Le drapeau blanc / Henry de Saint-Léon (Delboy)

De
Publié par

Delboy père (Toulouse). 1871. 1 vol. (80 p.) ; in-32.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1871
Lecture(s) : 23
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 76
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

HENRY DÉ SAÎNTÇ-X.JÉON.
MPI BLANC
Mes enfants 1 si les cor-
nettes vous manquent, ral-
liez-vous a mon panache
blanc, vous le trouverez
toujours dans le sentier du
devoir et de l'honneur I
(HENUT IV.)
C'est avec lui que vos
pères , conduits par • les
miens , ont conquis cette
Alsace et cette Lorraine...
C'est lui qui vaincra la
barbarie nouvelle dont le
monde est menaGé".,. Il a
fiottiî sur mon berceau , je
veux qu'il ombrage ma
tombe.
(HENRY V.)
TOULOUSE
DELBOY PÈRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR
71, rue de la Pomme, 71
ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DE FRANCK
1871
DROITS RESERVES
TOULOUSE, IMP J.-M. BAYLAC, RUE DE LA POMME, ai
A LA FRANCE
je dédie cet opuscule , écrit dans
un élan chaleureux de patrio-
tisme , sous l'inspiration de notre
antique grandeur et de notre
gloire nationale.
Qu'elle considère cette dédicace
comme un gage d'amour pour
elle, et qu'elle trouve dans mon
opuscule une preuve de l'orgueil
que je ressens d'être Français.
Henry de Saint-Léon.
Ce 15 novembre 1871.
» couleur du drapeau sous lequel mar-
» chaient nos soldats, j'ai admiré leur
» héroïsme et rendu grâce à Dieu de
» tout ce que leur bravoure ajoutait au
» trésor des gloires de la France. »
Origine des Fïeui-s de 1.5's.
Lxmbléme du Lys est le plus ancien du
inonde. Il était non-seulement le signe dis-
tinctif des villes, mais encore celui des cor-
porations et des familles. Les Gaulois l'a-
vaient en vénération ; ils plaçaient une fleur
de lys à la poignée de leur armure ; ils en
ornaient leurs monuments. Au musée du
Louvre, l'on peut admirer un sceptre ,
attribué au roi Dagobert, surmonté d'une
fleur de lys. A Blaye, dans une des vieilles
portes de la citadelle, se trouve un vieil
écusson, garni de grosses têtes de clous ,
formant l'écussbn des armes de France,
fleurdelysées. Principalement dans nos
cathédrales, à Reims, Orléans, Chartres, etc.,
se trouvent des statues de nos anciens rois,
tenant des sceptres de lys.
Si nous devons nous en rapporter à l'his-
torien Legendré, il aurait été découvert,
en 1653, dans le tombeau de Childéric Ier,
_ 9 —
qui mourut en 480, deux fers d'armures,
sortes de javelot, ressemblant à une fleur
de lys, ainsi que trois cent joyaux de fort
petite dimension, ayant la forme d'une
mouche, et qui. nous montrait une fleur de
lys renversée.
Le mot lys appartient à l'ancien langage
celtique, qui signifiait, à l'époque, lis de
justice, où le roi apparaissait, avec la cou-
ronne sur la tète, revêtu du manteau royal
en velours bleu et le sceptre d'or. Ce scep-
tre avait au bout une fleur à demi-épanouie,
dont quatre pétales marquaient les angles.
Les Cours ou le lis était pour les grandes
manifestations royales ; on se sera accou-
tumé à donner le nom de fleur de lys, qui
en devint désormais leur emblème royal.
Les Lys et le Drapeau blanc
de 1450 h -1795 , de 1818 à 1850.
Le blanc fut toujours la couleur nationale
de la nation française ; jusqu'au règne de
Charles VI, les pennons , bannières ou ori-
flammes multicolores, étaient l'emblème des
Français. Mais pendant le règne de Char-
les VII, changeant leurs ornements et leurs
couleurs, ils devinrent sous lenom de cornet-
tes blanches, le Drapeau blanc de la France.
Depuis longtemps une tendance au retour
complet vers le blanc s'était manifestée dans
- 10 -
la nation comme couleur politique. A. Es-
pailly, le drapeau blanc avait salué le nou-
veau roi ; le drapeau blanc de Jeanne d'Arc
avait acquis une immense renommée, et
tous les Français étaient désignés par les
ennemis sous la couleur blanche. Il fut
arrêté en plein Parlement que le blanc serait
la couleur éternelle de la nation, qu'elle
deviendrait celle des étendards royaux, et
que les pennons rouges de la bannière de
Franêe et les pennons bleus du roi se résu-
meraient dans une seule couleur, la cor-
nette blanche. Or, la cornette blanche est
l'origine du drapeau blanc. Elle était fort
simple, ornée de fleurs de lys d'or.
