Le Dernier ami, poème, par Théodomire Geslain,...

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Arnauld de Vresse (Paris). 1869. In-8° , 17 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1869
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LE
DERNIER AMI
POÈME
PAR THÉODOMIRE GESLAIN
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES TRAVAUX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES DE
PARIS'; DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE S'-QDENTIM;
DE LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE, SCIENCES ET ARTS DE POLIGNY ; DE LA SOCIÉTÉ
LITTÉRAIRE D'APT ; MEMBRE FONDATEUR DU JOURNAL LITTÉRAIRE :
Le Concours des Muses.
PARIS
ARNAULD DE VRESSE, LIBRAIRE - ÉDITEUR
55, rue de Rivoli, 55
1869
LE
MINIER AMI
POEME
>Ï7MR ^THEODOMIRE GESLAIN
MEMBRE DE LA SOCIETE DES TRAVAUX LITTERAIRES ET SCIENTIFIQUES DE
PARIS; DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE S'-QUENTIN;
DE LA SOCIETE D'AGRICULTURE, SCIENCES ET ARTS DE POLIUNY ; DE LA SOCIETE
LITTÉRAIRE D'APT; MEMBRE FONDATEUR DU JOURNAL LITTÉRAIRE .
Le Concours des Mxises. '
PARIS
ARNAULD DE YRESSE, LIBRAIRE - EDITEUR
5'J , rue do Rivoli, 55
1869
OUVRAGES EN PRÉPARATION
PAU
LE MEME AUTEUR
Histoire de la. Littérature contempo-
raine en I»ro-vine'e, 2 volumes.
jtLa"Vie humaine, philosophie et métaphysique,! vol.
Les Chants du soir, poésies couronnées, 1 volume
• in-18.
Sonnets provinciaux, par les meilleurs poètes
de Province, publiés par Th. Gesjain.
Le Concours des Muses
JOURNAL. DES POÈTES
t
Hebdomadaire.—Direction : 3, rue Brun, à Bordeaux.
Principaux collaborateurs :
Louis OPPEPIN, Julien LuGot, Achille MILLIEN, LODVET
(de Couvray), Théodomire GESLAIN, etc.
DEDICACE
A vous tous, chers Confrères, qui m'avez reçu parmi
-TOUS, je dédie ce poème comme un gage de remercie-
ment et de reconnaissance.
-Thêotlomirc GESLtlK.
S'-Maurice-lcR-Cliarcnccy (Orne), 2S mars 1869.
LE DERNIER AMI
Mon chien n'aimait que moi. Quand j'y songe aujourd'hui,
Je vois bien que j'étais tout l'univers pour lui.
Mme A. PEMJUER.
0 mon chien 1 Dieu seul sait la distance entre nous ;
Seul il sait quel degré de l'échelle de l'être,
Sépare ton instinct de l'àme de ton maître.'
LAMARTINE
I
Si jamais vous passez un seul jour de la vie,
Dans l'antique cité de Brunn en Moravie,
N'oubliez pas d'aller visiter une fois
Un bouge où la misère eût son gite autrefois.
Afin d'y parvenir, vous suivrez la grand'rue,
Fort belle d'un côté, de l'autre toute nue :
A droite des maisons, de superbes clochers;
A gauche, des prés verts et d'immenses rochers,
Au bout vous trouverez un édifice sombre,
Entouré de massifs qui s'agitent dans l'ombre.
C'est l'unique séjour des pauvres prisonniers
Qui se sont faits voleurs,— d'honnêtes ouvriers.
Lorsque vous serez là, vous tournerez à droite,
Vous suivrez quelque temps une ruelle étroite,
Pleine d'horreurs la nuit et déserte le jour,
Où l'on entend parfois le cri du noir vautour.
Mais c'est plus loin encore. Au bout de la ruelle,
Vous laisserez à gauche une maison nouvelle,
Vous marcherez vingt pas en suivant un sentier,
Puis vous redescendrez vers un toit, le dernier :
C'est là. — Quatre vieux murs faits de bauge et de bouc,
Troués en mille endroits où l'aquilon se joue,
Couverts d'un chaume noir, humide, infect, pourri,
Cachèrent le malheur et son héros chéri!
Jamais les habitants de ce pauvre domaine
N'apparaissaient joyeux à la foule mondaine,
Jamais le blond soleil et l'humble fleur des bois,
N'entraient dans ce réduit tous les deux à la fois,
Mais souvent vers le soir, quand passait dans la rue
Une foule d'enfants, — véritable cohue!
€n entendait leurs cris de joie et de bonheur
Qui s'élevaient dans l'air pour narguer le malheur!
— Pourquoi ne pas laisser dans l'ombre de la ville,
Retirée en son coin la Misère tranquille,
Pourquoi donc l'agacer de mots durs et choquants,
Puisqu'elle peut toujours nous frapper en tous temps?
— Oui, l'on devrait sans cesse aimer celui qui tombe,
Lorsque sous le malheur l'âme humaine succombe,
Lorsque la sombre Envie, au front creux et blêmi,
Eloigne du foyer jusqu'au dernier ami...
Qui nous dit que demain, nous, riches à cette heure,
La paix ne fuira pas cette antique demeure
Où nos pères jadis en nous baisant le soir,
Sur un noble avenir asseyaient notre espoir?
Qui nous dit que demain, ce soir, celte nuit même,
Dieu ne ravira pas ce que notre coeur aime,
Que nos brillants salons où l'or passe avant tout,
Ne seront pas déserts, — même brisés d'un coup'

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