux personnage de Joha. Quoi que souvent méjugé par les siens,Joha reproduit et incarne, comme nous le livre Imad Belghit, les reflets d’une société en émoi et victime de ses contradictions et paradoxes. Le conte s’adosse aux valeurs populaires pour condamner la tyrannie et faire l’apologiedel’intelligence.
Un autre héros,Ti-Jean dont l’étendue est internationale, imprègne les contes de son énergie et de sa ruse afin de changer le cours de sa vie. Avec ce personnage, le conte révèle ses fonctions pédagogiques vouées à l’ancrage dusens moral de la justice.
Investir les marques du conte dans l’écriture romanesque fut le défi relevé par Mohamed Loakira dans son roman L’Inavouable où il développe une hybridité linguistique, entre anglais et arabe marocain, illustrée à travers le conte évocateur de souvenirs et de l’espace symbolique de la narration.
L’univers imaginé du conte regorge de thèmes mystérieux et fantastiques et de personnages surnaturels, immuables ou transfigurés par les événements. Dans le conte marocain, le personnage du djinn est au cœur de l’iconographie et des croyances populaires. Bien qu’il soit déconcertant et qu’il symbolise les pouvoirs maléfiques et surnaturels, le djinn entretient avec les êtres
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humains des rapports tantôt malfaisants, tantôt bienfaisants. La contribution de Nadia Ouachene nous apprend que le conte marocain cristallise l’imaginaire populaire et réhabilite l’image, ou le personnage, du djinn.
Mohand Salhi et Patrice Pognan expliquent que, dans sa multiplicité, le personnage, fictionnel ou réel, constitue une porte d’entrée au conte kabyle, à dessein de constituer une base de données exhaustive destinée à la mise en valeur de l’apprentissage culturel à travers les actions des personnages et à l’analyse des contes kabyles.
Ouafae Nciri et Mohamed Bahi s’interrogent sur le renouveau et la recréation du conte au Maroc.
Ce livre propose enfin un échantillon de contes marocains où se mêlent aventures et mésaventures, amour et haine, univers humain et univers animal, surnaturel et réel, à travers des événements évocateurs de valeurs humaines et sociales.
Comme genre narratif, le conte donne un sens large à la narration, toujours aussi passionnante et captivante. L’impossibilité de circonscrire le conte sur le plan spatio-temporel l’acculerait à révolutionner nos idées et préjugés pour asseoir des préceptes moraux et culturels qui décloisonnent aussi bien les espoirs et les mentalités que les cultures et les sociétés.
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