Sous le règne de Charles IX, les drapeaux
blancs se multiplièrent. Sous Henry III,
l'armée n'en possédait que douze, jusqu'au
jour de la réorganisation de l'armée, où
chaque colonel en reçut un du roi. Plus
tard, les régiments se subdivisèrent en
bataillons, et le royal emblème se multiplia
dans toute l'étendue des villes du royaume.
Ainsi le drapeau blanc, depuis 1450 jus-
qu'en 1793, de 1815 à 1830, a flotté sur nos
remparts. On le voit en 1290 levant le siège
de Paris, délivré par Henry IV ; en 1597,
au siège d'Amiens; en 1650, le roi Louis XIII
le fit flotter dans toute la Normandie; il
brille de son plus pur éclat sous l'illustre
règne de Louis XIV, de 1643 à 1724. Il se
— 11 —
couvre'de gloire, en 1745, sous Loirs XV,
à la bataille de. Fontenoy ; sous Louis XVI,
il proclame l'indépendance de l'Amérique
et restaure la liberté française; de 1815
à 1830, sous Louis XVIII et" Charles X , il
flotte en Espagne , en Grèce, sur les mina-
rets d'Alger , et nous lègue cette immense
colonie.
Voilà le drapeau de la France, c'est avec
lui que s'est faite l'unité nationale, c'est lui
qui agrandit notre territoire; c'est lui,
comme l'a si bien déclaré, dans son dernier
manifeste , Mgr le comte de Chambord, le
légitime héritier de cette illustre, race de
héros, c'est lui qui vaincra encore la barba-
rie nouvelle dont le monde est menacé.
Je vais maintenant vous retracer, en peu
d'étendue, la courte biographie de toute la
Grande Maison de France, dont le digne
rejeton, Henry V, l'enfant du miracle, est
appelé à venir relever et cicatriser les plaies
saignantes de notre malheureuse patrie.
Î>ES CONQUÊTES DU DRAPEAU BLANC
de 957 à 1830.
9&T. — Hugucs-Capet.
Le Drapeau blanc a non-seulement fait le
tour du monde, en laissant derrière lui les
— 12 —
rayons bienfaisants de la gloire et de la
liberté, mais je vais passer en revue, à
travers les siènles passés, depuis 987 jusqu'à
la cbute de la monarchie de 1830, toutes
les conquêtes, possessions et agrandisse-
ments de notre territoire, conquis soit avec
l'emblème des lys, ou de notre drapeau
national. Ceci est de l'histoire : ni les répu-
blicains, ni les orléanistes, ni les bonapartis-
tes et les communards eux-mêmes , ne me
conti'èdiront point.
L'Ile-de-France, la Picardie , l'Orléanais
et le Berry, qui se composent aujourd'hui du
département de la Seine , de la Seine-et-
Oise, de la Seine-et-Marne, de l'Oise, du
Loiret, étaient en partie le domaine de
Hugues-Càpet. Après avoir été sacré roi de
France par l'archevêque de Reims, il régna
neuf ans, d'une bonne et excellente politi-
que, etmourut à l'âge de cinquante-cinq ans,
en laissant son royaume aussi tranquille
que s'il eût gouverné pendant une longue sui-
ted'années. Il ne voulut point imiter lesrois
de la seconde race, il fixa son siège à Parjp,
et fut enterré dans l'insigne basilique de
Saint-Denis, qui devint depuis cette épo-
que le tombeau de nos rois.
IISO. — ï»liHîppe-Auguste.
Philippe-Auguste, qui fut surnommé Dieu-
Donuë, fut sacré roi de France à Reims,
— là - '
à l'âge de quinze ans. Le roi Henry d'An-
gleterre assistait à son sacre, tenant hum-
blement sur la tète du nouveau roi la
couronne royale, tandis que tous lés arche-
vêques , évêques , le clergé du royaume et
le peuple remplissaient le temple des cris
de Vive le roi!
Lejeune souverain de quinze ans se révéla
de bonne heure par son ardeur guerrière
et son grand désir de manier l'épée.
Le comte de Flandres , dont la puissance
était alors redoutée par tous les vassaux,
ayant eu un différent avec Philippe, lui
déclara la guerre. Le comte appela à lui
tous les mécontents du royaume; le duc
de Bourgogne et les oncles même du roi
entrèrent dans la ligue ; mais Philippe prit
les armes, ravagea les terres insurrection-
nelles , s'empara de la Bourgogne, gagna
des batailles , et ayant fait prisonnier le fils
du duc, il dispersa la coalition. Entouré
alors d'une armée fidèle, il continua ses
conquêtes, soutint le siège d'Amiens, dé-
fendu avec courag'e par Boves-Raoul, et
s'empara du Vermandois et de tous les villa-
ges et châteaux de sa dépendance.
