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Le désir mis à nu

De
186 pages
Dans un précédent essai, l'auteur a démontré les rapprochements possibles entre la théorie mimétique et la pensée de Shakespeare. Il prolonge ici sa pensée en mettant en valeur le vocabulaire de Shakespeare qui révèle le désir mimétique et offre en même temps un éclairage original de l'oeuvre de René Girard.
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Joël Hillion
LE DÉSIR MIS À NU
Le désir mimétique révélé à travers le langage de Shakespeare dans lesSonnets
LE DÉSIR MIS A NU
Du même auteur Aux Éditions du Club Zéro : La Maître des désirsouMes élèves et moi, 2001. La Génération virtuelle ouComment se débarrasser de l’Enfant Roi et de ses courtisans, 2003. Et mon tout est un homme.Ébauche d’une pédagogie du lien, 2006. Les Sonnets de Shakespeare, traduction, 2011. Aux Éditions L’Harmattan : Shakespeare et son double. Les sonnets de Shakespeare à la lumière de la théorie mimétique de René Girard, 2011. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.frISBN : 978-2-296-99234-4 EAN : 9782296992344
Joël Hillion LE DÉSIR MIS A NU Le désir mimétique révélé à travers le langage de Shakespeare dans lesSonnets
So am I as the rich whose blessèd key Can bring him to his sweet uplockèd treasure.[Je ressemble à un riche ayant une clé d’or Qui donne seule accès à son trésor caché.] Sonnet 52
Avantpropos La recherche présentée ici a pour but de retrouver dans lesSonnetsde Shakespeareles grands thèmes de la théorie mimétiqueRené de Girard :le désir, la rivalité, la méconnaissance, la crise mimétique, le sacrifice, etc. Tous ces thèmes sont largementillustrés dansles œuvres théâtrales de Shakespeare, ils sont les ressorts dramatiques principaux des tragédies autant que des comédies, ils servent de fondement aux intrigues que le dramaturge a développées. Tout son théâtre regorge de disputes entre égaux, de rivalités, d’oppositions des contraires, de jeux de doubles, de jalousies, de luttes de pouvoirun monde de concurrence effrénée qui, à tous égards, ressemble au nôtre. Dans lesSonnets, ces thèmes se retrouvent pour ainsi dire concentrés et «travaillés » demanière saisissante. À travers eux, le désir mimé tique est complètementrévélé.  Nulle part mieux que dans lesSonnets, en effet, le mécanisme mimétique n’est mis en lumière avec autant de soin. Shakespeare paraît avoir expérimenté sur luimême les ravages du désir mimétique. Fasciné par son modèle idéal, W.H., jeune homme sublime qui semble accumuler sur sa seule personne toutes les qualités du monde: jeunesse, beauté, noblesse, richesse, intelligence, talent, liberté, franchise, élégance et grâce, comme il les décrit au sonnet37…beauty, birth, or wealth, or wit, / Or any of these all, or all, or more’, «beauté, naissance, ou richesse, ou esprit, / Ou un seul de ces titres, tous, ou davantage»poète essaie de comprendre et le d’interpréter le pouvoir qu’une telle séduction exerce sur lui. D’où vientelle ?Quelle est sa force? Quels sont ses effets? Pourquoi la «poursuite du bonheur» estelle si lourdement chargée de souffrance ? En même temps qu’il se dispute avec W.H. les faveurs de la dame sombre, sa maîtresse, Shakespeare écrit, dans le secret, 154 sonnets qui sont autant d’épisodes au cours desquels il se regarde en face, il s’examine, il s’interroge, et cherche à se comprendre. Bien qu’il semble s’adresser directement à W.H., puis audelà du sonnet  9