La place dans ce petit opuscule ne serait
pas assez vaste pour énumérer.tous les faits
glorieux de l'illustre règne de ce grand
roi, qui tour à tour mettait . en déroute
Richard, roi d'Angleterre, partait pour la
- 14 -
Palestine, où il fit le siège de Ptolérnaïs; puis,
quittant la Palestine , revint en France se
couvrir de gloire sous Château-Gaillard,
força Rouen à ouvrir ses portes, et le roi
Jean à rentrer en Angleterre; vint dans
le midi de la France, assisté des comtes de
Toulouse, faire la croisade contre les Albi-
geois, et remporta plus tard la fameuse
bataille de Bouvines. Rentré à Paris, il est
acclamé par le peuple, et veut perpétuer
le souvenir de cette grande journée e.ri
faisant élever un monument chrétien aux
environs de Senlie, l'abbaye de la VICTOIRE.
Il mourut à Mantes, pendant qu'il prési-
dait une assemblée d'évôques et de barons ;
il était âgé de cinquante-huit ans, il en
avait régné quarante-trois. Ses restes mor-
tels furent transportés à Paris ; on lui fit de
magnifiques funérailles, et cette mort si
inattendue plongea la France entière dans
le deuil et la douleur.
En résumé, durant ce règne glorieux ,
voici, par rang de dates, le tableau de l'a-
grandissement de notre territoire par cet
illustre souverain :
En 1203, il conquiert la Touraine, for-
mant de nos jours le département de l'In-
dre-et-Loire; en 1204, la Normandie, for-
mant le département de la Seine-Inférieure ;
l'Angoumois, formant le département de la
Charente ; la Normandie, formant le dépar-
- 1B —
temenl. du Calvados et de la Manche ; le
Maine et l'Anjou, formant le département
de la Sarthe et de Maine-et-Loire ; la Bour-
gogne et le Maine, formant le département
de la Mayenne ; en 1205, le Poitou, l'Aunis
et la Saintonge , formant le département
des Deux-Sèvres ; la Touraine et le Berry,
formant le département de la Vienne et de
la Vendée.
19V1. — Philippe III.
Philippe III monta sur le trône le 21
mai 1271. Après avoir déposé à Saint-Denis
le cercueil de son père Louis IX, mort aux
croisades, il fut sacré à Reims et couronné
roi de France. Surnommé le Hardi, à cause
de son intrépide valeur dans les combats
d'Afrique , il jo:gnait à son intelligence une
grande vertu ; les exemples et les conseils
de son père étaient restés gravés dans son
âme ; plein de nobles- paroles, il sut con-
tenir les-.barons toujours portés à se faire
entre eux la guerre.
Son règne ne fut pas aussi glorieux que
celui de Philippe-Auguste; les événements
manquèrent à son règ'ne. La France alors
avait comme un point d'arrêt dans la marche
de sa civilisation. Tracassé par l'Espagne,
il s'avança vers le Roussillon avec une
armée de cent mille hommes, fit le siège
de Girone, s'empara de la ville, et fatigué
- 16 -
de cette expédition qui avait été très labo-
rieuse , il voulut s'en retourner à Toulouse
pour passer l'hiver. 11 ne put y parvenir,
les routes étaient détruites par des pluies
torrentielles , beaucoup de monde périt;
attristé par tant de désastres, le roi s'ar-
rêta à Perpignan, où il fut pris par une fièvre
qui le conduisit bientôt au tombeau. Ses
restes furent transportés à Saint-Denis, où
son corps reposa auprès de son père et de
sa première femme, Isabelle d'Aragon.
Durant son règne, la France n'en agran-
dit pas moins son territoire, par les dépar-
tements suivants :
Le Vivarais , formant de nos jours le
département de l'Ardèche; le Languedoc ,
formant le département de l'Hérault, de la
Haute-Garonne, du Gard, de la Lozère, de
la Haute-Loire, de l'Aude; l'Agennois, le
Rouergue, formant le département du Tarn-
.et-Garonne; l'Albigeois, formant le dépar-
tement du Tarn,
1S84.—Philippe IV, surnommé
le Bel.
Gravissant les marches du trône à l'âge
de dix-sept ans , et sacré à Reims , il avait
été, un an auparavant, proclamé chevalier,
et avait épousé Jeanne , fille de Henry, roi
de Navarre, et comte de Champagne. Les
débuts de son règne furent la cause de bien
— 17 —
des conflits avec l'Espagne d'abord, qui pro-
fita des désastres de l'armée française. Mais
le jeune Philippe sut résister à toutes les
rivalités , et s'avança en vainqueur dans les
Pyrénées, contre Alphonse, le nouveau roi
d'Espagne.
D'un autre côté, Edouard 1er, roi d'An-
gleterre , venait lui revendiquer la Sain-
tonge et la Charente qui, disait-il, en vertu
du traité de 1259 passé entre saint Louis
et Henry III, devait être restitué à la cou-
ronne anglaise; mais la noble et généreuse
conduite de Philippe vis-à-vis de ce dernier,
fit qu'au lieu de lui susciter des entraves ,
le roi Edouard vint en France lui faire
don de ces deux provinces.
Il fit cesser la piraterie qui régnait en
souveraine sur les côtes de la Méditerranée,
et donna une grande impulsion à l'esprit
humain. Il proclama à Lyon l'unité de la
monarchie , et fut vainqueur de toutes les
luttes qu'il eut à soutenir, surtout dans les
questions religieuses , avec les papes Boni-
face VIII et Clément V. Il proclama l'ordre du
Temple aboli, se réservant que les grandes
possessions de l'ordre des Templiers fussent
données aux chevaliers de Saint-Jean de
Jérusalem, qui sont devenus plus tard les
chevaliers de Malte. 11 mourut d'une chute
de cheval qu'il fit à la chasse dans la forêt
de FontaineblelEÛTâ^âg 8 de quarante-six
— 18 —
ans, le 29 novembre 1314. Sous son règne
la France s'agrandit de la Champagne ,
formant aujourd'hui les départements de
l'Aube; de la Bourgogne, formant les
départements des Ardennes , de la Marne
et. la Haute-Marne; de la Marche, formant,
le département de la Creuse.
1343. — Jean SI.
Jean II fut proclamé roi de France à l'âge
de quarante ans. Fils de Philippe de Valois,
il était passé par l'épreuve des batailles, le
peuple le connaissait depuis longtemps,
tout faisait espérer un règne glorieux.
Couronné à Reims, il vint à Paris faire
l'ordonnance de son Parlement. Son entrée
dans sa capitale fut le sujet d'immenses
réjouissances ; mais de prompts et brusques
retours succédèrent à toutes ces illusions
d'allégresse.
La trêve avec les Anglais touchait à sou
terme ; tous les partis surexcités se trou-
vaient en présence, les intrigues suivaient
leur cours. Le prince de Galles vint faire
une excursion en Gascogne, et le roi Jean
appela toute la chevalerie sous les armes
et lui donna rendez-vous à Amiens. Il se
mit à-sa tête, et fit replier le roi d'Angle-
terre jusqu'à Calais; de là il s'avança jus-
qu'àRouen, et lui offrit de livrer bataille. Le
roi anglais refusa et repassa la mer. La
. — 19 —
guerre dans l'intérieur devenait imminente;
elle ne tarda pas à s'étendre dans tout le
royaume. Après une bataille sanglante li-
vrée sous les murs de Poitiers, où le roi
Jean fut fait prisonnier et retenu captif à
Londres, le dauphin est nommé lieutenant
général du royaume. Pendant la captivité
de son père, il se révéla à la nation par ses
intrigues habiles et bien soutenues, et la
fermeté de son courage , il releva le moral
de la nation. Le dauphin demanda à l'An-
gleterre la mise en liberté du roi, qui n'y
consentit qu'à la condition qu'on lui paierait
une rançon de trois millions d'écus d'or,
en six années. Il fut, en effet, rendu à la
liberté après le paiement du premier terme.
Il revint en France. Le malheur ne l'avait
point rendu plus intelligent ni plus habile
pour la direction des affaires; il laissa les
rênes du gouvernement entre les mains de
son fils aine, le duc de Normandie, et
mourut en Angleterre pendant qu'il allait
rendre une visite à Edouard III.
Durant son règne, la France s'agrandit
néanmoins du Dauphiné et de la Provence ,
qui forment aujourd'hui les départements de
l'Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes,
et la réunion définitive à la France de la
Champagne et des Ardennes.
— 20 —
13e». — Charles V.
Le roi Jean II meurt sur une terre étran-
gère; son fils, le duc de Normandie, fit
rapporter en. France ses restes mortels,
avec un cortège de magnificence et de
somptueux honneurs; son cercueil fut pro-
mené dans toutes les rues de Paris, d'où
on s'achemina vers l'abbaye de Saint-Denis,
où son corps fut déposé.
Le duc de Normandie fut proclamé roi,
sousrfe nom de Charles V, et sacré à Reims.
La France vit s'ouvrir un grand règne. 11
associa à son vaste génie de rénovation , et
la paix et la guerre. Lorsqu'il monta sur
le trône , son royaume était sous la domi-
nation de l'Angleterre. Secondé par de
grands capitaines , dont le souvenir est im-
mortel, les Duguesclin et son frère Oli-
vier , les deux Olisson, Loys de Sancerre ,
le sire de la Trémouille, l'amiral Jean de
Vienne, et une foule d'autres hommes d'ar-
mes , de la Bretagne, de l'Anjou et de tout
le royaume, il parvint à délivrer son pays
de la faction anglaise. La chevalerie reçut
une i mpulsion toute patriotique , et la bra-
voure du roi sut régler le dévouement de»
hommes de guerre. (Je fut sous son règne-
que la hiérarchie du commandement prit
un essor nouveau. Aussi voyons-nout
Duguesclin , qui de simple chevalier fus
placé au sommet de la puissance ; le roi ne
— 21 —
faisait rien sans le consulter et cédait sou-
vent à l'autorité de son jugement ou de
ses conseils. Ce fut une période magnifique
pour l'histoire de notre droit national. Le
noblesse, la bourgeoisie et le peuple , tous
étaient animés d'une seule et unique pensée :
l'enthousiasme de la gloire et l'amour vrai
de la patrie , avait conquis toutes les âmes,
pendant que la nation entière était étroite-
ment enchaînée par cet unique lien de con-
fraternité; tout en faisant la guerre, le roi ne
négligeait point les bénéfices de la paix ,
il embellissait Paris et tous les domaines
appartenantàsa couronne, il créait les cours
de justice , distribuait des pensions à ses
vieux serviteurs qui ne pouvaient plus tenir
l'épée. Ami des arts et de la science , il
fut le fondateur de la bibliothèque royale ,
qui est restée une des grandes merveilles
des temps modernes, et mourut le 16 sep-
tembre 1380 , d'une maladie qui le minait
depuis longtemps , dans le château de
Beauté-sur-Marne , qu'il avait fait bâtir dans
le bois de Vincennes.
Sous son glorieux règne , la France s'était
ag'randie du Limousin, aujourd'hui la Cor-
rèze; de la Marche , aujourd'hui la Haute-
Vienne; de la Guj'enne, de l'Aunis et de
la Saintonge, aujourd'hui le département de
la Charente-Inférieure.
— 22 —
1 SOI. — Charles VI.
Après la mort de Charles Y, son fils
Charles VI fut élevé sur le pavois, proclamé
roi de France, et, comme ses prédécesseurs,
sacré à Reims. Mais tout est contraste dans
l'histoire, tout est mobile et changeant. Le
règne glorieux de Charles Y brillait encore
de tout son éclat. La France s'était relevée
de la domination anglaise, lorsque le désor-
dre vint de nouveau troubler la série de pros-
périté et de bonheur que semblait réserver
le dernier règne. Ce fut une triste période
de crimes et de malheurs, de déplacements,
d'usurpations, de réactions violentes de
toutes sortes, qui formaient un singulier
contraste que le règne de Charles V avait
perfectionné. En ce temps-là, cependant,
rien ne manquait pour continuer une grande
et mémorable époque historique, soit dans
les armes, soit dans les lettres et les arts,
soit par les jurisconsultes et l'Eglise. Nous
voyons briller à cette date, les Pierre de
Marigny , Jean de Montaig'u , Louis de
Sancerre, Olivier de'Clisson, Valéran de
Luxembourg ; parmi les moins célèbres et
les orateurs, figurent Vincent Ferrier et
son disciple, le frère Richard, Nicolas Clé-
meugés, Benoit Gentien ; dans l'Université,
Froissard, Juvénal, des Ursins, Christine de
Pisan ; et dans le sang royal, les ducs d'Or-
léans , les ducs do Bourgogne, le comte
— 23 —
d'Armagnac. L'on peut dire que ce règne a
été à la fois un des plus féconds et des plus
malheureux. Cela ne nous surprend point,
car à côté de ces grands noms que je viens
de citer, nous pourrons rapprocher les Jean
Huss, Jérôme de Prague , Jean Wieleff,
prêchant la croisade contre l'autorité royale
et religieuse. Cette mauvaise semence avait
produit son fruit sur les masses populaires,
et les âmes indépendantes elles-mêmes en
souffraient.
Tel fut le long règne de Charles VI, où
la France ne sut point régler sa conduite,
au milieu des éléments qui pouvaient relever
alors sa grandeur. Ce règne plein d'illustres
génies, fut dominé par les mauvaises pas-
sions, et le roi mourut, presque isolé de sa
famille, à l'Hôtel Saint-Paul. le 21 octo-
bre 1422 , à l'âge de cinquante-quatre ans,
après en avoir régné quarante-deux. Cet
infortuné roi n'en fut pas moins vivement
regretté de son peuple, qui le surnomma le
Bien-Aimé.
Il léguait à la France une partie de l'Or-
léanais, aujourd'hui le département du Loir-
et-Cher.
1433, 1481. - Charles VII et Jeanne
tl'Ai-c.
Charles VII, après une lutte assez vive
qui lui était disputée par Henry VI d'An-
— 24 —
gleterre, fut proclamé roi de France, au
milieu des débris du royaume que lui avait
légué Charles VI. Agé de vingt ans, et
amolli par les funestes conséquences de
l'ancien régime , il paraissais peu disposé à
rendre de nouveaux services à son pays.
Toutes les provinces le reconnurent, et il
inaugura son règne par l'apaisement des
factions. Mais cette trêve fut de courte
durée, la guerre continua en France, et au
moment où il saluait la naissance d'un de
ses enfants, il livrait une bataille sous les
murs de Bourges. Cette première* campagne
ne fut point heureuse pour lui ; mais il
avait pu apprécier la valeur et le dévoue-
ment de ses sujets, ce qui raffermit son
courage. Le désordre commençait à se
mettre dans le camp des Anglais, où l'anar-
chie était presque à son comble; le roi con-
voqua tous les Etats-Généraux dans la Tou- '
raine, et négocia avec le duc de Bourgogne.
Mais tout à coup l'on vit sortir du milieu des
paysans le libérateur qui devait sauver la
France. Au fond de la Champagne , entre
le duché de Bar et le royaume de France,
dans un hameau appelé Domrémy , non loin
de Vaucouleurs, près d'une riante et fertile
vallée, arrosée par les eaux de la Meuse,
était née, le 6 janvier 1412, une enfant bap-
tisée du nom de Jeannette. Son père se
nommait Jacques d'Arc ; il avait cinq en-
- 25 ■—
fants : trois garçons et deux filles. Il était
laboureur, et vivait avec sa famille du pro-
duit d'un petit coin de terre qu'ils culti-
vaient de leurs mains. La petite fille fut
élevée à garder le troupeau de son père, et
allait faire paître ses brebis sur les bords
de la Meuse et le long du Bois-Chenu. Ses
pensées se retournaient toujours vers Dieu,
et fort souvent on la trouvait dans le bois,
agenouillée, et ses yeux portés vers le ciel ;
la légende môme raconte « que les oiseaulx
» des bois et des c-amps, quant elle les
» appelloit, ils venoient manger son pain
» dans son giron comme privez. »
Fort sérieuse, malg-ré son jeune àg-e, elle
se mêlait rarement aux jeux des enfants du
village, qui avaient tous pour elle un grand
attachement. Fort attristée des malheurs
qui ravageaient le royaume, elle ne cessait
de prier Dieu pour la France et son roi. Un
jour, elle eut une vision extraordinaire.
C'était l'Archange saint Michel, escorté
d'une multitude d'anges, l'invitant à aban-
donner son troupeau et à aller trouver le
roi. La pauvre fille, pour toute réponse, se
prit à pleurer ; mais l'archange la rassura,
lui prédisant qu'elle serait aidée et soutenue
par Dieu. Quelques jours plus tard, elle
eut de nouvelles visions plus douces que
la première, et cette âme naïve et pure
s'animant du feu sacré de la guerre, sans
— 26 —
ouvrir son dessein à personne, quitte sa
famille, son -village qu'elle aimait et qu'elle
ne devait plus revoir, et part, accompagnée
de ses deux frères, à la rencontre du roi.
Il serait trop long d'énumérer ici l'his-
toire et la vie de la noble Pucelle d'Orléans ;
des historiens plus autorisés que l'auteur de
cet opuscule ont rempli cette tâche. Nous
nous bornerons à constater qu'inspirée par
la volonté divine , une enfant du peuple ,
arborant le drapeau blanc de Charles Vil,
mil les Anglais en déroute, délivra la ville
d'Orléans, conduisit le roi à Reims, assista
à son sacre, et que, par un brusque retour
en faveur de la faction anglaise à Paris,
Jeanne passa aux mains des Anglais, qui
la conduisirent à Rouen, où elle fut. con-
damnée à être brûlée vive sur un bûcher,
le 30 mai 1430.
Charles VII ne fut point étranger au
grand mouvement de son règne ; il déracina
l'Angleterre du sol de la France, dont le
signal fut donné par Jeanne d'Arc. Il fut
compatissant, il éparg'na beaucoup de sup-
plices, et évita les impôts. Il brisa le scep-
tre de l'Angleterre, rétablit la monarchie
française, et mourut à l'âge de soixante ans,
après en avoir régné trente-neuf. Il réunit
définitivement à la France la Normandie,
le Poitou, l'Aunis et la Saintonge, la
Guyenne, la Gascogne et le Quercy, for-
— 27 —
mant les départements de la Gironde, des
Landes, du Lot et Lot-et-Garonne.
1463. — Louis XI.
Louis XI succéda immédiatement à Char-
les VII, sans secousses ni-violences. lise
trouvait en Brabant lorsqu'il apprit la mort
de son père, courut en toute hâte à Paris,
fut proclamé roi et sacré à Reims. Il soutint
vaillamment le sceptre de France, et agran-
dit dignement notre territoire.
Ainsi, successivement, en 1463, il con-
quiert l'Ile-de-France et la Picardie, for-
mant de nos jours les départements de
la Seine et de la Somme ; en 1477, il prend
possession de la Bourgogne, de la Cham-
pagne et de l'Orléanais , qui ferment au-
jourd'hui les départements de laCôto-d'Or,
de Saûne-et-Loire et de l'Yonne; en 1471,
la Provence et la principauté d'Orange ,
formant les départements des Bouches-du-
Rhùne, des Basses-A-lpes, du Var et de
Vaucluse ; en 1482, le, Maine et l'Anjou;
en 1486, la réunion définitive de la Provence.
Il mourut au château d'Amboise, à l'âge
de soixante ans, après en avoir régné vingt-
deux, et fut inhumé dans l'église Notre-
Dame de Cléry.
Deux grands événements marquèrent son
règne et donnèrent à l'esprit humain un
nouvel essor, ils proclamèrent le commen-
— 28 —
cernent de l'ère moderne : ce fut la décou"
verte de I'IMPRIMERIE et de I'AMÉRIQTJE.
En 1440, Jean Guttemberg, de Mayence,
qui habitait Strasbourg , eut la pensée de
grouper les caractères fixes aux mobiles.
Dès oe moment il créa l'imprimerie. Une
association immédiatement se forma entre
Guttemberg, Fust et Schoeffer, qui perfec-
tionnèrent l'idée, et débutèrent par une im-
pression de la Bible, qu'ils publièrent à
Mavence , en 1555. Paris suivit l'élan de la
rive gauloise allemande, et établit à la Sor-
bonne la première imprimerie. On . comprit
bien vite que ce DON DU CIEL allait éclairer
le monde; un jour nouveau se levait pour la
politique, la science, les lettres et les arts.
A peine eut-on les instruments en main ,
que Christophe Colomb, un obscur marin
de Gênes , découvrait le Nouveau-Monde,
en 1492. Il rencontra entre l'Europe et
l'Inde un monde dont on ignorait l'existence,
qui était séparé par une immense mer ,
entre l'Inde et la Chine. Continuant ses
recherches , i! découvrit les Antilles , et six
ans plus tard l'Amérique méridionale.
lïïl-4. — François l"
François Ier monta sur le trône à l'âge
de ving-t et un ans. Il était le plus bel
homme de son royaume, aux manières
élégantes, à la démarche fière, aimant à la
— 29 —
*ois les exercices du corp3 et de l'esprit ;
envieux de tout savoir, il s'intéressait à
tout.
Il suivit l'impulsion qui lui fut donné© par
Louise de Savoie sa mère, qui était plutôt
reine que lui n'était roi. L'ambitieuse prin-
cesse aimait son fils d'une ambition emportée
et aveugle. L'avenir de François lui sou-
riait même dans ses song'es, et cette âme
vive et impressionnable montrait aux grands
jours ses desseins sur les destinées de son
'fils.
Vainqueur à Marignan , il se fit armer
chevalier par Bayard, le plus profond poli-
tique et homme de guerre, surnommé le
chevalier sans peur et sans reproche ; il ga-
rantit au pape Léon X toutes les posses-
sions que la révolution lui avait confisquées,
et fonda en Aragon cette vieille monarchie
espagnole, en réunissant, avec le vieux
Ferdinand, les deux héritages des maisons
d'Espagne et d'Autriche.
Ce fut le commencement de l'ère de
Charles-Quint, qui plus tard devait vaincre
le vainqueur de Marignan. En effet, des
dissidences s'élevèrent bientôt entre Charles-
Quint et François Ier, il soutint énergique-
ment le siège de Pavie; mais vaincu et
prisonnier au milieu de prodiges de valeur,
il écrivit à sa mère : « Tout est perdu fors
» l'honneur. » Le cardinal de Granvelle
— 30 —
donne le texte exact du début de sa lettre :
«Madame, pour vous avertir comme je
» porte le ressort de mon infortune, de
» toutes choses ne m'est demeuré que l'hon-
» neur et la vie sauve. »
Oharîes-Q.uint proposa à François Ier do
lui rendre la liberté, en échange de la ces-
sion de la Bourgogne ; le roi s'y opposa de
toutes ses forces, préférant mourir captif,
plutôt que de démembrer son royaume ; ce
ne fiât qu'un an plus tard que Charles-Quint,
voyant la ténacité du roi, consentit à lui
rendre son essor, par la rançon de ses
deux,fils.
François Ier se sentit revivre en respi-
rant l'air de la patrie, l'Europe était atten-
tive à tous les mouvements et tenait encore
dans ses mains la paix ou la guerre.
Il ne tarda pas à faire une nouvelle ex-
pédition rapide en Italie, négocia pour ses
enfants en otage, qui lui furent rendus le
1er juillet 1530, contre un premier paiement
de un million deux cent mille écus , et fut
de nouveau tracassé par Luther et Calvin ,
qui semèrent de leurs funestes hérésies le
sol de la France; poursuivit le protestan-
tisme, remporta de nouveaux avantages sur
Charles-Quint, et vint aboutir aux fameux
Concile de Trente, le 15 décembre 1545.
François I", fatigué et épuisé , sentit sa
fin prochaine ; il se retira au château de
— 31 —
Rambouillet, et mourut le 31 mars 1547, à
l'âg-e de cinquante-trois ans, après en avoir
régné trente-deux.
Hous son règne, la France s'agrandit de
la manière suivante :
En 1514, la Loire-Inférieure, les Côtes-
du-Norcl, le Finistère, l'Ile-et-Vilaine, le
Morbihan; en 1522, le Rhône, la réunion
complète de la Bretagne , la Loire, le Puy-
de-Dôme ; en 1525, réunion définitive de la
Creuse; en 1526, l'Eure-et-Loir, l'Orne;
en 1531, l'Allier, la réunion définitive du
Lyonnais , du Beaujolais et de l'Auvergne.
1K84U — Henry SHB.
Henry III était roi de Pologne quand
Charles IX mourut. H rentra en France et
prit les rênes du gouvernail. Il continua la
guerre contre les huguenots , et rendit un
édit par lequel tous ceux qui ne voudraient
point suivre la religion catholique , eussent
à quitler le roj^aume, ' en emportant tous
leurs biens.
Il se maria avec une princesse de la Lor-
raine , et se fit sacrer à Reims ; les guerres
civiles, occasionnées toujours par les hu-
guenots , éclatèrent de nouveau en France.
Le roi offrit des conditions à peu près ana-
logues à celles de la paix de la Saint-Bar-
thélémy , en restituant les biens aux familles
des victimes; mais elles ne furent point
— 32 —
• acceptées, et la guerre suivit son cours.
La Ligue devint croissante, elle est pro-
clamée patriotique et sainte , et après bien
des tourments, des meurtres et des revers,
il meurt assassiné par un moine fanatique ,
Jacques Clément. Il ne survécut que vingt-
quatre heures à sa mortelle blessure, il
expira à la fleur de son âge , trente-huit
ans. Sa première jeunesse avait promis un
grand roi; mais énervé à la source des
plaisirs , ils brisèrent une existence qu
était faite pour la gloire. Avant de mourir,
il reconnut le roi de Navarre pour son
successeur, et ordonna aux gentilshommes
qui se trouvaient présents, de lui prêter ser-
ment de fidélité.
Le royaume sous son règne s'était
agrandi : en 1583, de la réunion définitive
delà Touraine à la France; en 1584, du
département de l'Eure et de la réunion dé-
finitive de la Normandie, de la Perche, du
Maine, de l'Anjou et de la Bourgogne.
1S84. — Henry IV.
Henry III avait laissé en mourant la
France dans l'anarchie la plus complète.
Trois principes étaient en lutte : le principe
monarchique , le principe catholique , et le
principe républicain. Mais le principe ré-
publicain d'alors se subordonnait au prin-
cipe catholique, et la fusion avait lieu sur
— 33 —
beaucoup de questions. C'est sous ces tristes
auspices qu'Henry survint. Habile et intel-
ligent , il sut surprendre tous les partis par
ses décisions. Il promit de conserver tous les
princes et officiers de la couronne, de con-
server la religion catholique, et il fut re-
connu roi à ces conditions.
Mais la Ligue continuait toujours son
cours , elle se crut maîtresse, et se prépa-
rait à continuer la guerre. Henry IV se
fortifia à Arques , où il se couvrit de gloire,
et négocia avec les huguenots presque aux
portes de -Paris. Il réunit en conseil les
principaux chefs des huguenots, et sur les
conseils de Gabrielle d'Entrées , après un
long et pénible siège, où Paris était ruiné
et ses habitants privés de nourriture, il céda
aux prières du pape et du parti catholique ,
qui lui livraient Paris, s'il abjurait la reli-
gion protestante. « Paris vaut bien une
messe , » s'écria-t-il, et se rendit à Saint-
Denis, où il fut reçu par l'archevêque de
Bourges, qui l'attendait entouré de sept
évoques , des religieux de Saint-Denis , et
de tout son clergé!
Son entrée dans Paris fut triomphale et
des plus brillantes. Tout le peuple l'accla-
mait aux cris de Vive le Roi ! Il proclama
une amnistie générale , toutes les villes se
soumirent et protestèrent de leur dévoue-
ment et de leur fidélité.
— 34 -
Henry IV , délivré de la conspiration des
huguenots , s'appliqua immédiatement des
réformes nouvelles à donner au pays , évi-
tant de se mêler aux intrigues extérieures.
Il s'appliqua, avec son ministre Sully, aux
intérêts de la France. Il réprima le duel
comme contraire aux moeurs ; le Palais,
qui n'était entouré que d'avocats ou de
procureurs, il s'en débarrassa, et sévit
contre eux par des peines très sévères ; il
fitgcompter par livres, au lieu de par écus,
les valeurs nominales ; il protégea l'indus-
trie et le commerce, en lui donnant des
garanties suffisantes et une impulsion nou-
velle. C'est sous son règne qu'il se créa
de grands établissements de manufactures ,
introduisit de magnifiques plans de mû-
riers , et plaça la France en rivalité avec les
Etats voisins,par l'industrie comme par les
armes.
La Ligue suivait toujours son cours et
agissait dans l'ombre. Au moment où l'on
préparait le sacre du roi, Henry IV avait
depuis longtemps de tristes pressentiments.
Il en faisait part à Sully, qui l'éloig'nait
toujours de ces tristes pensées. Un jour il
lui témoigna le désir d'aller visiter l'Arse-
nal , et sortit gaiement du Louvre , dans
son carrosse, accompagné du duc d'Eper-
non, à sa droite; à la portière du même
côté se trouvait Lavardin et Roquelaure ;

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.